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Full text of "Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes"

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RECUEII 



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TRAVAUX RELATIFS 



A LA 



PHILOLOGIE ET A L'ARCHEOLOGIE 

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVm DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 

G. MASPERO 

MEMBUK DE L'iNSTrfUT 
PROPB8SEOR AU COLLÈGE DK FRANCK, DIRECTRUR U'ÉTUDBS A l'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES 



TRENTE-SEPTIEME ANNÉE 




PAKIS(VI«) 

MRHAlKli: HONORÉ CHA.MPIOxX, KDITELK 

5, QUAI MALAQUAis, 5 (Téléphone 828-20) 



MDCCCCXV 
Tous droits résercé^. 




cil A LON-SU R- SAONE 

IMPRIMERIi: FWANÇÀISE El ORIENTALE E. BERTRAND 



RECUEIL 



DK 



TRAVAUX RELATIFS 

A LA 

PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 

G. MASPERO 

MEMBRE DE L'iNSTITUT 
PROFB8SEUR AU COLLÈGE 08 FRANCK, DIRECTEUR u'ÉTUDES A l'ÉCOLE PIlATIQUIi DES HAUTES ÉTUDES 



WOLIEI^LE SERIE 

TOMK CLNQUIÈME 




PARIS (VP) 

LIBKAIKIK HONORÉ CHAMPION, iîDITEUR 

5, QUAI MALAQUAis, 5 (Téléphone 828-20) 



MDCCCCXV 
Tous droits résercés. 




CHALON-SUR-SAONE 

IMPRlMKRir FRANÇAISE El ORIKNTALE E. BERTRAND 



RECUEIL 



DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

1915 Fascicules I et II 

Contenu : 1) Les monuments égyptiens du Musée de Marseille, par G. Maspero. — ^) Une origine possible 
de la terminaison féminine en égyptien, par G. Maspero. — 3) Koptische Miscellen, von Wilhelm 
Spiegelberg. — 4) Commentaire sur un passage d'Hérodote (liv. Il, 18), par P.-Hippolyte Boussac. 

— 5) Le culte de la déesse Bast dans l'Italie méridionale et particulièrement à Pompéi, par P.-Hip- 
polyte Boussac. — 6) Le scribe royal dans l'ancienne Egypte, par G. Maspero. — 7) Notes sut 
listhme de Suez (monuments divers), par Jean Clédat. — 8) Les inscriptions de Saint-Siméon, par 
Jean Clédat. — 9) Eine Liste memphitischer Gôtter im Tempel von Abydos, von Hermann Kees. 

— 10) The Ka on Scarabs, by .A.lice Grenfell. — 11) Sur quelques inscriptions grecques provenant 
du grand temple de Dendérah. par Jean Maspero. — Vij A propos d'un bas-relief copte du Musée 
du Caire, par Jean Maspero. — 13 Un exemple saïte de la transcription Ria. par G. Maspeko. 



LES MONDIEMS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 

par 

G. Maspero 

60. Bois. — Long., 1™72; haut., 0"'30. — Thèbes, Chéîkh Abd-el-Gournah 
(Maspero, Catalogue du Musée égyptien de Marseille, p. 46). 

Panneau latéral oblong d'un cercueil rectangulaire d'époque romaine. Il est formé 
d'une partie plane et d'un encadrement plus haut que celle-ci. Diverses scènes de l'autre 
monde sont représentées sur la partie plane. A droite, Osiris momie, le fouet et le pe- 
dum aux mains, revêtu du grand manteau qui lui descend jusqu'au jarret, et derrière 
lui, Isis, debout, X°X sur la tète : les légendes hiéroglyphiques sont absentes, mais la 
place des lignes est marquée, et les signes y sont simulés par les traînées de points 
noirs. Devant les dieux, un autel en forme de naos se dresse, et la momie est main- 
tenue debout par un Anubis, à tète de chacal, aux chairs noires, et dont le jupon rayé 
descend jusqu'au jarret. Vient ensuite une composition empruntée au Livr^e de savoir 
ce qu'il y a dans l'Hadès. Une momie, coiffée de deux disques superposés, l'un rouge 
et l'autre vert, séparés par une étoile à cinq pointes, est debout entre deux urseus et 
deux grands bras roses qui portent chacun un petit homme qui verse de l'eau sur une 
momie debout en dehors des bras. C'est une déesse, Hathor ou Nouit, qui reçoit la 
momie du soleil, et, en même temps, lui verse, ainsi qu'au mort, l'eau qui doit la 
ranimer. Au delà, sont représentés les gardiens des treize pylônes célestes. Ils sont 
accroupis chacun sous son pylône couronné de serpents, le couteau au poing : le pre- 
mier a la tête d'homme, le second la tête de vipère, le troisième la tête de femme, le 
quatrième la tète de bélier, le cinquième la tête de bœuf noir, le sixième la tète de 
crocodile, le septième la tête de vache rouge, le huitième la tête de crocodile, le neu- 
vième la tête d'homme, le dixième la tête de faucon, le onzième la tête de crocodile, 
— deux figures humaines sont posées sur son naos ; — le douzième la tête de faucon, 

RECUBIL, XXXVII. — TROISIÈME SKR., T. V. 1 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 



coiffée du disque lunaire, le treizième la tête de cynocéphale, — deux lions armés du 
couteau sont posés sur son naos. Ces gardiens sont prêts à égorger quiconque ne leur 
donnera pas le mot de passer. 

L'encadrement porte, en haut, sous la frise, les restes d'un proscynème qui devait 
permettre au mort de se joindre « aux grands seigneurs de l'Hadès, qui suivent le dieu 
I) qui repose sur son lit funéraire, qui repoussent les impies loin de la nécropole, aux 
» formes cachées, qui révèlent (à l'homme parfait) le secret de l'Hadès avec ce qu'il 
» renferme et qui protègent l'homme parfait, sans fautes, le pur qui n'a point de per- 
» versité, l'Osiris Imouthès, fils d'Onkhhetemît, né de Tentera ». C'est pourquoi il 
priait ces dieux de « lui ouvrir les portes de la maison des faiblesses (le tombeau) » et de 
« le faire entrer auprès du taureau d'Amenti, le dieu grand », 



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'QiêiPIsiP^^^li- Le bas est décoré d'un 



simulacre de rainures. Le travail est très soigné. Il marque un temps où l'on savait 
encore dessiner les hiéroglyphes, sans pouvoir les écrire couramment : chaque signe est 
étudié minutieusement, mais exécuté d'une main gauche et sans souplesse. Les roses 
et les jaunes abondent, très clairs; toutefois, les couleurs n'ont plus le même brillant ni 
la même intensité qu'aux époques pharaoniques. 

61. Bois. — Long., 1™34 et l'^OS; larg., O'^Sô (Maspero, Catalogue du Musée 
égyptien de Marseille, p. 46-47). 

On a compris sous ce numéro deux fragments de cercueils momiformes, sur les- 
quels des faussaires modernes ont gravé grossièrement des inscriptions. 

1° Fragment de couvercle, correspondant à la panse et aux jambes. L'inscription 
a été tracée d'abord à l'encre noire assez élégamment, puis grossièrement sculptée 
au couteau : par endroits, l'ouvrier a passé des signes ou des parties de signes dont le 
dessin original subsiste encore. Au centre, l'âme à tête humaine déploie ses ailes entre 
une Tsis pleureuse, une déesse à tête de lionne, coiffée du disque et de l'urœus, et un 
Horus, à tête de faucon, à gauche, une Nephtliys, une déesse léontocéphale, coiffée du 
disque et de l'uraeus, une déesse portant c^ sur la tête, ces figures relevées de rouge. 
Cinq lignes horizontales, puis cinq colonnes verticales composent l'inscription que voici 

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traxîée sur les jambes: | ^^^ 1^^fli'l<=> -\ ^Mill \ ^^T 




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LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MISÉE DE MARSEILLE 

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côté de 1 inscription, des figures de divinités sont superposées sans légendes : à gauche, 
1° Amsit, à tète humaine, 2° Tioumaoutf, à tête de chacal, 3° Selkît, avec son scorpion 
sur la tête, et 4*' Isis, debout; à droite, 1° Hapi, à tête de cynocéphale, 2° Qabhsnêouf. 
à tête de faucon; 3° Neith, coiffée de W , et 4° Nephthys. 

2° Le second fragment est la copie exacte de celui-ci. 

Les deux faux ont dû être fabriqués dans la première moitié du XIX® siècle. 

62. Bois. — Haut., 0'°61 ; larg., 0™57. — Thèbes (Maspero, Catalogue du Musée 
égyptien de Marseille, p. 47). 

Petit panneau d'un cercueil rectangulaire, formé d'ais assemblés de manière à 
simuler la façade d'un naos. En haut, un tore porté par une rangée d'urieus levées, la 
tète surmontée du disque rouge; elles posent sur la corniche ordinaire que décore un 
disque ailé, peint en rose. Une seconde corniche, en retrait sur la première, est décorée 
comme elle du disque ailé. On voit, sur les deux montants, deux longs serpents debout, 

noirs et rouges, adroite, ^^'^f ''Ç^J^^ç^'^^^^ /^f }Zû\ " ^^^~ 

» bou, qui assemble des provisions pour les dieux et qui donne la vie aux morts »; à 
gauche, —h— <"=> ft === -¥- a le grand javelot d Amenti, qui réside au pays 

» de Vie », le tombeau. Ce sont deux des gardiens du palais d'Osiris. Devant chacun 
d'eux, une figure de femme, dessinée à l'encre noire, lève les bras en adoration, à 
gauche, Touati, ll-jr)'^ C3 , à droite, Mouti, S^ll Ç^. Un 



naos est figuré entre les deux, dont la façade reproduit en ^r*^. ' -^/\ 
petit celle d'un temple, urœus, double corniche, serpent sur • ''^*h1iL*Î\ 






les montants, mais sans légendes : dans la face, Osiris momie 

est assis, et derrière lui, Isis se tient debout. Devant, une 

petite momie à face rose se tient debout sur un perchoir et 'iî>t<l 

adresse une petite prière en écriture démotique à Osiris : --^^ !•., 

Le s oubassement porte, comme d'habitude, l'ornement en forme de méandre 

mimim- 

63. Bois. — Long., l'°92; larg., 0"45. — Saqq.\rah (Maspero, Catalogue du 
Musée égyptien de Marseille, p. 47). 



1. Ce signe est tracé à l'encre noire, mais non sculpté. 

2. Un signe informe, que je ne puis transcrire. 

3. Ce signe est partie à l'encre, partie sculpté. 



4 LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE 

Couvercle plat de caisse rectangulaire. Une ligne d'inscr 
teau dans le sens de la longueur, puis relevée de vert : 1 A 



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j| CJt ''^zi^^. C'est le proscynème ordinaire en 
Pmireni. — Époque ptolémaïque. 

64. Bois. — Long., 2'" 10; larg., 0'"60; haut., 0'"45. 
Catalogue du Musée égyptien de Marseille, p. 47). 

Grand cercueil en forme de momie, imitant le style de 

épatée, tête rentrée dans les épaules, point d'ornements, mais 

lonnes verticales, surmontées d'une ligne horizontale de dé 

bleu vif. L'inscription commence : ni H A ?] V^ 

CJt , elle contient le texte du chapitre lxxii du 



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65. Fragment d'époque romaine, sans inscription; cf. 
Musée égyptien de Marseille, p. 47. 

SARCOPHAGES EN PIERRE 

66. Schiste verdâtre. — Long., l'°90; larg. aux épaul 
0°^47. — Saqqarah (Maspero, Catalogue du Musée égyptie 

Beau sarcophage de la fin de la période persane ou du coi 
macédonienne. La tête, aimable et souriante, est un peu éc 
écartées du crâne, comme c'est presque toujours le cas sur le 
gaine est droite, sans aucun relief qui marque le genou. Les h 
gravés très nettement en creux, s'enlèvent d'un ton mat sur 1 
L'ensemble est traité avec une largeur et une perfection qui 
parable aux plus beaux de l'époque persane que possède le M 
Il appartenait au héraut roval Ankhhôphi Tvv VH^» ^^^ " 
rl'SCfV OU Tentosiri h rlSCfV. La décoration en est 



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LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 



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^*''*"B» cœur qui me vient de ma mère {bis), mon cœur qui m'appartenait quanc 

-' ~¥* terre, ne te lève pas contre moi comme témoin, ne me charge point pa 

» dieu grand, seigneur de l'Occident! Salut à toi, ce cœur de l'Osiris, chef d^ 

)) Salut à toi, viscère qui lui appartient! Salut à vous, ces dieux qui êtes 

» barbe tressée, qui êtes appuyés sur vos sceptres, dites du bien du proph 

(a héraut Ankhhôphi, né de Tentosiri, à Rà, remettez-le à Nahbkôou, car il £ 
» la terre, au grand Occident du ciel, — afin qu'il demeure sur terre et qu' 
• pas à l'Occident, mais qu'il y soit un Lumineux prospère à jamais. » 

Ce premier registre est séparé du second par le ciel étoile, sous lequel 
à corps de faucon et à tête humaine : sous l'âme, un second ciel étoile s'étei 
monte une scène d'adoration où l'on voit Ankhhôphi faisant offrande à deux 
sur un naos. L'inscription en huit lignes, qui accompagne ce tableau à deuj 
empruntée au chapitre lxxxix du Livre des Morts, qui a pour objet ( 
'homme son âme, qui lui avait été enlevée : (»>—>) l |T| e/ jj'^ | Y llT 






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6 LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 

» lieu où elle est, lorsque tu trouveras l'Œil d'Horus, saisis-t'en, comme firent 
)) ceux-là, — Osiris, prophète, héraut royal, Ankhhôphi, né de la dame Tatosiri, 
» — qui ne reposent point, dans Héliopolis, la terre où il y a des milliers de villes; 
» si vous m'apportez mon âme et mon Lumineux pour être avec moi de tout lieu où 
» elle se trouve, cela (est bon) pour toi, gardien du ciel, en qualité d'être intelligent! 
» Que, s'il y a retard à ce que tu fasses que je voie mon âme et mon corps, quand 
» tu trouveras l'Œil d'Horus, saisis-t'en, comme ont fait ceux-là! O dieux qui halez 
» la barque de Râ, le maitre des millions, qui conduisez le firmament dans l'Hadès, 
» qui combattez aux voies de Nouit, qui conduisez les âmes aux momies, dont les 
» deux mains tiennent les cordes (de halage), dont les poings saisissent leurs gaffes. 
» détruisez les ennemis, si bien que la barque exulte, que le dieu grand passe en 
» paix de Sokari ! donnez que mon âme sorte avec vous à l'Orient, qu'elle sorte sur sa 
» momie, qu'elle ne soit pas détruite, qu'elle ne soit pas anéantie, mais qu'elle ait sa 
)) place au lieu où elle était hier, en paix, en paix, à l'Occident, et qu'elle voie son 
» corps ! » Le mort, selon l'habitude, mêlait les menaces aux suplications pour obtenir 
l'appui du dieu : le graveur, en sculptant l'image de l'âme sur la poitrine du sarco- 
phage, a rendu la prière plus efficace. 

L'inscription en sept colonnes verticales et une dernière ligne horizontale qui est sur 
les jambes ne renferme, comme à l'ordinaire, à cette époque et à cette place, qu'une 
copie assez incorrecte du chapitre lxxii du Livre des Morts (cf. n° 67, p. 10 du présent 



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1. Le graveur avait pa.ssé / : il l'a intercalé en très petit entre le 



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LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 7 

67. Basalte noir. — Long., l'^QO; larg. aux épaules, 0'°65; haut, au pied, 0'"47. 

— Saqqarah (Maspero, Catalogue du Musée égyptien de Marseille, p. 49-53). 

Sarcophage de la fin de l'époque persane et du commencement de la période macé- 
donienne. Il a appartenu successivement à deux personnages. Le premier, Panêsis 
^^.vw^jj ^, fils de Somtouî TYÎ et de la dame '=''^T|Î'^ Tsomtouî, s'était 
contenté de l'inscription en neuf colonnes, sculptée sur la poitrine. Le second, le pro- 
phète dA jj'^ Pétosiris, fils du prophète dA^^û2j) Pétéharpochrati et de la dame 

— m CJt Posdi, a fait graver tout le reste. Panêsis devait vivre avant la seconde con- 
quête persane : son sarcophage fut de ceux qui, violés et remis en vente au commen- 
cement de l'époque ptolémaïque, furent réemployés, les uns comme le sien en Egypte 
même, les autres à l'étranger comme ceux d'Échmounazar et de Tabnit, rois de Sidon. 

Face souriante, légèrement épatée, comme dans tous les sarcophages de ce type. 
Autour du cou, un collier à onze rangs de perles, demi-amandes, rosaces, fleurettes et 
pendeloques mêlées, terminé à chaque extrémité par la tête de faucon. Sur la poitrine, 
le faucon à tête humaine étend ses ailes. Il tient dans les serres le sceau Q des durées 
infinies. Au-dessus et suivant la courbure des ailes, une inscription en une seule ligne, 
coupée au milieu par la tête, contient la profession de foi de défunt Pétosiris, em- 
pruntée au chapitre lxiv du Livre des Morts. Elle est écrite à moitié en caractères 

^ )yj^ '^^ ^J ^^ ^^ e/ <' J^ suis hier et demain, Horus qui naît une seconde 

» fois » Sous l'âme, le scarabée, tenant le sceau entre ses deux pattes de derrière. 

A gauche, Nephthys, debout, élève à deux mains les signes combinés de la vie et de 
la durée. Devant elle, une inscription en six colonnes verticales : \ \) ^ X\ 00 



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\ « Dit Nephthys : « Je suis venue pour être derrière toi, en nom de Sashait, la dame 
» de la construction', je t'ai donné la santé, et j'ai fait que ta mère Nouit, douce de 
» visage, fût avec toi, j'ai éclairé ta face sur les chemins des ténèbres, quand tu te tenais 
» debout, après les deux terres, j'ai fait que tu fusses en présence du dieu. J'ai disposé 
» mes deux bras sur toi, et je suis demeurée assise; et quand tu t'es mis en chemin, 
» j'ai voyagé à ta suite. » A droite, Isis lève à deux mains la voile gonflée -O-^, et 
devant elle s'étend une seconde inscription, composée, comme la première, de six 

colonnes verticales : | [^ 2, io^'^' Il H 1 il J i ^â1T±§T 

' ~SAAAA ($.\\£îc^\ c^ T / 1 / i-n-1 ';^z:;% M. 1 1 X W I ^:3:^ û aaa^ ^^ZZ:^ I lll 



1. C est une allusion au rôle que Sashait jouait avec Thot dans la construction des temples. 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 

*-Jr^ {sic) vj ' ii ^^ ] I i>œ<i (( Dit Isis : « défunt, premier prophète, scribe royal,* 



» Pétosiris, à la voix juste, je suis venue pour être derrière toi, j'ai donné mon air à 
» ton nez, la brise fraîche du nord qui sort d'Atoumou à tes narines pour ouvrir j 
» ton gosier; j'ai donné que tu fusses comme un dieu, tes ennemis renversés sous 
» tes sandales, que tu eusses la voix juste en l'autre monde et au firmament, que tu 
3) fusses puissant avec les dieux qui montent sur son dos (de l'ennemi), que tu ne fusses 
» pas renversé quand tu viens, mais que, lorsque tu viens, tu vinsses comme vient 
» Horus, juste de voix, et réciproquement. » 

Sous ce premier registre, se développe une longue inscription en neuf colonnes 
verticales, qui n'est plus au nom de Pétosiris, mais qui s'adresse au premier maître du 
sarcophage, Panèsi, fils de Somtouî et de la dame respectable Tsomtoui : la place que 
l'inscription occupe au milieu de la poitrine montre que nous avons affaire, ici, au 
premier possesseur du sarcophage, au personnage pour qui la pierre fut taillée : 

îH^ri!ivsS^jw®]iroi!ivi::;:^7:!ivroti.. 



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« O défunt, prophète de Sokari résidant à Siout, prophète d'Hathor dame de Tihnit, 
» prophète d'Isis de Pa-Anoupou, prophète de Mihit-Tefênit, prophète de Sobkou 
» maître d'Iahit, prophète d'Ouazit dame de Shashotpou, Panêsi, fils de Somtouî, né 
» de la dame respectable Tsomtouî, puisses-tu naître au firmament comme le dieu 
)) Lune, puisse ton âme être élue comme Orion, puisses-tu être exempt de crainte, 
» puisse ton cœur être exempt de crainte, puisse ton âme ne pas être écartée de toi ! 
)) Que Râ te donne ta bouche pour que tu parles à ton corps éternellement; vis comme j 
» Râ, rajeunis-toi comme le dieu Lune, va librement comme Ouapouaïtou, entre et' 
)) sors au gré de ton cœur comme le Nil en sa source mystérieuse, vis auprès du maître 
» de l'être, quand il rajeunit ce qui est, ce qu'il a ordonné s'accomplit; lorsque tu ap-j 
» pelles le Nil, puisse-t-il venir à toi pour qu'on te donne des pains de l'autel d'Osiris,| 
») et quand tu entres en la première salle [du dieu des Morts], qu'on ne te dise point : 
» « Arrière », mais que ton âme vive éternellement! » Les titres de Panêsi forment un 
véritable cours de géographie égyptienne. Sauf Tihnit, qui est dans la Basse-Egypte, 
les villes mentionnées sont dans la Moyenne, Cynopolis, Siout, Shashotpou. L'inscrip- 
tion de Panêsi est flanquée à droite et à gauche de quatre figures superposées deux à 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DF MUSÉE DE MARSEILLE 9 

deux et représentant les quatre génies, fils d'Horus. A gauche, c'est d'abord Amsît, 
a tae humaine : î M l-^k ^^ ^I^J WÎZ.fî Z j^ *™"" ' 



— ^ s^ .:_i_L ^ ^^ j~j.^ Amsît au défunt prophète et scribe royal Péto- 



)) siris : « Je t'amène ton double derrière toi, afin que, quand tu vas, il ne soit point 
)) séparé de toi éternellement ! » Amsît tient, en effet, sur ses deux mains étendues, le 
signe du double U- Au-dessous de lui, un second génie à tète de chacal, Tioumaoutf, 
apporte, également sur ses deux mains, un faucon à tète humaine, image de l'âme. Il 
la donne au mort, tout en prononçant le petit discours suivant : « Dit Tioumaoutf au 
») défunt prophète et scribe royal Pétosiris : « Je t'apporte ton âme pour qu'elle t'accom- 
» pagne en ta course, l'unissant à toi éternellement », 1 tj ^ ■?ic^v\î^.=^ rl'ifli^ 

deux derniers enfants d'Horus sont placés symétriquement aux deux premiers. Le 
registre d'en haut est occupé par Hapi, à tète de cynocéphale. Il a sur les mains le petit 
vase O, image du cœur matériel, et il le présente avec une formule rassurante pour le 
mort : « Dit Hapi au dé funt prophète et scribe royal Pétosiris : « Je t'apporte ton cœur, 
» et je te le fais passer ^ïï^ en ton corps, afin qu'il ne se sépare pas de toi éternelle- 

«>-=' I ^ X^ . Au second registre, Qabhsnéouf , à tète de faucon, apporte une 

dernière figure, celle de la momie même : « Dit Qabhsnéouf au défunt prophète et scribe 
)) royal Pétosiris : « Je t'apporte ta dépouille mortelle, saturée des substances de l'em- 
» baumeraent; je te donne ton ombre et ton âme éternellement », i" il y 1 (y U «i^_ 

Ce n'est pas sans raison que ces quatre figures et les légendes qui les accompagnent 
sont placées sur la même ligne que le long texte tracé au milieu de la poitrine. Elles 
sont comme l'illustration et la mise en pratique des souhaits exprimés dans l'inscrip- 
tion. Celle-ci se bornait à exprimer un désir : « Puisse ton cœur être exempt de crainte, 
» puisse ton âme ne pas être écartée de toi », etc. Les petits tableaux de côté nous 
montrent les génies spéciaux à l'œuvre pour rendre au mort toutes les parties de lui- 
même nécessaires à la vie d'outre-tombe comme à la vie de ce monde, le double, l'âme, 
le cœur, le corps et l'ombre. Les quatre enfants d'Horus complètent donc l'œuvre de 
reconstruction commencée par les deux sœurs d'Osiris. Elles avaient couvé, réchauffé, 
ranimé le mort," ils rendent perpétuelle cette résurrection momentanée. 

L'homme, ainsi reconstitué, est en état d'affronter l'autre monde : il peut désor- 
mais marcher, agir, parler. Les scènes et les inscriptions qui recouvrent le bas de la 
gaine se rapportent à quelques-unes de ses actions et de ses aventures. Elles sont sé- 
parées des précédentes par une représentation du firmament semé d'étoiles à cinq 
branches. Le mort comparaît devant ses juges. A droite, il est debout devant Osiris et 
devant ses assesseurs assis sur une estrade; à gauche, il est lui-même accroupi sur 
l'estrade et il fait front aux trois divinités. Ce sont les vignettes du chapitre lxxii du 

RECUHII., XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 2 



10 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS Dl' MUSÉE DE MARSEILLE 



Lwi^e des Morts. Comme on sait, celle-ci contient une apostrophe au jury divin qui 
décide de l'admission des Mânes aux contrées bienheureuses : " 



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« Salut à vous, maîtres de vérité, exempts de péché, dont la vie est pour toujours et 
» les siècles sont pour l'éternité, introduisez-moi à [l'autre] monde, car je me suis 
» assimilé vos corps, je me suis rendu maître de vos charmes magiques, je juge selon 
» vos jugements! Délivrez-moi des affres de cette terre des justes [morts], donnez-moi 
» ma bouche, que je parle avec elle. Voici qu'on m'a donné la largesse de vivres en 
» votre présence, car je connais vos noms, je connais le nom de ce dieu grand (Osiris)! 
» Donnez des offrandes à ton nez, ô dieu dont le nom est Mort, pour que, lorsqu'il 
» pénètre à l'horizon oriental du ciel ou qu'il pénètre à l'horizon occidental du ciel, je 
)) m'écarte s'il est écarté, s'il passe, je passe, et réciproc|uement ! Ne me frappez pas à 
» l'abattoir [des âmes], que les ennemis ne s'emparent point de moi; ne me repoussez 
» pas de vos portes, ne fermez point vos huis contre moi. Des pains [pour moi] à Pou^ 
» de la bière à Doupou! Lorsque j'aurai été conduit à la demeure divine que m'a 
» donnée mon père Toumou, car il m'a établi une maison sur terre, remplie de blé et 
» d'orge dont on ne sait le compte, si mon (ils de mon corps m'y célèbre une fête, 
» donnez-moi ma ration de pains, de liqueurs, de bœufs, d'oies, d'étoffes, de vapeurs 
» parfumées, d'essences odorantes, de toutes les choses bonnes et pures dont vit le 
» dieu, pour que j'existe et je dure éternellement en toute forme qu'il me plaît, pour 
» que j'aille aux jardins d'Ialou, que je revienne aux jardins de Hotpou, car je siiis les 
» deux lions divins (Shou et Tafênît). » La formule résume très nettement l'idée que- 
se faisait l'Égyptien d'un autre monde. Le mort s'est identifié aux dieux et a pris leurs 
amulettes magiques pour triompher comme eux des ennemis : il parcourt le ciel et la 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 11 

terre à leur suite, pénètre dans leurs demeures, partage les olîrandes qu'on leur fait. 
Lui-même a un tombeau où sa famille vient lui rendre ses devoirs : le jour où son fils 
lui présente le sacrifice, il prie les dieux, intermédiaires obligés entre le mort et le 
vivant, de ne pas vouloir intercepter les bonnes choses, mais de lui en garder sa part, 
afin qu'il ne meure pas de faim. C'est au delà du tombeau le prolongement de la vie 
matérielle, et rien de plus. 

Les deux pieds qui doivent porter le mort dans ses pérégrinations sont sous la pro- 
tection des deux chacals. Celui de gauche : i | | ^ [1 11 1 I û ^=*^ 

I ^T ® '^Vjl^llAM^^^^yiQS^H" ^"^^^'' dans le tombeau. 
» dieu grand, maître du cimetière, dit : a Je donne que vive l'âme du défunt prophète 
» Pétosiris au Khrinoutri, éternellement. » Celui de droite : « Anubis, maître de l'em- 
» baumement, dieu grand qui réside à l'Occident », tient un discours analogue : « Je 
» donne que prospère le corps du défunt prophète Pétosiris au Khrinoutri, comme 
» Osiris dans l'Occident, éternellement », i » y 10 -Jhll if ^ .^^ 

T I^^^îll A^^^^^LrEÎSf ^I^- ^^' ^"^^ ^^^^^^ gaidaient 
le soleil dans sa course à travers le ciel : ils devaient rendre le même service au mort. 
La plinthe sur laquelle les pieds s'appuient est plus décorée que d'habitude. La tranche 
porte deux tableaux. A gauche, le mort s'avance, le bâton â la main, suivi d'un serpent 
pourvu de deux jambes humaines. A droite, la momie est debout devant le sycomore 
divin : Nouît en jaillit, et elle verse les eaux vivifiantes sur les mains du double age- 
nouillé. Au centre, Pétosiris s'est assimilé à la déesse qui vient de le recevoir, et il 
distribue lui-même l'eau « aux âmes » (»»—>) aa^a^a^^ni et « aux corps nobles » (•*—««) 



qui viennent vers lui des deux côtés. Les légendes, un peu mutilées 
par place, expliquent le sens de ces figures : i i^B^» HJlOl J îiR li i I ^W 

"^•^^^ ^^ — * — " — WHM^^MB^, 5ô WMMx^^ n <:=^> ^ 5fi «q ^:lz>~ en jn d <£>- 57 / — 1 



o w 

)) ris! [De même que] Sokaris [se lève, ], le défunt Pétosiris culmine sur cette 

» colline du ciel, il sort au firmament, il s'allonge sur l'horizon lumineux ! vous, qui 
» êtes inertes (bis) dans le cimetière, à Abydos, que respire dans le cimetière le défunt 
» prophète Pétosiris! » Et de l'autre côté : 1 ivj J ji'^.^ 1 v\ R 1 

® n 65 rznz _^^^ ^37 (sic) ® js>) 66 'wv^ <=i 

îc==_ ! r-tr-i ^ — ^ iii^_ iu=^ n I ^-^ û I I I 1;=^ 5a I I I I 






68 A @ ^ /WVW\ I I I 69 'WVVSA ^ ^ n /J /VWV\A AAftAAA 7O Q 

I I I I [j Si' AftAAAA A A A I A/V\A(V\ I _Z1 <^ J> "" AAAAA^ d Ci 



ti -Sr^. ^ I °=^ -Sr^. 



« De même qu'Osiris apparaît en son œuf, qu'il se produit dans le nid, puis s'envole et 
» arrive à l'horizon, le défunt Pétosiris apparaît dans son œuf. se produit dans son nid. 



12 LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 

,)) puis s'envole et arrive à l'horizon, et alors il lui est donné du pain au ciel à la suite 
)) de Râ, du pain sur la terre à la suite de Gabou, il saisit l'air, il empoigne la brise du 
» nord, il aspire l'eau aux vases à libation sur cette colline (occidentale) du ciel », où 
vont tous les morts. Osiris, identifié à Râ, est ici un faucon, et c'est pour cela que 
notre texte emploie tant d'images empruntées à la vie de l'oiseau. Les offrandes que le 
mort trouve à l'horizon sont les pains et l'eau que la déesse lui prépare dans son syco- 
more. Sous la plante des pieds, on voit une représentation, dont je ne connais pas 
d'autre exemple, un tertre arrondi au sommet et couronné de quatre arbres allongés en 
cône : l'inscription nous apprend qu'Osiris y repose, sous la garde de deux divinités à 
corps d'homme, à tête de bélier surmontée de deux longues pousses de palmier. Elles 

sont accompagnées, celle de droite, d'un long serpent, nommé i ® J ® J ^*^^^^ 

« Celui qui danse dans ses ténèbres », à gauche, de la plume de vérité. L'inscription 

n\ il "^'^^ iJ ^ ^ |D\>lo 1 J « C est, ICI, la demeure 

H I ' Il I vD I I I /www I _n^ AA/WW 1 _2r I ^ fl /WWVV I îlJ 

» OÙ se cache la pourriture qui est en elle; c'est, ici, la colline d'Osiris. Car, étant 
» dans l'Occident, c'est vers elle que sort sur la terre à intervalles l'offrande funéraire 
» qui s'y trouve; [et cela] c'est ce dieu et Khonsou ». « Ce dieu » et Khonsou, ce sont 
évidemment les deux divinités à tète de bélier que je viens de décrire; le tertre lui- 
même est celui qui cache le tombeau d'Osiris à Abydos, et les arbres qui le couronnent 
ne seraient-ils pas la marque du fameux ^^ "^^0 " c'^iiton de l'arbre Pouka »? 
C'est la première fois que nous voyons représentées et décrites avec autant de netteté 
la tombe du dieu et sa dépouille funèbre. La courte inscription tracée derrière la di- 
vinité de droite nous donne la raison pour laquelle le tombeau d'Osiris a été figuré 
sur le sarcophage : y -« 1^ ^-^ ij ^ ^ ^ y J^ f] ^ ^ ^ J^ ^ 
H "^ ===== « De même qu'Horus a trouvé son Œil, de même que Sit a trouvé ses 
» testicules, le défunt Pétosiris a trouvé sa demeure sur terre ». Le mort étant Osiris, 
la demeure du mort est nécessairement le tombeau d'Osiris. 

Cet ensemble de scènes est garni, en bordure, de deux longues bandes d'hiéro- 
glyphes renfermant une formule et les titres du défunt. A gauche • 1 ^ | e/ (?^ ^^^ 

« Dit (^^T = mTJ) Harmakhis, Khnoumou-Râ, Horus, Râ, Totouinen, Nouît, Osi- 
» ris : « Premier prophète de Minou, de Thot, d'Ouazît, Pétosiris, juste de voix •^^^, 
» fils M ' de Pétéarpochrati, né de la dame Posdi, juste de voix, tu sors en la personne 
» de Râ, tu vois le disque, tu mets en paix celui qui se lève dans le Nou, tu parcours 
» le ciel, tu escalades Nouit, telsfceux qui vivent parmi les astres (dieux) de Sotliis, et 
» tu te lèves parmi les étoiles (les dieux) qui ( 'I — ) font \% sa des corps der- 



LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 13 

» rière toi'; tu croises dans la barque Saktit, tu voyages dans la Mandît, en ta forme 
■ Q:£l = f3 u unique de suivant de Ra ». A droite, on lit : i li|U e/^ ^^'^''^'^^^ 

:^<=-n_D_-^^|t^ — ^— ^'^A'^'^'^ '=^'& 'Via 

=e> ^37 I c^:3 ^1 c=-e. i JI H I 1/] <=:> (2 I I I I >!;> ^Zi:^ ^ □ t i^ Jgï^ I \j> 

■^^ ^^ « Dit Atoumou-Râ lorsqu'il se lève, lorsqu'il culmine, lorsqu'il se pose 

au pays de Vie : « Offrandes, provisions, toutes choses bonnes et pures, le doux souffle 
1) de vie, et que tu boives MI^/wwva j l'eau aux sources » au double du défunt pre- 
mier prophète et scribe royal Pétosiris, fils de d° Pétéarpochrati, « né de la dame 
') Posdi. Ils (Atoumou et Rà) ordonnent qu'il soit appelé [pour recevoir] les dons de la 
») terre chaque jour, et que son cœur se réjouisse au verger des âmes, des provisions ! » 

Sous cette ligne d'hiéroglyphes, se déroule de chaque côté une longue procession 
de divinités qui s'avancent des pieds vers la tète. Dans l'angle arrondi formé par la ren- 
contre de l'épaule et de la coiffure, Pétosiris se tient debout, les bras levés en posture 
d'adoration : son âme est derrière lui sous la forme ordinaire de l'oiseau à tête hu- 
maine. Il est censé adresser une courte prière à chacun des dieux, mais, faute d'espace, 
le graveur n'a donné que celle dont il salue le premier de chaque série, Harmakhis à 
gauche, Atoumou à droite. La formule de gauche débute brusquement : 1 (J )1 

» Harmakhis, dieu Kbopri au milieu de sa barque; quand tu traverses la terre, tout le 
» monde voit ta face chaque jour, et Pétosiris voit ta face! » Les quinze dieux qui oc- 
cupent ce côté du sarcophage sont représentés en pied, séparés l'un de l'autre par deux 
I colonnes d'hiéroglyphes, et se succèdent dans l'ordre suivant : 1** Ha rmak his, à corps 
humain, tête de faucon coiffée 30. du disque solaire : l il^~^^~^ vC li :'}'} <=> 

1 ilISl + l^é JI'^^Im °4^ I "^ " Harmakhis, dieu grand, maître du ciel, dit : 
a Je suis venu vers toi, défunt Pétoisiris. et j'ai fait prospérer ton corps. » 2° Kliopri, corps 

et tète humaine, surmontée du scarabée : i' jj^/wvwv® ^| j -Ç]n|~.riR ri'^ I VSr ï 

g — V n ^ 11,^^^^ ^ -gn,^ ^ \ h\\\ <=. J]2Jl(lTryû_ûcL] M sTUO 

fi (■«'<•) Hh \^ i] 1 § ? I Q*''"^*^) " ^^^ Khopri : « Osiris Pétosiris, j ai pressé mes 

') suivants, je les enrôle comme mes serviteurs! » 3*» Am sit, à co rps et tête humaine, 
sans autre coiffure que la coufiéh : T j^ — (j^^^^ i \^ ^Jl î 1 ^^ 

li'iVi?^ (^'^' -^fjf Q l'^=^/fV\ \\\ « Dit Amsît, donnant la santé au 

» défunt Pétosiris : « J'ai rassemblé tes membres, j'ai colligé tes chairs. » 4° Anubis, à 
corps humain et à tête de chacal : | |^ — (j ^ ^ hr ^ S Ji I 81 ^ M ^ 

il lUI J ^ "^ I ^^^^^999^-^ " ^^^ Anubis, chef du pavillon divin : 
« Je suis venu à toi, défunt Pétosiris, pour guérir ton mal et ordonner tes chairs. » 
5*» Khribakouf, à corps humain, tête d'ibis : i |^ tt '^''^''^J '^^^^JIT J| 4 foq û^ 

1. Ne pas -oublier que le dieu qui donnait le sd, destiné à fortifier le corps ^]| d'un individu, se mettait 
derrière celui-ci et lui faisait des passes sur la nuque. 



14 LES MONUMENTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 

î3l^-T.= #:^M-1ir^'J « DitKhribaUouf: ,. Dé- 
» funt Pétosiris, je suis venu vers toi en habitant du palais, avec un vase à libation du dieu, 
)) pour te protéger,'chaque jour. » 6° Tioumaoutf , à tête de chacal : j ||| 1 i< 



« Dit Tioumaoutf : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, j'ai interné ton âme dans ton 
» corps, te protégeant contre tes ennemis. » 7" Harkhontmiriti, à tête de faucon : 



92 



3 A/V\/V\A 



{sic) m ^a>- ca «^ Yn [] -"^^^^ / i i*^*^*^ 94 q 



^^^oô^^^■ ■'='1 Jl!lW.Lj1=:^liw 



|"T"/:=ïï'^ 808 « Dit Harkhontmiriti : « Je suis venu à toi, défunt Pétosiris, 
« pour te rendre durable, que tes membres soient le dieu vivant dans Didou, à tou- 
» jours. » 8° Ouapouaïtou, à tête de chacal : i II | S îX^Iy ^ ^^ *^ 

» guide des chemins du sud du ciel : « J'ai vu la route du défunt Pétosiris vers toute 
» place qu'il aime, j ai clos la route à (ses) ennemis. » 9° Le dieu a qui s'est fait lui- 



même », à tête humame : lO ^ --1 jl'^ f| i p| | a__û JII 



t\t'-f\hf\f^ ^*_»_-> * \..--^ K i-i_ \ r-* J I û I ï I ISJ I ^4 '' «-* , I I ^^=>^> AAAAAA 



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V ^ I "^"""^ Jr « Dit Ernafzosef : « Osiris Pétosiris, le suis venu 

» du palais, avec le vase à libation du dieu, pour te protéger. » 10° Anubis, à 
tête de chacal : M 1 ^ (^ ^ M ^ ^ . J .^^ 1 i °»^ ^^ ^ ' ^i > ^ 



AA/VA'VA I 1 I ' ^ -.^ A/VV^AA ^ ' / I ^ \.^..>^ f-^ I (AI T I 12) '4 *^ 

-^n>- n n 103 i^r AAAAAA AAAAAA | | ||||||1 

J1 lUS ^"^ Q)^ ® « Dit Anubis : « Je suis venu pour te protéger, Osiris 

« Pétosiris, afin que te soient ouvertes les portes de l'Hadès. ■» 11° Shou, à tête hu- 
■naine, coiffée de la plume : 'f h±P Wf T tJi1'*T H W Ail 



^ <=^ 100 , 

, ^ <fy (( Dit Shou, fils de Râ : a Je me tiens sur" toi, défunt Péto- 



» siris, prince de tout l'Amenti, j'ai donné l'air à ton nez. » 12° Tafênit, à tête de lionne 

107 t.,^ fi ^ -90 "? ■*"^3L -^n>~ 108 q T rn D 

surmontée du disque « du soleil : | H JL^'*^*^! ^ Jl | îlIPÉi-D 
^aa>- n n iSb I 1 1 q ^ 109 <czr> ^q^ 
jlnUlo I « Dit Tafênît, fille de Râ :« Je fais que soit douce 1 amour 

» du défunt Pétosiris, parmi les déesses et les humains. » 13° Nît, coiffée du diadème 

I \ M « Dit Nit : « Allons, fils, que tu sois heureux» défunt Pétosiris, je t'apil 

)) porte l'ét offe » 14° Selkît, à tête humaine, coiffée du scorpion : 1 11 j 1 

PT:ri4-vTfiw3iATiOî^iri :^ ^^^^ «^ 

» donné l'excellent au défunt Pétosiris, pour que ton gosier soit percé. » 15" Le 

116 '^ "1— 

dieu « Chéri de sa mère », à tête humaine, sans autre coiffure que la coufiéh 

» Maimaoutf : « Je suis venu vers toi, Osiris Pétosiris; je suis Horus dans son œuf! » 

A droite, la prière est annoncée par la formule ordinaire : 1 II y \ fl'iOliloH 
Q -ca>- on lio r\ «o G) r\ ^ ^ / ± q. q >-r^><^, I D ^ aaaaaa cLI l il t I b 

J1 I ^ y*'"'^' I 4 A T^ 'J ^^ TN I '^<^'^) « Dit l'Osiris Pétosiris : « Ado- 

» ration à toi, Atoumou! Viens, beau Horus qui te lève en toi! » Les quinze dieux 




LES MONIMEXTS ÉGYPTIENS DU MUSÉE DE MARSEILLE 15 

sont introduits dans l'ordre suivant : 1" Atoumou, à tête humaine coiffée du pschent : 

» Atoumou : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, afin de bien connaître ton tombeau 
» éternellement. » 2° Osiris, à tète humaine coiffée de son diadème ^^ à deux plumes : 

% n / f / II] « Dit Osiris Khontamenti : « J'ai donné que vive l'àme de 

rOsiris Pétosiris dans TAmenti, et je la garde parmi les dieux grands. » 3° Hâpi, à 

AhA n AAAAAA Q Q /1 1-28 

000^^=^ ^ 8 000 I ^^^^ " ^^^ Hàpi, en donnant la santé, à son père l'Osiris 
I) Pétosiris : « J'ai réuni tes membres, j'ai coUigé tes chairs, et tes membres sont 
») miens. » 4'' Anubis l'embaumeur, à tête de chacal : '\ jT^ 1 (1 □ Vi^Vi^U'c) 

I) en Outou : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, pour que tu sois rempli de l'huile 
i|ui sort de l'Œil d'Horus et garni de sa provision ! » 5" Qabhsnêouf, à tête d'éper- 

I *^ « Dit Qabhsnêouf : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, je me suis 



)) tourné vers ton corps, te défendant contre tes ennemis. » 6° Thot, à tête d'ibis : 

« Dit Thot. maître des formules divines : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, 
' <'t, comme j'ai opéré ta protection, j'ai mis ton âme au ciel. » 7" Ouapouaitou, du 
.X„..a, . .te de Oaea. : 'f Ml ^f î ^ 1. 4ll 1 VF ^.Jl " 



140 



-^^ f) 1\ 1 S^ ^^ '*" ■ — "-. (( Dit Ouapouaitou, guide des chemins du nord 

» du ciel : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, pour que le ciel te soit ouvert et que 



') tu le joignes, pour que la terre te soit ouverte. » 8° Le dieu « Roi des deux yeux de 
<on père », à tête humaine, sans autre coiffure que la coufiéh : i l | H \ 

•d^ /vwwv ^^ il I Si T I Pi û_fl J &1 y 'cr:^ I ^s^ 'd. »»«8- I ^"^^^ " . ^ ouqma 

») raititef-f : « Je suis venu vers toi, Osiris Pétosiris. je suis Houqmaraîtitef-f, qui est 

» ta protection. » 9" Le dieu Anubis, maître du cimetière, à tête de chacal : i j^ 1 

H D r^ c^£^ A/wv,A^âc[l lllT I riû Q iJ lllS.vwv^ ^r^ï©^ Il I ^ 

» bis, maître du cimetière : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, pour être ta protec- 

)) tion et pour que te loue la grande Ennéade des dieux. » 10° Horus, défenseur de son 

^^^^ ^ ^ZP6 « Dit Harendôtef : « Je suis venu à toi, Osiris Pétosiris, je te 
» renverse tes ennemis sous tes pieds. » 11'' Gabou, coiffé de la couronne Q blanche : 

Tii±¥j^iii:ièriTfiwz.riai±^'' 



D I 



^ -^ (( Dit Gabou, le prince des dieux : « Je suis venu vers toi, Osiris Pétosiris, 



16 UNE ORIGINE POSSIBLE DE LA TERMINAISON FÉMININE EN ÉGYPTIEN 



» pour que ton œil te soit ouvert, et que la cécité périsse! » 12° Nouît, à tète humaine, 
surmontée de son vase o : 'f ?! 1 " °" "" -^^fUTffil ° ^fl!" ' 

VN "^^ ^ I "^^=^ " Dit Nouit : « Je suis venue à toi, Osiris Pétosiris, ie suis 

_ûfJ ^;z:^ a^ o A — (5 1 155 n-~ n ^U a 

» ta mère Nouit qui te protège. » 13° Sapou, à tête de faucon : i ii^ ^ AK 

» venu à toi, Osiris Pétosiris, et je t'ai apporté toute chose bonne et pure pour que tu 
» vives d'elle! » 14" Isis, à tête humaine, coiffée du vautour, surmontée du siège ri : 

» suis apportée (?) vers toi, Osiris Pétosiris, pour être ta protection ! » 15" Nephthys, 
» à tête humaine, surmontée de l'hiéroglyphe [T de son nom : i ?^ 1 [T isù) 

» venue pour être ta protection, Osiris Pétosiris, et tu es un dieu vivant! » Ce sont les 
patrons des trente jours représentés là pour protéger le mort. La face inférieure du 
couvercle ne porte aucune inscription, non plus que l'extérieur et l'intérieur de la 
cuve. 



Une origine possible de la terminaison féminine en égyptien. — La terminaison 
du féminin est un -t ^ vocalisé en avant -at ou -et-it, et qui était sorti de la pronon- 
ciation dès le milieu de la XVIIP dynastie, sauf les cas de liaison avec un mot libre 
ou un suffixe, puis réduit à sa voyelle -a, -e[-i] : ce -t <a s'ajoutait au thème du mot 
dépourvu de la finale masculine en y^""» ^^ cette finale existait, ainsi V va sanou, 
frère, Il sana[e]t, sœur. J'imagine que cette finale -^ -t provient par analogie d'un 

mot féminin nécessairement par essence et qui se terminait à l'origine par une lettre 
radicale ^, s=rj, qu'on aura pris après coup pour un suffixe adventice marquant le 
genre. Or, le mot féminin par excellence est le mot qui signifie mère, et qui s'écrit 
^\, le ^ final s'y prononça t, je l'ai prouvé il y a quarante ans dans le journal 
les Mélanges, en invoquant le nom de la déesse a\ , qui a conservé jusqu'à l'époque 
romaine la lecture Moôe : pour le nom commun, elle avait disparu depuis longtemps,] 
et on rencontre en copte ju.«.ir T. M., Axt^i^v T. et jmeir B. Les transcriptions cana- 
néennes namsa[T], par exemple, de (I n montrent que, dans ^\ ^« mè/-e, il y avait 
à l'origine un -a devant ce ^, et qu'on a dû prononcer *maouat-*maouét. Dans ce nom,] 
qui marque une personne essentiellement féminine, le -t <=> primitivement radical aur 
été détaché comme marque grammaticale et aura été joint mécaniquement, par anale 
gie, aux mots masculins quand il se sera agi de former les mots féminins, puis il se sei 
étendu de proche en proche à toute la langue. — J'ajoute que l'usage très ancien d'écrire 
par le syllabique ^\. le pluriel des noms féminins en ^^ , semble indiquer, pour C€ 
pluriels, une prononciation -niaouat-maouat[ou], ce qui indiquerait, pour le plurie|| 
féminin, l'intercalation de ou du pluriel masculin entre l'a et le t de la terminaisoi 
féminine du singulier -a^, ^®^k- *(iMiemat au pluriel 0®^\ i *akhemaouat[ou]f 
L-^^v *shamat au pluriel "^-^ \N \N^\ '^shamaouat[ou\, et ainsi de suite. 
G. Maspero. 



KOPTISCHE MISCELLEN 17 



KOPTISCHE MISCELLEN 



WiLHELM SpIEGELBERG 

I-V. Uber einen eigentûmlichen Gebrauch von ne. 

LVI. -rppe « sich fiirchten ». 

LVII. i-eçÇa^g^oT « verbluhen, absterben ». 

LVIII, g^wfiK « stimulare ». 

LIX. *Kco2^, Ke^- « zâhmen, bândigen ». 

LX. neqp- (( schôn sein ». 

LXI. Das Fragewort a.ig in der Bedeutung « irgend ein ». 

LV. — ÛBER EINEN EIGENTUMLICHEN GEBRAUCH VON ne 

Bekanntlich folgt in den mit ne gebildeten Temporibus (Iraperfectum ne, PIus- 
quamperfectum ne e.) dem Verbum selir hàufig die Partikel ne. Weniger bekannt, 
wenn aucli gelegentlich beobaclitet worden ist der Gebrauch von ne in Verbindung 
jmt anderen Hûlfszeitwôrtern. Bereits Ludwig Stern hat in seiner koptischen Grain- 
.matik (§ 375-376) solche FâMe bemerkt, v^ar aber geneigt, die wenigen ihm bekannten 
Beispiele als « nicht unbedenklich » anzusehen. Spâter hat Hyvernat in einem be- 
stimmten bohairischen Texte, dem Martyrium der Heiligen Prow und Athom {Actes 
des Martyrs de l'Egypte, S. 135-173), dièse Konstruktionen mit ne hâuhger ange- 
troffen (siehe besonders S. 148, Anm.)' und ich selbst habe das bereits bekannte Ma- 
terial zu ergânzen versucht. Im folgenden lege ich es, nach den besonderen Verbin- 
dungen des ne gruppiert, vor. 

I. In Nominalsâtzen : 

Nach oTon, Hyvernat, Actes des Martyrs, S. 150 (Ich habe eine Tochter), 
ccoi Ai.JiA.Ae oTTon cTf^eAiion nejuLd^c ne (( die blind ist und ein Geist ist bei ihr »; 

Nach jujuLon, Hyvernat, a. a. 0., S. 144, ju-Aion £^Ai Rta^ko igon jujuLtuo-y ne « kein 
Schaden war an ihnen » {ib., S. 148 und 156, fehlt das ne in demselben Satze). 

Im uneigentlichen Nominalsatz : 

Hyvernat, S. 148, *^u"xoc ca^p -xe me no-irnoir'^ nog^eji*. juuulcoot ne u denn sie habôii 
gesagt, dass Jésus ihr Gott sie erretten wùrde »; 

Ib., S. 160 (jene antworteten), xe Tg^c^ nnéwio-yptoo-y '^çj^ ixtxon «.« nexi n&iniiyf juiii.&.- 



1. Fortsetzung von Recueil de Tracaux, XXXIV (1912), S. 152 ff. " r-. 

2. Obrigens zeigt der Index der Djèmo. Papy ri unter *ne, *nei, dass auch Cru m dièse Erscheinung nicht 
entgangen ist, wie ich ihm auch den Hinweis darauf verdanke. 

RECUBIL, XXXVII. — TROISIÈMB SÉR., T. V. 3 



KOPTISCHE MISCELLEN 



c&noc ne (( die Furcht vor diesen Kônigen und dièse grossen Foltern lassen uns nicht 
(dazu kommen) ». 

IL In Verbindung mit Hùlfszeitwôrtern : 
a) Prsesens I, 

Hyvernat, s. 155, Ti^px" ng^iofi niAi c<e>^oci ne (( der Anfang aller Dinge ist 
schwer ». 

6) Futurum I. 

BuDGE, Homilies, S. 60 ult., KniwxWK efioA ne noTrn*. Ain oirg^d.n (( du wirst Milde 

und Recht erfûllen ». 

Hyvernat, S. 153 (wenn ihr ungehorsam seid), ^-n*. ^ojuL^eju. ju.ne-»enca)Ai.«. j6en^*.n- 
li*.c*.noc eiTujefiiHoirT enoTepHoir ne « werde ich euren Leib mit den verschiedenstens Fol- 
tern zermalmen ». Môglicherweise gehôrt hier ne zu eiriye&iHOTT (siehe II, h). 

c) Futurum II. 

ZoEGA, Catal., 296, 3, n<s.pô. neKOTi -i-e em*. juot ne (( beinahe wâre ich ums Leben 
gekommen »; ï6., 338 a, 14, em eme^-f *.noKpHcic n*.K *.n ne a sonst hâtte ich dir keine 
Antvvort gegeben' »; Hyvernat, a. a. 0., S. 159 (er liess die Heiligen ins Gefângniss 
werfen), uj*.Teqco<3'm 'zied.qnewepoT ntooT ne (( bis er beraten hâtte, was er ihnen thun 
wûrde ». 

d) Perfectum I. 

Hyvernat, a. a. O., S. 135, n«.ipH'^ e.-y-»totg ng^*.ng^HceAJLOjn nK&.T*.noAic icTten piwKO'^- 

tgd.niAd.K^ ne « ebenso setzten sie Kommandanten in den einzelnen Stàdten ein von 
Alexandrien nach Philse »; ?6., S. 165, «.c)- enecg^HT neja pwc ne nexi necu&ui'2& (( sie 
strich es (das Blut) auf ihr Herz und ihren Mund und ihre Ohren ». Mehrfach bei 
Schenute, so Zoega, Catal., 396, ewioTen;^ n«.g^HT Tnpq epwrn ne (( ich habe euch mein 
ganzes Herz offenbart ». 

Amélineau, Œuvres de Schenoudi , S. 95, «c ne «.is-Konco-y ne « sie haben sie (schon) 
geschlachtet »; ib., S. 107, 1, eic ne «.qncog^ ne juineicev « er hat dièse Seite (bereits) zer- 
rissen (?) ». 

Vita Sinuthii (éd. Leipoldt), 22, 20, «.q^irr eÉioA^enn*.Hi *.qoAq itTOT ne « er warf 
mich aus meinem Hause heraus und hat es mir weggenommen »; ib., 25, 19, «.^*>nconi 

RCuAn Aineqni ne « Râuber plùnderten sein Haus»; ib., 19, o-yog^ *wqen-»ton nn«.ie^ooiP 

THpoT ne « und wo war er aile dièse Tage » wo ûbrigens korrekt in dem Fragesatz das 
Perfectum II stehen sollte. Hâufig steht das Perfectum I mit folgendem ne in den Ur- 
kunden von Djême (éd. Crum) in der Wendung &cp&n&n junAiepoc cn*.ir ne (u. varr.) 
« er (der Preis) gefiel uns beiden Parteien », Djême, 1^^, 2^'', 4*^, 10*®. Fur ne steht in 

g 21^ 11^, 27^*', nei, ferner in ttiaxh -^e nT«.cpikn*.n e&.ncTJU.c^conei epoc xinnenepHir .... ne 

« der Preis aber, der uns gefiel, indem wir unter einander dariiber ùbereinstimmten »; 



1. Beide Beispiele nach A. Levy, Die Syntax der kopt. Apophtegmata, § 85. — Nach Zoega, Catal., 335,] 
13, neqn&.AXOT u*.p ne kônnte man auch daran denken, dass hier eigentlich das Imperfectum futuri ge- 
meint ist, wenigstens an den ersten Stellen, wo die Tempusbedeutung dazu gut passen wûrde. 



KOPTISCHE MISCELLEN 19 



31*^, [t'^Jaih -î^e xxnm THpq cTAumo) *.cei ctootix ... ne « der Preis jenes ganzen Hauses 
aber kam in unsere Hand ». 
.' e) Perfectum II. 

Joh., 6/25, itTi^Kei eneiAi*. îî*.ig nm^v ne « wann bist du hierher gekommen (?) » {-Ké-ze. 
wSe yzy6wa.<;)] 11/13, nT*.Tc •2k.e -xooc ne exÉie neqxioir (( Jesus aber sprach von seinem Tode » 
(elpVjxei 8È ô 'It)(7oùç itEpt xoù savà-ou aùxoO). In den meisten Handschriften fehlt freilich das ne, 
das aber Stern, Gram., § 375, bemerkt hat. 

f) Négatives Perfectum. 

'. Hyvernat, Actes des Martyrs, S. 158 (damit nicht dieser Frevler sage), jmne 
noTMOT'f n«.g^ju.o-ir e&oAsSeit néw-au-x ne (( ihr Gott hat sie nicht aus meinen Hânden er- 
rettet >■>. 

g) Konjunktiv. 

Test. Abramo (éd. GuIDI), S. 5, 22, •^g^-e^HR epoR Ainncoc itTe OT-o^Hpion u)Tep-»u>pK ;6en 

TRoi ne « gieb Acht, dass dich nicht ein wildes Tier auf dem Feld anfàllt ». 

h) Partizipiales e. 

Hyvernat, Actes des Martyrs, S. 146, me -fnoAic ulouji nejuL«.q e-yep^eopm Ajuuoq 
ne « und die Stadt ging mit ihm, indem sie ihn ansahen », vielleicht auch it)., S. 153, 
^new Aoixs&cAx JULneTenccoAi&. ^en ^a.n£i&ca>.noc eTujefiiHO-irr eitoTepHOir ne « ich W^erde euren 
Leib mit den verschiedensten Foltern zermalmen », wenn man ne nicht mit i-n*. (s. 
unter b) verbinden will. 

III. Im Relativsatz : 

ZoEGA, Catal., 382 {^= Schenute, éd. Leipoldt, IV, 172, 23), TRomcom*. eT-^&HK 
etoA ne (( die Gemeinschaft, die vollendet ist ». Vita Sinuthii (éd. Leipoldt), 18, 28, 
iuepc*.THc eTepg^cofe epoc ne (( die Arbeiter, welche an ihm (dem Brunnen) arbeiteten ». 

Hâutig in den DJêmeurkunden (éd. Crum), ttijuih xe tôwi iiT*.itc-yAi(Ça)nei epoc juinnen- 
epHT ne « dièses ist der Preis, ùber den wir unter einander ùbereingekommen sind », 
Pj'ême, 8", 14 *^ 15*'', 20^^, 22 *^ mit der var. jmnAiepoc cn*.Tr « zu zwei Parteien » statt 
AinnenepHT, 3^^, 5^^, 7^^. Statt ne steht nei in 12^^, ttiaxh Te t*.i nT&c[p]&n«.n nei « dieSôS 

ist der Preis, der uns gefallen hat ». __ 

Dieser merkw^ûrdige Gebrauch von ne ist auch deshalb von Interesse, weil er 
sich bereits im Demotischen in der sogenannten Chronique démotique (« Orakeltext ») 
nachweisen lâsst. Ich habe unter Nr. 84 des Glossars A meiner Ausgabe dièses Textes 
{Demot. Studien, Helft VII) die Beispiele zusammengestellt. Dort steht ne : 1) nach 
dem Tempus stm—f, 2) in dem uneigentlichen Nominalsatz (=: I der koptischen Bei- 
spiele), 3) nach Hulfszeitwôrtern : a) nach 'w—fr stm (?), 6) nach bn-w (nne), c) nach 
dem Konjunktiv mtu (= II, g), 4) im Relativsatz (= III). 

Der erste Gebrauch nach dem Tempus sïm^/'zeigt klar, dass hier die klassische 
Verbalform sdm—fpw (Erman, JEgypt. Gram.^, § 356)' voriiegt. Danach wird unser 
ne auf das alte Demonstrativpronomen zuruckgehen, das schon in der alten Sprache 



1. Siehe auch die Beispiele bei Abel, Toncerschmelsung , S. 30 S. und 38. 



20 KOI'TISCHE MISCELLEN 



in dieser Konstruktion zu einer enklitischen Partikel in dein Sinne eines HûMs'C'fer^ 
bums' geworden war. Von der emphatischen Bedeutung, welche dièse Konstruktion 
in der klassisclien Sprache besass, ist in den koptischen Beispielen nichtsmehr zu 
bemerken, wenn man in die Beispiele nicht etwa gewaltsam solchen Sinn hinein in- 
terpretiert. Aber falls man mit Erman annimmt, dass snb—fpw mehrfach « den ab- 
geschlossenen Zustand » bezeichnet, so ist dièse Bedeutung im Koptischen darin 
orhalten geblieben, dass in der That (vor allem in den mit ne gebildeten Zeiten) in 
vielen Beispielen die Vergangenheit bezeichnet wird. F.reilich scheint das koptische 
ne auch hâufig eine bedeutungslose Partikel geworden zu sein, die vielleicht aus den 
nexEormen auf andere Tempora ùbertragen worden ist. 

LVI. — T^pe « SICH FORCHTKN » 

Dièses Verbum'^ ist mir aus drei Beispielen bekannt, welche die obige Bedeutung 
einwandfrei ergeben : Schenute (éd. Leipoldt), II, 79, 4 fï., epiy«.nTA«.ujop «.tyK«.K e&oA 
.... g^n^engpoo-y eirou}, epenjmoTri Tppe (( wenn der Fuchs mit vielem Heulen schreit, 
fùrchtet sich dann der Lôwe? » ; Jesaja, 57, 11', nTo Tppe ^ht^ nniAi e>.pp^oTe « vor 

Wem zitterst du Und hattest Furcht? » (rtva eùXagrjeeTaa ecpoê/lôï);). 

ZOEGA, Catal., 460"^' {Schenute) , nA.ujng^e eqn*.o-!rOi)(ojuie nqxppe g^HTC nTenp*.^ic nncTen- 
TooTT (lies nneTnT*.T?) (( Wie sollte er zittei'n (??), dass er sich vor der Handlung derer, 
die bei ihnen sind (?), furchte? ». Was die Verbalform anlangt, so gehort -rppe zu 
derselben Verbalklasse wie iïppe « glânzen », vMVit. « fett werden », £ppe « zufrieden 
werden », etc., d. h. zu der intransitiven Klasse der Verba IIP* inf. Danach wird man 
zu Tppe altâgyptisches trj bilden. In der That giebt es ein Verbum H , | ^ 

u. varr. ?/y dessen Bedeutung zuletzt Gardiner {Recueil, XXXII (1910), S. 16) als « to 
stand in awe, respect » bestimmt hat. Dièses scheint mir das âgyptische Prototyp von 
Tppe zu sein sein. Daraus ergiebt sich aber weiter, dass man dièses j ^ von c^^^ 
twr trennen muss, denn die letztere Form kann nie zu kopt. Tppe fùhren. Auch 



nn ^ t\j (s. W. Max MùLLER, Recueil, XXXI (1909), S. 197) môchte ich weder 
mit dem einen noch dem anderen Verbum identifizieren. 



LVII. — ^etÇ*.^o-y « VERBLÛHEN, ABSTERBEN » 

In der Vita Sinuthii (éd. Leipoldt) findet sich die obige sonst nicht belegte 
Wendung zwei Mal (S. 70^^ und 71^^) von dem Absterben einer Pflanze. So heisst esj 

«. ■^feon'^ -f ecÇè^g^oir (( der Kûrbis Starb ab » und ebenso eT*.Trige ovn ecÇju.*. n'^fion'f «.TFnewT 

epoc e*.ci- e<ç*.^oir (( als sie nun an den Ort des Kûrbis kamen, sahen sie, wie er abge-i 
storben war » Wr)rt]ich ubersetzt bedeutet ■fecÇi.g^oT « nach hinten geben » und stehti 



1. Siehe dazu jetzt Lacao in Recuoil. XXXV (1913), S. 71. _ 

2. Dieselbe Wurzel tr liegt wohl auch in dem achmim. Causât. CTpTpe n zittern » vor. 

3. Nach A. Hebbelyngk, Fragments inédits de la cemion copte sahidigue d'isaïe, Louvain, 1913. 



KOPTISCHE MISCELLEN 21 



. ira Gcgensatz zu "feT^H « nach vorii geben », wie es ebendort 70'"' in dem Beispiel er- 

scheint •^Aoii'^ •i.e «wcep^Hrc nc^copig eâoA oto^ c^ct^h eT&OTeK«.pnoc efioA nK&Aiuc <k.c&u]dii 

ejuLéw^u) (( der Kurbis fiag an sich auszubreiten und zu entwickeln und schôn Frucht zu 
tragen, und vermehrte sich sehr » ; "f hat hier eine Bedeutung wie in "toT&e a vvider- 
stehen », "fc^pm a beschiitzen », ^xxn « karapfen mit », etc. (s. Peyron, S. 231). 

IUnsere Wendung ist nun noch iin Agyptischen nachweisbar, freilicli in einer 
etwas anderen Bedeutung in dem hieratischen Texte des Pap. Rlilnd I, 4, 6-7. Dort 
bedeutet V\ ® 11(2— t;^; V^ m-lit ai—k w p/iœj m hn nwt—k 

! « nachdem die dich zurûckgezogen hast in deine Stadt (= Grab) » nach deinem Tode. 
: vdj-t r phwj = ■feçÇi.g^o-y (sahid. *'^enew^oTr) heisst also wohl ursprûnglich a sich zu- 
I rûckziehen » und ist dann zu der Bedeutung « absterben » gekommen. Môllers Ver- 
i mutung {Pap. RInnd, S. 81, Nr. 64), dass der ngyptische Ausdruck im Koptischen 
f eine môgliche Bildung sei, hat sich also auf das beste bestâtigt. 



LVIII. — g^wÊK « STIMULARE » 

In einer seiner letzten koptischen Miscellen hat Lemm die Existenz des obigen 
' Verbums bezweifelt und es durch g^wpK zu ersetzen versucht. Ich glaube, dass der ver- 
! dienstvolle Koptizizt, der das koptische Wôrterbuch schon von so manchem faischen 
' Gesellen befreit hat, hier zu skeptisch gewesen ist. g^to&K ist nicht nur durch das eine 
V von Lemm mitgeteilte Zitat belegt sondern noch durch eine weitere Stelle in dem von 
Peyron {Grammatica linguœ copticœ, S. 167) verôffentlichten Abschnitt aus dem 

I Martyrium des Coluthus «k.qKeA€Tre uTe-s-noT itts'i nj>Hï'eJULioii €TpeTrT&.Aoq en^epjuLHT&piott 

I nce^coKe XijuLoq *.ira) ncc^^toK n«.q (( der Hegemon befahl sofort, dass man ihn auf die 
Folterbank steigen liesse, ihn marterte und ihn mit Stacheln peinigte ». Hier ist das 
Nomen ^fioK gewiss von demselben dreiradikaligen Stamm abgeleitet wie das Ver- 
bum g^iofiR, das man jetzt also nicht mehr als à-a^ XEyôjjievov betrachten kann. Entschei- 
dend ist aber der Nachweis des altâgyptischen Verbums in hbk « stechen » ( j, ^ ., 
ra^^ Jl^ 1, zu welchem bereits Brugsch, Wo., VI, S. 751, g^toÊK verglichen hat. 
Zweifellos sind aber hbk und gôJiiK identisch. und die Gleichsetzung mit g^oxs'fi {Wb., 
III, S. 897) ist sicher unrichtig'. 

LIX. — *Ktog^, K£^- « ZÀHMEN, BÀNDIGEN » 

O. von Lemm hat kûrzlich in seinen kJeinen koptischen Studien, LVI, S. 8, von 
dem Verbum kw^ « nachahmen » das seltene Verbum ^koj^ « zâhmen, bândigen », o. a. 
: getrennt, das er weiter mit neg^- « (den Weg) bahnen » identifiziert hat. Dièses Ver- 
bum ist in der Bedeutung a zàhmen » bereits im Neuâgyptischen nachzuweisen Pap. 
Anast. V, 8/8, ^ (2 ^ (? ^ I -^'^^'^ "fev'^fl ^ PP S^ W - tutu hr klhl ssmt « man zâhmt 



1. Auch das Verbum hh/.c, Map. Pap. V, 13/2, hat nichts mit g^wsS'Éi zu thun, sondern ist =r g^tuiiK und 
hat wie dièses an der angezogenen Stelle die Bedeutung m stechen «. 



22 KOPTISCIIE MISCELLEN 



Pferde » also in àhnlicher Verbindung wie in dem von Lemm beigebrachten Beispiele 
Keg^ eg^To eAo'X « Pferde bândigen ». Auch Pap. Anast.V, 18/2, findet sich dasselbe 
Verbum wieder, wo der ehemalige Schùler von dem Erziehungs-(( Block » (phl-t), 
in den er gelegentlich gelegt worden war, u. a. sagt ^^ 1 ^"^ }1/ "^^1^ 

8 Q vA m-nts klh Ji-w—j a er hat meine Glieder gebândigt ». 

Somit ist die Rùckfûhrung von Kwg^ «bândigen» auf klh gesichert. Daraus er- 
giebt sich aber weiter, dass es nicht mit Kcog^ « nachalimen » identisch ist. Denn da 
dièses Verbum im Bohairischen x°2. lautet, so muss der erste Konsonant ein k (nicht 
ein k) gewesen sein. Also auch von dieser Seite erhâlt Lemms Schreibung, die auf der 
Bedeutungsverschiedenheit der beiden Verben beruht, eine schône Bestâtigung. 

LX. — neqp- « SCHÔN SEIN » 
Dièses bisher unbeachtet gebliebene Verbum ist mir nur aus einer Stelle bekannt 

Luc, 5/39, neqp nepn*.c (( gut ist der alte Wein^ » (ô TraXaiôî (scil. oTvoî) i^-f\<s-z^K ÈoTtv). 

Dass neqp- nicht das alte Adjektiv nfr kopt. -noTtje ist sondern ein Verbum, liegt auf 
der Hand, aber die Natur dièses Verbums ist nicht so ohne Weiteres zu erkennen. 
Mir ist sie erst durch die mit Ne-^ep- gebildeten griechischen Eigennamen klar gewor- 
den, z. B. Nr-ccpao^/o; (Magd.), NetpEpar,? [Bevl, Urk. I, III), NetfspTrpf.c {Pap. Lond. I; 
WiLCKEN, Ostr., II). 

(AAA/\AA 

I "^"^ ) , d. h. das mit nfr gebildete Adjektivverbum', das auch sonst im Demotischen' 
bekannt ist. Aus ne-nefr hat sich im Koptischen ebenso wie in den griechischen 
Transkriptionen der oben genannten Eigennamen iteqp- entwickelt, indem die beiden 
gleichen durch einen Hùlfsvokal getrennten Konsonanten zusammengefallen sind, ob- 
wohl sie nicht in derselben Silbe standen. Es liegt also derselbe Fall vor wie in dem 
aus oJ'^'of'^'^entstandenen -xtoq « sein Kopf »*. 

LXI. — DAS FRAGEWORT «.ig IN BEDEUTUNG « IRGEND EIN » 

Ich habe mehrfach den Gebrauch des Fragewortes *.ty in einer Bedeutung beob- 
achtet, die M. W. bisher kaum bemerkt worden ist. Hier die Beispiele : 

ZOEGA, Catal., 346 (Apophthegmata), «.tu) otcaxh nco^ ig*.pooT ec'xco axajloc "xe ^n&ig 
n'J-JULe nTCKHAiie OTit ovRCocAiLiKOc Ju.AJL«.ir eneqpé^nne e-y5(l*>picTOc, «.tto) Teqc^iAie igé^vAioirTe 

cpoc ■xeAiL«.p4«., itiwi juLn*.TeTnn(o2^ eneTuji (( und eine Stimme gelangte zu ihnen und sprach : 
In der und der Stadt Àgyptens lebt ein Laie mit Namen Eucharistos und sein Weib 
heisst Maria, deren Mass habt ihr noch nicht erreicht ». Hier wiirde ein indirekter 



1. Die enge Verbindung von Hpii mit dem folgenden Adjektiv *.c findet sich auch sonst so Crum, Catal. 
Coptic Msr.r. Brit. Mus., Seite 226 [473]. 

2. Siehe Stkhn, Kopt. Gram., § 308; Steindorff, Kopt. Gram.\ § 268; Erman, Â. Z-., XLIV (1907), 
S. 109. 

3. Z. B. 1 Kh, 3/7; Rosett., 1. 

4. Siehe Sethe, Verbum, l, § 60 lus, und Recueil, XXXIV (1912), S. 157. 



; COMMENTAIRE SLR UN PASSAGE D'HÉRODOTE 23 

i ^ — 

I Fragesatz « in welcher Stadt Agyptens ein Laie lebe » gar nicht zii dem folgenden 
I passen. Auch wiirde das htc des Genetivs unerkiârt bleiben, das gerade bei der un- 
) bestimmten Bedeutung von «.g ganz am Platze ist '. 
! Vita Sinuthii (éd. Leipoldt), 22^* ff. (Da rief mein Vater einen Mônchs-Bruder 

I und sagte ZU ihm), -xe ju«.^e n&.K efeoA €«>.ig xiJuicoiT sSenTROi jç^na.'siAii noTpcoJuie (( gehe 

i hinaus auf den und den Weg (Ort) in dem Felde, (und) du wirst einen Mann finden ». 
Ib., 69-* ff. (Nimm dièse Gurkenkerne), nTen ge n*.R elioA e*.ig julaiwit « und gehe 
I auf den und den Weg (Ort) hinaus ! » 

' Es scheint, dass sich auch fur das Fragepronomen ot einmal ein âhnlicher Ge- 

\ brauch nachweisen lâsst. Wenigstens passt die ùbliche Bedeutung « was » nicht in 
I Schenute (éd. Leipoldt), IV. S. 82^^ : 

/ RékOir a>n g^«.poi, h itneig^oÉicT itov, h nneiR&.OT g^&.'scoi. 

« Deshalb soll kein Mensch unter uns schwôren : Ich werde nicht auf einem Bett 
schlafen, bis ich sterbe, und ich werde nichts unter mich legen, oder ich will mich 
I mit nichts bedecken, oder ich will nichts unter meinen Kopf legen. » Jedenfalls muss 
I OT die Bedeutung « irgend et was » haben, auch wenn es ursprùnglich als Ausruf « was 
( soll ich legen ! » gefasst sein sollte. Dahin gehôrt wohl auch oTJunoT « dies und das », 
) ZOEGA, 527 '*. 

Wie ein Fragewort seinen Interrogativcbaracter verliert, ist besonders klar bei 

1 oTHp « wie viele » zu verfolgen, das sehr hâufig in Ausrufsâtzen steht. Dièse sind nicht 

< selten Umschreibungen von Aussagesâtzen, die sie in lebhaftere Form kleiden, und 

ein «wie viele» bat oft den Sinn «sehr viele», so Zoega, Catal., 307*^, cg«.pen*.i 

poTHp nnofie « dieser pflegt sehr viele Sùnden zu thun ». Andere gute Beispiele bei 

Levy, a. a. 0., §192. 

Die unbestimmte Bedeutung des Fragewortes «.g mag auf einer Ellipse beruhen 
und sich aus einem zu ergânzenden « ich weiss nicht, welcher » entwickelt haben. In 
jedem Falle ist die Bedeutung « irgend ein, der und der » durch die obigen Beispiele 
gesichert, denen sich gewiss nach manche hinzufiigen lassen . 



COMMENTAIRE SUR UN PASSAGE D'HÉRODOTE 

(Liv. II, 18)* 

PAR 

P.-Hippolyte Boussac 

La question des sources du Nil a, dans tous les temps, passionné géographes et 
voyageurs, jusqu'au jour où cet irritant problème a été enfin résolu. 

Pendant son séjour en Egypte, Hérodote ne manqua point de s'enquérir des sources 

1. a. Levy, Kopt. Syntax der Apophtheg mata, § 192, bat das Beispiel richtig aufgefasst. 

2. Communication faite à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le vendredi 16 janvier 1914. 



24 



COMMENTAIRE SUR UN PASSAGE D'HÉRODOTE 



mystérieuses, et rapporta, à leur sujet, ce qui suit : « De tous les Égyptiens, Libyen 
ot Grecs avec qui je me suis entretenu, aucun ne se flattait de les connaître, si ce n'es 
l'hiérogrammate ou interprète des hiéroglyphes de Minerve à Sais, en Egypte. Je cru 
néanmoins qu'il plaisantait, quand il m'assura qu'il en avait une connaissance cer 
taine. Il me dit qu'entre Syène dans la Thébaïde et Éléphantine, il y avait deux mon- 
tagnes, dont le sommet se terminait en pointe; que l'une de ces montagnes s'appelait 
Crophi et l'autre Mophi. Les sources du Nil, qui sont de profonds abîmes, sortaient, 
disait-il, du milieu de ces montagnes; la moitié de leurs eaux coulait en Egypte, vers 
le nord, et l'autre moitié en Ethiopie, dans le sud. » 

C'est donc ainsi que les anciens Égyptiens imaginaient les sources du Nil. Cette 
croyance était si fortement enracinée, qu'en dépit des travaux d'Ératosthène et des 
explorateurs envoyés par Néron jusqu'aux marais du neuvième degré, un bas-relief de 

Phil?e, exécuté à l'époque de Trajan, pourrait servir 
d'illustration au texte d'Hérodote. Ce bas-relief est 
bien connu; publié d'abord par Champollion et 
Wilkinson, on l'a, dans la suite, maintes fois re- 
produit. Il représente les sources du Nil telles qu'on 
les concevait au temps d'Hérodote. Entre deux 
hautes falaises, surmontées l'une du faucon, l'autre 
du vautour, un énorme serpent cache le Nil dans 
ses replis. Le vieux fleuve est figuré par un person- 
nage accroupi, couronné de plantes aquatiques et 
tenant dans chaque main une hydrie, d'où s'épand 
(( l'eau sacrée de l'inondation ». 

Dans les A nnales de la Faculté des Lettres de 
Bordeaux (2« année, t. II, p. 97), M. Maspero a 
donné un savant commentaire de ce passage. Après 
avoir cité le texte de l'historien grec, il ajoute l 
« Hérodote demandait un renseignement géogra- 
phique, le prêtre de Sais lui donne, en réponse, ui 
renseignement mythologique, et c'est dans ce seni 
qu'il a interprété tout le passage. » 

Il démontre d'une façon judicieuse l'origine 
égyptienne des mots Crophi et Mophi, qu'il tradui 
par « son gouffre, son eau ». Cette explication, basé< 
sur des preuves étymologiques, habilement présen- 
tées, ne saurait soulever la moindre objection, et o 
peut la tenir pour acquise. Notre travail porter? 
donc uniquement sur la double direction que, d'a- 
près le Saïte, Hérodote attribue aux eaux du Nil, 
lesquelles, sortant de deux montagnes, s'écoulaient 
d'un côté vers le nord, de l'autre vers le sud. 




Tyirp^'BovLisac del 



Les Sources du Nil. (D'après Cham- 
pollion.) 



I 



COMMENTAI HE SUR IX PASSAGE D'HERODOTE 23 

Voici d'abord l'interprétation (|u'en donne M. Maspero : « Le prêtre ajoutait, s'il 
fiiLit en croire Hérodote, dit-il, que l'eau se divisait [)ar moitié au sortir des gouffres et 
s'écoulait partie au nord vers l'isgypte, partie au sud vers l'Ethiopie. Il est possible à 
la rigueur qu'un Saïte, vivant loin des cataractes et ne les connaissant que par ouï-dire, 
ait donné au voyageur grec ce renseignement invraisemblable; je crois cependant que 
l'erreur est du côté d'Hérodote. Le Nil n'est pas un être simple; il était en deux per- 
sonnes. On voit souvent, sur la base des statues royales, des tableaux représentant les" 
deux Nils affrontés et liant à une touffe de lotus, emblème du midi, une touffe de pa- 
pyrus, emblème du nord; c'était une manière de marquer aux yeux que le pharaon 
réunissait la suzeraineté de Thèbes à celle de Memphis et régnait sur l'Egypte entière. 
Il y avait donc un Nil du midi, couronné de lotus, et un Nil du nord, couronné de 
papyrus, et l'existence des deux Nils explique l'existence, entre Eléphantine et Syène, 
de deux rochers et deux gouffres : l'un donnait naissance au Nil du midi, l'autre au Nil 
du nord. J'ajouterai que ces deux désignations ne répondaient pas uniquement à la 
division de l'Egypte en Thébaïde et en Delta. Les textes nous apprennent, en effet, 
que des deux côtés du fleuve étaient deux déesses coiffées des mêmes fleurs que le Nil 
lui-même, et nommées Meriti, les deux rives. L'une de ces déesses s'appelait la Miri 
du nord, et représentait la rive droite, l'autre la Miri du sud, et représentait la rive 
gauche. Le Nil du nord, associé à la Miri du nord, était donc la portion des eaux qui 
coulait le long de la rive droite, le Nil du sud, associé à la Miri du sud, la portion des 
eaux qui coulait le long de la rive gauche. C'est là, probablement, ce que le prêtre de 
Sais dut raconter à Hérodote; Hérodote, qui demandait et croyait recevoir un rensei- 
gnement de géographie positive, interpréta les paroles de son interlocuteur, comme 
devait le faire un Grec ignorant de théologie égyptienne. Le Nil du nord devint, pour 
lui, la moitié des eaux qui montait au nord vers l'Egypte, le Nil du sud, la moitié qui 
descendait au sud vers l'Ethiopie; ces deux mentions, qu'il ajoute par amour de la 
clarté au récit de l'Égyptien, en dénaturèrent complètement le sens et transformèrent 
en absurdité géographique ce qui n'était, au début, qu'absurdité mythologique. » 

La théorie de M. Maspero est non seulement très séduisante, mais profonde et 
vraie, si l'on se place au point de vue mythologique. Les récents travaux des sociolo- 
gues sur les documents fournis par les enquêtes ethnographiques nous ont, en effet, 
familiarisés avec la notion qu'en tous temps et en tous lieux, les peuples primitifs se 
I sont plu à classer les phénomènes naturels, les idées, les divinités, etc., en deux grands 
I groupes antagonistes. Dans ce dualisme primitif, chaque chose, classée dans un des 
deux groupes, non seulement s'oppose à une chose définie à l'autre groupe, mais 
- oppose également à l'ensemble de celui-ci et participe à la nature des autres choses 
de son groupe propre. Tous les objets du groupe A sont ainsi interchangeables, de 
même que les objets du groupe B. Donc, rien de plus naturel, — du moins pour la 
logique primitive, — que de voir le Nil du nord symbolisé par une divinité de sa 
rive droite, et le Nil du sud par une divinité de sa rive gauche. La thèse de M. Mas- 
pero est donc entièrement conforme à ce que nous savons du mécanisme de la pensée 
mythique, et il n'est nullement nécessaire, pour qu'elle soit juste, qu'il y ait à sa 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉK.. T. V, 4 



26 COMMENTAIRE SUR UN PASSAGE D'H1<:R0D0TE 

base un phénomène naturel. Mais, si, pour se. former, un mythe n'exige point le 
support d'un fait semblable, il n'en résulte pas forcément qu'il ne puisse pas s'ac- 
corder avec l'existence d'un tel fait. Aussi, tout en reconnaissant un caractère my- 
thique à la tradition rapportée par Hérodote, peut-on se demander si elle est purement 
mythologique ou si, au contraire, elle ne contient pas, en même temps, la mention d'un 
phénomène naturel. 

Il y a, dans l'interprétation purement mythologique du texte d'Hérodote, telle 
que M. Maspero nous la présente, un fait qu'elle n'explique pas; c'est la localisation du 
mythe à Eléphantine. Ce n'est certainement pas au hasard que les Egyptiens avaient 
placé les sources du Nil dans cette localité plutôt qu'ailleurs. Il y a tout lieu de croire, 
au contraire, qu'ils y furent entraînés par une raison fortement motivée. Et cette 
raison, si invraisemblable que cela paraisse, pourrait bien tirer son origine d'un phé- 
nomène naturel. 

Un de nos compatriotes, M. Chélu, ingénieur en chef du Soudan égyptien, chargé 
par le gouvernement khédivial, d'explorer le cours du Nil sur toute sa longueur, en 
vue d'un projet d'aménagement du fleuve, irrigations et autres travaux hydrauliques, 
a publié, en un volume, le résultat de ses recherches'. Dans ce recueil, il décrit les 
divers aspects des bords du Nil, les accidents de terrain, les produits qu'on y rencontre. 
Chaque cataracte, chaque rapide est l'objet d'une étude spéciale et minutieuse. ISIais 
c'est surtout le chapitre relatif à la cataracte d'Assouan qui, pour nous, offre un intérêt 
immédiat et tout particulier. L'auteur nous révèle qu'en amont de la première cata- 
racte, il existe, sur la rive gauche du Nil, un contre-courant très violent, dont la lon- 
gueur est d'environ cent kilomètres. Les barques qui se rendent en Egypte évitent 
cette rive avec le plus grand soin, pour n'être point renvoyées vers le sud; celles qui, 
au contraire, viennent du nord, utilisent ce phénomène, resté inexpliqué, pour être 
plus vite rendues à Kalabché. Donc, rien de plus rationnel que les Égyptiens aient con- 
sidéré comme étant la source du fleuve, l'endroit même où ils voyaient ses eaux prendre 
deux directions différentes; ils ont expliqué le phénomène en attribuant à chaque cours 
d'eau un gouffre distinct. De nos jours, beaucoup de gens ne raisonneraient pas diffé- 
remment. 

Cette tradition, plaçant à la première cataracte les sources du Nil, est probable- 
ment fort ancienne et peut remonter aux premières dynasties, époque où l'Ethiopie ne 
faisait pas encore partie de l'Egypte. Par la suite, lorsque les rapports entre les deux 
pays furent plus étroits, les relations plus suivies, les Égyptiens ne manquèrent point, 
sans doute, de reconnaître combien entachée d'erreur était une pareille croyance. Mais, 
étant fort traditionalistes, et cette tradition ayant pour elle le prestige d'une haute 
antiquité, ils la respectèrent. Elle s'est, peut-on dire, perpétuée jusqu'à nos jours, car 
nous la retrouvons encore vivace, dans un document officiel en date du 24 septem- 
bre 1800. 

Depuis le IX« siècle, c'est Maçoudi qui nous l'apprend', on savait, chez les Ara- 

1. A. Chélu, Le Nil, le Soudan, l'Egypte, p. 67 (Paris, 1891). 

2. Les Prairies d'or. 



^ 



COMMENTAIRE SUR UN PASSAGE D'HÉRODOTE 



)es, que a le Nil sort d'un lac, dont la longueur et la largeur sont inconnues, et qui 
îst situé près du pays où le jour et la nuit ont une durée égale pendant toute l'année ». 
Il est facile de reconnaître ici le Victoria Nyanza.) Les découvertes de Bruce et autres 
voyageurs du XVIIP siècle avaient fait connaître l'existence de l'Atbara et du Nil 
Bleu, deux des sources du grand Nil, originaires de TÉthiopie. Il semble donc qu'il 
ae pouvait plus être question de placer ces sources à la première cataracte. Cependant, 
lorsque, après la restauration du nilomètre de Rodah ou Meqyas, le Divan du Caire 
adressa, à cet effet, des remerciements au général Menou, commandant en chef de 
l'armée française en Egypte, nous trouvons dans ce document officiel le passage que 
voici : « Le Nil donne la vie aux enfants d'Adam, aux quadrupèdes, aux oiseaux et 
animaux errant dans le désert. Depuis le lieu appelé Chellnl, oit le Nil prend sa source, 
jusqu'à ses embouchures dans les deux mers, vers les villes de Rosette et de Damiette, 
les bien gardées'. » 

Or, Chellal est un village de la rive droite du Xil, au sud-est de Phihe, et ce nom 
-''rt également à désigner la cataracte. 

Si, au commencement du XIX*" siècle, en dépit de récentes découvertes, on plaçait 
encore les sources du Nil à Éléphantine, comment n'en eût-il pas été de même au 
V« siècle avant notre ère? 

Que savaient les anciens sur les sources du Nil? Rien. 

Tout se bornait alors aux travaux d'Ératosthène, confirmés plus tard par Ptolémée, 
et à la découverte du Nil Blanc par les émissaires de Néron. Sous Trajan, on l'avait 
déjà oublié, et Ptolémée n'était, probablement, pas encore connu. Aussi, lorsqu'un 
sculpteur eut à représenter les sources du Nil, dans la chapelle d'Osiris à Phike, il ne 
s'inspira que de la tradition établie depuis des milliers d'années, et, s'il figura au 
sommet des falaises, d'un côté le faucon, emblème du nord, de l'autre le vautour, em- 
blème du midi, c'était pour bien marquer, comme un phénomène naturel connu, 
, qu'une partie des eaux descendait vers l'Egypte et l'autre du côté de l'Ethiopie. 

Au temps d'Hérodote, les connaissances géographiques étaient moins étendues 
encore. Alors, quoi d'étonnant qu'un prêtre de Sais, qui, peut-être, n'était jamais sorti 
du temple de Neith, ait donné, comme positif, à Hérodote un renseignement qui, 
depuis des siècles, était universellement considéré comme une réalité. 

Esprit éclairé, Hérodote, qui, en maintes occasions, ne manque pas de protester 
quand certains faits lui paraissent invraisemblables, rapporte celui-ci sans commentaire 
d'aucune sorte. Il ne pouvait pas, évidemment, être choqué de voir deux cours d'eau 
issus de deux gouffres distincts prendre chacun une direction différente. Il faut, en 
effet, si peu de chose, à leur origine, c'est-à-dire à leur source, pour déterminer le 
partage des eaux. 

Nous sommes donc autorisé à croire qu'en répondant à Hérodote, le prêtre de Sais, 
prenant, d'après l'opinion généralement admise, le contre-courant pour le vrai cours du 



1. Description de l'Egypte, État moderne, vol. 15, p. 444. 



28 LE CULTE DE LA DÉESSE BAST 



Nil, croyait bien lui fournir, non pus un récit mythologique', nnais le renseignement d( 
géographie positive qu'il demandait'. 



LE CULTE DE L4 DEESSE BAST DANS LMTALIE MÉRIDIONALE 

ET PARTICULIÈREMENT A FOMPÉP 

PAR 

P.-HiPPOLYTE BOUSSAC 

Il y eut sans doute des rapports entre l'Egypte et l'Italie méridionale, dès la plus 
haute antiquité. Mais ce fut surtout au temps des Lagides que les échanges devinrent 
plus fréquents, les relations plus suivies. A partir de cette époque, au troisième siècle 
avant notre ère, alors qu'affluaient à Pouzzoles les trafiquants levantins, les dieux -de 
l'Orient commencèrent aussi leur exode. Servi par un prosélytisme très actif, favorisé 
en outre par les ambassades des Ptolémées auprès du Sénat romain, le culte des divi- 
nités d'Alexandrie se propagea rapidement et ne tarda pas à gagner, de proche en 
proche, toute la Campanie, le Latlum et Rome elle-même. 

Déjà, en 186, un décret proscrivait les bacchanales; en 105, Pouzzoles possédait, 
depuis cinquante ans environ, un temple de Sérapis. Enfin, après bien des tribulations, 
au cours desquelles nous les voyons, tour à tour, honorées ou détruites, les images 
d'Isis et de Sérapis furent, au commencement de notre ère, admises avec honneur dans 
le panthéon latin \ 

Indépendamment de la ville de Rome, où l'on en comptait près d'une dizaine, on 
a retrouvé des temples d'Isis à Pouzzoles, à Tibur, à Tusculum, à Némi, à Ostie, à 
Porto d'Anzio, à Pompéi. 

Deux fresques d'Herculanum nous font assister à la célébration des mystères d'Isis. 
Dans ces compositions, où la mise en scène est habilement ordonnancée, les lois de 
l'esthétique bien comprises, la perspective irréprochable, aucun accessoire du culte 
isiaquè n'a été oublié. Sphinx, ibis, sistres et flambeaux, rien n'y manque; l'une d'elles 
nous montre même un Ethiopien exécutant des danses rituelles. Tout dans ces tableaux 
révèle la main, non d'un décorateur ordinaire, mais plutôt celle d'un artiste de talent, 
en pleine possession des ressources de son art. 

Si nous avons insiste sur ces peintures, c'est parce que nous aurons à parler d'une 
scène analogue relative à la déesse Bast et trouvée à Pompéi. 

1. Le sculpteur de Philse a trouvé un moyen fort ingénieux de nous montrer dans son bas-relief le cou- 
rant et le contre-courant, l.'hydrie que le Nil tient de la main gauche contient l'eau venant du sud, et il en 
sort deux filets d'eau qui alimentent la rive droite et la rive gauche ; l'hydrie de la main droite, contenant 
l'eau <iiii vient du nord, ne lai.sse échapper qu'un seul filet qui est le contre-courant. On remarquera, en outre 
que l'hydrie contenant l'eau du sud diffère de l'autre comme forme. Toutes ces particularités sont parfaiten)ent 
reproduites dans le dessin de Chauipollion. 'Wilkinson, qui n'a pas saisi la différence, a fait les deux hydries 
pareilles, ne déversant, chacune, qu'un filet d'eau, un pour chaque rive; le contre-courant n'est pas indiqué 

2. J'ai déjà donné l'explication suggérée par M. Bou.ssac, dans une note de mes Ruines jjt Pay.<(t;jes 
d'É;jyf>te. — G. M. 

3. Communication faite à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le vendredi 24 juillet 1914. 

4. Bouché-Leclercq, Hist<jirc dus Layides; cf. G. Lafaye, Hlstoin; du Culte des dirinités d'Alexandrie. 






LE CULTE DE LA DÉESSE BAST 29 



I 



Qu'Isis eut des sanctuaires dans les villes du Latium et de la Carapanie, le fait n'a 
rien, en lui-même, qui puisse nous surprendre, puisque son culte fut, avec celui de 
Sérapis, l'objet d'une grande diffusion dans tout l'empire romain. 

Mais ce qu'il est particulièrement curieux de constater, c'est de rencontrer, asso- 
ciée à cette déesse égypto-grccque, une antique divinité pharaonique, Bast ou Bubastis, 
la déesse chatte. 

Les inscriptions nous les représentent comme divinités parèdrcs d'un même temple 
où elles occupent chacune leur tabernacle. Ceci autoriserait à croire que, dans les co- 
lonies égyptiennes, fixées en Italie, les Bubastites étaient assez nombreux pour imposer, 
à côté de la grande déesse alexandrine, la protectrice de leur cité. 

Je ne devrais point m'attarder ici sur le rôle bien connu de Bast, mais qu'il me 
soit néanmoins permis, pour l'intelligence de ce qui va suivre, de rappeler en peu de 
mots ce que fut cette divinité. 

Bast était une forme atténuée de Sekhet, la déesse à tête de lion. Mais, alors que 
celle-ci représentait l'action du soleil dans toute son ardeur destructrice, Bast en sym- 
bolisait la chaleur douce et bienfaisante. 

Les monuments pharaoniques nous la montrent sous la forme d'une femme à tête 
de chatte, tenant un sistre de la main droite et de l'autre une égide dont elle protège sa 
poitrine, à son bras gauche replié, pend le vase contenant l'eau lustrale. Les Grecs, qui 
se croyaient tenus de trouver dans tous les panthéons de l'univers l'équivalent de leurs 
divinités, l'ont assimilée à Diane'. Jamais, croyons-nous, on le verra plus loin, assimi- 
lation ne parut moins justifiée. 

Elle avait, à Bubastis, entouré d'eaux vives, sous de frais ombrages, un temple 
magniri{|ue comprenant de vastes cours, de riches portiques, des statues sans nombre 
et dont les fouilles de M. Naville ont mis à découvert de remarquables vestiges. 

Tous les ans, on célébrait en l'honneur de Bast de grandes panégyries. 

La religion égyptienne étant généralement basée mv des phénomènes naturels, les 
solennités en l'honneur de toute divinité se trouvaient en relation directe avec la nature 
de la divinité qui en était l'objet. Or, parlant de la chatte, les Egyptiens, qui ne se 
trompaient point sur les particularités propres à chaque animal, se sont exprimés ainsi : 
((.La chatte douce en amour, reine du ciel, compagne du Phénix dans Habennou'. » 
Souple, caressante, sensuelle, la chatte ne pouvait donner lieu qu'à des manifestations 
offrant un caractère de volupté, où quelques licences auraient pu, à la rigueur, être 
permises. Mais il semble cependant, si l'on s'en rapporte au témoignage d'Hérodote, 
qui, d'une façon détaillée, a décrit les solennités de Bubastis, que les Égyptiens aient 
quelque peu forcé la note : (( Voici, dit-il, ce qui s'observe en allant à Bubastis : on s'y 
rend par eau, hommes et femmes pêle-mêle et confondus les uns avec les autres; dans 
chaque bateau il y a un grand nombre de personnes de l'un et de l'autre sexe. Tant que 
dure la naviguation, quelques femmes jouent des castagnettes et quelques hommes 



1. HÉP.ODOTE, II, 156. 

2. L'un des noms mystiques d'Héliopolis. 



30 LE CULTE DE LA DÉESSE BAST | 

de la flûte; le reste, tant hommes que femmes, chante et bat des mains. Lorsqu'on 
passe près d'une ville, on fait approcher le bateau du rivage. Parmi les femmes, les 
unes continuent à chanter et à jouer des castagnettes, d'autres crient de toutes leurs 
forces et disent des injures à celles de la ville, d'autres se mettent à danser, ou, se 
tenant del)out, retroussent leurs robes. La même chose s'observe à chaque ville qu'oni 
rencontre le long du fleuve. Quand on est arrivé à Bubastis, on célèbre la fête de Diane 
en immolant un grand nombre de victimes, et l'on fait à cette fête une plus grande 
consommation de vin de raisin que dans tout le reste de l'année, car il s'y rend, au 
rapport des habitants, sept cent mille personnes, tant hommes que femmes, sans 
compter les enfants'. » On conviendra que de pareilles manifestations ne pouvaient 
guère se concilier avec la nature de la chaste Diane, assimilée par les Grecs à Bubastis. 

Telle était la divinité que nous trouvons associée à Isis dans divers sanctuaires : 
à Rome, à Ostie, à Némi. Une dédicace à Isis auguste et à Bubastis a même été décou- 
verte à Scarbancia dans la Pannonie supérieure'. Si l'on s'en rapporte aux monuments, 
elle n'y occupait que le second rang, puisque, dans les inscriptions, c'est Isis qui, tou- 
jours, est mentionnée la première. La part qui lui était attribuée dans la répartition 
des offrandes paraît aussi bien peu de chose, comparée à celle de sa puissante voisine. 

Un pilier de marbre, trouvé à Némi, contient l'inventaire des objets livrés à l'une 
et à l'autre déesse. Dans cette énumération, on relève des statues, des images d'argent, 
un bouclier, des autels d'arain, un sistre d'argent doré; de vraies pièces de musée. 
Jusqu'au bout, c'est un ruissellement d'or, d'argent, de pierreries. La nomenclature en 
étant un peu longue, nous nous bornerons à ne citer que les objets constituant la parure 
des déesses. 

A Isis : (( Un diadème, des bracelets et des colliers ornés de pierres précieuses; 
une couronne alempsiaca (murale?), de vingt et une topazes et de quatre-vingt-quatre 
escarboucles, un collier en pierres de béryl, des ceintures lamées d'or, deux robes, deux 
tuniques, deux manteaux. » 

A côté de ces splendeurs, la part attribuée à Bubastis nous paraît plutôt négli- 
geable : « Une robe de soie pourpre et en vert de Callaïs, une toile de lin pourpre avec 
deux ceintures, dont l'une dorée; deux robes, deux manteaux, une tunique, un vête- 
ment blanc'. » 

Sur une base d'autel découverte à Ostie, nous trouvons une nomenclature ainsi 
formulée : « A Isis, à Bubastis : Une statue de Vénus, d'argent, du poids d'une livre 
et demie, une couronne d'argent, du poids de trois onces et de trois scripules, une 
couronne alempsiaca, du poids de cinq onces et huit scripules, Caltilia Diodora Bu- 
bastiaca en a fait don par testament*. » 

Caltilia, l'un des noms de la donatrice, est très significatif; peut-être faut-il y voir 
une corruption de Cattilia, petite chatte ou, ce qui est plus probable, une faute du la- 



1. HÉRODOTE, II, 60. 

2. Province comprise aujourd'hui dans la Hongrie méridionale. 

3. C. /. L., vol. XIV. p. 211, n" 2215. 
À. C. I. L., vol, XIV, p. 481»'', n. 21. 






LE CULTE DE LA DÉESSE BAST 



31 



picide. Dans l'ancienne Egypte, le chat se nommait maaoïi et ta-maaou, la chatte était 
un nom fréquemment porté par les femmes. Les Egyptiens habitant l'Italie voulurent 
sans doute conserver cet usage et traduisirent en latin la dénomination égyptienne. 

Bien qu'aucun texte n'en fasse mention, nous pouvons, je crois, affirmer que la 
déesse Bast avait aussi un sanctuaire à Pompéi, et le plus ancien, vraisemblablement, 
de tous ceux qu'on lui connaît en Europe. D'après un critique allemand, llsium pri- 
mitif de Pompéi remonterait au IP siècle avant notre ère'. Détruit en 63 par un trem- 
blement de terre, les Égyptiens le reconstruisirent, mais cela ne les obligea nullement 
à changer la forme extérieure du culte. Étant fort traditionalistes, tout fut, au con- 
traire, rétabli comme par le passé. Or, une peinture du Musée de Naples, provenant 
de risium de Pompéi, nous fait assister à une cérémonie religieuse en l'honneur de 
Bast*. Cette composition est loin d'offrir 
une mise en scène comparable à celles 
d'Herculanum, décrites plus haut, puis- 
qu'elle se réduit à un personnage unique, 
un seul ; mais elle offre un élément d'un 
intérêt exceptionnel , qu'on chercherait 
vainement ailleurs. 

La tête rasée et accotée de deux 
plumes, un prêtre égyptien, vêtu d'une 
blanche tunique de lin à franges, chante 
un hymne écrit sur un rouleau de pa- 
pyrus à moitié déroulé. Il est debout, 
face au spectateur, devant un haut pié- 
destal en forme de stèle avec trois mar- 
ches à sa base, et sur lequel se trouve un 
chat passant à droite'. Non une statue à 
tête de chat, mais bien un chat à quatre 
pattes. Dans cette image, la tête est sur- 
montée de Vatef, ornement symbolique, 
placé d'habitude sur le chef des divinités 
égyptiennes, pour en marquer le carac- 
tère sacré. Nous ajouterons que l'a^e/'est, 

ici, figuré par une interprétation défectueuse du signe ¥ meli, emblème de la basse 
Egypte. Notre quadrupède, qui, alors, serait une chatte, représente donc, à n'en pou- 
voir douter, la déesse Bast dans sa forme primitive. 

Jusqu'ici, aucun monument ne nous a fait connaître sous quel aspect elle était 




Peinture de Pompéi (Musée de Naples). 



1. NissEN, Ponipeianische Stuclien, p. 174. 

2. NiccoLiM, Arte Pompeiana, Tempio ci Iside, Tav. XII, fig. 5. 

3- Le Musée du Louvre possède, en double, une scène analogue. Ce sont deux groupes de la XIX' dy- 
nastie, l'un en granit gris, l'autre en albâtre oriental. Ils représentent le scribe .N'ebmeroutef accroupi et 
lisant un papyrus à moitié déroulé, au bas d'un piédestal sur lequel est assis le dieu Thot, représenté par un 
cynocéphale-hamadryas . 



32 LE SCRIBE ROYAL DANS L'ANCIENNE EGYPTE 



honorée dans les autres villes d'Italie où nous l'avons rencontrée. Mais la nature des 
objets qui lui sont attribués dans la répartition faite à chaque déesse ne laisse aucun 
doute à cet égard. A moins que ce ne soit dans les foires, on n'habille pas une chatte 
avec des tuniques et des manteaux. Pour qu'elle fut d'aspect moins barbare et plus en 
harmonie avec les autres divinités qui l'entouraient, on dut, tout en conservant ses an- 
tiques attributs, l'interpréter à la romaine, ainsi qu'on faisait pour la déesse Isis. La 
formé qu'elle a à Pompéi paraît être l'indice d'une antiquité plus reculée. 

Quoi (ju'il en soit, ce que nous avons surtout tenu à faire constater, c'est qu'au 
IP siècle avant notre ère, la colonie égyptienne fixée à Pompéi adorait la déesse Bast 
sous l'apparence d'une chatte. 

Nous aimons à croire, pour le bon renom de la moralité romaine, proscrivant les 
bacchanales et longtemps hostile au culte d'Isis, que des licences, comme celles dont 
parle Hérodote, ne furent jamais tolérées à Pompéi. Tout se bornait vraisemblable- 
ment, comme le montre notre peinture, à des hymnes chantées par les initiés devant 
l'image de la déesse, à quelques sacrifices et autres cérémonies religieuses pratifiuécs 
suivant les rites égyptiens, plus ou moins latinisés. 



Le scribe l'oyal dans l'ancienne Egypte. — Au début de son étude très intéres- 
sante sur le Ua7'.),r/.ô; rca;j.;jta-E:; dcs époqucs ptolémaïquc et romaine, M. Ehrard Bieder- 
mann, qui n'est pas égyptologue, écrit, sur la foi de Pierret {Dictionnaire d'Archéo- 
logie, p. 49), que « le titre 1 rj(S| ne désigne rien autre qu'un employé au service du 
» gouvernement roj^al, sans indiquer en quoi que ce soit le caractère particulier de 
» l'ofRce rempli par celui qui le porte ». Je voudrais élargir cette définition. Le titre 
a été établi dans un temps où l'Egypte était à l'état de division : tous les employés i 
qui se trouvaient au service administratif d'un chef ayant titre de roi le prenaient. 
Lorsqu'elle réunit ses diverses parties en un seul royaume, vivant toujours sous de> 
formes différentes du régime féodal, il y eut nécessairement côte à côte dans le pays 
plusieurs administrations diverses, en premier lieu celle du roi unique répandue sur 
toute l'Egypte d'Iabou à Athou, et celles des barons organisées sur le modèle de celle 
du roi, comme je l'ai montré il y a quarante ans bientôt à propos de la seigneurie de i 
Béni-ilassan. Naturellement, les écrivains de la première série gardèrent le titre de I 
scribe royal, quelle que fut leur fonction, et ceux des autres s'intitulèrent simples 
scribes. Comme à mesure que le système royal se développait, les scribes royaux 
pouvaient se trouver investis par le roi de toutes les fonctions gouvernementale 
même des religieuses et des militaires, elle ne fut plus que partie des titres des fon 
tionnaires du roi ou des nobles, mais, lorsqu'à l'époque persane et surtout à la ptol 
maïque, les charges militaires leur furent presque partout retirées, le titre prit le se 
relativement restreint que M. Biedermann a étudié. C'est, comme en bien d'autr 
choses, le résultat d'une évolution historique qui, d'un titre effectif de charge, abouti 
à faire un titre honorifique de toutes les charges importantes, pourvu qu'elles suppo- 
sassent la connaissance du métier de scribe. — G. Maspero. 



NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 



33 



NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 

(MONUMENTS DIVERS) 

PAR 

Jean Clédat 

Pêluse. — I. Grès rouge. Largeur, 0'"28; hauteur, 0'°36. Fragment d'un monu- 
ment, peut-être d'un naos; nous n'aurions qu'une minime partie de la face supérieure 
et centrale. Les figures et les hiéroglyphes sont gravés en creux. La partie centrale 
est plane et surélevée. Au milieu est une colonne verticale d'hiéroglyphes, dont nous 
n'avons que ce morceau : 



Les côtés, qui vont en s'inclinant, portent des traces de représentations assez diffi- 
ciles à identifier. Sur le côté droit, le plus visible, on reconnaît un personnage, proba- 
blement debout, en adoration devant une divinité 
à la figure mutilée et méconnaissable (fig. 1). 

Ce bloc m'a été apporté par un bédouin, qui 
l'aurait trouvé à Tell-el-Makhzan, l'un des tells 
principaux et remarquables qui forment les ruines 
de Péluse. Ce tell, situé à l'est de la ville, est 
l'emplacement probable d'une construction mi- 
litaire en briques cuites, d'époque romaine. Le 
plan se lit encore presque entièrement sur le sol, 
et les murs paraissent être en excellent état de 
conservation. 

Le document qui nous occupe aurait pu, à 
une époque inconnue, avoir été transporté en ce 
lieu et y avoir été brisé; si le fait est exact, des 
fouilles pourraient être menées sur ce point et 
nous donner le reste du monument'. J'ai lieu de 
croire cependant que, dans son entier, il était analogue au petit naos en grès rouge, 
conservé aujourd'hui à Ismaïliah et provenant de Tell-el-Maskhoutah ; comme celui-ci, 
il paraît appartenir au règne de Ramsès II. 

II. Poids en granit noir; convexe à la face supérieure, plat sur la face inférieure. 
Hauteur, O""!??; diamètre supérieur, O-^Sâ; diamètre inférieur, 0'°275; poids actuel, 
32.000 grammes. Il a été recueilli à l'extrémité ouest des ruines de la ville, à la surface 




Fig. 1. 



1. Ce bédouin m'a donné souvent des renseignements que j'ai pu contrôler et qui se sont trouvés exacts. 
C'est le même qui m'avait apporté les vases d'El-Béda, que j'ai publiés dans les Annales du Seroice des 
Antiquités, 1913, p. 115. 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR.. T. V. "^ 



34 



NOTES SUR L'ISTHME DE SLEZ 



du sol et en pleine boue. Son long séjour dans le marais salin et excessivement humide 

a attaqué la surface du granit, principalement à la base, et probablement en a fait éclater 

un fragment à la partie latérale; ce morceau, fort 
heureusement, est demeuré accolé à la partie prin- 
cipale. De ce fait, nous n'avons à déplorer que l'u- 
sure des arêtes qui a atteint quelques hiéroglyphes 
et, par suite, a rendu une partie de l'inscription 
douteuse (fig. 2). 

Deux légendes hiéroglyphiques au nom du roi 
Nectanébo sont inscrites, l'une en une colonne ver- 
ticale au centre de la face supérieure, l'autre en une 

ligne horizontale qui fait le tour de la face latérale du poids. Les deux inscriptions sont 

encadrées par un trait profondément gravé. 




Fig. 2. 



a. Face supérieure (fig. 3) : | T , , =j?\^ f o ^ U 1 



b. Face latérale (fig. 4) : () ^ ^ ^^ M, P S 



4 11111 II II 



r^./^^ 



Jltf.E^o o oO 1 : 



] 



en 
n-3 




Fig. 3. 




^^>£g)4^frff g>r^ 




Fie 



III. De Tell-el-Makhzan provient encore un fragment d'inscription latine, gravée 
sur marbre blanc, de O^^^S de hauteur et de 0™175 de 
largeur; les caractères ont 0"'05 de hauteur en moyenne 
(fig. 5). A la première ligne, qui est également celle de 
l'inscription, on peut restituer presque à coup sûr le nom 
de Julius, lequel nom était probablement suivi du patro- 
nymique commençant par un L. La lettre est incomplète, 
mais sa restitution ne parait pas douteuse. 

IV. A Péluse, j'ai reconnu diverses nécropoles anti- 
ques; aucune de celles-ci, à ce qu'il semble, n'est antérieure 
à l'époque ptolémaïque. La plus récente est arabe. Elle 
s'étend à l'ouest de ces magnifiques ruines arabes, que les 
Fig. 5. gens du pays nomment Kasr-el-Tineh. Ce château est 




1 



NOTES SUR LIISTHME DE SUEZ 



35 



nstruit en briques cuites avec chaînages en bois. Il est à plan carré; au centre de 
édifice s'élève une coupole à demi sphérique, qui repose sur un tambour cylindrique 
rtant sur huit grands arcs à ogive. Ce monument peut être rapproché du tombeau 
sultan Kalaoun au Caire et surtout de celui du sultan Sandjar à Merv : notre châ- 
au pourrait appartenir à cette même époque d'art que ces monuments, c'est-à-dire au 
IP ou XIIP siècle. Une clôture entourait l'édifice; celui-ci a perdu toute décoration, 
aucune inscription n'a été relevée. 
La nécropole n'est distante que d'une cinquantaine de mètres à l'ouest; elle est 
composée en général de caveaux funéraires souterrains à pleins cintres, construits en 
briques crues. Il est possible que chacune des tombes ait été surmontée d'un édicule 
apparent au-dessus du sol; mais de cette partie il ne reste plus rien aujourd'hui, et les 
quelques tombes que j'ai ouvertes étaient à moitié remplies de boue liquide. Néan- 
moins, je crois, étant donnés les débris d'objets de toute nature que l'on trouve sur le 
sol, qu'il y aurait quelque chance pour recueillir nombre de petits monuments intéres- 
sant l'art arabe. 

Une deuxième nécropole, sûrement romaine, s'étale de l'est à l'ouest vers le sud 
du grand kasr que l'on désigne sous le nom de Tell-el-Faramah, à la limite du désert, 
en se dirigeant vers le Tell el-Faddah, qui est situé immédiatement en arrière de la 
ligne des premières dunes qui bordent la plaine de Péluse. 

Si de ce dernier tell on se dirige vers l'est, à environ 1.200 mètres de distance, en 
suivant la lisière de la dune, on rencontre une troisième nécropole, connue sous le nom 
de Tell-Tehma. Cette nécropole est égyptienne mais d'époque romaine; elle est flan- 
quée sur les hauteurs de la première dune. La plupart des cercueils sont en terre cuite 
et formés le plus généralement de deux vases coniques, fermés aux extrémités et s'em- 
boîtant l'un dans l'autre. Quelques corps sont coiffés de masques en plâtre peint, mal- 
heureusement en fort mauvais état. 

Une dernière nécropole, d'époque grecque, à moi connue est nommée Dtbban-el- 
Makhzan ; elle est à l'est du tell qui lui a prêté 
son nom et au nord-ouest du tell Tehma. La stèle 
en marbre est généralement placée à l'intérieur, 
posée debout derrière la tête du mort. Le cercueil 
est formé avec des dalles en pierre calcaire gros- 
sier ou avec de larges dalles en briques cuites 
mises bout à bout. Peu de tombes ont été ouver- 
tes, mais trois d'entre elles ont donné chacune 
une stèle funéraire. 

1° Tombe d'Ammonianos, surnommé Kélé- 
nos, qui vécut quinze ans. Le cercueil n'a que 
1™60 de longueur. Quelques caractères de l'ins- 
cription sont frustes par suite du long séjour 

dans le marais où est plongée actuellement toute la nécropole; cependant, aucune des 
lettres n'est douteuse. Mur blanc. Largeur, 0^16; hauteur, 0°^ 15 (fig. 6). 




Fig. 6. 



36 



NOTES SUR L'ISTHME DE Sl'EZ 



2° Marbre blanc. Hauteur, ()'"16; largeur, 0'"24. Stèle de Théonilla; la date de la] 
mort de la défunte a été martelée (fig. 7). 






V 



Fig. 7. 




Fig. 8. 



3" Marbre blanc, veiné noir. Hauteur, 0'"36; largeur, 0'"325. Stèle au noi 
d'Athanasioudis. Elle était brisée en plusieurs morceaux. Quatre de ces morceaux qui 
se raccordent ont été retrouvés dans la fosse. La partie supérieure manque. Les lignes 
sont d'inégales longueurs, et le début de chacune d'elles est en retrait sur la ligne su- 
périeure. Pour la régularité de l'inscription, le graveur a mis chaque ligne entre ui 
double trait très légèrement gravé. Dans les cassures, quelques lettres ont plus oi 
moins souffert sans nuire toutefois à la lecture générale du texte (fig. 8). 

Mahemdiah. — V granit noir. Fragment de poids. Diamètre, 0'" 122. Le bas étant 
brisé, ainsi que l'indique le dessin (fig. 9), la hauteur demeure inconnue. Poids actuel 
1.325 grammes. Deux caractères phéniciens, liés ensemble, sont gravés sur la face su- 
périeure. Les contours des lettres, malgré quelques bavochures et petits éclats de h 
pierre, sont nets et précis; je crois qu'il n'y a pas à hésiter à lire 'n. J'ignore à quoi 
correspond cette mesure. 





Fig. 9. 



Fig. 10. 



2" Fragment de terre cuite, peut-être un plat sur lequel a été peint en couleur] 
rouge le mot hAio, Ce morceau de poterie m'a été donné par un bédouin (fig. 10). 

3" Plâtre. Hauteur, O'^llô; côtés, 0'"09. Petit autel chrétien en forme d'édiculej 
rectangulaire, reposant sur quatre colonnes carrées. Au centre, une colonne cylin-i 
drique coupée en quatre. Chacune des faces est ornée de stries peintes, gravées dans lel 



NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 



37 



plâtre. La partie supérieure de l'une des faces est ornée d'une croix pattée. La face 
supérieure est taillée en bassin rectangulaire. On y voit 
les marques du feu qu'on y allumait pour y brûler l'en- 
cens. C'est très probablement un petit autel domestique 
(fig. 11). 



Aenni. — A moins d'une heure de marche à l'ouest de 
Catiéh en se dirigeant au nord de la grande route d'Egypte 
est un lieu que les Arabes désignent sous le nom de Gebel- 
Aenni, ^ ^>- , que l'on atteint immédiatement après avoir 
passé devant les hauts sommets dénudés du gebel Abou- 
Darem. L' Aenni est une succession de dunes plates, cou- 
vertes de buissons et de tamaris. Sur l'une de ces dunes l'on 
remarque un vaste espace de terrain couvert de tessons de 
poteries et de débris de pierres; parmi ceux-ci j'ai ra- 
massé ce fragment d'inscription grecque (fig. 12), de 0"" 12 
de largeur, gravée sur marbre noir. Le morceau est trop 
restreint pour que l'inscription soit, 
présentement, de quelque utilité; 
mais il est peut-être l'indice d'une 
nécropole antique, et, par cela même, 
il était important de le signaler. Je 
^^' ^^" ne crois pas que ces débris Ciichent 

une localité, car je n'ai relevé aucune trace de construction. 






Kiir. 11. 



El-Arish. — Inscription grecque de l'empereur Alexandre-Sévère ; elle est gravée 
sur un calcaire blanc très dur et siliceux. Hauteur, O'" 32; largeur, 0'°275. Je l'ai achetée 

à un habitant d'El-Arish, en mars 1914. Il n'en 
connaissait pas la provenance et m'a dit l'avoir 
toujours vue dans sa maison. Elle est conservée 
aujourd'hui au musée d'Ismaïliah, sous le nu- 
méro 2558 du registre d'inventaire (fig. 13). 

L'inscription n'a plus que les six premières 
lignes, dont une, la troisième, a été martelée. 
Toutefois, dans les débris de lettres que le ciseau 
n'a pas entièrement détruites, on peut facilement 
restituer le nom d'Alexandre. Au-dessus de la 
première ligne, je ne relève aucune trace de ca- 
ractères; mais, à la fin de celle-ci, la cassure de 
la pierre a porté sur le dernier caractère ; par ce 
qu'il en reste, je pense qu'il faut restituer un Y 
et un P, et voir, dans ce groupe précédé de A, le nom d'Aurélius. Le début de la 
deuxième ligne se marque par un blanc d'environ une lettre, deux au maximum. Si 



ceoYHPQ 

CYÇÇB€l6Yra 
ceg'AHH-eioY 



Fiff. 13. 



38 



NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 




c'est un oubli du lapicide, on pourrait songer à remplir ce vide par la première lettre 
du nom de Marcus, bien que généralement ce nom précède celui d'Aurélius. On peut 
encore supposer que le lapicide, ayant gravé le nom d'Aurélius par inadvertance au lieu 
de celui de Marcus, gêné pour le placer, a mieux aimé l'abandonner. On aurait, 
d'après cela, le nom complet de l'empereur romain Marcus Aurélius Sévérus Alexan- 
dre, ce qui met l'inscription dans la première moitié du IIP siècle. Enfin, au-dessous 
de la dernière ligne, on remarque à l'extrémité gauche la partie supérieure de quelques 
lettres d'une autre ligne. Les deux premières sont certainement TO, suivies peut-être 
d'un FF ou r et d'un I incertain. Après cela, la cassure allant en remontant a fait dis- 
paraître toutes traces de lettres. 

Qantarah. — En pratiquant des sondages dans le vieux Qantarah, tell Abou-Sei- 
feh, probablement l'ancienne forteresse égyptienne Zar, j'ai recueilli dans le sol un 
petit monument assez curieux, et dont je ne connais pas d'analogue. Il est taillé d'une 
seule pièce. Ses dimensions sont : longueur, O""!!; hauteur, O'^OôS; épaisseur, 0'"029. 



■o-'rt 




Fig. 14. 



Il est formé d'une base rectangulaire, légèrement plus large que la partie supérieure 
Celle-ci, la plus importante, est formée de deux parties distinctes (fig. 14); à gauche, 
est une sorte de dé rectangulaire de 0"° 035 de hauteur. Sur ses faces antérieure 6 et 
supérieure b' sont deux cavités de deux millimètres au plus de profondeur, dont le fond 
n'a pas été poli et montre les traces du ciseau. Les autres faces sont demeurées nettes 
et parfaitement polies. Il est certain que dans ces cavités s'adaptait une plaquette 
mobile pouvant être déplacée à volonté. On remarquera, en outre, qu'à l'axe de la 
face b correspond un petit trait vertical incisé dans la pierre et traversant en hauteur le 
socle. L'autre partie, la dernière, est la plus importante du monument. C'est un rec- 
tangle dont l'une des faces est taillée en talus. Sa hauteur et sa largeur sont les mêmes 
que celles du dé. Sa longueur, qui commence à la base du dé, est de 0°» 08. La face su 
périeure est plate, elle mesure 0^032 de longueur. La face en talus est de 0™06. Lei 
faces latérales ne portent aucune gravure. La face supérieure qui est plane porte 



NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 



39 



2;nivé en abrégé, et sur deux colonnes, le nom des douze mois égyptiens : sept dans la 
première colonne et cinq dans l'autre. Dans ce tableau, il est à remarquer que le mois 
de Thôt se trouve le dernier de la liste; les sept mois qui forment la première colonne 



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Mjiit disposés suivant un ordre inverse à l'ordre du calendrier, c'est-à-dire que le mois 
de Pharmouthi devient le premier, et ainsi jusqu'à celui de Paophi; enfin, les quatre 
derniers qui sont dans la deuxième colonne se suivent régulièrement et se termine par 
le mois de Thôt. 

Sur la face en talus A, on remarque de légers traits parallèles, et correspondant 
a chacun des mois de la première colonne. 
Sur chaque ligne on a creusé de petits trous 
au nombre de huit par ligne. Ces trous vont 
en se resserrant au fur et à mesure que Ton 
s'approche du dé 6. Je pense que le fait n'est 
(|u'accidentel, et la cause en est due à l'em- 
l)arras du graveur à les percer au fur et à 

mesure qu'il se rapprochait du dé. Mais, quoi qu'il en soit, cela n'explique pas l'usage 
et l'emploi de ce monument. 

Ouady el-Réheiba. — Les inscriptions chrétiennes que je publie ci-dessous m'ont 
té apportées et vendues par des bédouins durant mon séjour à El-Flousiyéh. Selon 
eux, elles proviendraient d'une nécropole ancienne située dans le ouady el-Réheiba, 
^^^\ ^:,\*, probablement la nécropole de la vieille cité de Rohoboth, connue égale- 
ment par les textes bibliques et égyptiens. Elle est située dans le ouady Réheibah, 
qui se déverse dans la mer Méditerranée à Rafah. Les ruines sont à 40 kilomètres 
environ à l'est de cette localité, en inclinant un peu vers le sud. Elle appartient à la 
Syrie. 

Ces inscriptions sont au nombre de cinq : une seule porte la date de 465, probable- 
ment de l'ère des martyrs, ce qui nous fait descendre au VHP siècle. C'est également 
la date probable, en comparant les écritures, des autres inscriptions. Elles sont gravées 
sur un calcaire blanc extrêmement dur. La forme des stèles est identique ; ce sont des 
dalles rectangulaires de 0™06 à 0'^07 d'épaisseur en moyenne, elles sont surmontées 
dune tète en forme de disque rond dont le diamètre est sensiblement le même que la 
largeur du corps de la stèle. Si le corps est par trop allongé vers le bas, cela donne à 
la stèle l'aspect de ces poupées coptes gros sièrement taillées dans l'ivoire. 



40 NOTES SUR L'ISTHME DE SUEZ 

l** Calcaire. Hauteur totale, 0'"47; largeur, 0'"30. Dans le disque on a sculptée] 
relief — pris dans l'épaisseur de la pierre — une croix pattée. L'inscription, qui ne' 
donne que le nom du défunt, est gravée immédiatement au-dessous de la tête, dans le 
haut de la partie rectangulaire : 



* ICOAN[NHJC 
AAA0IP. 



I 



Les deux barres verticales du deuxième N du nom de Jean sont partiellement 
visibles sur la pierre, il ne reste aucune trace de l'H. Le C est lunaire. Le second nom 
est probablement un composé sur f\bn, comme dans les noms de \n'?KB'?n (Jaussen et 
Savignac, Mission archéologique en Arabie, Inscr. nabatéennes, n^^ 12, 19), lebn [ibid., 
n°^ 36, 53), «nbn {ibid., n° 121). 

2° Calcaire. Hauteur totale, 0°"34; largeur, O'^SSô. Le disque est brisé. En haut 
de la partie rectangulaire, est écrit le nom de : 



CTE0ANOC. 

Les C sont carrés. 

3** Calcaire. Hauteur, 0^39; largeur, 0™ 225. L'inscription est gravée dans le 

disque. 

* ANAnX[au(70v] 

cepnoY. 

Le C et re sont lunaires. 

4° Calcaire. Hauteur, 0™67; largeur, 0'"235. La partie supérieure du disque est' 
brisée. On remarque les restes d'une croix pattée, gravée aux traits. L'inscription est 
placée dans le haut de la partie rectangulaire. 

EKYM/HMK 

MAPIA 

MAPnAINI 

'Exu[jL7i97] ^ £xoi(jLr)9r]. 

5° Calcaire. Hauteur, 0'^54; largeur, 0"'26. Le disque est brisé. La stèle est fruste 
dans le centre, ce qui a rendu des mots douteux ou illisibles. Les dernières lignes, 
les plus importantes, donnent la date de la mort du défunt. 

"*ANHnAE 
lUMAKAPIOC 

CTEO^AOT 

KAAANAONK0 
ETOYCY^E. 

Le nom n'est pas celui de Stéphen. La lacune est, du reste, trop grande, et la 
terminaison n'est pas douteuse. Il n'y a de place que pour deux caractères; celui qui 
précède le A semble être un E. 



I 



I 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 41 

LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 

PAR 

Jean Clédat 

En 1903, je fus chargé par le Comité de l'Art arabe de relever les peintures du 
couvent de Saint-Siméon, mieux connu des indigènes sous le nom de Deir-el-Hadra, à 
Assouan. Je profitai de mon séjour pour revoir les inscriptions copiées et publiées par 
M. de Morgan'. Pendant ce temps, j'achevai le déblayement de l'église, dont une partie 
seulement avait été dégagée des matériaux et des terres qui l'encombraient, afin de 
permettre l'étude des peintures de l'abside est. 

Ce dernier travail eut un résultat assez heureux et inattendu. Non seulement le 
déblayement donnait un plan complet de l'édifice, mais il apportait encore un certain 
nombre de stèles funéraires, que j'ai eu l'occasion de publier il y a déjà quelques an- 
nées', avec quantité de graflBti tracés dans la partie inférieure des parois de murailles; 
quelques-uns d'entre eux sont d'une fort belle onciale, rappelant l'écriture des manu- 
scrits soignés; d'autres sont d'un grand intérêt historique par le contenu du texte. 

En outre, la revision des inscriptions publiées par M. de Morgan m'oblige à les 
reproduire de nouveau. Dans mes recherches, j'ai eu l'occasion de relever un certain 
nombre d'invscriptions qui ont échappé à M. de Morgan, et, sur certains points, j'ai 
complété quelques-unes d'entre elles. Dans ce travail, j'ai cru utile de désigner par 
des .lettres "le lieu approximatif où elles ont été copiées. Certaines pourraient être 
revues avantageusement; la lecture est souvent très difficile, tant elles sont effacées, et 
plus d'une n'est visible que sous un certain angle ou sous un certain éclairage. J'ajoute, 
pour l'indication des nouvelles inscriptions, un plan de l'église d'après mes travaux. 
On verra qu'il difïère, sur quelques points, du plan qui a été récemment publié par 
Somers Clarke'. Deux portes latérales seulement, et non trois, donnaient accès dans 
l'église; il faut supprimer l'ouverture centrale, qui n'est, selon moi, qu'une large brèche 
faite dans le mur; mes relevés donnent, du côté nord, des piliers carrés, identiques et 
disposés à intervalles égaux, enfin, la distribution des consoles supportant les arcs de 
voûtes des bas-côtés est totalement différente. 

I. Cette salle, par laquelle on pénètre actuellement dans l'église, grâce à une 
brèche faite dans la muraille est, a donné un certain nombre d'inscriptions peintes ou 
gravées dans l'enduit, malheureusement, mal conservées et difficiles à lire. 

Paroi ouest. — Au-dessus de la porte, on peut voir les restes de deux inscrip- 
tions, peintes en rouge; l'une, qui était assez longue, n'a plus que quelques caractères, 
l'autre, que je donne, est en assez bon état, malgré les nombreuses lacunes : 



1. J. DE Morgan, Catalogue des Monuments et Inscriptions antiques, t. I, p. 129-139. 

2. Jean Clédat, Notes d'Archéologie copte, dans les Annales du Sercice des Antiquités, t. IX, p. 224-229. 

3. SoMERS Clarke, Christian Antiquities in the Nile oalley, pi. XXI. 

RECUEIL, XXXVIL — TROISIÈMK SÉR., T. V. 6 



42 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



AA*>^pe^ 



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^nd^epnôweT€qAi.«<Rdipe*<\^i;)(^H 

g-PlC0Rg|4^^^ ^^^^^^^ AAOTtlJ^CTipiOïl 



^^fA*i.Rô.pii^vViXH -2^^ i^qujwne |€g_TriiTr^ 




me^mo(o||i(3'ogg_ïBioq 



Paroi sud. — Sur cette muraille avait été peint un certain nombre de petites 
inscriptions. Une seule en noir n'a conservé de lisible que ce début : 



Paroi nord. — Toutes les inscriptions sur ce mur étaient gravées à la pointe dang.i 
l'enduit de plâtre : 



1- ' -fv-y^ùo 



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/ 

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o. 



«J*^*i€«poo**^v 






ICttH 



m». 
iuîHpC 



II. Sur le chambranle de la porte qui conduit de la^salle I dans la salle [Il en a, 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



43 



1 peut encore voir, mais prescjue ell'acés, des débris d'inscriptions peintes en couleur 
■uge. Vu leur mauvais état, je les ai abandonnés. 

Paroi est b. — A gauche de la porte, se lisent quatre inscriptions, gravées à la 
[jointe : 



3. 



ijuLHttÀ. MJLnà<rK.o\m\- 



Paroi nord c. — Les inscriptions tracées sur cette paroi sont également gravées 
avec une pointe, excepté le n" 5 qui est peint en rouge; l'une d'elles, les n"^ 7-8, a été 
donnée par M. de ^Morgan [Catalogue, I, p. 149, n" 8). 



1 . Kèk.O. . 



2. * ô.pI^^.AA^eeTe]ïl^^We 









il X 



|eKUJ2vI^I^ 



4. *>.ttOR AJLHIld^Xl. 



5. dk.piniji eeTe] 



*<ïlOK nKA*. 



f€JULnO 



6. 



Mn€i|i^ 



>ÎV 




(g% 



XHpel'^ p uoÊ^uj^ 



It^^,^?i^^ 



8. i^noR n*«.Tr'\ei 



t^ï-XivAAHHqC^ 




A«.Hnè<- l^^'PX*' 



Sur cette même paroi, à droite des inscriptions, on peut encore voir les traces, très 
peu visibles il est vrai, d'une ancienne peinture décorative, qui ornait le bas-côté 
nord de l'église ; elle a été détruite en partie par les cassures de plâtre, en partie par 
des coulures de mortier, tombées de la voûte et diluées par les pluies. Les couleurs sont 
également très effacées ; il ne reste plus guère qu'un Jéger coloris sur la muraille avec 
quelques indications vagues, mais plus accentuées, des lignes de composition attestant 
l'existence de cette fresque. Dans cette composition, j'ai remarqué toutefois, dans 
l'angle inférieur de droite, la représentation aux contours rouges', probablement ceux 
de l'esquisse, d'un édifice à coupole sur laquelle se dresse la croix; à côté, on lit en 



• 1. C'est la couleur employée- le plus généralement par les Coptes, pour faire l'esquisse de leurs tableaux. 
J'en ai fait la remarque dans d'autres peintures de ce couvent. Il en est de même aux couvents Blanc et 
Rouge, à Baoult, à Antinoë, etc. _ - - 



44 LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



blanc un reste d'inscription écrite en belle onciale. Elle comporte quatorze lignes, 
malheureusement mutilées et fort incomplètes. Comme dans la plupart des inscriptions 
qui vont suivre, la lettre jm est ainsi faite u. 



1 npoc . . 

2 OTO^JSnjui . 

3 Trnô^ViAAoïi . . 

4 njs.p;)(^Hnpoc. 

5 If^^RôwC 

6 npooTT 

7 ««OT .. . ^^pic^id». 

8 . . . . e . ly . nôk.cep 

9 eÊoAne 

10 ttè»,i€&o'\ qe . . 

11 eÉl0\ AA. . . 

12 TT efcoX . . . 

13 poc . . . 



14 X**^X* 



Paj^oi sud d. — 1. Inscription écrite en rouge. Cf. J. de Morgan, Catalogue, 
p. 140, n" 7. 

js.pmBcH'^oJn'xcareRUîèwno 
r m, mi^ m. -^ c 

g^nneKjutitTpoptoAAeniAJi 



gitiîiTeqAAi^pe^^ 



'xennoTTe'si AAO | 



2. Inscription d'au moins six lignes. Elle était écrite en rouge. Je n'ai pu en 
prendre copie par suite de son mauvais état. i 

3. Inscription gravée à la pointe : 

4. Autre inscription illisible, gravée dans le plâtre; elle était de plusieurs lignes. 

5. Ce mot, gravé à la pointe, uj&.qHK. 






LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



45 



III-IV. Les inscriptions qui suivent sont entièrement nouvelles. Elles sont le ré- 
■ultat du déblayement que j'ai effectué dans l'église. Une seule de ces inscriptions a 
jté relevée du côté ouest de l'église. Elle est placée dans une niche a, à gauche de 
'abside ouest dans laquelle on a peint une figure de la Vierge. L'inscription avait sept 
ignés, dont la dernière est perdue avec la date; elle est au nom d'un certain Shenoute, 
ils de Théodore, diacre de Latopolis (Esnéh). 

cuoi igeitoTTTe 

THC nOiVioc Xe^Tton 
e^.i€ieg^OTrit cniAJid^ 
eTOTè^ . g^it noo 



Toutes les autres inscriptions ont été prises sur les murs du chœur ou sur ceux 
qui séparent le chœur de la nef centrale. 

b. Une seule inscription, écrite en noir. Elle porte la date de l'an des Martyrs 
1120 (a. d. 1404). Cette date serait une des plus basses connues jusqu'à ce jour. 

^^^^J-ynr 'A.*».7Jvpoc 
ng^TTK OTTXA en] oc 

TR^^p&.RHA«.nieÊOT[jUl] 

c. Deux inscriptions écrites en noir. La première est celle d'un moine Philothée, 
du couvent de Mermaurias à Edfou, et d'un certain Pierre qui l'accompagnait et qui 
appartenait probablement au même couvent. 



1 d^noK ni 

2 g^HKe £iï\ o] 

3 ^eoc -yy n 

4 A«.On*.CTH 



5 pion nx«.è».[p] 

6 THpioc AJiep 

7 AAd>.Trpievc 

8 g^ïiTnoXic 

9 eTÊioir (Ç^ 



10 n«^ni».q d^AAHit 

11 d^noK nig^TTR 

12 encTpoc^^ 

13 (^-^ Mi^ïidkq 



46 



LES INSCRIPTIONS DE SAIXT-SIMÉON 



La deuxième inscription, beaucoup plus longue, est, malheureusement, fort mu 
tilée. Elle est placée immédiatement au-dessous de la précédente : 




11 ^-^^q» 

12 ^-^/^oiri 

13 MÉ£^ùMM. 




m 



18 uji^^jLftoqo. 



19 iteHcnHTi^Trpj 

20 p^Jq^iOAAeAAii 

21 ' nuïHpe jutHiie-yM 



22 nïii€ THpOTT^ 

23 MKÔ», îlIAteT^^J 

24 «d^Tf A».«nen[itoT] 

25 n'^iiwKOUOc |)(^[picTo] 

26 •îk.oAo-y . Tnr cca».^^ 

27 AJiit netiujHnewno'Wco 

28 "X-o inr aaîi neq^J 

29 ceAJil É lïi . TT 



30 RAd.TT'XIOC 

31 tÇ^ tid.ttôvq -«-[ir] 



rf. Inscription écrite en noir par des moines du monastère de Tapa Victor 



1 ^ / [ivJpmAj.eeirens'c 11 

2 £^ JtttteKg^eAA,g^is.X 12 

3 ^[ôwTTJeïeneiAji*. ctott 13 ^J 

4 [d<i>.£iJ^Jïïi€«d.Ttti. 14 




neTOTd>.Ê 
|pe i^noK 

JnpecʀTe 
10 Poc^^MTqnAAoX 




^AApoc 

19 g^^vc^v^^s>AA*< 

20 «Ç"^ tt*.ii*^q d^AJLHtt 



21 dwïtivK nïg^HRe 

22 ïiÊiHit^nTcX 

23 ^Bcïg_ T»"»" nAAO 

24 [wA>]cTHpion 

25 ô<nô>. fiiRTwp 

26 cTc*<g^pevï fÇ'^ 

27 ïiô.ttd.q d^juLHit 

28 euqe 

29 eqeujcone 



e. Sur cette face de pilastre, on remarque dans la partie haute les restes d'un ta] 
bleau. Les lignes du cadre sont tracées en rouge, ainsi que les parties entre crochets 
Le reste est écrit en noir. Au-dessous du tableau est une longue ligne écrite en carac- 
tères cryptographiques et en arabe. Nous avons la limite du tableau à droite et à 
gauche, et je crois dans le haut, mais cela n'est nullement certain. 



i 




f^i^f^T^j^T^r^^âl^ ^.,^,HArr-K1E5TT=:TKY=û^£Xia:4>+/ii0'i/Ar4J 



Au-dessous du tableau est tracée une longue inscription grecque à l'encre noire. 
311e n'est séparée du tableau que par un intervalle équivalent à une ligne. L'écriture 
îst la même que celle employée dans le tableau. 

TonÏReT€TriiK 



'•i?,,^^ i 



x^ (m) 



2 T*^\^*T^*.CHAACOU| OTTOC CCTIU isMxh^ KOCH?:^ oXeAAenOC* '^IKdwIOI ^^^ 



T(SI'C) ^ I(.«(C) K(5lf) A(S('C' K(5IC) _ "XlSfC) 

5 npo njutm'Xeoc . ic . jAe . -aLie^ . K^wI^^v . evfeÊi». . ceXeir . enic . ic . %xe. . en . 

f (SIC) 

6 ^^TpiCOCïOC . AA^ . Ip^B . K*.inA.'\H« . èwîlè^ . A*.€ . Rd.mi.TO.pX" • "*^'»'- 

Rpiv^H . Rô.ind.'\l[lt] 

17 (.«/c) r «H-l •^(.'.•ic-) T(SIC) 

7 i.nd.R . ïcoh'X . c^op . Rd.c . Ri.ind.'Xïn . 0-2.011 . «.n*. . aac . RA.iii&.Xm . en . -i-eir . 

A (SIC) 

X(sic) tCsw) 

8 ni.Teii . no^Hc . it*.T«.p . Rd.in*.^ i?Hni.iiTioii . no . Rd.ind.Vm . cRenTiop . 



48 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



•^(SiC) 



. __ A(sîc) ^(sic) Klsic) ^^ 

10 R€c&.pei».n . npo*xpH . R^-in^-Vm . ec . AAonon . «^.penic . ope^o^o^on . R*».inA.'\ïn 



nlsic) 



11 £id«.ciA.€Oc . ÏCA.R . •^OTT . eRuji . Rd».ind».Vm . e^c -^toHc . A&ond». . nr^ts. . ^c 



K(SîC) 



12 ïwhX . pi*;^ , . RA.Ï . ïcd».R . pi"^ . Ri^i AAep^opoc . pi-^ . &.ïi&.n^.ircHc . At.«».R*>.pi| 



e^c 



13 ik.nd^nd>.TrcHc . cetioTToc . ec . A-HJi^nô^TCHc . Rd^ïn».Vic {sic) . piT . rot*^*». ; 



cisic) 



14 CTHTpiROI . ÊA-GlXeOC . iV^ÏOC . d^AilHtt . RÔ».H?eil€T(jOïtd<A*.HÏl . R^.in*>.?V.[ïïl] 

T(s(c) . ^— .« ^{sic) ___ 

15 ec«w . dv4jL^.p . v^H . d^ttion . nd^ïiTon . ^vp . e^oircid^c . n«k.ïiTa>n . cslOC 



e(s!C) 



16 



|icoTno7rc . d^nto . fed.ciXHc . TO^^^^s.p^^^HcoIl . nTïiic . d^n^.'^ic . «^.ncocÇi^ 



17 njvïtTiou . rtiTjutïioii . TpoA*.a> . Hiuiepiv . juiHeiiRi^Td<A.einHCJUi€ . q^ . otttoc 

nov . JULnHnoci5tc) xxtsic) A(s!c) 

18 Rd».pTo\d.oc . d^noAi*.pTTrpoïi . ciK . Ah . . HjjiepôiC . t^*.p . ife . Jc'X.^ 

*>>'^*.p. 

f. 1. Inscription copte écrite en noir. Une grande cassure dans la partie supérieure 
a détruit le début de l'inscription. Cf. l'inscription d ci-dessus. 




/// ^/ / 




xhji 



T «d^ita^q 



TfOO d.AAHtt 



d<pin u e€Tre^<5'cA«.neRg_AAg^iv'\ 



Zô^X^P***^*^ nenpc nigHpe 
nA*.on*.cTHpio« ôwn*. fciRTOip 

2. Inscription placée au-dessous de la précédente ; elle est écrite en noir. Je pense 
qu'il faut voir dans les trois derniers caractères de la dernière ligne la date de l'in- 
scription qui serait de 1104 (a. d. 1388), le huitième jour de choiak. 



diiiOR nig^HKe 
A«.I^^s.H\^n^^poc 

itog^ noTVïc xt.op*^ï ne^c 
A«».Tton cttH ^\ u^s. 



LES INSCRIPTIONS DK SAINT-SIMÉON 49 



3. Cette inscription, écrite en noir, est enfermée dans un grand cadre. L'inscrip- 
tion est placée dans la partie supérieure du cadre. Il est possible que le pèlerin ait aban- 
donné son travail après la première ligne. 

4. Inscription cryptographique écrite en noir : 

1 1 1 ï 1 1 1 1 iji rA-s 

5. Inscription écrite en rouge : 

KcnipeqpïtoÊe 

[sic] 

niu**.imA)^a)c njjioiïiujcTepïajti 

Sur cette partie de la paroi se trouvait encore un grand nombre d'autres graffiti, 
parmi lesquels quelques-uns en écriture arabe. Malheureusement, ces inscriptions, 
parfois assez longues, sont presque entièrement illisibles. 

g. Sur cette paroi, une seule inscription a été relevée. Dans un carré bouclé aux 
quatre angles, on lit la formule, six fois répétée l'une au-dessus de l'autre : «».noR 
nig^HRe. Cette même formule est encore répétée une septième fois en dehors et au- 
dessus du cadre. 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 7 




50 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



ini«^ï7i 



h. Inscription écrite en rouge. Elle est très incomplète par suite d'une cassure dans 
le plâtre : 

mimmr 



d».ncecinenepee| 
n. : — 



|iii€ : %xw g^èii 



i. Sur le côté gauche de la porte se lisait une inscription, dont il ne reste que ce 

débris : 

1 

nu i^ 

{ fno'A.ic i "îj 



La ville mentionnée ici devait être celle de Siout. 

j. Nombreuses inscriptions arabes difficiles à lire, et dont je n'ai pu prendre ni 
calque, ni copie. 

k. Deux inscriptions écrites en noir et incomplètes : 



|lteAA€ 
niïCTpeV^OHAJLC 

ICl-SfC) 

cT rpa.ne'i^&.npoc 



2 . *^«o[k]P^ 

nujHp[e] 
npe 




/. Quatre inscriptions écrites en noir. Les lettres de la première sont formées par 
un double trait; les deux dernières sont enfermées dans un rectangle. 



ôwiioR ni 



£^€RH 



n€^uâd».ip^&. 




*.ItOR ni^TTRH^^^B 

nu|Hpe âJineTpoc 



3. 




^Id^ROH (5'00(5'e 
-y {sic\ 

\\ nujHpe iï&>Hic 
eK.pïnei.AJteeT€ -^ApïiRC 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT- SIMÉON 



51 



4. g^enpè.[n]nnoT 




nii&.€ 



d^noK niKÀ, 






V. Sur la paroi nord et un peu au-dessus du sol est une longue inscription écrite 
en rouge; elle est très mutilée et presque entièrement effacée. Je n'ai pu lire que 
quelques lettres. 

VI. — Aucune inscription. 

VII. — Aucune inscription. 

VIII. 1. Inscription écrite en rouge sur la paroi est. Elle est, actuellement, un peu 
plus mutilée que ne l'a vue J. de Morgan {Catalogue, p. 136, n° 5); je donne entre ( ) 
ïes lettres qui sont perdues et sont données par J. de Morgan. 



n ( o OT coTpop noXïc . p(t)Ë 



'////////////-■"mml'. 



5, \t?'StOïHq Ron^^.I efeoTVttJ 



umAdw *<Tra) 




137, 



Même paroi. 
n« 6. 



— Inscription écrite en rouge. Cf. J. de Morgan, Catalogue, 

\pXi^«^oc|/^ 

Iqe'xjutmqf on*^; 

TeA'\ô>.q€no J 
i*vitTeTc|pnd<ip 

iid^t^T lt^».lyoq neooTf iiivq uï| 




52 LES INSCRIPTIONS DK SAINT-SIMÉON 



3. Paroi sud. — Inscription écrite en rouge. Cf. J. de Morgan, Catalogue 
p. 136, n° 1. 



ô^pindiJuieTe ïti».Kô<nHoP 




nAAjc§_ô.mei'i.i^Xl 



[oc] qpiio£i€€T 



4. Inscription gravée près de la précédente : 

5. Sur cette même paroi existent encore les traces d'une longue inscription écrite 
au rouge, en lettres cursives. Elle est très effacée, et sur quelques points, surtout à 
gauche, elle est détruite. Il m'a été impossible d'en prendre copie. 

6. Enfin, sur l'un des montants de la porte qui conduit dans la salle IX, se trouve 
cette inscription, écrite en rouge; elle est brisée sur le côté droit. 

^^HvJj"yXJs.CHA«.U)ïl 



ccAo. ^ne^ dwï KJs.AAOT'^i.OTre 



h\ 



IX. Paroi nord. — Inscription gravée. Cf. J. de Morgan, Catalogue, p.' 137. 

^iienpoijutciiÀ 



De nombreux graffiti étaient gravés au-dessous de cette dernière inscription; tous 
débutaient par eic ô>.îior ou bien par js.uor. Les noms qui suivaient sont efïacés ou 
brisés; aucun d'eux n'a été conservé. 

Paroi ouest. — J'ai reconnu deux inscriptions peintes en rouge, dont l'une est très 
mutilée et presque effacée; je n'ai pu la noter. Voici ce que j'ai pu lire de la seconde : 

i^.pind.Ai.e'ye ïtes.c«ô>.ne 



LES INSCRIPTIONS DE SAIXT-SIMÉON 



53 




|[ig]Hpe xo^ 



X. Chambre souterraine taillée dans le rocher. Un seul graffite a été relevé à 
gauche de la porte d'entrée, sur la paroi est. 



Un autre graffite se trouvait en face de la porte sur la paroi nord, mais il est 
complètement illisible. 

Grand bâtiment. — Dans le vaste bâtiment à étage, qui domine le rocher au 
nord-ouest de l'église, et auquel on accède par un escalier aujourd'hui démoli, j'ai 
relevé un certain nombre d'inscriptions; quelques-unes ont échappé à la visite de 
M. de Morgan. 

La première inscription, que l'on rencontre en pénétrant dans ce corps de bâti- 
ment, se trouve dans la cage de l'escalier. On y peut voir encore dans le fond de ce 
couloir, sur la paroi sud, des traces encore visibles d'un grand tableau peint à la fres- 
que. L'inscription peinte en rouge est écrite sur cette même paroi. Il ne reste que : 






AA€tt 



^ + 



:^ 



Autre graffite sur la paroi ouest: il est peint en rouge. 

[d<]ltOR ni£^HRÏ 
\%X «<pROC TT 



^ejutnd^i 



Sur la paroi ouest de la grande galerie centrale, au rez-de-chaussée, entre les 
portes des cellules II et III, est une inscription peinte en couleur rouge foncé. 




g^ïiT«.A*eii '*'<=' H '*'*^* nrx^ 




ASSOUAN. — PLAN DE L'ÉGLISE DU COUVENT DE SAINT-SIMÉON 






LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMÉON 



55 



Les inscriptions (|ui suivent sont écrites dans les cellules. J'ai commencé mon ins- 
pection par les chambres de gauche, et ensuite j'ai visité celles de droite, en accordant 
le numéro I à la première cellule en entrant. Sans donner un nouveau plan, on pourra 
se servir de ceux qui ont été précédemment publiés en suivant l'ordre que j'indique. 

IV. Paroi nord. — Inscription écrite en couleur brune. Cf. J. de Morgan, Ca- 
talogue, p. 138 et 110, n" 9. 

nig^[H]K[e A«.€p]ROTrpi "^tOK 

XI. Paroi ouest. — 1. Inscription gravée : 





2. Inscription gravée. Cf. J. de Morgan, Catalogue, p. 136. 

{sic) 

ÔLpinô^4Jie[Tr]€Tre n-socic 
€qg^*«>peg^epotiitoTrA4.HHUîe 

npOAJLe £^« OTHpHUH g^èiJUtHïl [sic) 

3. Inscription gravée : 

ô^pind^AAe'ye 



4. Inscription gravée 



2 "Tc|KA*itiieporçif T 



56 



LES INSCRIPTIONS DE SAINT-SIMËON 



Paroi est. — Deux inscriptions et la représentation d'un chameau. Le tout est 
gravé dans l'enduit. 




n-xdwic 




La disposition de l'étage supérieur est exactement la même que celle qui est 
adoptée pour le rez-de-chaussée. Dans cette partie du bâtiment, une seule inscription, 
peinte en rouge, a été relevée; elle est située sur la paroi sud de la cellule qui cor- 
respond au numéro III de l'étage inférieur. 



d<noR nig^HKe cô^niii*»^ 



^%x\\\i>. '^mkj TTiiT no! 



miOiTCTi 



lOTeTOTT 




lt€ 



)d< AAHtt 



^ f 



Une dernière inscription a été relevée dans la cage de l'escalier, qui conduit du 
premier étage à la terrasse du donjon. L'inscription est peinte en rouge. 

npoc < juinnocoiiToii . ô^ttoij n^^^^ 

JJlOlld^CTHpïOïl nis.ï tÇ'^ ItJVtlôwï . €Tc^e . t 

Dans une salle attenante au mur d'enceinte et située dans l'angle nord-ouest, j'ai 
copié cette inscription gravée sur la paroi sud. Cf. ci-dessus l'inscription du peintrj 
Mercure (p. 55) : 

ni^HKC AACpKOTTpï 
ZOKpd>.rÇOC 

A l'entrée de la porte de cette môme salle, sur le côté ouest on peut voir quelques 
restes d'inscriptions gravées. Je n'ai pu en prendre copie. 



EINE' LISTE MEMPHITISCHER GŒTTEU IM TEMPEI. VON ABYDOS 57 

Au sud du grand bâtiment, à moitié enseveli dans les décombres, est un groupe 
de constructions, avec cliambres étroites et voûtées. Dans l'une de ces chambres, j'ai 
copié le graffite suivant, gravé sur l'enduit : 

A droite de cette inscription sont figurées à la gravure "quelques représentations 
très grossières de moines coptes dans la position de l'orant. 

Dans une seconde chambre on voit des restes de fresques, encadrements, croix et 
divers ornements. Sur la paroi ouest, au fond de la salle, on lit, peint en rouge et en 
grandes lettres : neti -xoeic to. Sur la paroi est, également peint en rouge, on trouve 
ce reste d'inscription qui comportait trois lignes : ô^wor nig^HRe. 



EINE LISTE MEMPHITISCIIER GOTTER IM TEMPEL VON ABYDOS 

VON 

Hermann Kees 

Im grossen Sethostempel von Abydos und zwar in der Kapelle des Sokar (U des 
Planes bei Mariette, Abydos, \) findet sich an der linken (Sud) Wand in der oberen 
Reihe eine Gôtterliste aufgezeichnet, die in mehrfacher Beziehung Beachtung verdient. 
Sie ist nach der Art etwa wie die grosse von Mariette, I, 44 ff., bereits mitgeteilte 
Liste gegenûber der Kônigstafel einer Opferdarsteliung des Kônigs beigefiigt; doch 
erhâlt sie ihr besonderes Charakteristikum dadurch, dass es sich hier bloss um in 
Memphis verehrte Gottheiten handelt, und dass dièse durch Beifùgung fast als topo- 
graphisch zu bezeichnender Oberschriften nach verschiedenen heiligen Bezirken 
geordnet sind; sie ergânzt damit zwei andere Listen im davor liegenden Raume die 
sich hauptsachlich auf Sokarkultstâtten beziehen (Mariette, Abydos, I, 35 b und 
48 a). Damit gibt sie uns einen recht wichtigen Beitrag zur Kenntnis des memphiti- 
schen Gôtterkreises zur Zeit des neuen Reiches, und uberliefert uns vor allem auch 
eine Reihe recht alter Namen von Lokalgôttern. Nach der allgemeinen Zeitanschauung 
erscheinen die meisten von ihnen, wie schon am zugesetzten Gôtterdeterminativ er- 
sichtlich ist, als verschiedene Formen' des Hauptgottes Ptali. 

Das zeigt sich gleich in den ersten Feldern, die keine besondere Angabe des 
Bezirks haben. Dort lâuft nur die allgemeine Opferformel : « Ein Opfer, das der Kônig 
gibt, wenn die Opfergaber auf dem Al tare zusammengelegt werden, wie sie Kônig 
Setlios gibt. » 

1. Leider fehlt in der neuer Monographie von Stolk ûber den Gott Ptali hierzu jegliches Material. 

o 
KECUICIL, XXXVII. — TROISIEME SER., T. V. ° 



58 EINE LISTE MEMPHITISCHER GŒTTER 

Das obère Feld gibt nun immer den Gottesnamen, darunter das Determinativ des 
Gottes, bei den mannlichen meist in Gestalt des Ptah an selbst, die untere Rubrik 
wiederholt dann den Namen nach einem einleitendcn ii | 'w^AA^ « fur Gott X. » und ist 
gelegentlich durch ihre Varianten lehrreich. 

1. Die Liste beginnt mit Ptah selbst, der unten noch nâher mit seinem gewohnten 
Beinamen « sûdlich seiner Mauer » genannten wird. 

2. Es folgt ein Gott J. (Var. J. ), der zum Unterschied von den nâchst- 

T AAAAAA T O 

folgenden, trotzdem er auch das Ptahdeterminativ bat, nicht ausdrûcklich als Ptah 
bezeichnet wird. 

Die bevorzugte Stellung und die auch sonst ùbliche Verbindung des Ptah mit 
dem Gotte des Urgewâssers spricht dafiir, dass hier trotz der ungewôhnlichen Schrei- 
bung Gott Nun gemeint ist' und nicht etwa jene Sclilangengottheit Nnw, die sich 
z. B. im Sokariszimmer selbst als Schutzgottheit an der Bahre des Osiris als J--!-^ v 



'^v ~ ^ neben anderen Schutzgottheiten findet'. 

_. C^ Ci g s o 

3. (j[[|/wwNA (Var. dlli AAAAAA ) Jint-tniit , mit Ptah gleichgesetzt. Tnnt ist offen- 
sichtlich ein Quartier von Memphis vielleicht ehemals benannt nach einem dort ver- 
ehrten Lokalgott Tnn'' , dem wohl das holie Federdiadem eigen war, mit dem der 
spatere Ptah-re/«en gewôhnlich erschei nt. E s dient hâufig als Bezeichnung des Sokar- 
heiligtums von Memphis : so wird ^^ AAAAA^ auch in der Liste der Kultstâtten des 



Sokar aus dem Vorzimmer zu seiner Kapelle in Abydos, Mariette, Abydos, I, 48 a, 
genannt. Aber auch Ptah bat daher zweifellos seinen in der zweiten Hâlfte des neuen 
Reiches populârsten Beinamen T^enen bekommen'. Dass dieser hier gemeint ist, ergibt 
sich schon daraus, dass Ptah- J'e/ze/2 in der Liste sonst fehlte, auch die bevorzugte 
Stellung am Anfang weist darauf . 

Altère Stellen zeigen aber noch deutlich, dass wie so viele a Ptahformen » dieser 
Liste auch der hntj-Tnnt einst ein besonderer Lokalgott war, der allerdings schon im 
alten Reicli in engsten Beziehung zu Ptah steht. 

Er erscheint im alten Reich in dem Priestertitel fj]|]s==*4-4-'^'^ I Y' ^ï-^^-i 

AAAAAA T T 1 I À 

___ AAA/V\A g -— -S >V\AAAA 

Mast., C 1, H 14, E 12; Murray, Index o/' names, pi. XXX, als fdfi 

CK C^ AAAAAA Ci 

nJ] wird er auch in dem alten Text Lacau, Text. relig., Nr. 58 : « Vom sich ver- 
wandeln in den Npr)) genannt, worauf gleich folgt « Ich bin Ptah usw. »; Npr, Ptah, 
Osiris, hntj-tnnt, sind in diesem Text schon gleichgesetzt. Dass Tnnt ein eigener liei- 



1. Vgl. Stolk, Ptah, 24. 

2. Zu dieser vgl. Pt/r. 312 a, ±1 /v'vN^, Pyr. 070, ll(](]zv|||^, also Ableitung von dem 

Pyr. 1242, 1534, bezeugten Verbum der Bewegung {njnj'l); ferner vgl. Amon als ^ — / J 1 f/r, > Daressy, 

-V -V AAAAAA g, Q 

Annales du Sercice, XII, 199 (Zauiet Razin = Pro.sopis?), und II /wwvs '^^ __g?> Tor. Altar Nr. 8 

(Brugsch, Dict. géof/r., 1056). 

3. Nach der von Stolk, Ptah, 24, angefiilirten Stelle Urk., IV, 96, niag er ebenfalls eine alte Naturgott- 
heit sein. ^ 

4. Die Liste der Ptahnamen im Ramesseum, Champollion, N'ai , I, 905, nennt den fi u\\\ aaaaaa ^ 

als Nr. 10. Die vollstândige alte Form : Ptah-ljntj-Tnnt ist sonst ungebràuchlich. 



IM TKMPK.L ^'0^• ARYDOS 59 



ligerBezirk war, erweisen eine Anzahl Stellen; von ihnen sei /. B. die Stèle 4033 
des Serapeums (Brugscii, Dict. (féoijr., 952), erwahnt weil sie durch Nennung des 

dass sichum den Bezirk Tant eine ganzen Gôtterkreis gruppicrt hat; ein ]n 



ucii ijcAiiiv 111.1 VL CHIC gauAuii vjruitci Ji.ici» gi uppici l llcll, eiii | J 

,vvvvv. g > -N Ci -V I LU m 

I I. nennt auch dcr Berl. Sarkophag des Ahmcs (Brugscii, a. a. 0.). 
Auch Neit wird mit ilim gelegenllich in Verbindung gebraclit : denn Lacau, 

AAAAAA A c\ ^- -y g- ■ ■ ■ S 

Textes religieux, Nr. la {Rec. de Trcw., XXVI, S. 65) wird sie y^ 3\ 

ngennant. " ' ^ - ^ 

Der Name des Bezirkes Tenent hàiigt sicher mit dem Stamme m « erheben » zu- 
sammen, und so konnte man den Beinamen des Ptah auch ohne lokale Beziehung als 
«den Erhabene » verstelien. Auf dem Stein von Rosette wird Ptali-7e/zen denn auch 
durch HcDAICTOC O METAC wiedergegeben ' . Darum teilt Ptah von Tenent seinen 
Beinamen mit einer ganzen Anzahl auch nicht memphitischer Gottheiten : am bekann- 
testen ist darunter die Gôttin Tenent, die in Hermonthis zu Hause zu seinscheint' 
und dort auch ein inannliches Gegenstûck, einen Gott Tenen\ hatte. 

Weiter gibt es eine Schlangengôttin \/ 11 nD. bei Erman, Humnen 
a. a. Diadem., S. 35, Z. 14, die nàtùrlich gan z gut nach Memphis gehôren kann; 
ferner ist an die Bezeichnimg der Hathor als a^aaaa ^^^ intt iliwt « Erhabene der Kiihe »* 

cri I I 1 

und an den analog gebildeten unterâgyptischen Stadtnamen der Pianchiinschrift 
/wwvA ^^® iUrk., III, 45) zu erinnern". 



4. ïï ^^ (( der ehrwiirdige Dedpfeiler » ebenfalls mit Ptali gleichgesetzt. Die Ver- 
bindung beider ist der jungeren Religion ganz gelâufig, es gentigt dafiir auf den hau- 
figen Darstellungstyp des Ptah mit dem ïï als Ruckenpfeiler zu verweisen; namentlich 
in den spâten pantheistischen Gôtterbildern ist der typ des Ptah-Ded recht gewôhn- 
lich\ Ptah scheint hier einmal umgekehrt ein religicises Symbol des Osiriskreises 
ûbernommen zu haben, jedenfalls schon in sehr alter Zeit, denn Sethe hat sehr richtig 
darauf hingewiesen, dass sich die Hohenpriester des Ptah bereits im alten Reich auch 
« Proph eten des ehrwurdigen ïï-Pfeilers » nennen'. 

ô- ^ "^sf '^ b'^i lor, mit Ptah gleichgesetzt, und wie die folgenden unter Nr. 6, 
8, 13, aufgeziihlten Gotter in der Liste spâter noch einmai bei den namentlich gekenn- 
zeichneten Bezirken wiederholt (vgl. Nr. 24). 



1. Stolk, Ptah, 16: zu jungeren sonstigen âgypt. Pseudo-etymologien, vgl. Brugsch, Religion, S. 510. 

2. Brugsch, Rel. u. Myth., S. 316 (zusamnien mit der R't-tlœJ); Ecl/ou, pi. .SO b (zusamuien mit der Injt); 
in Silsilis als a Herrin der beiden Lander », (zusammen mit.Sobek, R't-tlirj und Hathor von Denderah), Ros., 
Mon. cl. C, 31, îJ (Ramses II.); als Genossin des Horus den Kônig krônend als Gegenstiick zu Seth und 
Nephthys in Karnak unter Thutmosis III. (L. D., 111, 31); Abbild. Wilkinson, III, pi. 51, nr. 1-2, pi. 53, 
nr. 4, u. a. 

3. Scheinbar selte n : ich kenne nur durch das Berl. Wb.. Theben Grab des Chonsu (Abschr. Sethe), eine 

■'"'■ !M V n V i s Tl ""'' ^™' "'■'''""'''•''"•"'"'''=- ^ W ^ S il y "f ■ 

4. z. B. Urk., IV, 235. 

5. Vgl. auch g > 11^ (][1 , Pyr. 666 (Wb.) in einem Schlangengauber. 

6. Vgl. Wilkinson, III, S. 17, Nr. 497, u. a. 

7. Beitràge sur altesten Geschichte, S. 138. 



60 EIXE LISTE MEMPIIITISCHEll GŒTTER 

Der Name kann verschicdcn erklart werden : entweder als a der grosse m hnt » 
oder nach Analogie von Nr. 7 a m hnt des Wr »; m hiU wird dabei genau wie in dem 
bekannten Hoftitel ^x^[|][l imj-hnt' ein zusammengesetzten prâpositionaler Ausdruck 



\ 



m hnt «an der Spitze » sein; deslialb schreibt man als Variante bei Nr. 7 auch 
statt 

Es wird wohl der Erklârung als « der Grosse um der Spitze » der Vorzug zu geben 
sein, da ein blosses Wr als Gôttername — und einer solchen setzte die Erklârung : 
« imj-hnt des W/- » voraus — • reclit ungewôhnlicli ist\ 

Der Kult des «Grossen an der Spitze» ist fur das alte Reicli wieder durcli den 
Priestertitel der beiden Hohenpriester von Memphis Ptah-schepses und Sabu ^^^ [[[|| 
■^=î '^ I Y bezeugt, und es sei gleich darauf hingewiesen, dass dièse beiden auch Pro- 
pheten der Folgenden in unseren Liste genannten Gottheiten bis Nr. 8 sind'. 

Daraus ist erhellt oline weiteres, dass die an den Anfang unserer Liste gestellten 
Gôtternamen Lokalgôtter bezeichnen, die schon in der V. Dynastie so eng mit Ptah 
verbunden sind, dass dessen Hohenpriester ihr Priestertum iin Nebenamt miturwaltet. 

Charakteristischer Weise endet bei Nr. 8 auch die ausdrûckliche Gleichsetzung 
mit Ptah in der unteren Rubrik, wie sie bei Nr. 3-8 ùbereinstimmend lautet : « dem 
Gotte X. dem Ptah-'K. ». Den seltenen Name des m hnt wr kenne ich einmal noch in 
einem der religiôsen Texte des mittleren Reiches Lacau, Text. relie/., Nr. 59 : « Meine 

beiden Augen worden mir geôffnet durch den n h .^ju. WcJf, ich (durch) 

den ^. (jlh ^^ Jr »• Auch dieser Gott ist also schon auf dem Wege in den Osiris- 
kreis eingereiht zu werden, wie wir es bei dem folgenden Gott nun sicher nachweisen 
kônnen. _ 

Von den folgenden drei Gôttern, kennen wir nur den ersten etv^^as nâher den | 

6. /Hrl^.^^ hrj blk-f « den unter seinem Oelbaum », noch einmal in Feld 18 ge- 
nannt. Seinem Namen nach ist es zweifellos ein alter Naturgott, ein heiliger Baum, 
genau wie jener spâter in Nr. 24 mit dem m hnt wr zusamraen gennante z=^=\\^k.=^ 
htp blk-f ((den in seinem Oelbaume ruht», o. â. Was die spâtere Religion aus 
diesem Naturgott, den im alten Reich schon, wie wieder die Titel der mehrfach ge- 
nannten Hohenpriester von Memphis beweisen*, mit Ptah eng verbunden ist, macht, 
sehen wir an mehreren Stellen : wir begegnen ihm zunâchst in der Liste der Ptah- 
namen im Ramesseum als Nr. 15, ? <=> J ^^ () ^-=— J) (Champollion, Not., I, S. 905, 
Wb.), und als Thot in Abydos in der Nefertumkapelle, Mariette, Abydos, I, 38 c. 



Der ^ '>^ ^ J^A^-i.^ 5^ ^ ist dort sitzend im mumifizierten Typ mit Ibiskopf 

1. Der iieuen Erklârung desselben von Sethe bei Borchardt, Sa/iure, II, S. 96, als « Festpriester » kann 
ich mich nicht anschliessen. Vgl. das von mir Opfertani, S. 213, Anm. 10, bemerkte : der V\ j^JQ ist von 

Haus aus kein Preister sondern Hofcharge. 

2. Kees, Opfertan-, S. 259. __^ 

3. MuiiRAY, fndcjc of naines, pi. 51, 55, beide fiihren aùsserdem die Titel X ] y ""^^ ^ — ^ | y ; dagegea 
sind sie nicht auch Propheten der memphitischer Ncit, die einera gesonderten Gôiterkreis angehôrt. 

4. Man schreibt dort : /I\ <^^^p | y. 



IM TEMPEL VON ABYDOS 61 



linter Sokar und Nefertum dargestellt. Seine Lokali.sieiung in Meniphis gibt die 

(Wb. Kaiio Nr. 63) ausdriicklich an, wenn sie 



îairenser spàte Statue des ^^ r 

Auch er kommt wahrsclieinlicli durch die Nachbarschaft mit Sokar in der Bann 
ier Osirisreligion, und so finden wir ihn spàter als einen der Schutzgôtter des Osiris, 
iie man sicli gelegentlich als Sôhiie des Horus hntj n intj denkt' ; und zur selben Zeit 
irscheint er auch als einen der 10 Schutzgôtter des Toten auf spiiten Sarkophagen". 
Seine Wandlungen sind somit ein recht charakteristisches Beispiel fur die Arbeits- 
weise den âgyptischen Religion ! 

7. (Var. [flh / ^ und ) « Der an der Spitze des dfnt 

(dft))). Die Erkliirung dièses Namens bildet wegen der Variante djt-dfnt und dessen 
tJbersetzung Schwierigkeiten. Unmittelbar erinnert der Titel zumïehst an ein Gôtter- 
paar, das als Nr. 22 noch einmal wiederkehrt ^.=:_ und , dort beide als gôtter 

deterrainiert. 

Damit ist jedenfalls der letzte Teil unseres Titels als Gottesname gesichert. 
Die Titel der beiden raehrfach genannten Hohenpriester von Memphis schreiben 
nun' jJH] t\ ^.^^ -^1 Y benutzen also die Variante ohne n. Dies zeigt, dass die Schrei- 

bung <=> unserer Liste Feld 7 in der unteren Rubrik kein Feliler ist, sondern dfn • t 

und dj'-t Nebenformen sind, unter denen die ohne n df-t die altère sein mag. dfn-t 
wàre dann etwa als eine jener Ableitungen mit n anzasehen, wie sie Erman, Grain?, 
§ 236, nachgewiesen hat. 

Der ursprungliche Stamm wâre also df. Dessen Bedeutung kann ich niclit er- 
klâren, da er bisher nicht zu belegen zu sein scheint'. Es scheint nun fast, als habe 
der Redaktor unserer Liste, der sicher mit dem uralten Namen auch nichts mehr an- 
zufangen wusste, als er in Feld 22 das Gôtterpaar ^^i.^^ und hinter dem Luft- 

gott Schu des heliopolitischen Systems einsetzte, an jenes andere Gôtterpaar ''^-=>- und 

Ci AAAAAA AAAAAA 

, das die Pyramiden nennen', gedacht obwohl etymologisch jeder Zusammen- 
hang natûrlich ausgeschlossen ist. Vielleicht ist aber auf Grund eines vermeintlichen 
Zusammenhanges unser m hnt dfnt in der Liste unter den einzelnen Heiligtùmern nicht 
wiederholt, wâhrend das bei seinen zwei Vorgiingern Nr. 5 und 6 (= Feld Nr. 24) 
und seinem Nachfolger dem 

8. \ hntj ilœt-f a der vor seinen Àmtern », als Nr. 25 der Fall ist. Auch 

Ci I ^^=,_ 



1. JuNivER, Stundenicachen in den Osirisniysterien, S. 4. 

2. Annales du Sercice. IV, S. 79, 121; XII, S. 87. 

3. Sethk bei BoRciiAnDT, Saliurc, II, S. 129, liest fâlschlich hier f|][] ^. ^ b'^^ "^''-Z «'Ier ""'^^ 
seinem » nach Mahietie, Ma.?t.. 413/5. 

4. Eine reduplizierte A^-bildung von dieseiu Stamiue kann in dem aaaaaa o o o Ptjr. 695 a 

verlegen. 

5. Pur. 317 a. Tfn geht fiûlizeitig ganz verloren und ist schon in den Pyr. ausser an dieser einen Stella 

und Pyr. 988, wo ,^,^ genannt wird, ganz durch Schu verdrângt. Ein Skorpion 0[f^ 

kommt Metternichstele 54/55 vor(Wb.). 



62 KINK LISTE MEMPHITISCIIER GŒTTER | 







itrt 



In 



dieser kommt in den Priestertiteln der beiden Hohenpriestern vor [f|||T T T ^ 

Dass er in altérer Zeit ziemliches Ansehcn gcnossen haben muss, zeigt die Notiz 
des Palerinosteiiis, Rs. 3, Nr. 1, die eine Stiftung des Konigs Sahure von 2 Morgen 
im mempliitischcn Gaii an ihn vcizcichnct'. Bc/eichnender Weise ist er dort bereits 
durcli sein Deterniinativ W\ als Ptaliform gekennzeichnet. Damit endet die Aufzàhlung 
der ain engsten mit Ptah verbundenen Lokalgôtter und es folgen zunâchst nur Nen- 
nungen des gewôlinlicben Ptalinamcns : man gedenkt der Opfer 

î). « dem Ptah in allen seinen Hâusern, dem Ptah im Himmel und auf Erden »; 

10. «dem Ptah an allen seinen Sitzen in Oberiigypten, dem Ptah an allen seinen 
Sitzen in Unterâgypten » ; 

11. « dem Ptah in allen seinen Hallen, dem Ptah in allen seinen Palasten », 
und endlich ailes umfassend 

12. « dem Ptah der Fremdlânder, Ptah an allen Orten, wo er ist ». ' 
Weiter folgen zvvei Gôtter, von denen nur der erste noch einmal spater in der 

Spezialliste wiederkehrt : trotzdem nun die Gottheiten nicht mehr ausdrûcklich 
«Ptah» genannt werden, dominiert doch'zur Aufrechterhaltung des Systems das 
Gottesdeterminativ in Ptaliform auch ^^■eiterhin. So gleich beim 

13. W\ ^u lesen als rs-wdl « der gesund erwacht », noch einmal im Feld 19 wie- 
derkehrend. 

Der Gott ist schon in den Pyramiden genannt Pyr. 330 c, 331 c, wo auch seine 
Lesung als <=> 1 j v\| genau gegeben ist. Er tritt dort in einem Spruch auf, der 
die Himmelfahrt des Konigs behandelt und den Kônig dazu mit verschiedenen Him- 
melsgôttern bekannt macht. Danach wird man in ihm ebenfalls einen solchen, viel- 
leicht ein Sternbild, zu sehen haben. 

In einem Liede des Morgenliedtypus kommt sein Name in der spâter LJberlie- 
ferung der Osirismysterien vor^ 

Da dort vorlier (Osiris) von Busiris und der Dedpfeiler genannt ist, so ist rs-wd\ 
auch sicher als Osirisname gefasst\ I 

î\\\ \\^ erscheint denn auch auf den Blocken des ptolemàischen Tempels von 
Behbèt genannt', dort daselbst kommt aber auch ^T^i^^^ ] ] ( | |r^ hl ft T^^'"'" 
Man sieht also deutlich, Osiris hat hier wieder einmal den alten Himmelsgott beerbt. 
Ailes das passt gut zu der von uns erschlossenen ursprunglichen Natur als Sternbild. 
Das hier genannt « Haus des rs-œdl » spielte eine gewisse Rolle im Osirisglauben der 
Spatzeit und deswegen fuhrt, ebenfalls in Behbét", auch Neit als Gottesmutter den 
Titel nih JTi f ! endlich ist es wieder in einem osirianischen Morgenlied noch bei 
Bergmann, Bach vorn Durchwandeln der Ewiçjkelt, Z. 51, erwàhnt. 

1. ScmAfer, Bfuchstuck altngypt. Annalen, S. 36. 

"i. JuNKER, Stundenœarhcn in den OsirismyKlerien, S. 63. 

3. Vgl. zur Komposition dieser Lieden, Eiiman, Htjmnen a. d. Diadom, S. 15 f. 

4. RôDKK, .A. Z., XLVI, S. 67, Nr. 11. 

/\ 

5. Rôder, a. a. ()., Nr. 12. — Le texte porte 1 II 1 : comme nous navons pas ce caractère, je l'ai remplacé 



ici et ailleurs par 

0. Recueil de Trucau.r, XXXV, S. 106, Block 82. 



IM TEMPEL VOX ARYDOS 63 



Ob der Gott wirklich in Memphis heimisch ist, oder wie so mancher andere in 
dieser Liste vielleicht erst mit dem Eiiidringen des Osiriskreisos zugebraclit, ist nicht 
zu entscheiden. 

14. ^v yï^ Hr-hn, der erste Gott der Liste, der nicht das Determinativ des Ptali 
hat. « Horus vom Innern (Palast?) », eine sonst scheinbar niclit bezeugte Horusforra. 

Mit den folgenden Xamen kommen wir zu den Gôttern, bei denen im oberen 
Streifen besondere Heiligtiimer angegeben sind 

15. 5 •¥• ndm-iih « angenehm an Leben » und 

16. (^I^^^ fl^-f^'^y-i « dessen Trànen getrocknet sind»'. Letzterer ist, woraiif 
mich Dr. Grapow freundlichst hinweist, im Pap. Berlin 3048, col. 7, 5, in einer 
Hymne an Re-Ptah genannt und zwar offensichtlich als Osirisname : « Du liast die 
Feinde des (5^^^^ y vernichtet' ». DieLesungdes seltenen Wortes hat Erman, Ein 
Denkmal memphit. T/teologie. zu Z. 31 b, gegeben, wo es in einer Rede der Isis an 
Horus und Seth heisst : - a 9. ^^^^^^^^^ « er trocknet eure Trânen ». 

Intéressant ist dièse Stelle nocli insofern, als kurz vorher in Z. 30 b auch irgend 
etwas von c ^^"^"^ T ^^^ Rede ist, also offensichtlich hier mit beiden Namen 
gespielt wird. 

Ail dies sind ja auch memphitische Texte und es darf wohl als feststehend be- 
trachtet werden, dass die Namen hier heimich waren und wenigstens in jûngeren Texte 
sicher mit der Osirisreligion in Verbindung stehen. Ûbrigens ist es inôglich, dass auch 
o-V- ein euphemistischer Name des Osiris ist. Im Zusammenhang mit dem jh-rmjt 
wird das wahrscheinlich, Avenn man eine Rede der Leute beim Begrâbnis vergleicht, 
,>ie im Grab des Paheri' : ^f^°^ — If ^J^™™^^()|^^. 

17. —^^-^ htp-d-t «dem mit zufriedener Hand (?) » wissen wir leider nichts, 
der Xame mag aber in den gleichen Kreis gehôren. Im oberen Streifen ist dièse erste 
Rubrik erst hinter Feld 23 wieder durch- einen Teilstrich abgeschlossen, enthâlt aber 
bereits offensichtlich mehrfache Unterabteilungen ; dass dièse nicht immer geschieden 
sind, koramt noch mehrfach vor, z. B. beim a Haus des Nefertum », etc. 

Als deutlichen Kapellennamen finden wir darin die fi | ist-Pth « Kapelle des 
Ptah ». die als besondere Bezirk auch in einer anderer Liste, der der Sokariskultstâtten 
Abydos, I, 35 b, an vierter Stelle wdederkehrt. 

Denem gruppieren sich nun eine Anzahl von Bezeichnungen wir môchten sagen 

topographischer Art zuerst ûber Feld 15 / '~~' « westlich », dann / 4 « ôstlich », 

das sich hinter dem ist-Pth nochmals wiederholt. Am Schluss folgt nun nicht ent- 



1. Der an sich nâherliegenden Ubersetzung « der die Trânen trocknet » stehen die nachgenannten .Stellen 
m Sinne nach entgegen. 

2. Pi/r. 19S3 cl heisst es von den Horuskindern mit Bezug auf Osiris : (1 ("=■ — ^i '^ (I û fi .^=^ V^ 

<=>^\ c^ ^^^:r:P«. Dagegen Metternichstele. 39 : ^^^ Q ^^ '^'''•' scheint nicht mit diesem 

Ausdruck zusammenhângen, sondern hier tatsâchlich « weinen » zu bedeuten . Diè ses i/' geht, scheint mir, 
nicht auf das alte (1 ofi --<=^ zurûck. sondern auf ein Verbum (I Q (I (1 ' ' 1 ' vom Stamme hœj, das 

'/r. 393 a etwa in der Bedeutung « verfinstert sein » vorkommt. 

3. Griffith, Paheri, pi. V, S. 20, c. 



61 i:iNK LISTK MEMPHITISCHER GŒTTER 






sprechend nochmals m mut sondern eine abweichende Bezeichnung o « diej 

^ D Ci J 

westlichen lIofe(?) » o. :ï. Uberblicken wir rasch die vorkommendcn Gntter, so ist ohn€| 
^vciteres klar, dass hier nicht die Insassen des Hauptptahtempels, den man so de 
ist-Pth vermuten kann, aufgezâhlt sind, denn gerade die Hauptgôtter vor des Ptah 
kreises vor allein er sell).st felilt. Wir fînden ausser den sclion erwâhnten noch 

18 nocliinals den /I\A»<-=^ hrj-blk-f {\g\. Nr. 6) zusammen mit einem 
te/' /m î /?•/'{( gross an seiner Wiirde » gennanten Gott', 

19. den schon in Nr. 13 genannten ^| T r.s-wdl liicr mit dem Determinativ ^rvA^ fî 
dann 

20. .^^^^.^^ ( ^^^ n "^ ^'^^=^) was schwer zu wiederzugeben ist, otw; 
« existierend mit seiner Wùrde», 

21. den Gott f] ^ des heliopolit. Systems und danacli das Paar 

■ sj -^ AAAAAA 

22. « ;_ und , liber das schon gesprochen wurde, endlich 

A/WvAA *^,e=^ C^ 

23. □ und Q I ^^ AAAAAA jipr der Getreidegott und hsl nach dem Determinativ 
eine nihirtige Gottheit. Nur einer von ihnen Nr. 18 gehôrt zu den Gôttern, die sich 
schon in altcr Zeit durch gemeinsame Priester als eng an den Ptahkult angeschlossen, 
erwiesen. ' 

Es mag nun sein, dass man den Ptah hier als selbstverstândlich voraussetzt, so- 
zusage als Herrn aller Tempel, und er darum am Anfang in den Feldern 9-12 gleich 
erledigt wird : auch sonst sind es gerade die uns gelaufigsten Namen 4- 

ci Ci g /j T 

^[[^/wvw^ , )(''S» die bei den einzelnen Heiligtûmern nicht wiederkehren 

Man scheint hier also nur die besonderer Lokalgôtten nochmals anzufùhren. Frei- 
lich allzu durchdachte systematisch durfen wir einer von solcher Liste nicht er- 
warten ; darin haben die Àgypter nie Besonderes geleistet. 

Noch eins sei hier vorausgenommen : merkwurdigerweise ist die ^ ft J"! in 

der genannten Liste Abydos, I, 35 b, dasjenige Heiligtum, das von den heiligea 

Bezirken der oberen Rubrik die geringste Opferzahl (14) zeigt, es wird von dem voif 

. hergenannten ^ Q jj (15) a Altar des Ptah », das unsere Liste nicht erwâhnt, noch 

iibertrafîen. 

Man sieht daran meines Erachtens nur wieder, dass auf die Aufzàhlung der ohne- 
hin den Opferformeln und Darstallungen der umliegenden Râume reihlich genug 
erwâhnten Hauptgôtter — hatte doch Ptah seine eigene Kapelle ira abydenischen 
Tempel — weniger Wort gelegt ist, als auf die kleineren Gôtter, die hier ihren 
,Anteil bekommen sollten : ebenso fehlt ja in unserer Gôtterliste eine Erwiihnung des 
in der Liste Abydos, I, 35 b, hinter der ist-Pth genannten ht-Ski^ obwohl dies sogar 
beide PtahheiligtLimer an Opferzahl ûbertrifft (17) ! 

Nicht ganz verstàndlich ist mir in der Bezeichnungsart unsere Liste, warum das 
zwiemal wiederholt wird bzw. warum die darunter verzeichneten Gôtter, die 



AAAAAA 



t 



1. Vgl. dazu den -^~* l^C-^^m^ Pyr. 1482 c. der als Sohn des Ptah bezeichnet wird; seltsamer- 

wcise fehlt dieser Name in unserer Liste. 



IM TEMPEL V0\ ARYDOS 65 



dort verehrt werden, getrennt sind. Oh d;is etwa nur in kalligraphischer Ursachen be- 
grundet ist, um niclit das / ^ bei einer Aufzahlung aller Gôtter (6?) daruntcr durch 

eine grosse Lucke von dem \\^-, trcnnen zu brauchen? Zweifellos stclien die An- 
gaben, die nur Osten und Westen enhalten, in gewisser Ergànzung zu den Tempel- 
namen am Ende der Liste von Feld 34 an, die aile nur « Siiden » und « Norden » 
en thaï ton. 

Das spricht deutlich gegen eine Erklarung a westlicli » bzw. « ostlich » cou der 
Ptahkapelle; varum soll es dann keine Kultstâtten nôrdlich und sildlich davon geben? 
Ferner stelit als Variante fur das "W: [/ -l der Liste Abydos, I, 35 Ij. hier ein 

*wfh^, also sprachlich gleich dem '®yi "das sudlicho X. » oder « das X. iin 
Siiden » zu iibersetzen. Und ebenso erhâlte man danach hier eine « Ptahkapelle im 
Westen » und eine « Ptahkapelle im Osten »' ; die sûdlichen und nôrdlichen Kapellen 
hàtten dann etwa die den erwâhnten besonderen Namen gehabt. Das scheint mir 
immer noch die annehmbarste Erklarung zu sein. Die ausfûhrlichere Angabe mit m 

scheint gewiihlt, um / , t 4 mehr als zur Charakter der Ortslage, als zur 

offiziellen Namen der Kapelle gehorig zu bezeichnen. 

Immerhin ist aber ganz allgemein auffâllig, dass man hier in Memphis die Bezirke 
80 topographisch angibt und nicht wie anderswo mit irgend welchen heiligen Namen : 
das zeigt sich noch in einer Menge anderen Namen angefange vom « Ptah sùdlich 
seiner Mauer » zur o Neit nôrdlich der Mauer » der « Hathor Herrin der sudliche Syko- 
more » zum a Hor auf der sûdlichen Ecke » und den im Feld 30 genannten « Gott- 
heiten » | J ^ T w) b'^^v- ^'- Ansâtze zu âhnlichen Bildungen von Heiligtûmer- 
namen auf topographischer Grundlage erscheinen sonst nur im saitischen Gau mit 
seiner seltsamen Hâlftentrennung haufiger zu sein '. 

Unsicher ist die Lesung von o Wegen der Gleichartigkeit der Zeichen ist 

man geneigt, dieselbe Lesung anzunehmen, wie beiden in Feld 30 genannten " — ^ JL 
und '— --^^> fur die die untere Rubrik ausgeschrieben ^^ J P^ T ^"^^^ ''^V^^ gibt; 
doch ist auch dnh in seiner Bedeutung nicht bekannt. Man mag es daher etwa mit 
« Hôfe oder a Bezirk » wiedergeben*. 

Zu den Gôtternamen ist kaum etwas zu bemerken, von den meisten wissen wir 
nichts. Von allgemein bekannteren Gestalten erscheinen nur Schu und der Getreide- 
gott Npr, der durch seine innere Verwandtschaft als Vegetationsgott fruh in 



1. Freilich ist der Name ist-Pth im Gegensatz zu den getrennt aufgefiihrten « siidlicher » und « nôrdlicher» 
vveder in dieser Liste noch in der andern Abydos, I, 35 b, doppelt genannt ; letztere hat aber ûberhaupt die 

Angaber / und / ^ nicht! Oder sind dort die beiden Kapellen in -^ çn/I "" i i 

zu suchen ? 

2. In der Nâhe von Memphis findet sie sich nochmals in Heliopolis bei der 7\ v\ 1 •>-=» ^^, I © 

Sethh, à. Z., XLIV, s. 6. 

® ■■ , 

3. Man hat dort einen Mh-nt « Nordtempel » und einer Ré-nt « Siidtempel », vgl. Sethe, A. Z., XLIV, 

S. 27-28, zur Ableit. von Norden, Sûden, vgl. Sethe, SaQe com Sonnenaufjc, S. 13, Anm. 2. 

4. Es wird identisch sein mit den drei bein Opfertanz auftrenden Ej)i "^'gl- Kees, Op/ertans, S. 230 und 
A. Z., LIL S. 57, Taf. VII, v?o das pj) « der nôrdliche Hof » genannt wird. 

RECUHII,, XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 9 



k 



EINE LISTE MEMPlilTISCHER GŒTTER 



Verbindung mit Osiris tritt'. Mit ihm bildet Gott Hs\ ein Paar, der nach seinera 
Determiiiativ etwa als Gott der Ûbcrschwemmung gegolten zu haben scheint : 
tatsâchlich tritt auch eine als y benannte Nilgottlicit in der Weltkammer des Sonnen- 
heiligtums von Abusir auf . Seinein Namen nach ist er das mànnliche gegenstûck zu 
der bekannten Kuligottin Hsl-t\ So erkliirt sich seine Zusammenstellung mit Npr 
von selbst. 

Die zuletzt genannten kosmischen Gôtter, die Ijier das memphitische System in 
Verbindung mit Ptali setzt, treten erganzend zu dem gleich an zweiter Stelle der 
Liste genannten Urvater Nun. Beachtenswert fur dièse Auffassung ist eine Darstel- 
lung' des Schu ganz nach Art der Nilgotter, also als Naturkraft, im Zimmer des Ne- 
fertum in Gemeinschaft mit Ptah-Osiris und Nefertum. 

Die nun folgenden Felder 24-25 gehoren drei Giittern an, von denen zwei schon 
frùher als Ptahformen (Feld 5 u. 8) begegneten. 

Dazu komrat mit dem m hnt ici' zu einem Paar vereint noch der =^=0^^^=-- htp 
b\k-f<xé&T mit seinem Oelbaum zufrieden ist» richtiger vielleicht : «der in seinem 
Oelbaum ruht » dazu, einen Baumgott, den wir sonst nicht nachweisen kônnen. 

Sie sind als Insassen des cnn ^ genannten Heiligtums aufgefuhrt. Nach dem fol- 
genden ist das pr-stt zu lesen a Bezirk der ^tjt ». Ein gleicher Name fehltin der ôfters 
erwahnten zweiten Heiligtùmerliste; in ihm mussen wir aber wohl jenes ^ ^M /% ^'-J^ 
sehen, das wir als einen der hâufigsten Namen des memphitischen Sokarheiligtums 
kennen, so erscheint es in der langen Liste der Sokarisheiligtumer % die sich an der 
gleichen Wand im Tem pel vo n A bydos befindèt, wie die Liste Ahydos, I, 35 b, an 
ersten Stelle : aa/^^ ^zz^ % ^^^ 1 . In unserer Liste ist Sokar als Hauptgott bei der 
èijt gewiss erwâhnt, also die gleiche Erscheinung, wie vorher bei Ptah in seinem 
Hauptheiligtum. Auch die nâchtsfolgenden Heiligtûmernamen gehoren vorzugsweise 
dem Sokar an : es folgt 

26. ein einzelnes Feld mit der Uberschrift zf\\p . Das bekannte /jr-i/no? ist nicht 
damit gemeint, denn das folgt spâter, vielleicht also ist wél},t (?) Hnw zu lesen. 

Der einzige Insasse ist der ^^|^<^=:^ « Hor auf seinem Papyrus», eine Gôtter- 
gestalt, die gut bekannt ist. 

Zunâchst ist er wieder im Nefertumzimmer in Abydos unter den Gôttern des 
Nefertumkreises abgebildet mit Ptah-Osiris, Schu, Isis u. a., Mariette, Abydos, I, 
39 b, zusammen; ferner zeigt eine Darstellung aus dem Zimmer L des Planes bei 



L\Ri 



1. Vgl. den ohen penannten Text u. a. 

2. Zu lis\, vgl. Griffith, Kaliun Pap., VU, 31 (Wb.) : ^^ g7| ^z:^ I J K.^ | ^ V 5 ^ ^^ 
/vAvsAA . Dièse Stellen sind beachtenswert zur Erkiàrung der von Gkifi ith, A. Z., XLVl, S. 13:i, bei der Apo- 
theosis by drowning besprochenen Bezeichnung der Ertrunkenen als /isj (*hasje). 

3. Auch eine andere Kuhgôttin die ^ /wwva ^^?* c^ t^~n (Laçai.-, Text. reliy., Nr. 61) hat deutlichen _? 

Zusammenhang mit der fruchtbringenden Uberschwoinniung. In der theolog. Synibolik werden dièse dann 
naturgemàss speziell zu Ernâhrerinnen des Kônigs und Muttergùttinnen. 

4. Mariette, Ahydos, I, 39 b. I 

5. Mariette, Abydos, I, 48 a. ■ 



IM TEMPKL VON ABYDOS 67 

ARIETTE, Abijdos, App. B, Tabl. 26) den Kônig das Idol dièses Gottes, den man sich 
inau wie sein Name sagt auf einem Papyrusstcngel sitzend dachte, verelirend und 
,zu passt, dass der Gott im Berliner Amonsritual , II, 5-7, genannt wird als « gross 
Abydos». 
Auch sonst erscheint er nicht selten in religiôsen Texten : das 112. Kapitel des 
Todtenbifchs gibt eine spielerische Deutung des Namens; Brugsch, Relig. und 
Myth., S. 462, furht an, dass das Zeichen ^ auf den astronom. Bildern im Tempel 
YonDenderah vorkommt zwischenOrionund | Sirius. Es erscheint danach nicht aus- 
geschlossen, dass der Gott ursprûnglich ein Sternbild war. 
Sein Kult scheint also auch in Memphis zu Hause zu sein. 

Ûber den Feldern Nr. 27-30 steht etwas auseinandergezogen, aber nach Ausweis 
der Liste Abydos, I, 35 b, zu einem Namen gehôrig, die Bezeichnung ° — s ^ hIJ^ jn 
der eben genannten Liste als <:::=>v\ np-TV /vc{/ .s7/f ausgeschrieben. Dort erscheint 
dies « Ter des Stjt » als ersten Heiligtumsname, mit der hôchsten Opferzahl (19). Auch 
hier ist nichts vom Sokarkult erwâhnt, aber als Insassen erscheinen zunâchst wenig- 
stens zwei Gôtter, die wir auch sonst im Zusammenhang mit Sokar finden. 



27. ^ r^ fl^ und ^ D 3. Das tierkopfige Gottesdeterminativ des ersteren 

ist an dieser Stelle nicht klar, doch kehren beide Gôtter noch einmal im Feld 43-44 
wieder als ^T '^ — " ^'^^^^ Hr hr rmn-fnnù | | -Vr- =^-:^ $smw imj nwdf. 

Beide Gôtter hnden sich nun in Medinet-Habu bein Sokarfest wieder (Wb. 
Abschr. Setiie); denn dort râuchert der Kônig dem " 5^f([h w ] t3 ti E"^"^ 1 

o .__. r— I f C^i W d_t J_ti_L I 



^, den wir in unserer Liste in Feld 42 kennen lernen werden, dem men- 



schenkôpfigen ^ ^ ' 2^.^=.-^^44> und dem ebenfalls menschenkôpfigen pi ^^^ 
j| ^*n. Der erste Gott scheint also eigentlich nur hvj rmn-f zu heissen «der 
auf seinem Trâger » ; der Horus in Feld 43 scheint spâtere Zutat. Ubrigens tritt in 
Medinet-Habu dieselbe seltsame Schreibung mit dem schief gestellten Zeiche ^^—B 
auf, wie in der unterer Rubrik von Feld 27 hier. 

Sonst ist von dem Gott nichts bekannt; sein Beiname « Herr des grossen 
Schlosses » kann ilm nach Heliopolis weisen. Etwas mehr wissen wir von seinem 
Kollegen dem Ssmw, dem Gotte der Weinkelter. Er wird schon in den Pyramiden 
gelegentlich genannt und zwar Pyr. 403 gleich in seiner urspriinglichen Rolle als einer 
der Dekane; als solchen finden wir ilm auch spàter in Abydos im Tempel Ramses II 
(Mariette, Abydos, 13 d), in einem Fragment einer Dekanliste und an den Decke 
des Ramesseums (L., D., III, 170) aufgefûhrt. 

Pyr. 545 b ergibt auch die Erklàrung fur seinen Beinamen imj nwd-f oder 
nwdtj. Es heisst dort : « Er (der Kônig) hat Knmwt durchfahren, als Ssmw M 4L 
C ^ "^"^ » Nicdt ist also der Name der besonderer Barke, die Ssmw so gut wie 
jeder andere Stern nach iigyptischer Auschauung besass. 

Pyi'. 1552 a zeigt den Ssmw schon in einer Funktion, wie wir ihn dann nament- 
lich in den ptolemàischen Tempeln so hàufig sehen : er soll Wasser und Wein bringen. 

In der Ptolemâerzeit, und sicher auch frùher schon, gibt èsmw speziell als Gott 



08 EINE LISTE MEMPIIITISCHER GŒTTER 



der Salben und ist deshalb Herr des Laboratoriuras {is)\ wo dieselben bereitet werden. 
Darauf fuhrt man nuii fâlschlich seinen alten Beinamen riœdtj zurûck, in dem man ilm 
vom Verbum nwd, das etwa wôrtlich « zerhacken », « zerstossen », o. à., bedeutet 
und vom Zubereiten dieser Essenzen gebraucht wird, ableitet, vgl. z. B. Lepsius, 
Texi, II, 187, aus Denderah (Wb.) : ^-^^(j^^^ " Zl^'^fJ-^- ^^ erscheint 
dabei in den Darstellungen meist als luwenkopfiger Gott. i 

Er bat darum auch hervorragenden Anteil an den Osirismysterien : er ist dort 
zum Schutzgott der 12. Stunde der Nacht geworden'; wie so viele alte Himmelgôtter 
endete also auch er im Bann des Osirisreligion. Einen andern Stundengott hatten wie 
schon frûher in dieser Liste beim hrj b\k-f gelunàen. 1 

28 bringt darum einmal einen ganz bekannten Gott Sobek, in | 

29 wird endlich der Dedpfeiler nochmals genannt. Das doppelte Determinativ 
y^^ hat wohl keine Bedeutung, sondern kommt wohl von der gewohnter Schreib- 
weise ÏÏÏÏ = dd. 

30 schliesst die Reihe mit der sehr merkwûrdigen Gottheiten ^ — ■ 4= — 

° I I I X I I I ^ 

das nach dem Determinativ ein Lôwenpaar war. Dass nur ein _aa2> als Determinativ 

steht, ist ein Zeichen dass es eine Gottheit war, die aber wie so oft in sich wieder in 

verscliiedene Teile getrennt sein konnte; die untere Rubrik gibt die schon erwâhnte 

Man ist hier unwillkiirlich versucht an die Tûrhuter zu denken; vielleicht 
ist nicht ohne Bedacht das ^ru ^^^ ÏJberschrift so ofEenrichtig ûber ihrer Name 

aus Ende gerûckt. Man denkt an den Rvolj « das Lôwenpaar » und âhnliche lôwen- 
gestaltige Torwachter; ein besonderer « Gott des Tores » kommt zudem gleich beim 
nâchsten Heiligtum ebenfalls an Ende vor dem crzi | D pr-Hnw. Dièses nennt auch 
die zweite Heiligtûmerliste gleich hinter dem rwtj-èljt als 8 ^a^, auch noch 
der Opferzahl dort (17 gleich dem ht-Skr) eine der wicktigsten Stâtten des Sokar- 
kultes. Hnw ist ein schon in alten Texten hâufiger Name des Sokar, speziell hiess so 
nach dem Ausweis der Pyramiden (bes. klar Pyr. 620 b) seine Barke. 

Als Insassen erscheinen in 

31 und 32. Isis und Nephthys, in ihren Determinativ als in Form der zwei drt- 
Raubvôgel, wie sie sich die alte Mythologie verstellte, bezeichnet. 

Deren Auftreten ist mit der Angleichung des Sokar an Osiris erklârt, dessen Kre; 
hat auch noch eine Anzahl anderer Totengottheite mit in der memphitischer Kult 
kreis gezogen. 

Zur Schluss kommt der Torwert des pr-Hnic 

33. der | ^ "-THn 8 « der Gott von rwtj pr-Hnw ». Das steht hier parallel zu 
dem rwtJ sfjt ist allerdings hier nicht als besonderes Kultort angefûhrt, sondern' 
gleich mit unter dem pr-Hnw angefûhrt. Damit scheint die Reihe der Hauptkult- 




1. z. B. Denderah, I, 77, IV, 5, 14, u. a., vgl. dass S.-'inic so schon in der Liste Abydos, I, 44, Z. 10, vor- 
kommt, wo ^\ (J ff ' 3,1s sein angeblicher Kultort angegeben ist! 

2. JuNKER, Stunde/ucarhen in den Osirismysterien, S. 21. 



M' 



I 



IM TEMPEL VON ABYDOS 69 



;tàtteQ des Sokarkultes zu geschlossen : es siud also vor allem zwei Bezirke zu sclieiden, 
Stj't und dâs pr-Hnic mit ihren verschiedenen Unterscliteilungen; im Vergleicli mit 
ier andern Liste erscheint hier melir das n ^ , das von der doch zweifellos zugehorigen 
=3 § ip aus ungeklârten grunden durch das lin|o getrennt wird. 

Dagegen fehlt in unserer Liste wieder ein sicher sehr wichtige Sokarkultplatz das 
iigentliche Aiî-Sokar', das in der andern Liste an Opferzabl (17) dem pr-Hnw gleich- 
commt und die Ptahkapelle ûbertrifft. Leider sind aber die Àgypter in dièse Be- 
dehung niemals vollstândig und konsequent. 

Es folgen nun vier Kapellennamen, die sich in derselbe Reihenfolge in der unt^r 

cleibe der zwei ten Liste wiederfinden, dort O^^^cil, fl^^^ri^, ^ jl , 1 , 

J^=^ genannt\ 

Nacb der Opferzahlen sind es entschieden kleinere Heiligtûmer : 

Nr. 1 bat dort 5, 



2 — 6 

3 — 4 

4 — 6 



Nacb den bier genannten Insassen scbeinen sie aucb mit dem Sokar. speziell dem 
Fotenkult verbunden zu sein. Wir finden darunter eine grosse Anzahl Gottbeiten, die 
jnmôglicb als lokalmempbitiscb angeseben werden kônnen. 

Sogleicb im erste dem M®^ i- Unsere Liste nennt in Feld 34-36 darin Hapi, 
Aimset, Duamutef und Kebehsenuf, die Horuskinder mit ibrem Vater Horus, der bier 

gegen die sonstige tJbung gescbrieben wird. 

Aile funf baben bier aucb einbeitlicb nicbt das Ptabdeterminativ, sondern das 
^ewôbnlicbe j\. 

Einer Erklàrung bedarf nocb der Name des Kultortes, das sùdlicbe und das 
aôrdlicbe [I^^lI. Nacb Ausweis von Stellen wie beiden Scblacbtscenen^ --^by- 

ios, I. 48 b : P^^n, /^, und àbnlicb Abydos, II, 7, u. a., scbeint shw «Schlacbt- 
lof » zu bedeuten; das Wort bângt also wobl mit shic « scblagen » zusammen. Dièse 
Bezeicbnung allein deutet auf Nebenbauten zu den grossen Heiligtûmern. 

Das 0®^°*^ stebt bier in den Liste in einer Rubrik mit dem ^jj^ « sûd- 
.ichen (Haus) binter der Mauer»'; ibre Insassen sind daber nicbt klar auseinderzu- 
dalten. 

Wir finden dort 

37. den -0 5=^ ic'->s-i dessen Name scbon unklar ist : 

38. I '^^ hmUj ■ t(J). Dièses Wort begegnet uns in jùngeren Texten gegelegent- 
lich in Zusammenbans: mit Osiris. Nacb Brugsch, Dict. géogr., 497, dient das ht- 



1. Dièses Heiligtum ist wohl mit der Angabe der grosser Liste Abydos, I, 48a : Vv ^^ — ^© (Sakkarah) 
»demisch, die dort auf das ^^^ | J^ iMit-Rahineh) folgt. 

2. Die Wiedergabe Abydos, 1, 35 b.^isTnicht ganz correkt; die hier angegeben Schreibunger berûhren 
»af eigener Collation il9l3i. 

3. Dièse Erklâruag wurde bereit, RehciUgtum, II, begrûndet. 



70 



EINE LISTE MEMPHITISCHER GŒTTER 



hmlg(t) haufiger Naine der Serapeen in Denderuh, Koptos, Sais und IseumV Wichtig ' 
ist vor allem der ebenfalls von Brugsch auf/uge ichte Zusammenhang mit den Osiris- 

', wo man die Mundoffniing ai|i 



F=^=^ 



mysterien und die ùbliche Parallelstellung zum 

den kostbaren Gôtterbildern anfûhrte. Nach diesem Zusammenhang und Stellen wié 

Bergmann, Biic/i com Dnrchioandeln der Eœigkeit, Z. 51/2 : 9 ^^^S 



n^ I 



1 \ ^"^^^ "^ ^ ^"^ ^^ I ^'^k hin\(j-t ausserdem einen kost- 



1= 

illti 



baren Stein (Amethyst?) bezeichnet', so raag inan lim\c] etwa mit « bilden », « bear- 
beiten », wiedergeben. Darauf wcist aucli das Determinativ von hin\(j, das genau eine 
Faust, die einen Meissel o. a. Arbeitswerkzug hait, derstellte*. Hier ist der Gott 
hmlfjtj wieder einmal nach Memphis gesetzt und so sagt auch der geogr. Text, 
DûMiCHEN, Rec. de Mon., III, S. 98, col. 1-2 (= Brugsch, Dict. r/éoc/r., S. 498) von 

il® Jfâc: 



Osiris 



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Es ist natùrlich zweifellos, dass das Iit-liin\(j-t genau wie das lit-nb erst mit Ein- 
fùhrung des Osiriskreises mit dem lokalmemphitische pr-Hnw des Sokar in Verbin- 
dung gebracht wurde, eine bestimmte Heimat ftir den hmlgtj kônnen wir allerdings 
nicht mehr benennen, da der Name, wo er uns erhalten ist, kaum mehr ohne Beziehung 
auf Osiris erscheint. 

Wenig bekannt sind die Gotter 

39. ""^^^ \\ mrj-mwt-J' « der von seiner Muttergeliebte » und 

40. ^11 1111^^^=^ hrj-dldl snw-f a das Oberhaupt seiner Brùder». Dies sind di 
letzten Gotter, in der Liste mit Ptahdeterminativ. Brugsch, Dict. rjéocjr., S. 560, fuhr 
zu ersterem nach Champollion, Not., I, S. 65, aus Abusimbel einen Gott mit Wid^ 
derkopf ^^37 [1m© an'. Er erscheint uoch einige Maie in ptolemâischen 
Tempeln so DenderaJi, III, 36 g, hinter der Gottin Nut, menschenkôpfig mit Jugend- 

liche als q c^ / H | , und in Edfou, I, 53 (Wb.) als t — r ^ Jj. Uber 

seine Natur konnte vielleichte die Erwâhnung in einer Dekanliste Denderah Saal A 
bel Brugsch, Thés., I, S. 15 (Wb.) : Yizm^v IC, m/'-mlc^/ Anhalt geben, womit 
doch Nvohl der gleiche Gott gemeint ist. Auf aile Fâlle sieht man, welch krauses Durch- 
einander von Gôttern verschiedenste Art und Herkunft hier im letzten Teil der Liste 
herrsclit. In bcmerkenswert grosser Zahl treten aber neben reinen Naturgottheiten und 



1. Vgl. dazu Ed-rar Rôdkiî, Ibc d a Trac, XXXV, S. 9:2, Bl. 8, 9 a; auch Isis wird dort A. Z., XLVl, 
S. 69, Bl. 17, genannt 



I , 



n 



■2. Brugsch, a. a. O., 323, 497 

3. Vgl. z. B. Dlii Irmchrift r/c.s- tnittL Rcidics aus HcliopoUs, Annales du Scro., IV, S. 102, wo x 

Y\ _ J lllllllll. p. " t A/WWA /^ J\ 

^ -^^^ parallel 'u [| <=> XT^ U\ rCÎ^ «nd XT\ steht. Es sind also mit •wertvollen Steinen 



warzierte Halsgehôrige. 



4. Vgl. Brugsch, Dict. r,éo;]r., S. 3;'2 : M X "^ '^^; | ^:^ "^3::^ "W « atelier du bijoutier ». 

5. Danach ist vielleicht seine Heimat zu bestimmen : h'j ist nach Angabe von Brugsch in einer Liste 
Sethos I. in Abydos zwichen den Gauen c^ und ^'iU— — ^-^ eingeordnet; noch weiter nôrdlich erscheint 



S- 






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auf dem .Schrein von El-Arlsch, Z. :M, zwischen (j (Kom-el-Ahmar) und 4 2)) 



AAAAAA 



IM TEMPEL VOX ABYDOS 71 



Ichen des Osiriskreises alte Himmelgotter auf. Auf die Bezeichnung als lokalmem- 
litisch diirfen erst die nâclisten wieder Aiispruch erheben : 
Da ist 

41. der ^. ^ ^^ ^ X ^^' ^*' ^"^^ ' ^ ^^J'^' " ^^"^^^ 3,uf der sudlichen Ecke », darge- 
îllt in Form eines hockenden Falken. Seineii Name kann ich sonst nicht nachvveisen, 

JBchstens kônnte man den an in der Liste Abydos, I, 45, Z. 34, genannten ^ 
M L<=^ i( Horus am Sùdtor » erinnern. 
Dass solclie Gôttersymbole mit Vorliebe an Gebàudeecken angebracht wurden, 
jissen wir aus den Angaben uber Stiftungen solcher auf dem Palermostein'. 

Hier wird die Liste durch die Darstellung des opfernden Kônigs unterbrochen. 
''eiterhin folgen vielleicht die Gôtter des ^3Ez=^^^ a des Bezirkes binter der 
ïauer im Norden ». 
Darunter zuerst 

42. der ^ ^^^ « Chnum vor seiner ^Liuer » als Widder determiniert. Ihn 
itten wir scbon aber bei der Sokarprozession von Medinet-Habu zu erwâhnen, wo er 

— ^^fHb j H H E "^^^ vorkam. Sein Xame weist schon deutlicb auf die 



w 



urg » von Alempbis. Intéressant ist jedoch, dass altère Erwahnungen diesen Gott 
c\\ nicht als Clmura sondern als reinen Lokalgott kennen : so kommt sein Titel, 
n Sethe kntj sbtj-f gelesen, im Totentempel des Salaire vor (Bd. II, Bl. 70, S. 129) 
li einem Gott, desseii Darstellung leider verloren ist; der aber ausserdem die Titel 
und flff] A «der vor seinem Hause » und «der vor seiner Sykomore » 

;elleicht noch einen verlorenen vierten fûhrt. Sethe weist a. a. 0. darauf hin, dass 
irGott (JUl^^^, Var. filh^"^'^- schon Pyr. 518 c genannt wird. Die Gleichsetzung 
s alten wahrschéinlich in Bocksgestalt gedachten Naturgottes mit Chnum ist also 
erst sekundàr. Auch Sethe bat ûbrigens den memphitischen Charakter der angefûhrten 
Titel a. a. O. hervorgehoben. 

Untcr 43 folgt der schon in Feld 27 erwàhnte ^^ ^— fl ^^^^ « Hor auf seinem 
Trâger», der hier also ebenfalls einem bekannten grossen Gott (Horus) angeglichen 
ist, wiihrend er fruher bloss « der auf seinem Tràger » hiess und, wie das Détermina tiv 
das hier deutlich den Krokodilokopf zeigt, nicht einmal in seiner Gestalt gedacht 
wurde : an der erwâhnten Stelle der Sokarprozession in Medinet-Habu erscheint er 
einfach menschenkôpfig ! 

44. der ebenfalls zu 27 schon besprochene "fct-fV "^^^ Ssmu: inij nicd-f mit 
gewôhnlichem Gottesdeterminativ. Vorher kommen beide Gôtter in Beziehung zur 
Stjt vor, also mit dem Sokarkult verbunden; mit diesem glaubten wir auch die hier 
in Frage stehenden kleinere Bezirke, die beiden « Schlachthôfe » und die beiden Be- 
zirke « hinter der Mauer», zusammenbringen zu diirfen. Daraus mag sich das mehr- 
fache Vorkommen der betr. Gôtter erklâren. Jedenfalls finden sich hier auffâllig viel 
Gottheiten des Osiriskreises, so 

4.5. der bekannte (1 ^\ir > Anubis wij-irt,\xo7A\ erwâhnt werden miigdass, 

1 D LrL\\ Li <^ 
1. NçtI. Vorclers. G, Nr. -', auch Hs. 5, Nr. 2. 



EINE IJSTE MEMPHITISCIIER GŒTTER 



nach der grossen Heiligtûmerliste Abydos, I, 45 a, Z. 36, die, wie iiberhaupt der gan: 
Tempel, viel memphitische Tradition aufbewahrt hat, der ^^ ¥^1'=^ 

(( Anubis vom Nordtor » also als Gegenstùck zu dem zu Feld 41 erwâhnten « Hor 
vom Siidtor » verehrt werden sollte. 

Beide Angaben der Liste môchte ich wegen des topographischen Charakters d 
Namen auch aiif Mempliis beziehen. 

Unter 46-47 folgen Isis iind Nephthys die schon im pr-Hnw wertreten war 
(Nr. 31-32). Hier haben sie beide das gewcihnliche Frauendeterminativ. 

48. ist die 't- SesU verzeichnet. Ziim Schhiss folgt in der Reihe der Heiligtûme 

namen das h T y^^ ^^ a Haus des Nefertum ». Darin werden verehrt 

49. Y Sechraet ohne nâheren Titel, wahrscheinlich als Mutter des 

50. Ixn-n. Nefertum selbst, und noch eine besondere Sechmet form, die die eigen 
licbe bei Memphis heimiscbe Lôwengottin zu sein scheint. Die Hauptglieder d 
mempliitischen Trias neben Ptah, Sechmet, die das System zu seiner Gemahlin mach 
und Nefertum, sein Sohn, sind darin noch einmal vereinigt. Die lokale Lôwengôtti 
heisst 

51. (/ (J <=> « Sechmet auf dem Stein », und sie ist auch zum Unterschied vo: 
il Ci i^i 1 Qnni 

der gewôhnlichen Sechmet (49) in Determinativ lôwenkôpfig dargestellt. 

Sie erscheint denn auch in den spaten Listen der sog. lokalen Hathoren nicl^ 
selten. Brugsch hat in seinem Dictionnaire géographique eine Anzahl Beispiele g€ 
sammelt, die auch wegen der jûngeren Varianten ihres Beinamens nicht uninteressan 
sind. 

S. 393 fùhrt er ans einer Liste mehrerer unterâgyptischer Distrikte mit lokalen 
lîathorkulten in Edfu auch die v \«i an, mit einem besonderen |L 

A/WVW i ^ Q 

Dièse Stelle gibt schon die Namensform Sechmet tp int « die Sechmet von d 

Spitze des Wiistengebirges », die z. B. auch die a. a. O. , 46, angefuhrte Erwâhnung a 

einer Stèle des Serapeums von Sakkarah mit il Y "=^0 und Sal- 

I tu /wwsA il £:i <::5 ® D 1 /wwvs r-Y^~i 

/.er/F,verso,l. r:ô®^® 1(1^ - P .viederholt. 

Und in der grossen Gotterliste Abydos, l, 45, Z. 49, ist sie als y ^ ^^j\ 



iinl 






^^^^ « Sechmet vom Wùstenberge » genannt. 

Dem gegemiber bietet wohl unsere Liste mit tpjt inr, die doch zweifellos auf altë 
Quellen zuriickgeht, die altère einfachere Schreibung, wiewohl beides in der Bedeutung 
auf dasselbe herauskommt. 

Danach stellt sich also dièse Sechmet in eine Reihe mit jenen Lôwengôttinen, die 
unter den verschiedensten Namen, spàter meist als « Hathorformen » aufgefasst, in 
ganz Àgypten mit Vorliebe an den Eingangen in die Wustenwadis verehrt wurden, 



1. Brugsch, Dict. qpogr., S. 933; eine seltsame spàte Variante a. a. 0., S. 1392, ans Denderah, wo in 

À ® ^ Ci n '^^^v 

einer Liste fur Memphis die y ^ M /vww\ (j angefiihrt ist. 



i 



IM TEMPEL VOX ABYDOS 73 



und somit in reclit al te Zeit zuriickweisen. Es sei erinnert an die Pachet von Speos 

Artemidos ( | L fl ^^=^ ^.^^^ ) '» die Hatlior von rl-int bei El-Kab, oder die Hathor « der 

beiden Berge» von Gebelein'. 

Nach einer Angabe von Brugsch, Dict. géogr., S. 48, gab es bei Memphis aucli den 

Kult eines 1 ^^z^ ^^, / (1 c=3. Vollkommen fehlt nun in unser Liste, viel- 

\ ^ " ■"" Il /wwsA © I — I ^^ n n Q 

leicht ans reiner Bequeniliclikeit, die Angabe eines M 1(7 das die andere Liste 

Abyclos, I, 35 b, noch ain Ende hinter dem Neferturaheiligtum nennt. und /war mit 

einer hôlieren Opferzahl an Feuerbecken (13) als das des Nefertum (11 ). 

Dabei zeigen auch die eben genannten Zahlen, dass dièse zwei Tempel der Seclimet 
und des Nefertum, ungleich bedeutender \varen, als die vorher genannten Anhàngsel 
des Ptah-Sokarkultes, allerdings stehen sie den eigentlichen Ptah- und Sokarheilig- 
tûraern beide nach. 

Damit schliessen beide Listen. Nicht genannt sind ausserdem in unserer Liste 
eine ganze Gruppe von anscheinend kleineren Heiligtûmern, die die Liste Abydos, I, 
35 b, schon vorlier gleich hinter dem ht-Skr einfiigt und (jlh'^^^ P'^j^'-' Ùntj'ic die 
(( vorderen Bezirke » nennt. Sie weisen zusammen eine recht betrâchtliche Opfer- 
ration. 60 Stùck auf. 

Vielleicht ist es also eine besondere Gruppe, die man wegen des einheitlichen 
Charakters der Liste Abydos, I, 35 b, die hauptsachlich Sokarkultplâtze nennen will, 
am ersten mit dem Sokarkult in Yerbindung bringen mag; sie kônnen etwa mit den 
Umzùgen bei den Festprozessieren dièses Gottes zusammenhiingen. 

Eins zeigt uns unsere Liste aufs neue deutlich, wie angstlich man gerade hier im 
Sethostempel von Abydos bemiiht ist, dem ganzen Panthéon Àgyptens gereeht zu 
werden und auch der niederen vielleicht sonst lângst vergessenen Lokalgôtter zu ge- 
denken, — ein Charakterzug jener Zeit iiberhaupt, ein Rûckschlag nach den gross- 
geizigen Bemùhungen um eine Einheitsreligion in der vorhergehenden Epoche. Echt 
âgyptisch findet man sich nun wieder mit unzâhligen « Lokalformen » der grossen 
Gôtter mit ail ihren gekùnstelten Beziehungen untereinander ab ! 



ABYDOS. SETHITEMPEL 
Zitnmer des Sokar. Linke Wand, obère Reihe. 

(Sie/te S. 74-76.) 



1. Brugsch. Dict. géogr., S. 46. 

2. Se THE, Â. Z.. XL VII, S. 44 f. Hier tritt in den Schreibungen schon des neuen Heiches dieselbe 

Alischung von (J nniD Inr « Stein », kopt. cône, und (J in-t h Wûstengebirge » auf. 

1 <:rr> 1 AA/wv% f^-^'"^ 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 10 



74 



EINE LISTE MEMPHITISCHER GŒTTER 



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THE KA ON SCARABS 77 



THE KA ON SCARABS^- 

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Alice Grenfell 

Classes of Sciirabs dealt with : 

1. Yi^< Uah ka nefer Scarabs (officiais and ladies). 



2. Tu, etc. (Spirals). 

3. Y Reliquary Sciirabs. 

4. X^ The Glorified on Scarabs. 



5. ^^ Aahlni bird Scarabs. 

6. ^^ ^en/2?< bird Scarabs. 

7. /et and @ /et neb Scarabs. 
d Ci 

8. U ^°1 Ka Rannut Scarabs. 

9. ^^ Amen ka Scarabs. 
10. ] =5= Neter hotep and ^Y-' Per /.eru Scarabs. 

The numbers in brackets (1) refer to the scarabs figured on Plates I, II and III. 

THE KA ON SCARABS 

« Le peu que nous avons dêtre nous 
cache la vue de l'infini. » (Pascal.) 

Most of the scarabs published in this article are rare; some are unique. 

Many important scarabs are buried in private Collections; impressions or photo- 
graphs of them are very dilïicult to get. It would require to search through at least 
15,000 scarabs, scaraboids, cowroids, ring-bezels, inscribed amulets, stamps, plaques, 
sealings, etc., to amass the small number of amuletic Ka-designs hère figured (42). 

I am especially indebted to the very rich Collection of Mr. R. H. Blanchard, of 
Cairo, for spécimens of unique designs; to his generosity, and to Professer Flinders 
Petrie's generosity. 

It is remarkable that ail Egyptologists hâve neglected the study of scarabs wiien 
writing on the Ka. Several distinguished Egyptologists during the XXth Century 
' hâve written on the Ka : 

(1) Amélineau : L'Idée d'âme dans l'ancienne Egypte, in L'Initiation^ N"* 8 and 
9, 1902. 



78 THE KA ON SCARABS 



« 



(2) LoRET : La Revue éçjyptologique, Vol. XI, 1904. 

(3) Erman : Die JEgypiische Religion, 2nd Edition, 1909. 

(4) ViREY : La Religion de l'ancienne Egypte, 1910. 

(5) Steindorff : Der Ka und die Grabstataen, in Zeitschvift fur yEgyptisch^ 
Sprache, Vol. XLVIII, 1910. 

(6) BuDGE : Osiris and tlie Egyptian Résurrection, 1911. 

(7) Von Bissing : Versuch einer neuen Erklàrung des Kai der alten yEgypter 
Sitsungsberichte der Kônigl. Bayerischen Akad. der Wissenschqften, 1911. 

(8) Maspero : Le Ka des Égyptiens est-il un génie ou un double f in Memnon, T 
VI, 1912. ; 

(9) Breasted : Development of Religion and Thought in Ancient Egypt, 1912 

(10) Lefébure : Le Double psychique, in Mélusine, XI, 1912. 

(11) Moret : Mystères égyptiens, 1913. 

(12) Sottas : Contribution à l'Étude de la Notion du Ka égyptien, in Sphinx, 
XVII, Fasc. II, April, 1913. 

(13) Pétrie : Egyptian Reliefs in a Future Life, in Ancient Egypt (a new perio- 
dical), Parti, Jan., 1914. 

Thèse savants make a great man}' valuable and suggestive remarks, also many 
contradictory ones. E. Lefébure's paper on « Le Double psychique » is the most ori- 
ginal contribution. Lefébure compares the Egyptian représentation of the Ka to the 
fluidic doubles seen by the hypnotised subject, and undoubtedly there is a close con- 
nection between the disclosures of modem psychology and the ideas of the ancient 
Egyptians on the Ka. 

The extrême concentration of the Egyptian mind on the Au-delà must hâve pro- 
duced great powers of lucidity as regards the bi-corporality of man, and must hâve 
given them a faculty of visualising the astral double, or Ka of the material body 
which is not vouchsafed to us modems except on the rarest occasions. The Egyp- 
tologist de Horrack was also inclined to the same view as Lefébure. 

He wrote in 1874 to Chabas, referring to spiritualism : « Le sujet est tellement 
» curieux et en rapport avec les croyances de nos anciens Égyptiens que j'ai cru qu'il 
» devait vous intéresser. » 

Lauth also considercd there was a « rapprochement » between animal and spiritual 
magnetism and the ideas of the ancient Egyptians. 

Sir Gaston Maspero, who has studied the Ka more elaborately and successfully 
than any other Egyptologist, writes in Memnon, 1912 : a Je tiens qu'il est une forme 
» très ancienne de la survivance humaine, disons de l'âme, et que, si la faculté qu'il a 
» de pouvoir persister dans de certaines conditions après la mort du corps lui assura 
» une sorte de caractère divin, il ne fut pas aux yeux des Égyptiens un Dieu pro- 
» tecteur chargé de veiller sur l'individu. » 

M. Maspero drew attention in 1888 to the wonderful likeness of the Ka to the Eve- 
strum of Paracelsus (in Études de Mythologie et d'Archéologie égyptiennes). D' Franz 
Hartmann who note a Life of Paracelsus, 1896, thus describes the Evestrum : « The 



i 



THE KA ON SCARABS 79 



Tliought )3ody of Maii; liis conscious etherial counteipurt that may watch over liim, 
and warn him of the approach of death, or of some other danger. Tlie more the 
physical body is active and conscious of external things, the more is the Thought 
body stupefied ; the sleep of the body is the awakening of the Evestrum. During 
that state it may communicate with the Evestra of other persons, or witli those of 
the Dead. It may go to certain distances from the physical body for a short time ; 
but if its connection witii that body is broken, the latter dies. » 

The Ka also has a certain resemblance to tlie Augeoides or Radiant Body of 

e Phitonic School. This body is supposed to hâve been introduced into Greek Re- 

ion from the Orphie myst-agogy, see Mead's article in The Quest, July, 1910. Phi- 

ponus who lived at Alexandria in the Vlith Century describes the Augeoides Body 

folio ws : « A kind of body which is for ever attached to the soûl, of a celestial 

» nature, and for this reason everlasting, which they call radiant (augeoides), or star- 

» like (astroeides). For as (the soûl) is a being of the cosmic order, it is absolutely 

» necessary that it should hâve an estate or portion of the cosmos in which to keep 

» house. And if the soûl is in a state of perpétuai motion, and it is necessary that it 

» should be for ever in activity, it needs must be that it should ever hâve attached 

» to it some body or other which it keeps eternally alive » ; (Mead's translation). 

« The Astral Body » (Ka), says Leadbeater in « Dreams », « functions in sleep, 
)) hovering over the physical body ; it can travel in sleep without discomfort, and 
» may meet friends who happen to be awake on the Astral Plane. » 

Professor Pétrie writes {Religion qf Ancient Egypt, 1906), « the Ka could act and 
» visit other Ka's after death ». 

D' Budge {Guide to the Egyptian Collection in the British Muséum, 1909) states 
that the Ka « could wander about at will on earth and in the other svorld, and there 
» are suggestions in the texts that it might take up its abode in the body of a living 
» man from which his Ka had temporarily gone forth for some purpose of its own ». 
That the Ka was by far the most important, if not the only survival of the human 
Ego after death, is shown by many passages in the funerary literature, and parti- 
cularly on scarabs. 

The literal way in which the various « parts » of the Deceased hâve been divid- 
ed (into nine; Khat, Ka, Ab, Ren, Khaibit, Aakhu, Sekhem, Ba and Sahu, several 
of which are symbols, or else différent aspects of Deceased), is most confusing and 
prosaic. 

M. Naville takes this view, for be writes in Le Journal des Savants, April and 
May, 1913 : o Ce qu'on a appelé la division de la personnalité humaine en plusieurs 
» composantes, n'est-ce pas simplement la représentation pictographique des diverses 
» qualités qu'on suppose à un être unique, j'entends par là ce qui n'est pas le corps? » 
Consider, for instance, th€ ^a-bird. The symbol of the bird, for the immortal 
part of a man, winging its way through space is most wide spread and obvious ; ail 
y the ancient Mediterranean nations used it ; the Syrian Hittites, the Etruscans, the 
Minoans, Cretans, Libyans, Greeks, etc. Dante calls angels « uccelli di Dio », — birds 



80 



THE KA ON SCARARS 



of God, — Ijut no one supposes that Dante tliought the angels were real birds. Nei 
ther did the ancient Egyptians think of themselves as real birds after death. In thi 
vignettes of funerary papy ri the Deceased is figured in the boat of Ra as a man — o: 
woman, — wearing bis or her usual dress. I bave only found one example of a Ba^ 
%\Tdi in the boat of Ra, on a wooden painted Stèle of the XXIInd Dynasfy in tk 
British Muséum, N° 8468. Tbis Ba, praying witb upHfted hands to the gods in th 
boat, is a symbol of 1 VHH Jî' ^^'^^^^' ^" ^'^^ same attitude, who is représente^ 
outside the boat (the man for whom the stèle was niade). 

Doubtless the uneducated populace materialised the Ba into a real bird, but th 
initiated knew it was a symbol, and it is the nature of a symbol never to express th 
actual, for it does not exist in the région of mattcr, but is in the mind only. 

Scarabs witb Ka-designs on tbem are not at ail common. I do not refer to thos 
Ka signs on scarabs which are fairly common, as being an ingrédient of a persona 
or of a Royal name ; which are especially common as the ingrédient of a Throne 
name ; such as Nefer-ka-Ra ; Kheper-ka-Ra ; Maat-ka-Ra, etc. I do not refer t 
thèse, but to those scarab designs where the Ka is a divine entity ; the self whic 
survives death ; an eschatologically-developed being, but still not regarded exactl 
the same as a god. 

The Ka is considered a spiritual and invisible being which yet requires food an 
protection against the dangers of the Au-delà. It is generally invisible, but when vi 
sible it is luminous. That groat mystic, William Blake, wrote « Everything in Eté 
» nity shines by its own light ». — That the Ka was thought of as luminous or glitter 
ing, like the Augeoides, can be learnt froni scarabs, for a Ka scarab in the Blanchar 
Collection bas rays of light proceeding from it, (1), Plate I. It will be noticed tha 
there are two nefers on this scarab. The recumbent nefer is a Symbol of Deceased 
In the Spoliation of the Tombs Papyrus, British Muséum, the Deceased are writte: 
tlius : Tî T M). The Egyptians used the L y, V . ^^nd 1], a contraction of Ô, hes, ver 
frequently on scarabs as symbols of the Deceased 



Those whom we call the Deac 
they called « Living Ones », -¥-■¥■•¥- '^^'^. 

Such was their firm belief in anotlier life. 

It seems probable that the Egyptians made a distinction between the Ka of a living 
person and that of a Deceased. The so-called « Religions of the Lower Culture » dis- 
criminate between thèse two ij i- Mr. Crawlev in the Idea of the Soûl writes : « TheJ 
» East Indian Islanders hold a sharp distinction between the soûl of a living and that 
» of a dead man. The former is part of the pantheistic life which fills ail nature, the 
)) latter alone is individual. It does not come into being until a man is dead. Thèse 
» two soûls are never combined. » — This view of thèse Islanders is very like M. Sot-j 
tas' interprétation of the Egyptian Ka given in Sphinic, April, 1913; namely, that thj 
U of a man only individualised at bis death, the Pharàoh being alone provided with 
a double in bis lifetime, because his nature was divine. 

On scarabs of the Middle Kingdom — the fashion went ont later — a fréquent ex- 
pression used for Deceased's Ka is, ,ô,, Ka nefer. This conclusion is reached from 



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Recueil de travaux, t. xxxvii, 1-2. 



Plate I. 




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ECUEIL DE TRAVAUX, T. XXXVII, 1-2. 



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Recueil de 



TRAVAUX, T. XXXVII, 1-2 



Plate III. 






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THE KA ON SCARABS 81 



the fact that \ve generally find ¥ (coiitracted from¥|3 L-^ = olîerings) combined 
with Ljl on scarabs of officiais and ladies. as well as on scarabs with volutes and 
spirals. That ,6, ineans the Deceased's, or Glorified One's Ka is further seen from 
Chapters lxxii and xcix of the Book of the Dead, where Deceased recites a prayer to 
J.l for food and other blessings, beginning 



I 



« Hail ! ye Neferu-kau (Glorified Onesi Lords of the magie powers and provisions of the gods », etc. 

To be 'Lord' of anything is an Eastern way of expressing that you hâve such 
a thing. 

That tlie Glorified, besides receiving offerings from their relatives in the flesh, 
were plentifuUy supplied with provisions from the gods is to be gathered from the 
study of funerary papyri. For instance in the papyrus 3162, Berlin Muséum, trans- 
lated bv Frank-Kamenetzky, Orientalistische Literatar::-eitung , April, 1914, we read 
that the Deceased has daily given him five kinds of drinks : 

(1) y ^ 0,(2) Q(20,(3) ft^S, (4)^ ,(5)n D. 

wine, niust, béer, water, milk. 

Also Amen gives him bread, etc.; he receives gifts and olîerings and food from 
Khonsu-Shu in Thebes. — I give nine examples of J .i, on scarabs of officiais, etc., and 
eighteen of the same with spirals and allied designs. 

1. Uah Ka nefer Scarabs with names of officiais, etc. 

(2) Blanchard Collection. « The superintendent. the Uartu, Hersh ; an ofïering he 
» loves for his ÎLI- » 

(3) Pétrie Collection. « The guardian of the store house, Rennef-ankh-Ra ; an offer- 

» ing for his ,o,. » 

Lj î 

(4) British Muséum. « The lady Hort ; an otîering for the .6. of Deceased. » 

(5) Blanchard Collection. « Aafuti-Senusert ; an ofïering he loves for his U I • » 
British Muséum. 

(6) « The guardian of the store house Hat-hotep-u offering for his I U • » Cairo 
Muséum. 

(7) (( Rer-a-ankh-u; ofïering he loves for his t. » Cairo Muséum. 

(8) « S-du-ankh-u ; ofïering for his i, . » Petrie's Historical Scarabs. 

(9) « The lady Neith-hezt; ofïering she likes for lier Lll- » Berlin Muséum. 

(10) The lady Sent-sen, possessor of amakh ; an ofïering to lier ^. » Timins 
Collection, Plate Y. 

(10 A j, Cairo Muséum, has the figure représentative of prayer on it, for an offering 
for a Royal Sealer. 

RECUKIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. H 



82 



THE KA ON SCARABS 



2. Y.Oj, Uah Ka ne fer Scarabs; some icith spirals, etc. 

The T alone inside tlie U and no other sj^mbol is rare. It is found on a smal 
plaque in the Biella Collection (which forraerly belonged to Lanzone), (11). The otb 
interchanging symbols for Deceased, •¥■ and ô are also rare alone, or with only a ih 
sign ; (12) British Muséum, and (13) Blanchard Collection. We find thèse three sig 
again with Y and spirals on the Hyksos scarabs belonging to (14) Cairo Muséum 
(15) Eton Collège, and (16) John Ward Collection. 

Apparently , at first very rare, became the favourite symbol later, as it is us© 
so much more often than -r* or I- For instance, a fairly common scarab is (17), V 
leriani's Egypt, etc., with the Deceased as ô between two uraei (Isis and Nephthys) 
the New Life is represented by the Scarabœus (Kheper); the latter is flanked by t\v 
pictures of the actual cakes of otïering used. But (18), Blanchard Collection, with th 
■j-, and (19), Johnson Collection, with the T, are unique as far as I know. 

On a scarab (20) figured in El-Kab, Pétrie, PI. XX, we find « An offering to tb 
» Ka of Deceased » with the préposition 'wvwv inserted, making it certain that the 
hère figured is the Deceased's Ka. The work is bad, but the inversion of the Y is in 
tentional and not a mistake, for we find it on several well-cut scarabs of the Xlith Dy 
nasty, compare (21), Diospolis pai'va, Pétrie, where the Ka is inverted. A scarah 
the Hyksos period in the Timins Collection, (22), shows the cake of ofEering in thé 
middle of a beautiful spiral design. Till the Ka was separated from its human corn 
panion, 'hospes comesque corporis' (as the Emperor Hadrian called the Ka), it did ne 
require ofiferings. 

The y as symbol of Deceased is often represented with a lotus-bud and flowe 
sprouting out of it, (23), British Muséum, to typify the Résurrection or New Life oV 
Deceased. The Ka also lias the same imagery. on Middle Kingdom scarabs only ; s 
(24) John Ward Collection, (25) Gi^eh and Rifeh, Pétrie; (26) purchased. — Two sca 
rabs from Petrie's Kahun, Gurob and Hawara (27) and (28) hâve spirals, the M. andj|j 
Y ; the latter sign is contracted to %\ The Y sign is very variable. I give 13 va- 
riants : 

si/, ^ O <^ V VT -''-■^ Y <f "^ V rv 

Y' X. 5. R. 1-1''=^' K- 5' 5' ^ S. ?■ 




jf» 



The contraction I (symbol of Deceased) is very rare on |jT scarabs. There is al 
example formerly in the Hilton Priée Collection (now dispersed) (29). ThisI is placée' 
in front of a seated Pharaoh. The guardian goddess Nechebet hovers above, offering 
the shen amulet. — Well-authenticated cases of the extériorisation of the \_\ duiing 
the lifetime of the body, when the Ka is thousands of miles away from that body, are 
nuraerous. 

A striking example is recorded in the lifc of Sir Henry Stanley, the African tra- 
veller. — The most startling case of the human double appearing near its living bodj 
is that of Emilie Sagée, a schoolmistress at a girls' school 36 miles from Riga. SI 



A, THE KA ON SCARABS 83 

t 

^was an excellent teaclier and mueli liked, but she caused great commotion among 
;he pupils by constantly appearing in two forms at once; one was herse! f, the other her 
iouble (Ka). On one occasion when the 42 pupils were assembled in a large room 
with 4 Windows and M"® Sagée was seated overlooking their work, they also saw her 
yathering flowors in the garden outside. In conséquence of this peculiarity the school 
iuthorities dismissed her. Related by A. Aksakofî, Animisme et Spiritisme. 

There is an enormous literature on the appearances of the U, disguised under 
its numerous names of « double », « wraitli », « ghost », « spirit », « soûl », « spectre )); 
« genius », « mânes », etc. 

The U of another person, while it is in that person's living body, is very rarely 
visible to people, and is only seen by exceptional individuals in a magnetic state, as, 
for instance, the Seeress of Prevorst, Frederika Hauffe, born 1801. « She », we are 
told, « often saw a spectral form behind the person she was looking at. Sometimes this 
» appeared to be his protecting spirit, at others the image of his inner self. » 

Of their deities the Egyptians doubled Bes and Bast — rarely other divinities on 
scarabs : whether this means that Bes is fîgured with his U, or whether lie was dou- 
bled to make the design balance, for artistic reasons, it is hard to say ; but I incline to 
the latter view since the Egyptians aimed at symmetry. 

Great saints and especially highly-strung persons at the point of death are some- 
times furnished with a power, — not under their own control, — of sending their [J to 
visit, or to lielp a friend requiring it, as the Egyptian gods sent ont their U i. — 

The late Mr. C. C. Massey, a man of great psychological acumen, remarked : « We 
)) regard too exclusively the ethical aspect of spiritual perfection, to the neglect of 
» its scientific and organic attainments, of which we get so niany liints in hagio- 
» logy. » 

Our psychical knowledge is still in its infancy ; but the Book of the Dead, the 
Pyramid Texts, the Cofïin Texts, the Funerary Papyri, inscriptions on Steh», and 
other religions writings of the ancient Egyptians can never be explained satisfactorily 
till the greiit secrets of the Uni verse connected with our mental ity shall hâve been 
revealed by better-informed persons than the présent alienists and specialists, who 
concern themselves so unsuccessfully with the abnormal psycliic phenomena which 
corne under their professional notice. — Were this rich, precious material handled 
with knowledge and skill, by non-materialistically-trained and mediumistically- 
gifted persons, unmutilated by the abscission of their emotional feelings, then man- 
kind would be placed on quite a différent plane of thought, and a brilliant light would 
be thrown on the mysterious connection between the mind and the body. 

To master the grammar of hieroglyphs and acquire a correct decipherment of 
their sentences, will not carry us further on our journey of elucidation of the esoteric 
cuits of Egypt than the taxi-cab does, which takes us to the station when we travel 
by rail. 

The study of scarabs makes it plain that the gods could and did lend or give 
their Kas to revivify or make live Deceased's Ka. 



84 



THE KA ON SCARABS 



In the funerary papyrus of Mut-Mut, \>\ T\ ^Ij, piiblished by Pellegrini inj 
the Rendiconti of the Lincei Academv, 1894, we find : 



« Amen Ra makes live thy Ka ». 

We also find as the name of a private person, on a stèle of the Xlith Dynastyl 
(given in Mariette's catalogue) : 

f\ r\ AAAAAA Q 

o If ^ U^ 
II® ^ 

(( Ra makes live my Ka ». 

The study of proper names sometimes afïords réminiscences of the ritual, cuit,] 
belief, etc., since the Egyptians, like the English Puritans of the XVIIth Century, gave 
their children whole sentences of a religious character as names. 

In the same Mut-Mut papyrus we read : 

(( The Ba of Ra makes live thy Ba ». 

By analogy with this latter sentence it seems that we ought to hâve « The Ka of 
» Amen Ra makes live thy Ka ». (The ancient Egyptians especially omit the verb oi 
scarabs.) 

The Mut-Mut papyrus seems to give a due to the meaning of a rare scarab ii 
the Blanchard Collection (30), « May the Ka of Ra (make live) the Ka of Se-hotep-ab,] 
» of Thebes, as a Glorified One ». This name (Se-hotep-ab-Ra) was borne by Amea- 
emhat I as his Throne-Name. It was common (without the Ra) as a private person's 
name in the Middle Kingdom period. Lieblein gives 22 examples of its use. ThereJ 
is a nearly similar scarab in the same Collection, (31) : « May Ra (make live) the Ka 
» of Sehotep-ab-Ra of Thebes among the Glorified. » This scarab gives the plur 
sign to the bird. 

The plural sign with the bird is strictly kept on scarabs to signify the Glorified,] 
or beatified Deceased. 

The Macgregor Collection has a primitive cylinder seal (32), figured and translatée 
by Prof essor Pétrie in his remarkable article published in Ancient Egypt, Part II,| 
April, 1914. 

« His Ka causes to be born her Ka. » 

This archaic cylinder, earlier than the First Dynasty, shows that Kas had gréai 
power over each other before that date ; but as no names of deities are given, or of per- 
sons, it semains an enigma whose Kas are intended. 

On a clay sealing from Kahun, (Petrie's lllahan, Kahun and Gurob, 1890), arc 
the Kas of Ra, (33). The list is given by von Bissing in his article, « Versuch einei 
» neuen Erklàrung des Kaï », 1911. Thèse 14 Kas resemble the Roman numina h 
being deified powers, hardly reaching personality. Mr. Warde Fowler in his Reli- 



' 



THE KA ON SCARABS 85 



tous Expérience of the Roman People, 1911, mentions thèse numina and calls them 
functional spirits with will-povver ». The 14 Kas of Ra seem to be, as Mr. Crawley 
uts it, « concrète forces rather than superhuman beings ». They are entirely with- 
ut personality. 

A not uncommon scarab is (34), with Thothmes IIFs Throne-name and the « dou- 
le » or Ka of Ra, (as Mr. Hall suggests on page 61 of the Catalogue qf Egyptian Sca- 
abs in the Bi-itish Museum,Vo\. I, 1913). The Men-kheper-Ra cartouche and name 
l'ère used amuletiailly in a way no other king's name is used, as the enormous num- 
er of scarabs with various designs and legends combined with it shows. The Ka of 
ia is also used as a powerful amulet on (34). — We know frora a stèle — one of the 
ar-stelae — figured on Plate XIII, Memphis, I, Pétrie, 1909, that the Ka of Ptah was 
vorshipped : A ^ « Adoration to the Ka of Ptah ». 



3. Reliquary Scarabs. 



U 

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D 



The Kas of Osiris are given on a broken scarab in the Leiden Muséum, published 
)y Leemans, (35). Two deities are guarding the precious reliquary kept at Abydos 
«ntaining the head of Osiris. The care of this sacred relie was entrusted to the god- 
less Nechebet. On scarabs it is generally guarded by two divinities, a god and goddess, 
36), but on a rare scarab at Biella one guardian-goddess only is represented (37), and 
;he other deity is replaced by a T, presumably the Deceased for whom the scarab was 
nade. 

This I is waiting for the Y -Y- , life fluid ; for we know from a lapislazuli plaque 
n the Macgregor Collection, (38), that the 'Lord of this relie' (Osiris) supplied it. 

« The Lord of Abydos provides the t T" • » 

A scarab in the Kestner Muséum, shows a Pharaoh worshipping the shrine and 
■T-y , sa ankh, in the field behind. The reliquary is figured as a lotus, (39). On a re- 
liquary scarab in the Cairo Muséum, (40), the shrine is more carefully drawn. 



4. T/ie Glorijied. 

By this term is meant the Beatifîed Discarnate, the Justified Dead, the Blessed 
Dead, the « Glorious Ones », as Renouf translates the word, who became Osirises and 
divine at death ; but though divine they were not exactly gods. 

They seem to hâve been worshipped, but scarabs which suggest this are rare ; 
see (41) Blanchard Collection, and (42) Koptos, Pétrie, 1890; also (45) Blanchard Col- 
lection. 

The Egyptians placed the Glorified above their reigning king in spite of the fact 
that the king was considered by them a Divine Being and the Living Représentative of 



84 THE KA ON SCARABS 



In the funerary papyrus of Mut-Mut, T\ TX 3, published by Pellegrini in ip'f 
the Rendiconti of the Lincei Academy, 1894, we find : 

« Amen Ra makes live thy Ka ». 

We also find as the name of a private person, on a stèle of the Xlith Dynasty 
(given in Mariette's catalogue) : , 

I I © ^^ 

« Ra makes live my Ka ». 

The study of proper names sometimes affords réminiscences of the ritual, cuit, n 
belief, etc., since the Egyptians, like the English Puritans of the XVIIth Century, gave 
their children whole sentences of a religious character as names. 

In the same Mut-Mut papyrus we read : 

(( The Ba of Ra makes live thy Ba o. 

By analogy with this latter sentence it seems that we ought to hâve « The Ka of 
» Amen Ra makes live thy Ka ». (The ancient Egyptians especially omit the verb on 
scarabs.) 

The Mat-Mut papyrus seems to give a due to the meaning of a rare scarab in 
the Blanchard Collection (30), « May the Ka of Ra (make live) the Ka of Se-hotep-ab, 
» of Thebes, as a Glorified One ». This name (Se-hotep-ab-Ra) was borne by Amen- 
emhat I as his Throne-Name. It was common (without the Ra) as a private person's 
name in the Middle Kingdom period. Lieblein gives 22 examples of its use. There 
is a nearly similar scarab in the same Collection, (31) : « May Ra (make live) the Ka 
» of Sehotep-ab-Ra of Thebes among the Glorified. » This scarab gives the plural 
sign to the bird. 

The plural sign with the bird is strictly kept on scarabs to signify the Glorified,., 
or beatified Deceased. • 

The Macgregor Collection has a primitive cylinder seal (32), figured and translated 
by Professor Pétrie in his remarkable article published in Ancient Egypt, Part II, 
April, 1914. 

« His Ka causes to be born her Ka. » 

This archaic cylinder, earlier than the First Dynasty, shows that Kas had great 
power over each other before that date ; but as no names of deities are given, or of per- 
sons, it semains an enigma whose Kas are intended. 

On a clay sealing from Kahun, (Petrie's Jllahan, Kahiin and Gurob, 1890), are 
the Kas of Ra, (33). The list is given by von Bissing in his article, « Versuch einer 
» neuen Erklàrung des Kaï », 1911. Thèse 14 Kas resemble the Roman numina in 
being deified powers, hardly reaching personality. Mr. Warde Fowler in his Reli- 






THE KA ON SCARARS 85 



^ious Expérience qf the Roman People, 1911, mentions thèse nuinina and calls them 
( functional spirits with will-power ». The 14 Kas of Ra seem to be, as Mr. Crawley 
Duts it, « concrète forces rather than superhuman beings ». They are entirely with- 
3ut personality. 

A not uncommon scarab is (34), with Thothraes III's Throne-name and the « dou- 
ble » or Ka of Ra, (as Mr. Hall suggests on page 61 of the Catalogue qf Egyptian Sca- 
\rabs in the Britisli Muséum, Yo]. I, 1913). The Men-kheper-Ra cartouche and name 
twere used arauletically in a way no other king's name is used, as the enorraous num- 
')er of scarabs with varions designs and legends combined with it shows. The Ka of 
Ra is also used as a powerful amulet on (34). — We know from a stèle — one of the 
ear-stelœ — figured on Plate XIII, Mempliis, I, Pétrie, 1909, that the Ka of Ptah was 
worshipped • /] ^ « Adoration to the Ka of Ptah ». 

/VWWA 

U I 



n 



3. Reliquary Scarabs. 

The Kas of Osiris are given on a broken scarab in the Leiden Muséum, published 
by Leemans, (35). Two deities are guarding the precious reliquary kept at Abydos 
containing the head of Osiris. The care of this sacred relie was entrusted to the god- 
dess Nechebet. On scarabs it is generally guarded by two divinities, a god and goddess, 
36), but on a rare scarab at Biella one guardian-goddess only is represented (37), and 
the other deity is replaced by a T, presumably the Deceased for whom the scarab was 
made. 

This T is waiting for the T-y , life fluid ; for we know from a lapislazuli plaque 
in the Macgregor Collection, (38), that the 'Lord of this relie' (Osiris) supplied it. 

« The Lord of Abydos provides the Y T • '^ 

A scarab in the Kestner Muséum, shows a Pharaoh worshipping the shrine and 
■?• Y , srt ankh, in the field behind. The reliquary is figured as a lotus, (39), On a re- 
liquary scarab in the Cairo Muséum, (40), the shrine is more carefully drawn. 

4, T/ie Glorijied. 

By this term is meant the Beatified Discarnate, the Justified Dead, the Blessed 
Dead, the « Glorious Ones », as Renouf translates the word, wlio became Osirises and 
divine at death ; but though divine they were not exactly gods. 

They seem to hâve been worshipped, but scarabs which suggest this are rare ; 
see (41) Blanchard Collection, and (42) Koptos, Pétrie, 1896; also (45) Blanchard Col- 
lection. 

The Egyptians placed the Glorified above their reigning king in spite of the fact 
that the king was considered by them a Divine Being and the Living Représentative of 



86 THE KA ON SCARABS 



the great god Horiis ; see the list of precedence in the Hood Papyrus, given by Brugscl 
in yEgyptologie, 1891 : 



11 God. 

1rSS\ '^<^^<''^- 

'^^ ^ Glorified One (masculine). 

'^^ ^ ^ '^ Glorified One (féminine) 

1 %l (1(1^ Reigningking. 

1 °1 

T AAAft/V\ I 



^ ^ 4 Royal Wife. 

/NAAAAA ^liVj J/LU 



M, Mother of the king god, etc. 

This placing of the Glorified or deceased private persons above the king is ver 
remarkable, and displays that vivid récognition of the survival of human personality a 
characteristic of the ancient Egyptian race, which seems now among civilised natioif 
to be held by the Japanese only. 

According to Professer Flinders Petrie's brilliant guess the A àkhu Bird as a symbo 
of Deceased is found on the primitive cylinder seals already mentioned. The Ashmo- 
lean Muséum has an example, (43). 

« Life to Deceased, Life! » 

It is strange that the Glorified Deceased are not generally, only very rarely, reprfr- 
sented by the Aàkha Bird on scarabs, but are nearly ahvays figured by the Horus Bird 
with the plural signs. This bird has the urseus serpent proceeding from its foot, and 
is arcompanied by one or more Ra-signs (sometimes omitted) — symbols of sanctitj 
and divinity, thus : ^^^ . 

I give 17 examples : 

(44) Blanchard Collection. May U^at-Bast be among t/ie Glorified. 
On an Apis stèle in the Louvre dated Uah-ab-Ra, (Psamtek I) is a private person' 

name "^i \\ I ^ , an nzat followed bv a Deitv's name, (Horus). We also find 
'Uzat-Amen-mes' and 'Uzat-Shu' ^^\\ )>^> ^^oth in the British Muséum. 

(45) Blanchard Collection. Wors/iip Nub among the Glorified. 

'(%Sf^' as a private person's name is on a ring in the British Muséum. The fémi- 
nine form is commoner. There is a sm all stèle in the Albert Mémorial Muséum, 
Exeter, with the inscription (L o l ^ « made for the lady Nub ». 



o o o 



(46) Antiquités égyptiennes, Dorow and Klaproth, 1829. May Ankha be with the 
Glorified. Lieblein gives four examples on stela3 of ir y^' a man's name. De- 
terminatives are almost always omitted in private names on New Kingdom scarabs. 

(47) Meux Collection (now dispersed). May Ra (make live) Hotepfor ever among 
the Glorified. Hotep is a very common name. Lieblein gives 58 examples of its use, 
besides numerous Hoteps compounded with other signs. 



THE KA ON SCARABS 87 



m 



(48) Univers! ty Collège (Pétrie) Collection. ^JalJ Bast (revivify) Deceased (fi) 
among the Glorified. 

(49) Gold ring, same Collection. May the deceased amak/i of Bubastis (be among) 
the Glorijied. 

(50) Blanchard Collection. May thy name be amony the Glorijied, 

(51) Blanchard Collection. May Hor be œith the Gloj'ijied. 

(52) Hilton Price Collection. May the yods (make live) Deceased amony the Glo- 
rijied. 

i53) British Muséum, bezel of ring. May Ras Ka (revivify) Deceased Neith as 
one oj the Glorijied. 

This bezel bas the figure with its liand to its mouth, denoting a praver. We find 
ïc=K , Neith as the name of a private person on a Cairo Stèle. 

(54) Blanchard Collection. May Hathor be œith the Glorijied. The hieroglyph 
u this scarab appears to be intended for the Hathor sistrum, symbol of the goddess. 
It is more clearlv given in (55) Blanchard Collection. 

I vo. is found as a name used by a private person. 

(56) Cairo Muséum ; (57) Antiquités égyptiennes; (58) Cairo Muséum figures the 
Glorified and a deity ; 57 and ô8 also put in Deceased as a Ô ; the w hole meaning May 
he deity (revivify) Deceased among the Glorijied. 

(59) Ashmolean Muséum, and (60) Yale University. May Amen (Sphinx) r£vimjy 
Deceased among the Glorijied. 

(61) Copenhagen Muséum. Ra loves the Glorijied One. 

(62) Cône seal found at Chiusi, now in the British Muséum. It bas tive fingers 
and thumb to represeut strength. The divine protecting Hand over the Glorijied 
One. A similar design (63) at Vienna Muséum, published by Steinbûchel, 1824, turns 
the Glorified One into a duck. This latter is also figured in Antiquités égyptien- 
nes, 1820. 

5. The Aàkhu Bird, (the Glorified One). 

The Aakhu Bird, meaning the shining, the brilliant One, etc., which is so often 
found on papyri and the monuments is exceedingly rare on scarabs, only in the pro- 
portion of about one bird to two thousand scarabs. I know of 6 examples ; the British 
Muséum has two ; the late Hilton Price Collection two ; the John Ward and the Blan- 
liard Collections one each. 

(64) British Muséum. The Glorijied (m) is ajollower oJ Amen. 

(65) British Muséum. The Glorijied [i) is ajolloœer oJ the goddess. The fémi- 
nine is hère expressed, and also on (66) the John Ward Collection spécimen, May the 
Ka oJRa (protect) tlie Glorified One, (f). The wonderful table of precedence already 
given also carefuUy distinguishes the sex of the Deceased. 

In Chapter cxlix of the Book of the Dead Osiris is Ciilled ^ ^ ^=^ ^ ^ ^ i 
The Glorious Lord of tlie Glorified. 

ThQAàkhus are written variously : '^IJ, "^H^j- "^f ^j' 1^^ '^l' ^*^- 



THE KA ON SCARABS 



They also luivc several substitutes : 



I I |, papyrus of Ani. 

■T"T"T" '^l '^ -yi > Vienna papyrus. 
\ \ \ ÊlÊlÊl ^ ^"^ 






Pmo 



, Leiden amulet. 



6. Bennu bird Scarabs. 



ittii 



A marble amulet in the Leiden Muséum (G7) gives the évidence for the bird witli 
the plural signs, etc., being used for the représentation of the Glorifîed Deceased. Of 
course thèse signs and attributes are often left out, as well as the aigrette of the Bennu 
and the tuft of the Aàkha, in the apparently careless way scarabs are inscribed. The 
Egyptians however do not seem to hâve aimed at uniformity, but rather inclined to 
diversity of signs. 

Tliis amulet has on it the first of the three short paragraphs of which Chap- 
ter XXIX, B of the Book of the Dead is composed. As Renouf says, it is one of the 
Heart Chapters which were written on gems and served as amulets. The papyrus of 
Ani also has this Chapter. By comparing the two versions we see that | 1 1 , is the 

Av III III 

equiviilent of pV^ = the Glorihed 



o 
On Marble Amulet : 



On Papyrus of Ani : 



^^ 



J\ 



I I I 



D 



J 



(( I am the Bennu, the Soûl 
» of Ra ; Come 1 ye Glorihed 
)) to the Duat. » 



JA^VSAAA 



^ 



J 



A 



m 



i 



« I am the Bennu, the Soûl of Ra, who 
)) conducts the Glorifîed to the Duat. » 



ic 



The Ra-sign 'o' signifies « heavenly », « sacred », etc., and is frequently placed 
over the symbols of the Dead, •¥•, T, y (compare the cross put in German printed books 
before the name of deceased author when quoted). 

Résides conducting the Glorifîed to the Duat the Bennu helped in unifying their im- 
mortal equipment, and preparing them for the New Life. (68) Timins Collection, May 
the Bennu mahe ('him' left out, meaning the man for whom the scarab was made), a 
Glorifîed one, probably refers to this. Also the passage in the xviith Chapter of the 
Book of the Dead : « I am that great Bennu who is in Heliopolis; I unité everything 
» which is there. What does that mean? It means Bennu, the Osiris who is in He- 
» liopolis; it means the union of ail which is in liis body. » (Wiedemann's translation.) 
The Deceased sometimes even identifies himself with the Bennu, as we read on an ex- 



THE KA ON SCARABS 89 



I tract from a hypocephalus in Paris, quoted by Professer Wiedemann in his article on 
I the Benna in tlie Zeilschrift, 1879 : « Icli (die Todte) bin in Gestalt des Bcnna welclier 
» hervorgeht aus Hat-Benben in Heliopolis. » Two rare and similar scarabs, Hilton 
{ Price and Çlanchard Collections (69) and (70), seem to represent Deceased as a Bennu 
\ among the Glorijîed ; two others, (71) Macgregor Collection, and (72) Blanchard Col- 
i lection, as great Glorijied Bennus protected by a urfeus goddess. 

The Bennu is often written on scarabs as the hieroglyph 'bah', representing him 
i sitting on a 'ben' or pyraraidion, a sacred symbol of the sun-god, as Mr. Breasted tells 
î us in Development of Religion and Tliought in Ancient Egypl, 1912. 

The Bennu is thus figured, (73) University Collège (Pétrie) Collection : May the 
( Bennu (make live) the Ka (of Deceased) icith the Glorijied. The latter are not repre- 
sented as the usual Horus-bird, but as a Bennu without his aigrette. — The préposition 
, 'with' is given, which is usually suppressed. 

(74) Luxor scarab published by Newberry, Scarabs, 1906 : Mai/est thou be in the 
temple of the Bennu. 

(75) Athens Muséum : May thy heart go to An (Heliopolis), to the Bennu (aigrette 
omitted), to the temple of Benben, with Ra. This scarab has two figures with the 
hand to the mouth, the gesture which signifies a prayer. I hâve translated most of 
the Bennu scarabs as prayers, for they were certainly used as amulets, aud would be 
more efficacious as prayers. 

(76) Antiquarium, Munich. A wonderful Bennu scarab full of symbolism con- 
nected with the Résurrection of the Deceased. A lotus flower hangs over the Ben- 
nus head, flower downwards ; he has a lotus bud for a tail : his legs are sprays of 
a growing plant; a shen is between them, emblem of immortality. 

(77) Harrow School Muséum. On a bread seal from an earthenware iutaglio is 
a remarkably large Bennu, in proportion to the hieroglyphs inscribed on it : May the 
U of Deceased (-r-) rest in the temple (i i) of the Bennu. This seal also has on it 
the prenomen of Rameses XI, Kheper-Maat-Ra, an obscure king who reigned 5 years, 
1134 — 1129 B.C. 

(78) Macgregor Collection. On the back of a cartouche amulet is a very similar 
design : May the Bennu prooide rest and Maatjor Deceased. 

(79) Rose Collection : May the \J of Deceased be in the temple of the Bennu. 

(80) Blanchard Collection : May tlie goddess (give) the Glorified = necessary 

things, magie cérémonies in the temple of the Bennu. 

(81) British Muséum. This scarab in the finest example which I hâve seen of a 
peculiar kind of Bennu scarab, with the horns, maat feather, seat and Bennu — be- 
sides slight addenda. — It is the only one which has the legs : Go to the Bennu's seat 
(or abode)/o/' the opening of Maat, that is, for the préparation for the new life which 
was brought about by the ■— ^-^ = a the science of things », or ^ magie' as trans- 
lated by M. Moret in Transactions of the Third International Congressfor the His- 
tory of Religions, Vol. I, 1908. 

(82) Louvre Muséum represents Thoth, master of magie words aud cérémonies, 

RliCUHIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 18 



90 THE KA ON SCARARS 



I 



with the Maat feather inside the horns : May Tlioth Lord of Khemennu (by his magie - 
give) the beginning of Maat. On the stèle of ^_^ [||1 (1 ^^ ^, Hui-shera (Piehl; 

Petites Etudes égyptologiques, 1881) \ve find |Jfi "T ^^V ' ^ ' ^^^ 

jÇ-ooîs, liohig in Maat. 

We are occustomed to the XiXl (horns and Ra sign used for tirae), and I on the 
numerous « Happy New Year », literally 'good beginning of the year' wish scarabs. .1 

(83) Macgregor Collection, which is strangely rich in examples of this very rare 
design. 



xet Sca/ribs. 



There are some scarabs which hâve or ® on them and a deity ; sometimes a 
Lj takes the place of the god or goddess. It is obvions that a verb has been left out, 
but fortunately a 'key' scarab supplies it. 

(84) Formerly in the GolénischefE Collection : May Mut give Deceased © . 

(85) University Collège : May Ra provide '^ . 

(86) Golénischefï Collection : May Sebek provide (| . 

(87) Rose Collection : May Amen provide Deceasea with = magie rites, etc 
On this scarab a bud is coming out of the sign, to signify the New Life of Deceased. 

(88) Antiquités égyptiennes : May god give Deceased 

(89) Gurob : May the goddess (give) . 

(90) Ashmolean Muséum (the same). 

(91) Franks bequest, bronze ring, British Muséum (the same). 

(92) Published by Newberry, British Muséum : May Ptah of beautiful face (re- 
vivify) Deceased with the Giorifted and (give) him . 

(93) British Muséum : May the divine Neith (give) to the Deceased. 

® ^^ — ^ 

It will be noticed that the ^ of is often omitted, as well as the verb ; also that 

let is easily defaced and badly figured. 

The LXivth Chapter of the Book of the Dead, one of the most mystical and 
important, has a cryptic passage in it (uniformly translated by five différent Egyptolo- 
gists, grammatically but not psychologically, Guieysse, Wiedemann, Renouf, Budge, 
Grapow, and one theosophist, Blackden). 

The following is Guievsse's rendering : Je viens de Sekheni à Anm/ ^ ^ ^ 1 
^^ I i< nru pour faire connaître au Bennou les choses de l'Hadès. 

O (5 / I , w , I ^ \ 

Hère we hâve the "^ i again, fully written out, which is never donc on scarabs. 
What are thèse i ? They can be no other than the magie cérémonies and pre- 

scribed ofîerings, etc., necessary to bring about the Résurrection of the Deceased. This 
view is corroborated by a passage in the inscriptions on the Ptolemaic sarcophagus of 
Pa-nehem-Isis, published and translated by Bergmann, 1876 : « / hâve honoured the 
» Glorified; I hâve extolled their \J; 1 hâve made a burial with ,-^ » =: the magie 
rites and cérémonies to bring about the résurrection of Deceased. 

Also at Benihasan there is a wall-painting representing Khnumhotep's mummy 



I 



TIIK KA ON SCARABS 91 



ieïng towed up stream, as Professer Breasted translates, to krioto the t/iinr/s of Aby- 
' ''^^'^—^TJ ' '^^ ^ interpret it « for the magie cérémonies to be performcd at 
» Abydos ». Professer Breasted adds {Development of Relifjion and Thotujht in 
Ancient Egypt) : « .Tust wiiat thèse sacred things of Abydos may hâve been we hâve 
» no means of knowing. » The « means of knowing » are scarabs; the Bennu scarabs 
and the Scarabs throw considérable light on thèse « sacred things » which are evi- 
dently the same as those mentioncd in the Lxivth Chapter. Both Heliopolis and 
Abydos were sacred cities. 

It miist be remembered that the Bennu and the 5a are symbolic, not real birds. 
They represent an essence, the soûl of an entity, its most vital, spiritual part wherein 
its force résides. 

The Ba is the huraan soûl, and the Bennu is the soûl of Ra combined with the soui 
of Osiris, and as Osiris, the Bennu is identifiable with the Deceased according to the 
pantheistic scheme of things prévalent in Ancient Egyptian religion. Thus the Bennu 
wears the insignia of the great gods, the ram's horns, and the disk, (94) Biella Muséum. 

There is a still rarer variety of Scarabs, perhaps one in 3,000 scarabs may be 
® ^ ^^ 

found, namelv , . with the Ka. 

' ^^-^^ ® 

(95) Late Hilton Price Collection : May Ra gœe lus \J and = ail the magie 

cérémonies. 

(96) Timins Collection, The same contracted, 'Ra' and verb omitted. 

8. Ka Rannut Scarabs. 

It is well known thas U has the second meaning of food, the foundation of ail our 

vitality as long as we wear the 'muddy vesture of decay'. The goddess Rannut was 

the harvest goddess and there fore the most appropriate deitv to appeal to for food, and 

. ' U 1 (s<:=> 

her title at Dendera and elsewhere was « Lady of Provisions », (f=o . . Some- 

^ III "^ ^ 



times the provisions are written inside the U, thus : ^z^ uin , or l— i . 

'■ LU I I I <: a . 

(97) Cairo Muséum. On this scarab we find the name Rannut written, , 
which, if fully written out, would be 0(^(1 . But scarabs never do this, and 
only provide a slender suggestion to guess with, which is useless unless compared 
with other évidence on the monuments, and on what Italians call « monumentini », 
such as the Leiden amulet. 

The remainder half of (97) is taken up with a large urseus and a large lotus. The 
uraeus apparently is Rannut, figured again, the whole being a prayer to Rannut to give 
provisions to Deceased. 

(98) Stamp, Pétrie Collection, University Collège, Gower S', London : May Ran- 
nut, lady of numerous provisions (nourish) Deceased. 

(99) Bronze ring, Tanis, Pétrie, the same, without « numerous ». 

(100) Memphis, Vol. I, Pétrie. Hère the Deceased, ( J ) is left out, but the name 
of the goddess is suflBcient to provide the owner of the scarab with food. 

(101) Bologna, Museo Civico, the same as (99)., 



92 THE KA ON SCARABS 



9. Amen Ka Scarabs. 

(102) Bower Collection. There is a very rare kind of scarab with a goose, Ra- 
signs and the U placed side ways or obliquely. This represents Amen as a goose and 
his U above, whicli was evidently a most powerful amulet; for the jji of the gods 



I 



lODS. 
I - ■ ".' 



were lent to Deceased to help him in the next world. 

10. I I A^eter hotep, and M^ Per y^eru Scarabs. | 





Soi 

t 



T, 



=1 " 

As long ago as 1879 Rossi pointed ont (Turin funerary papyrus) that | 
''^^^ I M' s^*^'^^^ offerings (were given) to the gods, and V tL '^'^^^ ^^ ^ , Per/firii or«i: 
sepulchral meals to the Glorified. IH 

The Glorified therefore were separate from the gods, in spite of the many pan- , 1 
theistic speeches made by Deceased in the Book of the Dead. We find this practice j|[(* 
strictly adhered to on scarabs. 

Neter hotep Scarabs. "fl 

I 

(103) Antiquités égyptiennes : Make thoii thy qffering to Horus and Neith. 

(104) Blanchard Collection, and also (105) : Make thy offering to Neith of Sais.' 
The '^iz^ has become ^^z:^. 

(105) Qffering to Ra the Golden One. 

(106) Hyksos and Israélite Cities, Pétrie, 1906 : Thy offering to Thoth, Lord 

of Khemennu. 

Per 'fjeru Scarabs. 

(107) Blanchard Collection : May there be the I/eart of his mother and Per yeru. 
for the Deceased Osiris. 

(108) vEgyptische Goldschmiede Arbeiten, Schàfer, 1910. 
The ab is lef t out ; same meaning. ^ 

(109) British Muséum : May Maat (give) thee ail good things, together with se- 
pulchral meals. 

(110) Timins Collection : May the royal relative, Nebeb, (hâve) sepulchral m£als. 
To sum up : 

1. It has been shown that in the Middle Kingdom period officiais and ladies 
wished for offerings to be made to their jj, and that there were scarabs as amulets 
to obtain thèse offerings ; 

2. That the Glorified Deceased (represented by the Aàkhu bird on pre-historic 
cylinder seals) are seldom to be found as Aàkhus on scarabs; 

3. That the Glorified are represented on scarabs by the Horus bird, the plural 
sign, a urœus from the bird's foot and Ra-signs (some of thèse often omitted) ; 

4. That the Bennu bird was sometimes identified with the Deceased, who took 
his form (which i» only symbolic, and not that of a real bird); 



SUR QUELQUES INSCRIPTIONS GRECQUES 93 



5. That the is found on scarabs with deities, or else with a U, and it refers to 
le magie cérémonies mentioned on the monuments to be performed in order to bring 

ut the résurrection of Deceased ; 

6. That the harvest goddess Rannut is found on scarabs and invoked for prô- 
nons ; 

7. That J I— û-i and ^V-' are strictly dififerentiated and given to the gods and the 
rlorifîed respectively ; 

8. That Amen's Ka, U, was of particular efRaicy in procuring benefîts after 
eath. — 

Much more information is waiting for those who shall investigate the thousands 
f unelucidated scarabs scattered in the muséums of Europe, and in N. America, in 
Jairo, and in the hands of Egyptian dealers, also those in private Collections, often 
idden away from the student by their owners. 

Thèse monumentini, as the Italians call them, hâve been strangely neglected by 
îgyptologists, with the exception of Professor Flinders Pétrie and Professer New- 
>erry, who hâve each published a considérable variety of scarabs ; though both Egyp- 
ologists completely avoid explanation of most of the more interesting mythological 
jpecimens such as are figured in this article. 



SUR QUELQUES INSCRIPTIONS GRECQUES 

PROVENANT DU GRAND TEMPLE DE DENDÉRAH 

PAR 

Jean Maspero 

Cette année-ci, en déblayant les abords de la porte monumentale qui donne accès 
dans l'enceinte de l'ancienne ville de Dendérah, M. Baraize a recueilli, outre de nom- 
breux blocs chargés d'inscriptions hiéroglyphiques et provenant des montants même, 
on certain nombre de pierres portant des inscriptions grecques et ayant appartenu à 
des bases de statues. Je dois à son obligeance des photographies et des estampages qui 
me permettent de les publier sans retard. 

Ce sont d'abord deux fragments d'inscription très mutilés, ne donnant qu'une partie 
du protocole impérial : 

I. Fragment du dé cubique ne conservant plus que trois lignes de texte en gros 
caractères : 

[AVTlOKPATOPOCKAICAPOC 
TPAIAN O V AAPI A NOV 
CeBACTO V TV B I ■ ir 



1. Ici, et partout ailleurs, l'a majuscule est tracé A. 



94 



SUR QUELQUES INSCRIPTIONS GRECQUES 



Il n'y a pas de date d'année; cf. l'inscription d'Esnéh, où de môme on indique 1 
jour de l'anniversaire d'Andrien sans mentionner l'année'. 

II. Base de statue en deux blocs, dont seul le supérieur est conservé. La cornichj 
ne portait aucune inscription : Jiauteur, 0'" 15; largeur à la face, 0"" 89, et au côté, 1' 
La partie du dé cubique adhérente à la corniche présente sur sa face frontale (largeuij 
0"" 66). les restes de deux lignes d'inscription : 

Ay[TOK]PATOPAKAICAPA 
[TPAIANJ0NAA[PIAN0N] 



111. Dédicace d'une statue. L'inscription était répartie sur deux pierres qui coi^ 
couraient à la construction du piédestal. 

Première pierre : corniche, et plinthe portant trois lignes. Hauteur de la plinthe 
()'" 19; largeur (face) : 0'"925; largeur (côté). 1™05. Sur la face supérieure, traces d 
pieds de la statue. 

Deuxième pierre. Hauteur, 0'"35; hirgeur (face), 0'"53; largeur (côté), 0'"65 (?j| 

Ces deux pierres n'ont pas été trouvées au voisinage l'une de l'autre, mais le con- 
tenu de l'inscription en exige le rapprochement. La partie inférieure de la plus largi 
est, d'ailleurs, taillée en biseau, ce qui permet de restituer le piédestal de la façoi 
suivante : 

Le texte complet donne donc : ■ 



TOVAAION nrOAGMAION rCNOMeNON CTPATHrOf 
THC nOAGCOC KAI APXIAlKACTHN KAI eni THC 
eVOHNIAC TCa)N GN TCOI MOVCeiO)! CITOVMGNCOh 




7. 



ATGACON ANTeniCTATH[N TOV] 
MOVCeiOV KAI NGOÛKOPON T[OV] 

MerAAOv CAPAn i aoc 

H nOAlC 






« A TuUius Ptolemaios, ancien stratège de la ville, archidicaste, euthéniarque des 
» professeurs au Musée, vice-administrateur du Musée, et néocore du Grand Sarapis 
» la ville. » I 

La forme des lettres indique environ le milieu du IP siècle; l'orthographe lât 
iMojTS'wi s'accorde bien avec cette impression d'ensemble. r 

Il est évident que notre Tullius Ptolémée a exercé ces charges ix Alexandrie. L( 
titre de a-o'x~r,yj:. "J,^ TcôXsio;, Stratège de la uille\ est rare, et ne se rencontre jamais er 



1. J. Maspero, Notes cpif/raphiques, dans le Bulletin de l' Institut français d'Archéologie, t. VI, p. 4-5. 

2. Cf. U. VViLCKEN, Ostrafca, II, p. 624; P. M. Meyeu, dans Archic fur Pap., III, p. 71; récemraen 
P. JouGUET, La Vie municipale dans l'Éfjypte romaine, p. 193-194. 



SUR QUELQIES INSCRIPTIONS GRECQUES 95 



rovince, où le stratège est dit toj vo.uoj, du nome; à Alexandrie, on en connaît quel- 

rîs rares exemples (P. Oxy., 100; B. G. U., 729). M. Jouguet pense que l'autorité de 
fonctionnaire s'exerçait sur tous les habitants de la ville qui n'étaient pas citoyens, 
t dont les ip/ot-t-, par suite, n'avaient pas à s'occuper. — Uarchidicaste, lui aussi, est 
n magistrat spécial à la capitale : du moins y a-t-il sa résidence, quoique sa compé- 
iCe judiciaire s'étende à toute la province'. Ptolémée a été de plus intendant du 
sée : c'est lui qui veillait à l'entretien, sans doute aussi au traitement des profes- 
l^llirs logés et nourris aux frais de l'État dans cette académie. Les rapports de l'archi- 
te et du musée étaient assez étroits, quoique l'on ne sache pas au juste jusqu'où 
[allaient. Il est intéressant de rappeler, à propos de notre inscription, le papyrus 729 
le Berlin, où sont énumérés ensemble les mêmes titres : A-.ovjTÎtj* ae[î]oj, Ysvojjiivou <rcpaTr,Yo-3 

YJ; — ôXîtoç, I 'j'-to, vîw/.ôpw "oO •j.i'fiXryj — apiTTicoç, Twv iv XIo'jtîioj | te'.to'jixIviov otTîXôjv îsseI àpv'.^'.xa-Ti, 

te. (144 ap. J.-C). 

Il est difficile de savoir si Tullius Ptolémée était encore vivant quand on lui éleva 
;i statue, et si le mot yevô.usvov s'applique à tous les titres ou au premier seulement. Un 
ait curieux est que cette statue ait élevée à Tentyris. C'était sans doute sa ville natale, 
mais il était citoyen romain, comme l'indique son gentilice Tullius, et, dès lors, il 
peut avoir exercé ces magistratures, qui ne sont pas magistratures municipales mais 
magistratures d'État. 

IV. Base de statue, brisée; il ne reste plus que la corniche qui portait la dédicace 
t la petite partie voisine du dé cubique. Largeur (face), O^S?; largeur (côté), 0"88; 

hauteur de la plinthe. G™ 16; largeur du dé, 0""54. L'inscription, malheureusement 
très mutilée, n'avait que deux lignes : 

nAYACINAN AAeA0H[H] 
KAP eiNjOY KAICAP^OC] 

La restitution KAP EIN.OY, malgré la difficulté de lecture, me paraît absolument cer- 
taine. De la première lettre il ne subsiste que le sommet d'une hampe verticale, pou- 
vant convenir à un I, un K ou un O: la seconde est forcément A ou A. la troisième B 
ou P. En essayant de reconstituer le nom, on s'aperçoit vite que la valeur A est im- 
possible pour la seconde lettre : il faudrait supposer une abréviation 0A(aoj':oj) ou 
KA(aoo':oj), à laquelle s'oppose la lettre suivante P ou B. Aucun nom d'empereur romain 
ne commençant par lA ou <t>A . la lecture KA s'impose, et par suite KAP. La lacune qui 
suit indique qu'il faut lire KAP EIN OV et non KAPOV. 

V. Base de statue; hauteur totale, 1™05, de la plinthe, 0"»195; largeur (face), 
O-^eS; largeur (côté), C^ôO. Sur la surface horizontale supérieure, traces des pieds de 
la statue. L'inscription est gravée non pas sur la corniche du piédestal, mais à mi- 
hauteur de la face antérieure : 



1. P. JoLGUBT, op. cit., p. 167 sqq. 



98 A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



[ 



sur le bord du calice, ornée de trois sépales à la base, les feuilles rondes du lotus, les 
oiseaux à bréchet saillant, accroupis sur les plantes, les œufs rangés dans le nid, les 
poissons de forme si spéciale qu'on voit ici, tout cela apparaît, avec une analogie frap- 
pante, dans le tombeau de Chnoumhotpou'. Ce débris sculpté d'une église de Coptos (?) 
apparaît donc comme un unicum dans les monuments coptes connus jusqu'ici : c'est un 
morceau de l'Ancien Empire, exécuté par un tailleur de pierre du V^ ou peut-être du 
VP siècle de notre ère. 

Cette constatation n'étonnera sans doute que peu de personnes, puisqu'une opinion ; 
très répandue aujourd'hui veut que l'art copte soit en partie une survivance de l'art 
pharaonique, mêlée à des influences hellénistiques dont il aurait tendu de plus en plus 
à s'affranchir. Cependant, si l'on veut placer des faits précis sous cette affirmation 
générale, il faut bien reconnaître qu'on en découvre fort peu. Je m'étonne, en ce qui; 
me concerne, qu'au milieu des nombreuses discussions qu'a déjà suscitées l'art copte, 
un point capital, et évident au premier coup d'œil, n'ait pas encore été mis en valeur : 
cet art, par ses principes mêmes et ses règles d'esthétique, était incapable d'emprunter 
aucune forme à l'art pharaonique, sauf en cas de fantaisie individuelle ou dans quelques 
rares circonstances étroitement délimitées. Celui-ci, en effet, dans sa peinture et ses 
bas-reliefs, proscrivait absolument la figure « de face » ; l'autre, un peu moins rigoureux, 
n'en évite pas moins presque constamment la représentation « de profil ». Voilà pour le 
bas-relief : il restait, à dire vrai, la statuaire, que les anciens Égyptiens avaient cul- 
tivée, on peut dire à profusion, et dont on devrait, à la rigueur, opposer la pratique à 
celle du bas-relief, mais, précisément, la statuaire copte n'existe à peu près pas. On 
éleva bien encore quelques images aux empereurs, aux personnages officiels, et nous 
avons les débris d'au moins deux œuvres de ce genre, datant sans doute du V* siècle; 
mais, dans aucune église, dans aucun couvent, on n'a trouvé autre chose que des 
fresques ou des bas-reliefs, ce qui équivaut à dire que l'art copte en général ne nous 
a guère laissé que des œuvres de cette nature, car il est, par son essence, presque uni- 
quement religieux. Signalons, en passant, ce trait qui est propre à l'art byzantin et 
que les historiens de cet art ont relevé à bon droit'. Ce n'est pas en Egypte seulement 
que la statuaire cesse d'être, à cette époque, une branche importante de la. sculpture; 
la rareté et, disons-le, la faiblesse des morceaux qu'elle nous a légués alors est un fait 
qui frappe ceux qui l'ont étudiée et qui se répète dans tout le domaine byzantin. La 
rareté de la ronde-basse, la prédominance de l'ornement dans la sculpture, voilà un trait 
singulier pour un art qui serait imprégné encore de l'esprit vieil égyptien. 

Je ne veux pas dire pourtant qu'absolument rien de l'Egypte antique ne se re- 
trouve dans l'art des Coptes. Il est trop clair qu'un art, même importé, se ressent 
toujours du milieu qui l'a produit; mais cette chose un peu vague, qui constitue la 
facture d'un objet, cette manière propre à chaque pays d'interpréter un même modèle, 
n'est pas forcément le signe d'un retour à l'antiquité. Les cas sont très rares où apparaît 
nettement une réminiscence. En première ligne, signalons comme telle l'architecture 



f 



1. Lepsius, Den/.'/nàler, II, pi. 130. 

2. Cf. DiEHL, Manuel d'art byzantin, p. 



l'L. IV. 



Recueil de travaux, 



T. xxxvii, 1-2. 




Fi?. 1 




Fig. '-i 



i 



astr 

iflt 

Inbà 



I 



A PROPOS DIX R\.S-UKMEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 99 



du mur extérieur de l'église d'Apa Chenoudi, du monastère Blanc près de Sohag : 
construit en talus et surmonté d'une gorge égyptienne, il évoque assez de loin l'idée 
d'un temple pharaonique, et la même corniche ainsi caractéristique existait aux murs 
du bâtiment le plus élevé, dans le couvent d'Amba Hédéré (Saint-Siméon), à Assouàn. 
Les arts plastiques ne nous offrent aucune survivance de cette importance. On citera 
pourtant, après le bas-relief ici publié, une fresque découverte par M. Breccia à Abou- 
Girgéh, dans les environs d'Alexandrie, mais l'analogie y est vraiment très légère (fig. 2). 
La figure centrale n'a aucune tendance archaïque, et l'enfant nu qu'on lui voit à la gauche 
dérive sans hésitation de l'école alexandrine; seuls, le décor aquatique et le poisson qui 
s'y promène ont conservé quelque chose des paysages marécageux de l'Ancien Empire. 
Plus affaibli encore, mais reconnaissable pourtant, on retrouve un dernier souvenir de 
cette décoration florale sur quelques plaques de coffrets en os du Musée du Caire, qui 
nous offrent le type célèbre du Christ marchant sur l'aspic et le basilic\ inspiré de 
VHorus sur les crocodiles : ici, en effet, toute trace de facture égyptienne antique a 
disparu, l'idée seule est apparentée. Ajoutons quelques curiosités techniques : les rares 
stèles, au Musée du Caire ou à Berlin, qui sont encore taillées d'après le principe du 
relief dans le creux, fréquemment employé jadis sur les murs des temples. Enfin, 
on citera encore la croix ansée, ■¥■ ankh, l'ancien hiéroglyphe dont les Coptes se sont 
servis comme d'une variante de la croix, et dont ils usèrent si souvent, notamment sur 
les pierres tombales. Je ne vois rien de plus à rappeler. Il est possible que j'oublie, 
dans rénumération, quelques traits de détail où se manifeste encore une réminiscence, 
mais cela ne porterait que sur des points tout à fait secondaires : il est certain que, 
dans l'art copte, l'hérédité pharaonique a fourni peu de chose. 

C'est cette idée que je voudrais développer ici, puisque, je l'ai déjà dit, elle diffère 
entièrement de celle qui parait sur le point de prévaloir à l'heure actuelle. Ebers au- 
trefois et M. Gayet avant lui ont déjà cru voir dans les manifestations de l'art copte 
une résurrection du passé; puis un article de A. Riegl, paru peu après, avait essayé de 
remettre les choses au point. Depuis, la théorie de Gayet a été reprise par M. Strzy- 
gowski, qui l'a débarrassée de quelques exemples malheureusement choisis, mais qui, 
en somme, a pensé pouvoir en respecter le fond. Il l'a même élargie et enrichie d'une 
part plus grande faite à l'hellénisme et à d'autres influences, car, dans la préface de 
son ouvrage Koptische Kunst, au Catalogue général des Antiquités égyptiennes du 
Musée du Caire, il distingue dans l'art copte trois éléments, ancien égyptien, grec et 
syrien; à l'entendre, les /ormes seraient grecques, l'esprit et la technique sont égyp- 
tiens, les motifs d'ornement sont orientaux. 

Que les formes soient hellénistiques, on n'en saurait douter, mais, pour M. Strzy- 
gowski, tout en étant hellénistiques, elles conservent encore quelque chose de l'égyp- 
tien antique, et c'est ce mélange de style, Stilgemisch, qui a donné naissance au copte 
et qui le définit. Combien la définition est insuffisante dans son ensemble, c'est ce qui 
saute aux yeux, quand on observe que, pour la justifier, M. Strzygowski est forcé d'in- 

1. Photographie dans W. de Bock, Matériaux. 

E. Bulletin et Catalogue général, n*^ 7066, 7967, p. 176 et 177. 



100 A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



troduire dans son art copte des œuvres du III® siècle de notre ère, ainsi les numéros 
7271 et 7280 de son Catalogue, qui pourraient dater des Sévères et qui proviennent du 
Mithrœum de Memphis, voire même qui sont du IP, comme le n° 7272, et la prétendue 
tête d'empereur de Berlin reproduite p. 16 de son ouvrage. Pourquoi s'arrêter là? Le§* 
mélange de l'égyptien et du grec remonte beaucoup plus haut que l'âge impérial : on 
le constate pleinement, dès les débuts de la dynastie ptolémaïque, au IIP siècle avant 
notre ère, et le Musée du Caire en possède plus d'un exemple, la statue du scribe 
Horus (n° 971) et sa voisine, qui offre avec elle quelque ressemblance'. Ce sont les plus 
connues, mais non les seules, il faudrait même, pour être complet, aller plus loin encore; 
le colosse hybride dit d'Alexandre Aigos nous conduirait au seuil du IV« siècle' si 
l'attribution était exacte, et les derniers pharaons saïtes avaient déjà assisté aux débuts 
de cette infiltration et de cette altération par un style étranger, car elles se manifestent 
dans certains détails du tombeau de Psammétiknoufisashmou, au Caire, qui datent de 
la XXIX® ou de la XXX® dynastie'. Chose curieuse, M. Strzygowski a entrevu lui- 
même oli sa conception pouvait le conduire*, puisqu'il cite un temple ptolémaïque, à 
Arsinoé, où l'on observe le mélange qu'il vient de déclarer caractéristique du copte; 
il ne s'y arrête pas, à dire vrai, bien qu'un fait si grave demande une appréciation. 
Faudra- t-il, à son exemple, faire remonter les origines de l'art copte au règne de 
Psammétique, si on n'y consent pas, comment conservera-t-on la définition énoncée 
plus haut? De fait, dans le Bulletin de la Société archéologique d'Alexandrie (t. V, 
p. 76), il propose lui-même une définition plus restreinte : « Il est inexact que les arts 
antiques gréco-romain et égyptien aient vécu l'un à côté de l'autre sans se mêler, au 
moins trois siècles avant et après le Christ. Le mélange s'acccomplit, au contraire, dès * 
avant le IV® siècle. Le résultat, Vart copte, arrive vraisemblablement à la floraison, 
dès le IIP siècle. » f 

Le mélange artistique de l'hellénisme et du goût indigène, comptant environ neuf 
cents années d'existence avant la formation complète de l'art copte, ne saurait donc 
passer pour la caractéristique de celui-ci. D'ailleurs, la tendance mixte que nous signa- 
lons ici fut peu marquée, et les productions qui peuvent se réclamer d'elle sont relati- 
vement rares; elle était incapable, en effet, de susciter un art nouveau. « Aucun type 
original ne sortit de cette alliance tardive entre l'esprit grec et l'esprit égyptien anti- 
que. )) Il ne peut donc être question des formes, dont la provenance hellénique est hors 
de discussion pour quiconque les a considérées sans parti pris, mais, ajoute M. Strzy- 
gowski, comme pour racheter l'admission de ce point, Geist und Technik sindugyptisch, 
« l'esprit et la technique sont égyptiens' ». Ilya a/>r/on quelque chosed'artificielàséparer 
si nettement les formes de l'esprit et de la technique dans les œuvres de l'art, comme 
si ce n'était pas la même imagination individuelle qui les avait créées simultanément 
les unes et les autres, et qui avait trouvé dans les premières un simple moyen d'expres- 



1. Guide du Musée du Caire, édit. de 1915, p. 285-226. 

2. G. Maspero, Éçiypte (coll. Ars una], fig. 480, p. 255. 

3. Id., ihid., p. 273-274. 

4. Bulletin, p. 76. 

5. Catalogue général, p. xvi. 



i 



4 

i A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 101 



°^«n .on des seconds. L'impossibilité de traduire, au moyen de la plastique grecque, la 
ensée égyptienne, éclate en ce qu'on s'y essaya rarement aux temps païens, et jamais 
ans les œuvres importantes telles que la décoration des temples. Tirons-en une con- 
^'l iHsion inverse de celle qu'en a tirée M. Strzygowski, l'emploi de cette plastique est 
^:o ÉM preuve que la pensée de l'artiste copte n'était plus celle de ses ancêtres pharaoni- 
?3n^*es. Si, au cours des temps, l'artiste égyptien a délaissé ses formes anciennes, c'est 
u'auparavant il avait abandonné les principes qui les avaient rendues nécessaires, c'est 
ue son idéal esthétique, ses idées sur le but de l'art, les habitudes de pensée qui leur 
rriorrespoudaient avaient changé, c'est en un mot que l'esprit ancien avait disparu et 
ck' m'était plus son esprit à lui. 

Si l'on passe de la région des théories à celle des faits palpables, il sera égale- 
ent malaisé, je crois, de présenter des exemples précis et significatifs de cet esprit 
incien, qui aurait persisté vivace à l'époque copte, selon MM. Gayet et Strzygowski. 
li'art pharaonique était essentiellement lié à la religion d'où il tire ses inspirations, et 
'art copte est dans le même cas, mais la religion n'est plus la même. Il est vrai qu'une 
iiéorie a été jusqu'ici admise, qui est à l'histoire religieuse de l'Egypte, ce que l'cpi- 
lion de M. Strzygowski est à son histoire artistique. M. Amélineau voit dans le chris- 
tianisme de la vallée du Nil la suite naturelle et à peine modifiée du paganisme : les 
indigènes convertis « continuèrent de vivre au milieu des bons génies, des esprits mal- 
faisants, de leurs grands dieux dont ils n'avaient changé que le nom, fidèles Égyptiens 
avant tout et inconsciemment' ». L'exagération même de ces expressions suffit à les 
réfuter; partant d'un point de vue opposé, M. Leipoldt arrive néanmoins à une conclu- 
sion assez voisine de celle-là. L'avènement du christianisme s'expliquerait, dit-il, par 
ce fait que les Égyptiens « étaient devenus étrangers à leur ancien culte », qui avait 
perdu « sa significi\tion nationale », et la religion nouvelle aurait été « un renforcement 
delà conscience nationale ». ^L Strzygowski s'appuie sur cette théorie, en dépassant 
peut-être un peu la pensée de l'auteur, pour conclure que Gayet et Ebers étaient dans 
le vrai, avec leur idée d'un réveil du nationalisme égyptien, et qu'il a existé un 
« christianisme national égyptien », dont Chenoudi fut le représentant typique. 

Que le christianime ait revêtu dans ce pays un aspect particulier par plus d'un 
détail, c'est un fait certain, et le même phénomène est visible ailleurs qu'en Egypte, 
mais qu'il ait mérité l'épithète de national, au sens où la prend M. Leipoldt, c'est une 
autre question. Des textes formels, que j'ai réunis ailleurs, nous montrent, au con- 
traire, qu'un parti païen réussit à garder une situation puissante au moins jusque vers 
l'an 500, et que ses fidèles étaient, comme il est naturel, les véritables représentants 
de la tradition nationale. Ils en avaient si bien conscience qu'ils se proclamaient les 
défenseurs des tAxoioi vôfxo-., et que cet adjectif -i-p-.o; revient à chaque instant dans leurs 
écrits; l'entrée des Coptes dans le christianisme fut donc, en réalité, une défaite pour 
cet esprit ancien. Au contraire, dans l'art, ce fut une révolution : séparé de son inspi- 
ration religieuse, l'art pharaonique n'avait plus qu'à mourir, et c'est précisément le 



1. Reçue de l'Histoire des Religions, t. XXX, p. 15. 



102 A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



changement dans les idées qui, ainsi que je l'indiquais plus haut, entraîna l'abandon 
la plastique indigène. La vie des dieux et celle des rois leurs parents, qui fournissaie: 
à l'artisan ancien la moitié de ses sujets, n'étaient pas susceptibles, en effet, même apr 
déguisement, de prêter des motifs à un art chrétien. Si l'influence du passé avait é 
profonde encore sur le peintre ou sur le sculpteur copte, il aurait hérité du moins di 
goût de ses ancêtres pour les scènes de la vie familière, les tableaux de chasse, de pèchi 
de labourage, de repos, de jeux : or, il n'en a, pour ainsi dire, rien gardé. Bien plui 
quand une inspiration païenne se glisse dans son imagination, le polythéisme grec 
la lui fournit, et ce sont Bacchus, Orphée, les nymphes, les satyres, Vénus, Léda, qu'il 
entremêle au fonds chrétien de son œuvre. Un exemple montrera combien les Coptes 
avaient, en réalité, perdu le sens de leur ancien art national. S'ils en avaient conservé 
si peu que ce fût, un motif au moins, à défaut des autres, se serait imposé à eux, celui 
d'Isis portant Horus. Transformer ce type très répandu en une figure de la Vierge 
tenant le Christ enfant était une idée qui devait forcément venir à des artisans qui 
seraient inspirés de l'égyptien antique. Or, ils ne l'ont jamais fait, et les diverses va' 
riantes coptes de la Vierge à l'enfant ne se distinguent pas des représentations du même 
sujet exécutées dans le reste de l'empire byzantin. L'origine du type de la Théotokos, 
assise de face et tenant l'enfant sur ses genoux, est même probablement connue : il ap-* 
parait pour la première fois sur un médaillon d'or de Fausta, frappé vers 317, et au 
revers duquel on voit l'impératrice et son fils dans cette position classique, entre Venus 
genetrix et la Félicitas, qui deviendront deux archanges dans l'art religieux. Même 
dans un cas tel que celui-là, où l'imitation des œuvres pharaoniques était pourtaDÉ 
tout indiquée, les Coptes ont reçu leur modèle de l'art gréco-romain \ ■ 

La pensée n'a donc rien d'égyptien en soi; reste à examiner la tecJinique. Je ne 
saisis pas bien ce que M. Strzygowski veut dire en affirmant que la technique copte est 
celle de l'ancienne Egypte, car l'emploi constant de la figuration délace dans le bas4 
relief copte excluait forcément tout emprunt à l'antique. Le bas-relief pharaonique se 
présente sous deux formes : tantôt c'est un modelé presque plat, égal partout, peu 
saillant sur la surface du bloc, tantôt c'est le procédé dit du relief dans le creux. Le 
premier procédé était presque inapplicable dès lors que l'emploi du profil sur un torse 
de face était proscrit, et, en fait, les reliefs coptes sont très prononcés, approchan 
très souvent de la ronde-bosse, parfois complètement dégagés de la pierre*; l'oppO' 
sition vigoureuse des lumières et des ombres, par des creux profonds et des sailliei 
proéminentes, y est visiblement recherchée. Quant au relief dans le creux, il est aban- 
donné; c'est à peine si l'on peut en citer trois ou quatre exemples à titre de curiosité 
D'autre part, la recherche infinie des détails et la finesse poussée jusqu'à la minuti< 
sont caractéristiques de la facture pharaonique. Or, le Copte n'était pas incapable 



1. C'est précisément M. Strzygowski, dans un ouvrage déjà ancien, qui a le premier fait cette remarque 
/)a,s Etschmiadsin-Ecangeliar, Wien, 18^1, p. 39-40. Il rappelle encore le portrait d'Anicia Juliana dans le 
manuscrit de Dioscoride de Vienne, et les diptyques d'ivoire qui devaient présenter le portrait de l'impéra- 
trice, mais dont, à part un fragment insignifiant qui ne porte que l'inscription, nous n'avons conservé aucun 
exemplaire. 

2. Cf. Catalogue général, n"^ 7281, 7283. 



A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DV MUSÉE Dl' CAIRE 103 



e certaine délicatesse dans les détails, comme le prouvent les frises ornementales 
les chapiteaux; si donc, dans les scènes à personnages, il travaille toujours en gros 
t il simplifie les traits et les plis jusqu'à ne donner qu'une représentation des plus 
Dmmaires, c'est que l'attaque de la pierre par grandes masses était la technique pré- 
§rée. On sait aussi avec quel soin les anciens avaient dressé un canon de la stature 
umaine, et mettaient les dessins au carreau avant de les exécuter : on n'a jamais re- 
rouvé le moindre indice que les Coptes aient fait de même, et les résultats obtenus 
ar eux ne donnent pas la tentation de le supposer. 

Il faut donc renoncer à trouver dans la technique du ciseau une preuve à l'appui 
u prétendu mélange de styles, mais sera-t-on plus heureux en examinant la symbo- 
que pour y découvrir la trace des concepts antérieurs? M. Gayet, le prédécesseur de 
1. Strzygowski, avait cru retrouver dans beaucoup de symboles du christianisme égyp- 
ien de vieilles idées égyptiennes; je ne m'arrêterai pas longtemps à discuter ses épi- 
ions, et je me bornerai à citer un exemple des erreurs d'interprétation sur lesquelles 
[ les appuie. C'est ainsi que, d'après lui, le signe sotep r — ., « symbole de Velu », 
essiné sur une pierre tombale, figurerait la vie éternelle : en fait, le sotep f — » est un 
util de charpentier, et, s'il figure sur une stèle funéraire du Musée du Caire, c'est 
ue le défunt est un charpentier (-ix-Mw). comme le dit l'inscription. Un autre exemple 
Qontrera à quels résultats étranges peut mener une théorie préconçue. Dans son Ar't 
opte, p. 110, le même auteur nous donne le dessin, fort exact, d'un bas-relief prove- 
iiit d'Ahnâs, actuellement au Musée du Caire'. Le sujet représenterait la chasse au 
n'irais; deux chasseurs luttent contre deux animaux, un lion et un hippopotame, au 
nilieu d'un fourré de lotus. Le lotus serait « l'emblème de la vie par excellence », 

! 'hippopotame personnifie l'esprit du mal, l'ennemi de Rà, combattu par Horus, et un 
)arallèle avec les œuvres pharaoniques «s'imposait». Mais, à bien considérer le mor- 
/ eau, on n'y voit rien de ce que M. Gayet prétendait y apercevoir. Les vagues feuil- 
jf âges qui forment l'arrière-plan n'ont aucun rapport avec le lotus, et l'hippopotame 
; upposé est nettement un ours, comme l'a reconnu M. Strzygowski, sans proposer 

l'explication; cependant, l'ours n'est guère un animal égyptien. Il est fort probable 
1 (ue nous avons là, juxtaposés, deux épisodes de la vie de David, le combat contre 
) 'ours et le combat contre le lion, qui apparaissent séparément sur deux des patelles 
( l'argent ramassées à Chypre (VP siècle), et ayant fait partie de la collection Pierpont- 
I Viorgan*; il n'y a là aucun souvenir d'un motif pharaonique. Je n'insisterai pas sur ce 
i ,'enre de symbolisme, et M. Strzygowski, sans y appuyer plus que je n^ai l'intention 
' le le faire, a cru pouvoir néanmoins signaler un certain nombre de traits « spécifique- 

nent égyptiens », qui, provenant du vieux fond de la race, permettraient de reconnaître 
. lu premier coup d'œil la provenance d'une œuvre d'art et de discerner si elle est hellé- 
î listique ou copte. Par malheur, je crains que ces criteria, si commodes s'ils pouvaient 
I ?tre réels, n'aient pas une telle portée. 
; Par exemple, le Musée du Caire possède un buste de porphyre, trouvé à Benhâ- 



1. Catalogue général, n" 7283, p. 26, avec photographie. 

2. Photographies dans Dalton, Byzantine Art and Archœology. p. 98-99. 



101 A PROPOS D'UN HAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



el-'Asar, qui présenterait une de ces particularités significatives : la barbe et la mous- 
tache, sans être rasées, y sont taillées très court et figurées par des bandes successives 
de petits traits verticaux. C'est là, pour M. Strzygovvski, a ein in Àgypten heimischer 
Modetypus », un type particulier à l'Egypte. Outre ce buste, trouvé en Egypte, mais qui 
ne représente certainement pas un Égyptien, il allègue encore le soldat porteur d'une 
Victoire, qu'on voit sur l'ivoire Barberini du Louvre; celui-là serait Égyptien, en partie 
pour ce détail de barbe ainsi représentée, et les groupes de Saint-Marc à Venise seraient, 
eux aussi, de la môme origine. Or, il saiïit de considérer une monnaie romaine quel- 
conque du temps de la tétrarchie, pour constater que cette manière de simuler la barbe 
répond à la coupe qu'affectionnaient les empereurs de cette époque, Dioclétien, Maxi-^ 
mien. Galère, Maximin, Sévère, Constance Chlore, Licinius même. La ressemblance* 
du buste de Benhâ avec les effigies monétaires, malheureusement peu soignées, de cesj 
princes est telle, que déjà Mariette proposait d'y reconnaître Maximien Hercule. |i 
M. Strzygowski a voulu changer l'attribution et il a substitué le vague au précis en 
disant « époque de Constantin ». Les quelques années qui séparent les deux règnes de 
Constantin et de Maximien n'ont pas amené, évidemment, un changement considérable 
dans le style, mais, si, comme il est vraisemblable, le buste du Caire est le portrait 
d'un empereur, ce n'est pas certainement celui de Constantin, qui est toujours repré- 
senté imberbe, et, par conséquent, l'hypothèse de Mariette est préférable à celle de 
M. Strzygowski. Quoi qu'il en soit, il ne saurait être question, ici, d'une « mode égyp- ^ 
tienne » : la mode, puisque mode il y a, c'est la cour impériale, c'est Rome qui l'a , 
lancée. 

Poussons plus loin l'examen de ces soi-disant particularités distinctives. Dans 
l'ivoire Barberini, où M. Strzygowski reconnaît Constantin, le cheval de l'empereur 
tourne la tête en arrière, du côté de son cavalier : de même dans un ivoire d'Aix-la- 
Chapelle, de même dans THorus cavalier du Louvre et ailleurs, a Dièse Art Drehung 
eine Art Objektivierung ausdruckt, die an das Altâgyptische erinnert » ; cette torsion! 
rappellerait l'ancien égyptien, affirme donc M. Strzygowski. Observons que, si c'était 
là un trait caractéristique de l'art égyptien, il serait plus fréquent dans l'art copte qu'onj 
ne le constate; or, le cavalier de la mosquée de Dachlout. celui d'Akhmîm, celui qui esti 
conservé au Musée du Caire, saint Phoibammôn à Bâouit et bien d'autres montrentj 
que le type normal du cheval regardant droit devant lui était le plus répandu dans cet' 
art. Toutefois, il n'en serait pas ainsi, qu'il ne pourrait être question, ici, d'influence 
vieille égyptienne, l'art pharaonique ayant ignoré le cavalier à une ou deux exceptions 
près. Aussi M. Strzygowski, qui ne méconnaît point ce fait, se hâte-t-il d'élargir la 
question : suivant lui, cette sorte de torsion, appliquée à toutes sortes d'animaux, serait 
un rappel de l'ancien art égyptien. Elle rappelle tout aussi bien l'art assyrien ou l'art 
persan : qu'on songe à la célèbre lionne blessée et au fameux bas-relief sassanide de 1 
Tak-i-Bostan, que l'auteur, pour cette raison, est forcé de déclarer dépendant du cycle 
syro-éf/yptien. Il est bien inutile de s'égarer si loin et de créer des ressemblances ima- 



P- 



1. Guide du Visiteur, édit. de 1915, n" 982, p. 224. 



A PROPOS DIX BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 105 



binaires pour la circonstance, on remarque la même particularité dans les quadriges 
ies monnaies romaines consulaires du IV" siècle de notre ère ou de la fin du IIP : les 
ieux chevaux extérieurs regardent vers le dehors, les deux autres vers le conducteur, 
it il ne viendra à l'idée de personne de voir dans cette disposition une réminiscence 
de l'égyptien antique. 

Une dernière remarque. M. Strzygowski a noté à plusieurs reprises un prétendu 
goût des Coptes pour les représentations obscènes, et il déclare qu'ils l'auraient hérité 
de leurs ancêtres païens. La question est obscure en soi, et, sur le fait même de l'in- 
tention obscène, il est assez difficile de se prononcer, mais il semble qu'en plusieurs 
cas cette accusation soit exagérée, et, de toute manière, le fait pour les Coptes d'avoir 
sculpté des figures nues ou demi-nues, même maladroitement exécutées, ne suffit pas à 
la justifier. En quelques endroits, pourtant, l'intention est plus frappante, ainsi pour 
ces groupes de Léda et du cygne, actuellement dispersés entre les musées du Caire, 
d'Alexandrie et de Berlin'. Mais il faut rappeler qu'aucun d'eux n'est le fruit d'une 
fouille méthodique, qu'ils ont tous été, ou achetés à des marchands, ou apportés par 
des chercheurs de sebakk. Il est donc difficile d'affirmer qu'ils proviennent bien réelle- 
ment d'églises, celle d'Ahnâs surtout, comme on l'a dit, et non de quelques temples 
païens des derniers temps de l'époque romaine ; auquel cas ils ne prouveraient plus 
grand'chose au sujet de l'esprit égyptien, qui aurait persisté chez les Coptes. Car, enfin, 
l'histoire de Léda est une légende grecque, il était difficile d'en faire un sujet de ta- 
bleau édifiant, et, si ces œuvres étaient placées dans un temple, elles ne différaient des 
œuvres similaires de la Grèce que par la gaucherie et une incontestable laideur. 

Ces réserves faites, M. Strzygowski devra avouer que les manifestations de cette 
prétendue tendance obscène ne sont pas fréquentes en Egypte. Si nous possédions, de 
la Syrie, de l'Asie Mineure, autant de monuments figurés appartenant aux V^-VIP siè- 
cles que l'Egypte nous en a fourni, peut-être y trouverions-nous des faits analogues 
en aussi grand nombre. En effet, même eu. joignant les peintures aux sculptures, je 
ne remarque à Bàouit ou à Saint-Jérémie de Saqqarah aucune propension réelle à 
traiter des sujets risqués; on pourrait même, peut-être, y distinguer une tendance con- 
traire. Ainsi, le type de la Vierge allaitant apparaît trois fois à Saint-Jérémie et à 
Bàouit une fois, mais, partout où on le rencontre, on constate, semble-t-il, un effort 
pour atténuer le côté matérialiste de la scène et pour ne laisser subsister que l'idée 
abstraite. L'exemple de Bàouit est le meilleur, parce que le style en est très supérieur 
à celui des tableaux de Saqqarah. Le corps de la Vierge y est assez bien proportionné; 
la tête est d'un dessin très correct et réellement artistique, mais le sein est dessiné si 
sommairement que, dans une œuvre par ailleurs honorable, cette défectuosité ne peut 
être que voulue. L'artiste aura entendu ainsi éviter toute représentation réaliste. 

Je n'insiste pas sur ces considérations, qui sont hypothétiques. Mais, là où le juge- 



1. Ainsi, M. Strzygowski (Bull., p. 83) parle d'une obscône mânnliche Tonftgur, trouvée dans le tombeau 
d'une jeune fille chrétienne, à Antinoé. Le Catalogue du Musée de Berlin, où elle se trouve actuellement 
(p. 397, n' 13730), la décrit ainsi : « figure peinte sur stuc, d'un garçon à genoux, priant (?), sans vêtements; 
» une amulette au cou ». Qui pourra jamais reconnaître là une intention réelle d'obscénité ? 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈMB SÉR., T. V. 14 



106 A PROPOS D'UX BAS-RELIEF C01>TE 1)1' MLSÉE DC CAIRE j 

ment de M. Strzygowski est manifestement et doublement injuste, c'est lorsqu'il écrit 
qu'« au regard des obscénités égyptiennes, les scènes secrètes de Pompéi sont jeux d'en- 
fants, Gegeniiber den altàgyptlschen Obscônitâten bieten die Geheimnisse von Pompej 
Kindereien ». Dire que les malheureuses caricatures coptes sont pires que ce qu'ai 
produit le tempérament licencieux des Grecs ou des Romains, tels les tableaux dont 
parle Suétone ou certains médaillons contorniates, c'est forcer la note, et, par surcroît,, 
les dériver héréditairement, d'un goût égyptien antique pour l'obscénité est une afhr- 
mation gratuite. L'art pharaonique s'est permis parfois des figurations qui seraient 
inadmissibles aujourd'hui, mais n'oublions pas qu'elles étaient uniquement l'expression 
d'une idée religieuse, qu'elles n'avaient aucun but licencieux, qu'elles ne choquaient 
personne de leur temps, et, au surplus, qu'on ne leur voit rien de commun avec celles 
qui sont reprochées aux Coptes. Si l'on veut juger de quelle manière les Pharaons 
savaient se tirer des sujets scabreux, il suffit de regarder, dans le temple de Louqsor, 
la scène de la génération d'Amanhatpou et de son double : non seulement elle ne pré- 
sente aucune obscénité en elle-même, mais le sens de l'action exposée aux yeux n'est 
expliquée que par les inscriptions. Les bibelots à tendances grossières n'ont apparu en 
Egypte que lorsque les Grecs les y ont introduits, comme ils ont fait partout, en sorte 
que, même si l'on admettait avec M. Strzygowski que ces tendances sont une caracté- 
ristique du' style copte, c'est aux origines hellénistiques de cet art, non à un héritage 
national, qu'il faudrait les faire remonter. 

Revenons à l'ivoire Barberini du Louvre et à ses représentations. En les étudiant 
et en rapprochant le saint militaire d'Aix-la-Chapelle, M. Strzygowski leur trouve 
deux ancêtres dans l'art altàgyptisch, l'Horus cavalier du Louvre et un bas-relief de 
la collection de M. de Bissing'. Ces deux exemples ne me paraissent pas être" très heu- 
reusement choisis, car les deux pièces sont de basse époque romaine, deux morceaux 
d'exception en outre, dont l'intérêt consiste précisément en ce que, mêlés à quelque^ 
survivances de formes égyptiennes, ils représentent des types inconnus à l'art pharao- 
nique. L'Horus du Louvre est costumé en officier romain, et il est à cheval dans une 
attitude qui rappelle en efïet celle des saints cavaliers; or, l'Horus cavalier est d'une 
excessive rareté, et les quelques exemples que nous en avons datent tous de l'époque 
romaine. Le type même du cavalier n'existe pas dans l'art pharaonique : les rares fois 
qu'il apparaît, c'est sur des bas-reliefs d'époque ptolémaïque ou romaine. Le person- 
nage de la collection Bissing est encore plus significatif. L'Horus du Louvre avait 
du moins gardé sa tête de faucon : celui-ci porte un costume étranger, il est représente) 
de face, sa tête aux cheveiïx bouclés est purement hellénistique, et le seul trait d'anti- 
quité vraiment égyptienne qu'il conserve, ce sont les deux faucons qui l'entourent, 
coiffés du pschent. Naturellement, ce détail ne se retrouve plus dans les œuvres chré 
tiennes auxquelles M. Strzygowski songe, et, dès lors, on ne voit pas ce que le type; 
du saint militaire, s'il venait de l'art pharaonique, a pu en recevoir. 

Dans un des ivoires du dôme d'Aix-la-Chapelle, celui qui est connu sous le nom 



1. Bulletin, p. 36. 




A PROPOS D TN BAS-RKLIEF COPTE DU MISÉE DU CAIRE 107 

Isis », on voit, à droite de la tête de la déesse, un petit temple tétrastyle à coupole, 
s la porte duquel se tient une statue de l'homme assis. L'architrave que supportent 
les colonnes a ceci de particulier, qu'entre les deux chapiteaux du milieu, elle se relève 
de chaque côté à angle droit, et ajoute ainsi un petit exhaussement rectangulaire à l'ou- 
verture de la porte. « C'est là, dit M. Strzygowski, un motif ancien égyptien, qui 
s'est conservé jusque dans l'époque chrétienne. Exemple : l'église du couvent Bakara 
à Samallout et la nef de l'église du Deir el-Malak », et, plus haut, ce motif est 
déclaré « nur in Àgypten môglich ». La figure ci-jointe montrera que l'édicule n'a rien 
d'égyptien en lui-même, et, quant à ce qui est de la forme parti- 
culière de l'architrave, l'auteur n'en cite pas d'exemple antique. 
Je n'en connais aucun, pour ma part, et il est probable que le 
sculpteur a seulement voulu, par un artifice, donner de l'air à la 
petite statue qui, sans cela, aurait touché du front le linteau. 
M. Strzygowski se réfère, il est vrai, à deux exemples modernes, 
mais je ne les crois pas suffisants pour autoriser les conclusions 
•l'on en déduit : je ne puis rien dire du premier, n'ayant pas sous 
,1 main les documents nécessaires à une vérification, et le second, emprunté aux dessins 
de ^L Gayet' est sans aucun rapport avec le petit temple du relief d'Isis. Tout ce que 
l'on constate au Deir el-Malak, c'est que les chapiteaux sont surmontés d'un long dé 
en forme de pilier carré, au lieu de porter directement l'architrave, mais celle-ci reste 
'j droite. Cette combinaison, du moins, est-elle prise à l'architecture pharaonique? On 
i| n'oserait l'affirmer. Il est vrai que ces abaques ont été d'un usage courant dans l'Egypte 
antique, mais, si les Coptes en avaient reçu la tradition, pourquoi faudrait-il, pour 
les retrouver, descendre jusqu'à l'époque arabe? Nous ne connaissons pas beaucoup de 
vieux monuments coptes; du moins pouvons-nous dire que, ni aux couvents de Sohag, 
ni dans l'église de pierre de Bâouit, ni à Saint-Siméon ou plutôt Amba Hédéré d'As- 
souân, rien d'analogue n'a été observé. Il faut toujours prendre garde que les Coptes, 
comme les Arabes qui, pour les mêmes raisons peut-être, pratiquent aussi l'usage de 
l'abaque, ont presque toujours employé des colonnes antiques, qu'il leur a fallu souvent 
rallonger par un dé, afin de les approprier aux nouveaux édifices; d'où la nécessité 
d'intercaler une sorte de coussinet, un abaque de forme irrégulière, entre l'architrave, 
quand il y en a une, et le -fût. 

D'autres traits soi-disant caractéristiques d'une survivance antique sont notés par 
M. Strzygowski, mais ils offrent un caractère d'impression personnelle, qui, même pour 
quiconque partagerait l'avis de l'auteur, les rend bien difficiles à accepter comme argu- 
ments en la matière. Que l'on jette un coup d'oeil, par exemple, sur la figure, empruntée 
à son mémoire de la Société archéologique d'Alexandrie-. Il s'agit d'une image très 
répandue dans l'Egypte copte, et dont deux copies presque exactement pareilles sont 
entrées dans la collection du Musée de Caire. Le saint représenté ici est habillé d'une 



1. Art copte, p. 163-164. 

2. P. 36. 



108 A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



tunique à manches, ornée au-dessus des genoux de ces petits carrés de tapisserie si 
fréquents à l'époque byzantine ; sur son épaule se rabat le paludamentum des officiers 
romains. Pourtant M. Strzygowski écrit à son sujet : « In den Holzpanneaus werden 
iiberdies die Formen primitiver und in der Bildung des Gewandes und Gûrtels deutlich 
erkennbar altàgyptisch' ». Quelques lignes plus bas', de même, on lit, à propos du 
n° 7116 du Musée du Caire", ivoire représentant un Dionysos (?) de face, les jambes 
croisées, une main sur la hanche et l'autre sur la tête : « deutlicher als an den Aachneil 
Bakchos-Tafeln tritt hier in den Formen altagyptischer Formenzwang in der Bildung 
des menschlichen Kôrpers hervor ». J'avoue que, pour ma part, cette grossière figure de 
bas-hellénisme ne me rappelle rien dans l'art pharaonique, mais il faut tenir compte 
du parti pris dont M. Strzygowski fait preuve dans ses recherches : le lecteur jugera 
laquelle est correcte de l'impression de M. Strzygowski ou de la mienne. Je crains bien 
qu'il ne puisse pas reconnaître là plus que moi-même, dans l'original, ni même dans 
la vignette qu'en a donnée M. Strzygowski, l'ombre d'une influence altâgyptische. 

On me reprochera, peut-être, de m'attarder à l'examen de détails insignifiants. 
Je l'ai fait, parce que, dans une matière aussi neuve que celle de l'art copte, l'opinion 
d'un homme tel que l'est M. Strzygowski peut peser d'un grand poids sur la marche 
que notre science suivra en se développant. Après tout, M. Strzygowski n'émet que 
des hypothèses mal appuyées de faits indiscutables, et l'on pensera sans doute que l'on 
pourrait laisser aux découvertes futures le soin de les démolir : je pense, au contraire, 
qu'il y aurait danger à en agir" de la sorte. Ces hypothèses, en effet, prises au sérieux 
et traitées ensuite comme des faits démontrés, serviront à en étayer d'autres, qui 
aboutiront à des conclusions d'une portée générale hors de proportion avec le point de 
départ. Je ne veux citer ici pour exemple de leur inconvénient que l'interprétation 
imaginée par M. Strzygowski d'une mosaïque figurant la Descente aux enfers, au cou- 
vent de Daphni, interprétation qui a été, chose curieuse, acceptée sans discussion par 
M. Dalton dans son livre sur 1'^ rt byzantin. Les portes de l'Hadès étant brisées, le Christ 
tend la main à Adam et à Eve qui surgissent du gouffre. A gauche, les ix)is justes, 
à droite, le Précurseur et quelques prophètes font cortège au Fils de Dieu. Au-dessous, 
dans l'Hadès, sous les débris des portes, une figure virile nue, au visage barbu en- 
cadré de longs cheveux, est couchée, enchaînée : cette figure singulière serait d'après 
M. Strzygowski, le Pharaon de l'Exode, et voici pourquoi. Dans le second des romans 
de Satni, le héros, visitant les régions infernales, y aperçoit un homme allongé à terre, 
et « dans l'œil droit duquel était enfoncé le gond de la porte de la cinquième salle » 
C'est tout, et ce n'est pas assez pour prouver la thèse de l'auteur. Un peu moins in^ 
consistant est le second exemple, pris dans le Traité contre les Juifs de Pierre, abbé de 
Cluny, et dans lequel il se moque d'une légende hébraïque, de fait assez ridicule, qui est 
destinée à prouver la vertu des études talmudiques. Un certain Josué ben Lévi visit 
l'enfer, et la particularité la plus notable de sa description est celle-ci : « Pharaon gisai 



1. Catalogue général, n°^ 8783, 8784. 

2. Bulletin, p. 74. 

3. Id., p. 75. 



I 



A PROPOS D'UN BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 109 



nchaîiié dans l'enfer ; sa tête était placée sous le seuil de la porte de l'enfer, et son œil 
Drmait le gond de cette porte. » Ici du moins Pharaon est nommé, mais il faut recon- 
laître que le rapprochement est bien vague pour justifier la conclusion que M. Stryz- 
;owski en tire, lorsqu'il croit pouvoir déduire de ce texte qu'une vieille tradition pha- 
aonique se serait propagée dans l'art chrétien par l'intermédiaire de l'art copte, au 
)oint de fournir l'un des thèmes favoris de l'iconographie byzantine. Et cette trans- 
nission aurait eu lieu par l'intermédiaire des Juifs, dont, par contre-coup, le rôle dans 
a formation de l'art chrétien serait ainsi démontré. 

Cette représentation, dite Avârraj'.;, est fréquente. Elle paraît, à Venise, dans une 
nosaique de Saint-Marc, dans une image du couvent de Saint-Luc en Phocide', et 
ine icône du XVIP siècle, provenant des îles de l'Egée, qui est en ma possession. On 
3n trouvera plusieurs exemples dans le magnifique album de M. Lichatchev, et le 
Manuel de Denys de Fourna en donne la description minutieuse, sur laquelle nous 
reviendrons plus loin : il est donc assez facile d'étudier le type de près, si l'on veut s'en 
donner la peine. 

D'abord l'idée qui est exprimée dans cette 'AvàîTXT-.; est toute différente de celle 
que M. Strzygowski reconnaît à Daphni : le Christ n'est pas venu triompher du Pharaon 
de l'Exode, il a « brisé les portes de l'Hadès ». Le vaincu, c'est l'Hadès, et c'est donc 
lui, le maître des enfers, et non pas Pharaon, l'un de ses prisonniers, que l'on doit 
s'attendre à trouver ici. Ajoutons que la théorie de M. Strzygowski nous conduirait 
hors du christianisme, car, ainsi que le remarquait avec à-propos l'abbé de Cluny dans 
son traité, il y a de plus grands coupables que ce Pharaon : seul, un Juif pouvait 
le considérer comme le plus réprouvé des pécheurs. Mais, objecte M. Strzygowski, on 
n'a jamais représenté l'Hadès ainsi dans la Grèce païenne. Evidemment non; toutefois 
l'objection me semble être singulière. Puisque le dieu apparaît ici en vaincu, sous les 
pieds du Christ, il est naturel que l'on ne puisse pas en retrouver le prototype dans 
un art païen; des païens auraient figuré le triomphe d'Hadès, non sa défaite. Aussi bien 
sa nudité, son visage d'aspect antique, l'assimilent tout à fait aux personnages mytho- 
logiques qui interviennent de temps à autre dans l'art byzantin, comme un legs des ar- 
tistes païens de la Grèce et de Rome. D'ailleurs, et surtout, il n'y a rien de commun 
entre sa position et celle du Pharaon : celui-ci est lié depuis sa chute, tandis que notre 
figure vient à peine d'être liée, comme on le voit nettement sur une des icônes publiées 
par M. Lichatchev. Et, en effet, Denys de Fourna dit que l'on doit représenter des anges 
« qui lient Beehéboul, prince des ténèbres », Le trait caractéristique dans la légende 
égyptienne que le roman de Satni nous a conservée, c'est le gond de la porte enfoncé 
dans l'œil; lui, lui seul, donne sa couleur à la narration, et précisément on ne le re- 
trouve pas dans les œuvres chrétiennes. En s'en tenant à la lettre des récits, il n'y a 
de commun dans la condition des deux personnages, que de se trouver l'un et l'autre 
dans l'enfer. Qui donc est, en réalité, le vaincu terrassé et foulé aux pieds par le Christ? 
Il n'est pas difficile de le deviner, les textes nous l'apprenant eux-mêmes : c'est l'Hadès 



1. Reppodaction dans Diehl, Manuel d'art byzantin, p. 506. 



110 A PROPOS DIX BAS-RELIEF COPTE DU MUSÉE DU CAIRE 



m 



personnifié. Denvs de Fourna l'appelle Beelzéboul, et il ajoute aussitôt tôv apyov-a toC 
cjy.'kojc;, le prince des ténèbres. Une des fresques de la chapelle Sainte-Barbe à Soghanli 
en Cappadoce, qui remonte au X® siècle, est plus explicite à ce sujet : à côté du person- 
nage étendu, et notez qu'ici les portes de l'Enfer ne sont même plus figurées, ce qui 
enlève le dernier trait de ressemblance avec le supplicié égyptien, on lit distinctement 
o i.'îÉ.Hc. Bien habile qui reconnaîtrait dans cette scène quelque chose d'altàgyptisch. 

J'ai invoqué surtout jusqu'à présent le témoignage des bas-reliefs sur pierre ou 
des ivoires sculptés, sans négliger par instants celui que nous rend la peinture mural0 
ou la miniature : il me reste à indiquer quelques arguments que M. Strzygowski tirei 
pour sa thèse, des couleurs que les Coptes auraient employées de préférence pour en-=j 
luminer leurs figures. Etudiant les miniatures de la Chronique Alexandiine, il y v& 
marque la prédominance de la couleur jaune, et ce serait encore pour lui une marque 
d'origine : il y aurait là influence de l'art copte sur l'art byzantin, et, par conséquent, 
influence de l'art 'ancien-égyptien, « Am entschiedensten, macht sich Koptischer Ge- 
schmack in unseren Miniaturenfragmenten durch das starke Vorherrschen des Gelbes 
in der Farbe gel tend ». Pourquoi? Le rouge et le jaune seraient, prétend M. Strzy- 
gowski, les couleurs'dominantes sur les parchemins coptes. Peut-être, mais le cas n'est 
certainement pas le même sur les murailles : ni dans les peintures du couvent de Saint- 
Jérémie, ni dans celles de Bâouit, le jaune ne se fait remarquer par une fréquence par- 
ticulière. Une robe jaune, affirme M. Strzygowski, serait le costume des nonnes. Aucun 
texte n'autorise cette assertion, aucun monument ne la confirme : lorsque, à Bâouit, 
j'ai trouvé le portrait d'une certaine Ama Rachel, j'ai constaté qu'elle portait un vête- 
ment gris bleuté. Je pourrais continuer la critique assez longtemps encore : j'arriverais 
toujours au même résultat qui est de prouver que M. Strzygowski affirme souvent plus 
qu'il n'est à même de démontrer. 

Nous voilà bien loin du fragment de bas-relief que j'ai décrit au commencement 
de cet article : aussi bien ne me suis-je servi de lui que comme d'un prétexte pour 
examiner la doctrine de M. Strzygowski, et pour établir combien elle me semble pré- 
j^mYQ et inadéquate à la plupart des faits connus jusqu'à présent. Il est au moins pré- 
maturé d'avancer que l'art copte est un mélange de styles, hellénistique par les formes 
égyptien antique par la technique et par l'idée. Dans le domaine de l'art, comme dans 
tous les autres domaines, l'introduction et le-triomphe du christianisme ont rompu la 
vieille tradition égyptienne et en ont éliminé complètement les débris. L'art copte n'a, 
rien de l'art égyptien d'autrefois : c'est un art entièrement étranger qui s'est implanté 
en Egypte et qui s'y est acclimaté, mais qui n'a rien pris ou presque rien à l'art anté- 
rieur. 



'1 



II 

i 



UN EXEMPLE SAITE DE LA TRANSCRIPTION RIA 111 



UN EXEMPLE SAÏTE DE LA TRANSCRIPTION RL\ POUR 3© 

PAR 

G. Maspero 

Les textes cananéens en écriture cunéiforme nous fournissent, comme on sait, de 

mbreux exemples de la transcription ria, riya, pour le nom du dieu solaire o^. 

[\ est ainsi transcrit à la fin des noms propres dans lesquels il entre en composition, 

Manakhpiriya or^^W, Nibmouaria ou Nimmouriya ' 4^, Napkhourouriya oî 

gj, Minpahitarîa ^^_^, Ouashmarîa Q i%fo ou, au commencement, Riamashêsha 

MU^, Rianapa ^ ^ ^, et ainsi de suite. D'autre part, si l'on prend les 
-tes de Manéthon et les documents postérieurs, on constate que le même nom divin 
■ transcrit rè, -pr-, à la fin des mots, Mc^/épT,;;, oÙT'.uâp-r,;, et râ, Pa-, au commence- 
ment 'PaijiÉJTr.î et au milieu A(iovpac7wv6/;p, (1 o 1 11]- C'est donc entre ces deux 
limites extrêmes que la vocalisation du groupe a changé, et que, de ria, riya, la pro- 
nonciation est devenue Râ- au commencement et au milieu des mots, Rê, Rî, à la fin : 
il est possible que la transformation du nom o j| pris absolument, de ria en pH T. M. 
pi Akhm. B., sol, se soit produite parallèlement, mais nou§ n'avons, pour en juger di- 
rectement, aucun exemple, et l'analogie de ce qui passe dans nos langues, où les noms 
. propres conservent des formes archaïques des mots, quand le nom commun qui entre 
dans leur composition s'est déjà transformé, m'inclinerait à penser que cette évolution 
' ' Ria en Rè s'est effectuée un peu auparavant. A-t-on quelque moyen de resserrer 
. L'space de temps qu'elle a couvert entre le XIY« ou le XIIP siècle et le IIP siècle 
avant Jésus-Christ ? 

Je crois qu'Hérodote et Diodore nous en fournissent au moins un. Tous les deux 
donnent au Pharaon dont le nom s'écrit sur les monuments oY'O', la forme 'ATzpîr.ç, 
tandis que Manéthon et les Septante transcrivent oOi^sT,;, Ojasp-.;, Ojaapr;, où -pîT,;, -^r,^, 
-y.-, -pri, correspond à o quelle que soit la manière dont on établisse l'équivalence Yo 
= 'AT-oùas-. Le voyage d'Hérodote en Egypte étant d'un siècle et quart ou d'un siècle et 
domi à peine postérieur au règne du souverain, on peut en conclure que la pronon- 
I dation du nom telle que ses drogmans la lui dirent à Saïs était très probablement 
' celle qu'on avait au VIP siècle avant Jésus-Christ, et que, par conséquent, le mot 
o, , y conservait encore l'i, prononcé plus ou moins emphatiquement, qu'on 
rencontre dans les transcriptions cananéennes, mais quelle voyelle suivait l'i, un a 
comme dans Ria ou déjà un È comme dans zr, ? Laissons de côté Diodore, qui a été 
évidemment influencé par Hérodote et qui a gardé dans son œuvre la forme précise que 
celui-ci donnait au Pharaon égyptien, puis demandons-nous ce qu'Hérodote a entendu 
sous cette orthographe. Il a écrit en ionien, c'est-à-dire dans un dialecte qui remplace 
volontiers un son a, «, par un son È, t), même dans les noms étrangers qu'il rend.; de 
plus, les colons grecs du Delta oriental, qui remplissaient la classe des drogmans en 



112 UN EXEMPLE SAITE DE LA TRANSCRIPTION RIA 



Egypte et qui racontèrent au voyageur les récits qu'il nous fait de la dynastie saïte, 
étaient de race ionienne ou parlant en majorité l'ionien. Il est donc possible qu'il ait 
rendu ioniquement par 'A-pîr,?, ce qu'on prononçait Apria chez les indigènes, de même 
qu'il a dit Mr.oo; pour Mdda. Ce détail de vocalisation reste donc incertain, mais, ce 
qui est assuré, c'est que, prononçât-on Rie-ptr,? ou Ria, on conservait pour cette finale 
en O une prononciation identique ou analogue à celle du temps des Ramessides. Toute^ 
fois, cela ne prouve pas que la prononciation Ria, Riê, fût celle qui dominât encore 
pour Râ, final : au contraire, Hérodote lui-même nous fournit Xi'i)p;,v pour 0©=^=^, o 
G correspond déjà à or-. J'en conclus donc qu'Apriès était une forme archaïque Aprù 
Apriê du très ancien nom © Y "O", et que celui-ci conservait une prononciation ancienne, 
comme chez nous François, Lefrançois, à côté de français, le français, et je suis con- 
firmé dans cette idée par le passage où Diodore nous offre deux versions différentes de 
l'origine de Khâfriya. Dans l'une, qui est somme toute celle d'Hérodote, il écrit le nom 
Keœprjv avec un K initial et un oi = o final. Dans l'autre, qui provient d'une source à 
nous inconnue, il l'écrit XaSpi-.; ou Xaopôy,;, par un x initial et un p>., pjTrj = o final. Je 
pense qu'il faut voir ici un efïet de l'itacisme se développant; en tout cas, la transcrip- 
tion pjT,, pjï, pour o nous indique pour cette version une autorité assez ancienne, peut- 
être Aristagoras, qui utilisait une légende où l'on 'employait encore une forme ar- 
chaïque Khâfriê-Khâfriyi-Khâfriya, à côté de Khâfrên. Il me semble [donc, prenant 
ces faits en considération, qu'on peut dire qu'à l'époque où les premiers Grecs ont 
recueilli les légendes qu'Hérodote nous a transmises, c'est-à-dire aux VIIP-VIP-VI® 
siècles avant Jésus-Christ, l'usage conservait encore certains noms sous la forme ra- 
messide, où o se prononçait Ria-Riya, mais que, très probablement, pour le gros de la 
langue, l'évolution en rê était accomplie, puisqu'on trouve déjà KnEPHreN dans Héro- 
dote, qui a dû recueillir la prononciation générale pour rê de son temps. Cette évolu- 
tion donc a dû se produire comme celle de toute la /.oiv/^ entre l'époque ramesside et 
l'éthiopienne, vers le siècle des Bubastites. 

Les prononciations Mj/.spTvo;, SE^wT^piç = 1 1<=.^ pour o final en égyptien, médial 
en grec, semblent pointer vers une prononciation dialectale, répondant à la valeur pi 
de l'akhmimique, pour les noms formés sur o. Elles appartiennent l'une et l'autre 

au cycle des légendes memphites et répondraient à l'usage du dialecte memphite an- 
cien, ce qui n'aurait rien d'étonnant, si, comme je le crois, l'akhmimique est d'un type 
plus archaïque que les autres dialectes connus du copte. On aurait donc pour l'évolu-j 
tion phonétique de o, , depuis la xow/;, le schème dérivatif suivant : 

Ria 



Ri, Rié, pi Akkm., VHP siècle, etc. Rê, pn M. T. B., VHP siècle. 

Paris, le 17 juin 1915. 



CHALON-SUR-SAÔNE, IMPRIMERIE FRANÇAISE ET ORIENTALE K. BERTRAND. 813 



m 



RECUEIL 



[DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 



9^^' Fascicules III et IV 



Contenu : 14) Notes et Remarques, par G. Jéquier. - 15) Nouvelles Notes d'épigraphie et d'archéologie 
assyriennes, par V. Scheil. — 16) Textes religieux, par Pierre Lacau. — 17) Une transcription en 

v6va? du nom de ^O, ^ , O, par G. Maspero. — 18) Introduction à l'étude de la phonétique 

égyptienne, par G. Maspero. — 19) Muy.£psvoç, par G. Maspero. 



NOTES ET REMARQUES 

PAR 

G. Jéquier 

XXIII. — La tête de panthère. 

La tête de lion f], symbole de courage, et sa valeur phonétique peh sont si bien 
connues que, dès qu'on voit paraître dans un texte hiéroglyphique quelconque une tête 
de félin, on n'hésite pas à la considérer comme une tête de lion. Cette assimilation est, 
cependant, parfois fautive. 

Dans les textes des pyramides, quand le roi est sur le point d'entrer dans le séjour 
des bienheureux, il doit prendre les insignes que portent d'habitude les grands sei- 
gneurs de l'Ancien Empire, — insignes qui, peut-être, étaient à l'origine ceux du roi 
lui-même, — la peau de panthère ou de léopard, la longue canne et le sceptre àba. La 
peau de panthère est nommée ici ba, exactement comme, plus tard, sous le Nouvel 
Empire, quand elle est devenue un ornement sacerdotal, porté par le prêtre officiant 
dans la cérémonie de l'Ouverture de la bouche*; ce nom n'est pas autre chose que celui 
de la panthère elle-même, mieux connu sous la forme avec le [1 prosthètique, abi 
(1t j OÛ^, niais qu'on trouve aussi avec l'orthographe simple ba JM^:'- Dans ces 
quatre passages, le mot s'écrit J^^=\_jV. JH^^k, u '' '^^^^^2^*' ^^ même sim- 



1. Paru en 1916 seulement à cause de retards apportés par la guerre. 

2. ScHiAPARELLi, Il Libro dei Funcrali, pi. LXX, "^^^T; dans le texte même, la peau de panthère est 
appelée (1 ^\ ^\ Yh*^ Tf 00^^- •^" sujet de la panthère elle-même et de l'utilisation de sa 



peau comme costume, voir mon article paru dans la Reçue d'Ethnographie et de Sociologie, 191:^ : La Pan- 
thèra dans l'ancienne Egypte. 

3. MoNTET, Bulletin de l'Institut français du Caire, IX, p. 5, 27. 

4. Teti, 1. 144. 

5. Pepi /, I. 169. 

6. Ounas, 1. 472. 

KECURII., XXXVII. — TROISIÈME SKIt., T. V. 15 



114 . NOTES ET REMARQUES 



lc:;^>^°^ se retrouve aux textes des pyramides', où il désigne [une sorte de pagne. /' 
, le déterminatif est donc, non un vase, mais un pagne, tel qu'on le voit figuré dans 1 



plement '?]' ; le signe ^ est donc ici phonétique et doit se lire ha, mais, quand il est 
employé seul, comme c'est le cas à deux reprises, il représente l'objet lui-même et a la' 
valeur idéographique de «peau de panthère». Ce n'est pas à une tête de lion qu'ont 
aurait jamais pu attribuer ce rôle, et, du reste, les graveurs des textes des pyramides 
ont bien indiqué que la tête surmonte un cou allongé et pas trop épais, ce qui corres- 
pond fort bien aux formes caractéristiques de la panthère 

Dans les stèles de la IIP à la IV« dynastie, on voit paraître un objet appelé 1] l'J 
accompagné du déterminatif \^ , qu'on a parfois pris pour un vase'; ce mot parait J 
seul, ou accompagné d'autres objets dont le déterminatif est d'une forme identique, et, \ 

dans ce dernier cas*, ils sont tous rangés sous la rubrique générale (1 ^^^î parmi ; 

ces objets, le o|^^^ et le ^jl|jc. n'ont pas été signalés ailleurs, tandis que le 

©n 

Ici 

les hiéroglyphes de l'Ancien Empire. Nous avons ainsi, à n'en pas douter, dans le 
'^ JL, le même insigne nobiliaire que dans les textes des pyramides, la peau de pan- 
thère, mais avec une adjonction permettant d'affirmer qu'on employait pour ce costume 
la peau des panthères du Midi, appelées également Ir'^^ ^ dans certaines représen- 
tations °, et qui sont souvent figurées dans les tombeaux thébains, parmi les apports 
des nègres du Soudan. Il est à remarquer que les sculpteurs de ces stèles n'ont pas 
indiqué le caractère de l'animal par la longueur du cou, comme si eux-mêmes avaient 
déjà confondu les deux signes, la tête de lion et la tête de panthère. Quant au mot Ul], 
qui paraît une fois dans ces monuments pour désigner certains vases', je suis tenté de 
le lire aussi kaba, mais je ne saurais apporter aucune preuve à l'appui de cette lecture. 



XXIV. — Nature et origine du dieu Bes. 

L'opinion, encore généralement acceptée aujourd'hui, veut que le dieu Bes ait été, 
à l'origine, non un être anthropomorphe, mais un léopard', et cette opinion me paraît 
reposer uniquement sur une lecture fautive. Brugsch* assimile, en effet, le mot j '^i 
qui est celui du dieu, avec le terme jP^l. qui, dans une peinture de Béni-Hassan, 
désigne une panthère vivant dans le désert, sur les confins de la vallée du Nil : cette 
lecture basou est celle de Champollion'", mais ce mot doit, en réalité, se lire ba res\ 



1. Naferkara, 1. 539, 549. 

2. MuRRAY, Saqqara Mastahasf, I, pi. J, II; Lepsius, Denkmàler, II, pi. III; Mariette, Monuments^ 
divers, pi. XVIII a. 

3. Weill, Des Monuments et de l'Histoire des II' et III' dynasties, p. 249. 

4. Stèles de Kha-biou-Sokar et de sa femme. 

5. Teti, 1. 144; Neferkara, L 539. 

6. Béni-Hassan : Montet, loc. cit.; Sethe, Zeitschr. f. teg. Spr., XLIV, p. 19. 

7. MuRRAY, op. cit., pi. I. 

8. Maspero, Hist. anc., I, p. 85; Wiedkmann, Religion der ait. .Eg., p. 80; Budge, Gods of the Egyp- 
tians, II, p. 284. 

9. Dictionnaire, p. 418, SuppL, p. 447. 

10. Monuments de l'Egypte, pi. CCCCXXVII. 



NOTES ET REMARQUES 115 



J^^i' " J'^ P'^ûthère du Midi »'. Le nom de la panthère est toujours ba ou abi\ 

.nais ne se termine jamais par la lettre s ou par une syllabe en .s, et, dès lors, lassi- 

. ; nilation de ce.nom avec le nom du dieu devient impossible. De même, les noms propres 

iPaïbasa ^>^'^J^^^^, ^ ^ ^t Hourbasa "i^ ^^' dérivent sans 

«ioute du nom de Bes, mais, en aucune façon, de celui de la panthère. Une théorie rc- 

V Dosant sur la confusion des signes 1 et JL devrait donc être rejetée a priori, mais, vu 

l'abondance des documents, nous pouvons encore étudier la question au point de vue 

irchéologique, et voir si rien, de ce côté-là, ne permet de reprendre l'hypothèse que 

la l.inguistiq'ue ne confirme pas. 

Partant de l'idée que Bes devait être un dieu-léopard, Pleyte croyait retrouver 
la forme originale de cette divinité dans une vignette du cha- 
pitre cxLv du LiuÊ'e des Morts représentant un génie funéraire à 
tête de panthère couronnée de deux plumes*. Aucun nom n'ac- 
i compagne cette figure, aussi rien ne nous autorise à accepter cette 
attribution, d'autant plus que le caractère même de Bes n'a rien 
t de funéraire. Du reste, dans ce chapitre, la figure des génies varie Y^v 1 

\ avec chaque exemplaire, et aucun autre papyrus que celui de Leyde \ M I 

) ne donne la représentation d'un de ces êtres avec une tête pou- ) i 

I vaut être prise pour celle d'un félin. 

Le même auteur appuyait encore sa théorie sur le fait que, dans certaines figurines 

: de basse époque, assez rares du reste et exécutées de manière trop sommaire pour qu'on 

1 puisse y attacher une réelle importance, la divinité porte sur le dos une peau tachetée 

( qui peut, à la rigueur, être celle d'une panthère". Il faut donc rechercher si vraiment 

I la peau de panthère est le costume caractéristique de Bes ou s'il s'agit simplement d'un 

' accessoire du genre de ceux dont on l'atïuble pour accentuer son rôle magique; pour 

cela, nous devons tenir compte surtout des représentations les plus anciennes, qui sont 

les meilleures et en même temps les plus simples, tandis que celles des époques les 

plus récentes sont compliquées d'adjonctions qui défigurent souvent le dieu primitif. 

Les plus anciennes de ces images de Bes sont celles des bâtons magiques en dents 
d'hippopotame, qui datent du Moyen Empire*; il y parait souvent, tenant dans chaque 
main un serpent, à côté d'autres et d'animaux fantastiques, dont le rôle est de protéger 
l'enfant auprès duquel ces objets sont déposés'. Ces gravures au trait ne sont pas très 
détaillées, mais on y distingue néanmoins très nettement que le dieu est représenté de 



1. Nkwberry, Beni-Hasan, II, pi. IV; Montet, Bull, de V lnst.fr. du Caire, IX, p. 5. 
8. G. JçQUiER, op. cit. 

3. Pleytb, Chap. suppl. du Licre rf«.« Morts, II, p. 112. 

4. Ibid., p. 111, et figure en regard de la page 109. 

5. Ibid., p. 114, et figure en regard de la page 113 (Musée de Leyde, A. 1114 et A. 1192). Une figurine de la 
môme catégorie, mais dun beaucoup meilleur style, se trouve au Musée du Caire (n* 35738) : Daressy, Sta- 
tues de Dicinités. pi. XLl. 

6. Legge, Proc. of Soc. Bibl. Arch., XXVII, p. 132-152, i97-303; XXVIII, p. 1.^9-170. — Une bibliogra- 
phie des images de Bes et des dieux similaires se trouve dans la thèse l'Université de Moscou de M. F. B.^il- 
LOD, Prolegomena sur Gesnhichte der lu-erghaften Gôtter in ^gypten (en russe; cf. .\ncient Ef/ypt, II, p. 85). 

7. G. JÉQOIER, Rec. de Trac, XXX, p. 40-42. 



116 



NOTES ET REMARQUES 




la même façon que dans les monuments des époques postérieures, bien qu'avec des 
formes sensiblement moins lourdes' : le corps est bien celui d'un homme, 
ainsi que la tête qui se présente toujours de face, comme d'habitude, 
mais ne porte pas de barbe; seule, la queue qui pend entre les jambes 
est celle d'un animal. ■' 

Les figurations de la XVIIP dynastie sont encore rares, mais ne 
laissent subsister aucun doute sur la nature même du dieu : ce soDt 
d'abord les scènes de naissances de rois, où Bes est debout sous le lit 
d'accouchement, en sa qualité de génie protecteur de l'enfance'. Ici 
aussi tout le corps est celui d'un homme, et, seule, la tête, avec sa grosse 
barbe carrée, son épaisse chevelure et ses oreilles rondes posées sur le crâne, présente 
déjà un certain caractère bestial ; la longue queue, terminée par un mouchet de poils, 
est bien une queue de félin. 

Dans les panneaux des lits et des fauteuils du tombeau de Youaa et de Touaa', on 
remarque plusieurs Bes dansant et jouant du tambourin, dont la fonction est aussi cer- 
tainement de protéger la per- 
sonne assise ou couchée sur le 
meuble à la décoration duquel 
ils contribuent. Qu'elle se pré- 
sente de face ou de profil, la 
tête du dieu, un peu plus grosse 
que ne l'exigerait la propor- 
tion normale, avec ses lèvres 
épaisses, son nez épaté, son ar- 
cade sourcilière proéminente, 
est sans aucun doute celle d'un 
nègre du Soudan; si cette tête 
produit une certaine impres- 
sion de bestialité, ce sont uni- 
quement les accessoires qu'il 
faut en rendre responsables, 
l'énorme chevelure qui res- 
semble plutôt à une crinière, et l'épaisse barbe qui complète l'encadrement de la figure. 
C'est comme un de ces masques grotesques que les danseurs nègres se mettent souvent 
sur la tête, ou peut-être même un masque sans visage, laissant apercevoir toute la face 
de l'individu; on pourrait croire que l'homme a voulu se faire une tête de lion. Le corps 
est celui d'un homme trapu, court et gros, mais bien conformé; sa peau est couverte, 




1. Les figures de Bes, peintes sur une cassette en bois, datant de la même époque (Pétrie, Gizeharul Ri 
feh, pi. XXIVi, sont un peu plus détaillées, mais malheureusement les têtes manquent. 

2. Naville, Deir-el-Bahari, pi. LI; Gayet, TemfAe de Louœor, pi. LXV. 

3. QuiBELL, Tomh of Yuaa and Thuiu, pi. XXIX, XXXI, XXXII, XXXIV, XXXV, XXXVII, XXXIX, 
XLI, XLII. 



A 



.1 



NOTES ET REMARQUES 117 



les épaules aux pieds, de petits points dans lesquels, vu leur dimension, on ne saurait 
70ir des taches analogues à celles des peaux de panthères, mais peut-être des poils 
isolés ou plus probablement, puisqu'il s'agit d'un être qui présente tous les autres 
caractères d'un danseur nègre, des tatouages scarifiés comme ceux qui couvrent le 
corps ou une partie du corps de beaucoup d'individus appartenant aux races souda- 
naises. Comme costume, Bes porte dans ces représentations une sorte de pagne étroit 
sojiou de caleçon attaché au moyen d'une ceinture et descendant jusque près des genoux; 
leji derrière ce pagne est fixée une longue queue de fauve, qui complète l'accoutrement du 
, il dieu danseur et accentue encore ce caractère d'homme-lion que lui donne son masque 
à crinière. 

Plus tard, et à partir de l'époque saïteEsurtout, les images de Bes se multiplient 
de façon tout à fait inattendue, et deviennent en même temps beaucoup plus variées, 
! grâce aux accessoires de toute sorte dont on affuble la figure du dieu'. Parmi ces 
accessoires, les uns, ceux des représentations d'ordre purement magique, ne peu- 
vent rien nous apprendre sur la nature même de Bes, puisque ce sont des symboles 
d'autres divinités greffés sur lui pour augmenter sa puissance mystérieuse; d'autres, 
par contre, sont de vrais attributs personnels qui font encore ressortir son véritable 
caractère. C'est d'abord la couronne de plumes, semblable à celle de la déesse Anoukit, 
qui est une coiffure nubienne, puis la harpe triangulaire d'un modèle spécial, non 
égyptien, sur laquelle le dieu s'accompagne en dansant, et les armes, épée et bouclier', 
qui montrent que la danse de Bes était une danse guerrière; il n'y a pas jusqu'à la 
peau de panthère dont nous avons parlé plus haut, qui ne fasse ressortir ce caractère 

i original du dieu, qui est celui d'un danseur nègre. Actuellement encore chez presque 
toutes les peuplades de l'Afrique équatoriale, les danses sont exécutées par des guer- 
riers, et se font en principe pour célébrer une victoire, aussi l'emploi des armes dans 
ces cérémonies est- il presque constant; quant à la peau de panthère, elle est chez cer- 
taines tribus l'insigne royal jpar excellence, chez d'autres celui des guerriers les plus 
valeureux, aussi peut-elle, par extension, être portée par des danseurs, même des dan- 
seurs de profession représentant des guerriers'. 

La stèle Metternich et les monuments similaires' nous donnent la preuve que la 
tête de Bes est bien un masque; elle vient se placer, détachée du corps, au-dessus de 
la figure du personnage principal 'du tableau, l'Horus sur les crocodiles, comme un 
accessoire dont le dieu peut, à l'occasion, recouvrir sa propre figure. 

En résumé, Bes est un dieu de forme purement humaine et de caractère nègre ou 
négroïde : c'est, à l'origine, un dieu chargé d'exécuter certaines danses spéciales, danses 
guerrières ayant pour but d'écarter les mauvais génies, les mauvaises influences, les 
monstres de toute sorte, donc de protéger les hommes pour lesquels elles sont faites. 



1. Pour les divers types de basse époque, voir Pleyte, op. cit., p. 111-134. 

2. Les armes, la longue épée et le bouclier creux, n'ont rien d'égyptien non plus, et si elles rappellent plu- 
tôt les armes grecques que les armes soudanaises, il faut se dire qu'à l'époque de laquelle datent les représen- 
tations de Bes armé, les Grecs étaient pour les Égyptiens le peuple guerrier par excellence. 

3. G. Jéquier, La Panthère dans l'ancienne Egypte, p. 15. 

4. GoLENiscHEFF, Die Mette michstele, pi. I; D.\ressy, Textes et Dessins magiques, pi. I, V, VII, VIII, X, 



118 NOTES ET REMARQUES 



La théorie qui rapproche Bes du Denga ramené d'Ethiopie par Herkhouf est donc plei- 
nement justifiée', tandis que celle qui en fait un dieu-léopard paraît absolument insou- 
tenable. 

XXV. — Thouéris. 

Jusqu'au moment où, à une époque déjà assez tardive', Thouéris réussit à se racJ 
crocher au mythe osirien ou à s'assimiler à certaines grandes divinités, elle se trouve, 
en dehors du panthéon égyptien proprement dit. Ce n'est pas une déesse, mais unel||. 
sorte de génie protecteur', aux attributions très restreintes; elle n'a même pas de 
nom bien défini, mais on se sert, pour la désigner, de mots qui sont plutôt des quali- 
ficatifs, comme '='^. ^^, la grande, <=>, celle qui tourne, ou encore [1 M. ou 
C), dont le sens est encore à établir. Nulle part elle ne reçoit un culte, mais un 
peu partout elle apparaît, dans certames circonstances, soit seule, soit accompagnée de 
Bes. Cette particularité, jointe au fait que ces deux êtres ont, chacun dar^s son genre, 
une personnalité qui tranche de la façon la plus absolue avec toutes les représentations 
de divinités égyptiennes, semble indiquer qu'ils ont tous les deux non seulement un 
rôle semblable, mais aussi une origine commune, ou tout au moins très voisine. Un 
examen raisonné de la figure de Thouéris, dans les plus anciennes représentations, 
depuis le Moyen Empire jusqu'à la XVIIP dynastie, peut nous donner des indications 
précieuses à ce sujet*. 

Les Égyptiens ont trois façons de représenter leurs divinités : la forme humaine 
simple, la forme humaine avec tête d'animal, et la forme animale. C'est dans cette 
dernière catégorie qu'on fait rentrer Thouéris en la qualifiant de déesse-hippopotame, 
expression qui n'est pas absolument justifiée et qui peut prêter à des confusions. Quand 
les Égyptiens donnent à l'un de leurs dieux l'aspect d'un animal, que ce soit le bélier 
Amon, la vache Hathor, l'ibis Thot, le crocodile Sebek ou un autre, c'est toujours ^ 
l'image d'un animal réel, avec toutes les caractéristiques de sa race, et non un être 
composite : qu'il y ait à l'origine de ce fait une conception zoolâtrique de la divinité 
ou non, c'est l'animal sacré mis en lieu et place du dieu qu'il incarne ou qu'il repré 
sente. Il n'en est pas de même pour Thouéris : nous possédons a.ssez de figurations 
d'hippopotames pour savoir que les Égyptiens connaissaient admirablement l'animal ei 
étaient capables de le dessiner au naturel avec la plus grande fidélité, tandis qu'avec 
Thouéris, nous n'avons que l'impression générale d'un pachyderme de cette espèce 
avec des détails de pure fantaisie et des membres d'animaux tout différents. 

Déjà l'attitude est étrange : un dieu-animal égyptien a toujours la posture habi- 
tuelle des animaux de son espèce, alors qu'ici la bête est debout sur ses pattes de der- 
rière, à la façon des hommes. La tête, forte et longue, n'est pas toujours une vraie têt( 
' 

1. EiiMAN, ZeitscAr.f. (l'g. Spr., XXXI, p. 73. 

2. WiEDEMANN, Die Religion der Aller /Egypter, p. 88; Lanzone, Dision. di Mitol. cg., p. 1230. 

3. G. Jéquiiîr. Recueil de Tracaux, XXX, p. 40. 

4. Ces représentations se trouvent sur les bâtons magiques en ivoire (Legge, Proc. of Soc. Bibl. Ardi 
XXVII, p. 130-152; 297-303), certains meubles (Quibell, Tomb nf Yuaa and Thuiu, pi. XXXI-XLII) et dam 
les tableaux de naissances royales (Naville, Deir-el-Bahari, pi. LI; Lepsius, Denkm., III, 74). 



NOTES ET REMARQUES 



U» 



ippopotame' : dès la XVIÎP dynastie, elle n'a plus le mufle caractéristique avec les 
sses protubérances aux naseaux et les dé- 
ses recourbées, mais une gueule droite, avec 
me double rangée de petites dents aiguës et 
jne langue pointue. L'œil n'a rien de particu- 
ièr, mais l'oreille, grosse et ronde, dirigée en 
irrière, est plutôt celle d'un félin. Comme coif- 
fure, on voit parfois une couronne de plumes, 
Dii le disque avec les deux cornes, commun à 
toutes les déesses. 

Sur les épaules tombe une ample crinière, 
ou un couvre-nuque d'étoffe duquel pend jus- 
qu'à terre un appendice 
qui n'est autre qu'une 
queue de crocodile. C'est 
un reste de la forme la 
plus ancienne de Thoué- 
ris, qui portait sur le dos 
un vrai crocodile dont la 
tète venait de placer au- 
dessus de la tête d'hip- 
popotame et dont la queue traînait également 
à terre'. La poitrine porte de longues ma- 
melles pendantes, qui sont celles d'une vieille 
femme, et non d'un animal quelconque; au- 
dessous ballonne un énorme ventre. Les mem- 
bres sont des pattes de lion et non d'hippopo- 
tame, et il semble même que ceux de devant soient parfois, de l'épaule au coude, de 
vrais bras humains. 

Nous avons donc, dans la figure de Thouéris, la représentation, non d'un vrai hip- 
popotame, mais d'un être composite, formé d'éléments appartenant en réalité au lion, 
au crocodile et à l'homme aussi bien qu'à l'hippopotame lui-même. Le rôle ordinaire 
de Thouéris correspondant, comme nous l'avons vu, à celui de Bes, nous sommes au- 
torisés à chercher dans le même ordre d'idées la solution du problème et l'explication 
de cette anomalie' : nous aurions alors, au lieu d'un être supranaturel dès son origine, 





.1. C'est seulement sur les exemplaires les plus anciens, les gravures des bâtons magiques en ivoire, qu'on 
reconnaît une vraie tête d'hippopotame. 

2. Cette variante, qui se trouve déjà sur un des ivoires du Moyen Empire, s'est conservée dans les ta- 
bleaux astronomiques, où une figure de Thouéris représente une des constellations du ciel septentrional 
(BuDGE, The Go(/s of the Kgyptians, II, p. 313). 

3. Ces êtres composites ne se retrouvent guère, en Egypte, que chez les génies infernaux, par exemple la 
«grande dévoreuse » du chapitre cxxv du Licre des Morts. Les différents éléments sont alors soudés les uns 
aux autres de façon très apparente. 



120 NOTES ET REMARQUES 



l'image d'un individu masqué en vue de certaines cérémonies et affublé, non plus d'Ui 
masque couvrant la tête seule, mais d'un costume complet, dont les parties sont em-^ 
pruntées à des êtres très différents, pour mieux indiquer le caractère du personnage re- 
présenté, homme ou femme. 

La coutume des danses à acteurs masqués est encore fréquente chez la plupart desf 
demi-civilisés, en particulier en Afrique : c'est une opération magique qui a pour but 
soit de se concilier les esprits bienfaisants, soit d'effrayer les malfaisants; dans lesi 
tribus africaines, ces danses se font surtout au moment des cérémonies d'initiation. 
Les masques en bois peint, garnis de peaux, d'étoffes, de cheveux, représentent géné- 
ralement des figures humaines grimaçantes, parfois aussi des têtes d'animaux, élé-'l 
phants, hippopotames ou lions. Le plus souvent un costume entier complète l'appari- ' 
tion, de manière à rendre l'aspect du danseur plus terrible ou plus grotesque. ,? 

Le rôle principal, et aussi le plus ancien, de Thouéris et de Bes est de protéger' 
l'enfant au moment de sa naissance et pendant ses premières années, lorsque l'être hu- 
main se trouve encore en état d'infériorité marquée, incapable de se défendre lui-même 
contre les dangers matériels et les influences mauvaises, les maléfices de toutes sortes. « 
Les génies malfaisants sont à craindre, et c'est contre eux surtout qu'il faut se prémunir | 
en leur opposant des êtres capables de contrebalancer leur influence ou de leur en im- j 
poser par leur seule apparition. Thouéris et Bes paraissent bien être des créations 
d'ordre magique répondant à ce but et agissant, l'un par ses attitudes, ses danses ar-j 
mées, sa musique, l'autre, plus calme dans ses mouvements, par son aspect terrifiant 
Bien que nous n'ayons, à ma connaissance, pas d'autre exemple dans l'Afrique moderne, 
de danseurs ou de personnages masqués jouant un rôle analogue auprès des enfants, 
soit à leur naissance, soit pendant leur sommeil, la chose n'a en soi rien que de très 
V naturel, et nous pouvons admettre que, de même que Bes, Thouéris est, à l'origine, 
Inon pas une déesse, mais un personnage ayant, du fait même de son accoutrement, une 
'certaine puissance magique; la vertu appartenant au masque, celui-ci se divinisa peu 
à peu, se personnifia sous divers noms et s'introduisit progressivement dans le pan- 
théon égyptien. En outre, son aspect nous porte à croire qu'il ne s'agit pas d'une créa-]| 
tion égyptienne, mais d'une importation étrangère, venant sans doute du centre de 
l'Afrique ou du Haut-Nil, de ces régions où, aujourd'hui encore, les danseurs masqués 
jouent un rôle important, et où, sous la VP dynastie, Herkhouf allait chercher, pour 
un roi enfant', un nain connaissant une danse spéciale et qu'on a, à juste raison, com-' 
paré à Bes. 

XXVI. — A propos d'un tableau funéraire. 

Œuvres d'artisans malhabiles, les sarcophages de Gebelein, actuellement au Musée 
de Berlin", sont, au point de vue artistique, parmi les plus mauvaises productions de 
l'industrie funéraire du Moyen Empire. Ils ont, par contre, un certain intérêt archéo- 



\ 



1. Pepi II devait avoir, à ce moment-là, en l'an II de son règne, huit ans au plus (Pétrie, History of 
Egypt, I, p. 98, 102). 

2. Steindorpf, Grab/unde des Mittleren Reichs, II, p. 11-84. 



n 



Ife 



tt 



NOTES KT UENIARQUES 



121 




logique, puisqu'ils appartiennent à un type assez rare, celui où sont figurés, non des 
objets mobiliers, mais des scènes représentant la fabric:\tion et la présentation dos of- 
frandes, le repas et la toilette du mort'. Parmi les peintures qui décorent la face exté- 
rieure de ces sarcophages, il en est une sur laquelle on a tout récemment appelé l'at-*^ 
tention', et qui est unique en son genre : c'est un petit tableau, placé à côté des deux 
oudjas, sur la paroi gauche, près de la tète, et 
représentant la momie étendue sur son lit, ac- 
compagnée de deux femmes debout, l'une à la 
tète et l'autre aux pieds; au-dessus, une autre 
ligure féminine plus petite est étendue paral- 
lèlement à la momie, sur la figure de laquelle 
elle pose ses deux mains. 

On a, jusqu'ici, proposé pour cette scène 
deux explications, qui paraissent aussi peu 
justifiées l'une que l'autre : M. Steindorfï y 
reconnaît les femmes faisant leurs adieux au 
défunt au moment de l'ensevelissement, mais, 
comme rien dans ce tableau ne correspond aux 
nombreuses scènes de lamentations qu'on voit dans les tombeaux et les papyrus funé- 
raires, nous pouvons d'emblée rejeter cette hypothèse ; celle de M. Wiedemann, qui 
consiste à y voir la remise au mort d'une femme destinée à lui tenir compagnie dans 
le tombeau, mérite un examen plus approfondi. 

La décoration des sarcophages du Moyen Empire comporte deux éléments, les 
textes et les figurations: celles-ci représentent exclusivement le mobilier funéraire et 
parfois la mise en œuvre des offrandes matérielles, la préparation des aliments, les 
repas et la toilette; ceux-là se composent de formules qui doivent faciliter au défunt 
la vie de l'au-delà, soit dans le tombeau même, soit auprès des dieux. Il est aussi per- 
mis dadmettre, bien que le cas ne se soit pas présenté jusqu'ici, qu'on pouvait rem- 
placer 1m texte par un tableau, comme plus tard les vignettes accompagnent les cha-" 
pitres du Licre des Morts\ ou se présentent isolées, tenant lieu alors de la formule 
qu'elles remplacent, mais il faudrait alors qu'il existe un texte mentionnant de façon 
explicite les rapports sexuels posthumes de l'homme avec une femme, et c'est ce que 
nous ne trouvons dans aucun texte funéraire. Nous savons, par les reliefs et les pein- 
tures qui ornent la plupart des tombeaux, à toutes les époques, que la femme égyp- 
tienne partageait le tombeau de son mari et sa vie d'outre-tombe : la chose était si 
naturelle qu'on la considérait comme allant de soi et qu'il n'était pas nécessaire d'avoir 
des formules magiques pour en amener la réalisation. De fait, aucun texte funéraire ne 



1. Natille, Deir-el-Baharl, XI' dyn., I, pi. XX-XXIII : Lacau, Sarcophages antérieurs au Noncel Em- 
pire, pi. VI-\ II. 

2. Wiedemann, Sphinx, XVIII, p. 167; Steixdorff, op. cit,, p. 13, pi. III. 

3. Nous avons an moins un exemple que les textes funéraires du Moyen Empire pouvaient être illustrés, 
par la vignette accompagnant la nomenclature des parties du bateau |G. Jéquier, Bull, de l'Inst. franc, du 
Cmire, IX, p. 39). 



RECUEIL. XXXVII. — TROISIÈMB SÉR., T. V 



16 



122 NOTES ET REMARQUES 



e , 



mentionne cette vie conjugale en commun, et même, si certains chapitres parlent doik 
la réunion dans l'autre monde du défunt avec les siens, il n'est pas question de sa 
femme. 

Le rapprochement de ce tableau avec une petite représentation de Béni-Hassan' ne 
saurait se justifier, car celle-ci n'a rien de funéraire : c'est un simple signe hiérogly 
phique fantaisiste, employé dans une inscription énigmatique, et qui n'est autre qu'un^ 
sorte d'idéogramme figurant l'idée de l'amour en général par l'image du contact sexuel. 
La composition en est, du reste, toute différente : ici, l'homme et la femme sont entiè- 
rement nus, celui-là placé au-dessus de sa compagne, tandis que, dans le sarcophage 
de Gebelein, la femme est vêtue d'une robe et étendue au-dessus de l'homme, serré 
lui-même dans son maillot de momie; en plus de cela, il y a, à chaque extrémité 
du lit, deux femmes debout, donc deux spectatrices de la scène, fait peu compatible, 
semble-t-il, avec un acte aussi intime que celui qu'on a cru reconnaître dans cette 
représentation. 

Les bas- reliefs du temple de Séti P"^ à Abydos, relatifs à la résurrection d'Osiris', 
montrent le dieu ranimé momentanément par l'action d'Isis ayant pris la forme d'un 
épervier et agitant ses ailes au-dessus du phallus du dieu; l'acte a pour objet de com- 
muniquer à la déesse la semence de laquelle doit naître son héritier. Cette opération a 
comme assistants deux divinités de forme humaine, qui sont Isis et Horus eux-mêmes. 
Il importe de ne pas confondre les doctrines funéraires avec les dogmes mythologi- 
ques : le mort devient un Osiris, mais sans passer par toutes les péripéties de la vie du 
dieu; il n'a pas plus besoin, en effet, de se procréer une progéniture posthume que 
d'avoir été roi sur la terre et d'avoir été assassiné par un membre de sa famille, et 
jamais nous ne voyons sa femme assumer le rôle d'Isis. 

La maladresse du dessinateur de Gebelein, qui a fait à la momie une épaule sail- 
lante, a suggéré un rapprochement avec l'image classique du dieu phallique Min. Du 
moment qu'on voulait assimiler le mort avec l'Osiris procréant, il n'y avait aucune 
raison de faire entrer en ligne de compte le dieu de Koptos et d'Akhmîm, qui est abso- 
lument étranger au cycle osirien et qui n'a aucun caractère funéraire ; en plus de cela, 
le phallus, qui serait ici l'élément important, n'est pas indiqué dans l'image. Quant à 
la position des épaules, elle s'explique de façon très simple par la présence du chevet : 
ce petit meuble ne peut être employé que pour un dormeur qui se couche sur le côté 
et sert à compenser, sous la tête, la différence de niveau, différence qui est égale à la 
hauteur de l'épaule; les momies du Moyen Empire sont placées de cette façon-là dam 
leur sarcophage, la tête appuyée sur le chevet'. Suivant les lois du dessin égyptien, le 
peintre, ayant à représenter une momie disposée de cette façon, devait représenter le 
corps de face et la tête de profil; c'est exactement ce qui a lieu ici, sauf que l'épaul 
droite est diminuée de manière à ne pas faire une trop forte saillie. L'interprétation 
est un peu malhabile, mais absolument normale, et il n'est pas nécessaire de faire in- 



1. Lepsius, Denkmûler, II, pi. 143. 

2. WiEDEMANN, Rccueil de Traoauœ, XX, p. 134. 

3. Chassinat-Palanque, Fouilles dans la nécropole d'Assiout, pU XXI. 



I 



NOTES ET REMARQUES 128 



&rvenir, pour l'expliquer, une comparaison avec le dieu Min, même si la présence de 
6lui-ci pouvait se justifier dans une scène funéraire. 

Si nous passons aux petites figurines de femmes que certains auteurs considèrent 
ncore comme des poupées, tandis que d'autres, avec plus de raison sans doute, y 
bient des objets de nature magique destinés à satisfaire les besoins sensuels du mort, 
us devons reconnaître que nous nous trouvons en présence de monuments qui n'ont 
ien d'égyptien, à l'origine tout au moins. Nous ne nous occuperons ici que des plus 
ciennes, car celles de basse époque, beaucoup moins caractéristiques comme forme, 
nt souvent de provenance très douteuse et n'ont pas nécessairement le même sens et 
même but. 

Nous possédons deux catégories de ces statuettes' ; la classe la mieux représentée 
t celle des figurines en terre cuite, d'une facture grossière, évidemment non égyp-' 
enne : les jambes sont grêles et longues, le plus souvent sans pieds, le bassin proémi- 
lent, surtout en arrière, la taille mince, très cambrée, les seins petits et pointus, les 
ras tombant droit sur les hanches; la tête est rudimentaire, et l'on n'y distingue qu'un 
ez informe et des yeux indiqués par deux traits. La coitïure se réduit parfois à une 
impie torsade posée en couronne au sommet de la tête, mais elle est généralement 
omposée de grandes coques tombant sur les épaules en s'évasant, tandis que trois élé- 
ments plus petits qui sont soit des tresses de cheveux, soit des rubans, descendent du 
bandeau frontal, par derrière le dos, jusque sur les omoplates. Un collier garnit le haut 
de la poitrine; enfin, des traits et des séries de points indiquent le sexe, le nombril, des 
tatouages sur les reins et une ceinture posée sur les hanches. 

Les statuettes de la deuxième catégorie*, qui appartiennent sans doute au com- 
mencement du Nouvel Empire, tandis que les précédentes paraissent remonter à la 
période antérieure, sont relativement rares. Elles sont en calcaire et présentent un type 
déjà tout à fait égyptianisé : la position est la même, avec les deux bras tombant droit 
et les mains collées aux hanches, mais les formes sont plus normales et tendent à se 
rattacher à la facture égyptienne courante; il n'y a plus d'exagération dans les pro- 
portions du bassin et de la taille, le sexe n'est pas indiqué, les seins sont à peine sail- 
lants, et l'on ne voit plus trace de tatouages; la ceinture et le collier ont disparu; les 
jambes s'arrêtent à la hauteur des genoux. La tête est tout à fait égyptienne, mais la 
coifïure rappelle beaucoup celle des statuettes de la première série, tout en se rappro- 
chant également de celle des jeunes filles du Moyen Empire' : par derrière, les cheveux 
sont tirés et disposés en trois nattes qui tombent sur les épaules et sur l'épine dorsale, 



1. M. Wiedemann {Sphina;. XVIII, p. 170) a relevé toutes les publications relatives à ces figurines, y 
compris celles de basse époque. Les plus intéressantes sont reproduites dans Capart, Ree. de Monunt. égypt., 
pi. LXVI, mais de face seulement; elles appartiennent toutes à la première catégorie. De même pour celles 
publiées dans Pétrie, Denderah, pi. XXI; Mac-Iver, El-Amrah and Aht/dos, pi. XLVlll; Pétrie, Dios/iolis 
paroa, pi. XXVI; Peet, Tke Cemeteries of Abydos, II, pi. XIV. Celles que nous publions sur la planche ci- 
jointe, qui sont des types bien caractéristiques des deux catégories, ont été achetées à Louxor, en 1893. Leur 
hauteur est de O" 150 et G" 111. 

2. Garstang, El-Arabah, pi. XVil. Celle qui est reproduite sur la planche hors texte semble, à en juger 
par certains détails, comme la pose de la tête, dater de la fin de la XVIII" dynastie. 

3. Lange-Sch.\fer, Grab- und Denksteine des rnittleren Ri'ichs, IV, pi. LXVIII. 



124 NOTES ET REMARQUES 



tandis que sur la partie antérieure de la tête s'étale une nappe de cheveux tressés, 
plate au sommet et descendant en carré des deux côtés, cachant ainsi les pariétaux et 
les oreilles, et qui remplace les deux grandes coques des autres figurines. 

Ces statuettes, ainsi que l'ont reconnu tous les auteurs qui en ont parlé, ont un 
air de parenté et probablement une parenté réelle avec certains petits monuments 
orientaux, les figurines de terre cuite représentant une déesse nue, qu'on trouve depuis 
la Babylonie et les régions avoisinantes' jusque chez les peuples égéens*. La facture 
est souvent analogue, les formes sont sensiblement les mêmes, mais l'attitude difîere,' 
car le geste de la |femme qui presse ses seins de ses deux mains ne se trouve pas, en 
Egypte, dans nos statuettes'; par contre, la coiffure à coques, tresses et rubans, ne se 
rencontre pas en Babylonie, ni dans les îles grecques. Si donc nous voulons rattacher 
nos figurines à celles d'une autre contrée orientale, d'où elles seraient venues en Egypte 
à une époque indéterminée, vers le début du Moyen Empire, il faudrait chercher, non 
en Mésopotamie ni vers le Nord, mais dans une autre région, vraisemblablement la 
Syrie, qui est le pays avec lequel l'Egypte entretint de tous temps le plus de relations. 
En l'absence de monuments analogues provenant de cette contrée, la question ne peut 
être résolue pour le moment. 

Bien que les circonstances des découvertes n'aient jamais été établies de façon très 
précise, il semble certain que ces figurines proviennent de tombeaux du Moyen et du 
début du Nouvel Empire. Nous ne pouvons donc guère les considérer comine des 
images de divinités, puisqu'en Egypte on n'avait pas la coutume de mettre près des 
morts des représentations figurées de cette espèce. Si l'on prend en considération les 
statuettes de femmes couchées sur des lits, qui sont de basse époque, l'hypothèse la 
plus plausible est d'y voir des objets magiques devant servir de femme au défunt, mais 
l'identité de ces deux sortes de figurines n'est pas prouvée, puisque nous n'avons aucune 
indication sur les endroits où ont été trouvées ces dernières, et que la ressemblance de 
position, sinon celle de facture et de formes, peut être fortuite. D'autre part, il est à 
remarquer que, parmi celles que nous avons étudiées, certaines des plus anciennes por- 
taient un enfant sur le dos', tandis que les formes graciles des plus récentes (deuxième 
catégorie) indiquent plutôt des fillettes que des femmes faites, ce que du reste le type 
de coiffure vient confirmer. Ces deux constatations viendraient plutôt à [l'encontre de 
la théorie des statuettes destinées à servir de femmes au mort ou à son double, aussi ne 
pouvons-nous encore considérer la question comme résolue. 

Quoi qu'il en soit, si nous sommes en présence d'une coutume funéraire venue de 
l'étranger, comme cela est probable, celle-ci n'est pas en rapport direct avec les doc- 
trines égyptiennes relatives à la mort et à la survie, elle ne se développa pas de façon 
générale dans le pays et ne parvint jamais à se faire une place dans les textes et repré- 



1. Mémoires de la Délégation scientifique française en Perse, I, pi. Vil, VIII. 

2. DussAUi), Les Cieilisations préhelléniques, p. 361, 364, 367, 370, 371. 

3. On ne rencontre ce geste que dans une ou deux statuettes isolées, d un tout autre type (Capart, Rec, de 
Monum. égypt., pi. LXV). 

4. Capart, op. cit., texte. 



NOTES ET REMARQUES 115 



Di 



■s entations funéraires. A ce point de vue encore, il n'y a pas lieu de faire des companù- 
i« ODS avec le tableau de Gebelein et d'en tirer des conclusions, puisque les deux choses 
e peuvent avoir aucun rapport l'un avec l'autre. 

Pour ces diverses raisons, l'hypothèse de M. Wiedemann doit donc être écartée. 

^i^ous pouvons arriver à une explication beaucoup plus plausible si nous envisageons la 

^ laestion sous un autre angle. Il importe donc de rechercher si l'on trouve des scènes 

tw malogues, d'abord dans les tableaux funéraires, et, en second lieu, dans les vignettes 

■^^rJi iu Livre des Morts, ouvrage qui, bien qu'un peu plus récent, est toujours notre prin- 

îipale source de renseignements à cet égard. 

Dans ces images, le mort paraît souvent sous la forme d'une momie étendue sur 
an lit, et dans plusieurs chapitres on voit voltiger au-dessus de lui l'oiseau à tête hu- 
maine, qui représente le 6a "i^^ ou l'âme, la partie spirituelle de l'homme douée de la 
faculté de quitter le tombeau pour aller vivre de la vie des dieux ou d'y rentrer pour 
participer à l'existence souterraine du défunt'. Ce rôle du ba, très évident dans les 
textes et les vignettes du Livj'e des Morts, est déjà indiqué de la façon la plus claire 
dans nombre de formules des pyramides-, et est assez connu pour qu'il ne soit pas né- 
cessaire d'y insister ici. 

Dans le sarcophage de Henouï, la scène en question est peinte à côté des deux 
oudjas, à l'extrémité de la paroi gauche, dans le panneau où se trouve d'habitude la 
stèle-façade multicolore, considérée comme la porte de communication entre le mort et 
le monde réel. C'est donc par là que doit passer l'âme pour s'échapper vers la terre 
habitée ou la région céleste, et pour rentrer en contact avec le corps momifié. La posi- 
tion même qu'occupe le tableau, est donc une indiciition très claire de sa signification : 
c'est le seul endroit que puisse occuper normalement une scène représentant la réunion 
de l'âme et du corps. 

Le rôle des deux spectatrices s'explique également par les vignettes du Liore des 
Morts. Dans celle du chapitre xvii, le défunt est représenté momifié et couché sur son 
lit, accompagné toujours de deux aigles placés, l'un à sa tète, l'autre à ses pieds; ces 
oiseaux portent sur la tête un insigne qui permet de les identifier : ce sont, en effet. 
Isis et Nephthys, dont le rôle de protectrices du mort n'est plus à établir. Sur l'une 
des variantes de cette vignette', on voit encore, dans 
ce groupe, en plus des deux aigles, l'oiseau ba voler 
au-dessus de la momie. La ressemblance est très frap- 
pante avec la scène que nous étudions, sauf que, dans 
celle-ci, les oiseaux sont remplacés par des femmes : 
celles qui sont debout à gauche et à droite du tableau 
esquissent au-dessus du mort un geste des avant-bras 
et des mains, geste de protection qui est précisément celui des deux déesses quand, 




1. Chapitre i" {édit. N.wille, pap. P. e.), xvii, lxi, lxxxv, lxxxix. xcii, cxxiii, cxxxu, eu; ces vignettes 
montrent le ba dans le tombeau auprès de la momie, ou s'envolant au dehors. 

2. ScHACK-ScHAKENBURG, .^Qypt. StiuUen, n" IV, p. 2-5. 

3. Naville, Das œgypt. Todtenbuch, I, pi. XXVIII. 



126 NOTES ET REMARQUES 



SOUS la forme humaine, elles veillent sur Osiris. Nous pouvons donc dire que ce so 
Isis et Nephthys elles-mêmes qui sont en fonction, bien qu'elles ne portent pas sur la 
tête leur emblème distinctif. 

Nous aurions donc ici une forme de la vignette du chapitre xvii, antérieure à celle 
adoptée dès le Nouvel Empire, et où les personnages sont figurés non par des oiseau 
mais par des femmes. Si Isis et Nephthys, déesses anthropomorphes, peuvent, da 
-certaines circonstances, prendre l'aspect de deux aigles, il est admissible que l'âme 
aussi puisse, à l'occasion, prendre la forme d'une femme plutôt que celle d'un oiseau à 
tête humaine, d'autant plus que nous possédons nombre de formules permettant au 
mort de se transformer, à son gré, non seulement en oiseau, mais en quadrupède, en 
fleur ou même en dieu. La seule difficulté est que le mot ba "i^^ est toujours masculin 
tandis que le personnage représenté est bien clairement une femme. Pour expliquer la 
chose, il faut avoir recours à des hypothèses basées sur le fait bien connu de la multi- 
plicité des doctrines funéraires locales qui ne fusionnèrent que peu à peu, au cours 
des siècles, pour aboutir à un ensemble de théories relatives à l'autre monde, ensemble 
souvent peu homogène et plein de contradictions, où l'on retrouve des traces assez 
évidentes des éléments primitifs, absolument étrangers les uns aux autres. 

Le ba ne paraît sous forme d'oiseau à tête humaine qu'au Nouvel Empire, avec le 
Livre des Morts illustré; auparavant, on le représente, comme l'indique du reste le 
signe employé pour écrire le mot lui-même, par un héron analogue au bennou; il s'agit 
donc probablement d'une notion héliopolitaine. L'adjonction de la tête humaine peut 
avoir comme motif la fusion de cette doctrine avec une autre doctrine analogue, mais 
où l'âme aurait été considérée comme anthropomorphe. Peut-être le tableau de Gebe- 
lein nous donne-t-il la solution de cette question en nous montrant une théorie funé- 
raire de la Haute-Egypte, celle de 1 ame-femme, en ^opposition avec celle, beaucoup 
plus répandue, du ba ou âme-héron, originaire de la Basse-Egypte. 

Cette superposition de deux croyances parallèles du même ordre est un phénomène 
parfaitement normal dans l'histoire des religions, mais il est prudent, avant de l'adopter 
définitivement, d'en trouver la confirmation soit dans les textes, soit dans d'autres re- 
présentations figurées. Je crois en rencontrer une sur un sarcophage de bois de basse 
époque, de la série des prêtres de Montou', où l'on voit du côté de la tête, extérieureijl 
ment, au-dessous du cintre du couvercle, un tableau qui présente de frappantes ana- 
logies avec celui de Gebelein : une femme aux bras garnis de longues ailes est age- 
nouillée sur un édicule dans lequel nous reconnaissons l'ancienne stèle-façade; de 
chaque côté, Isis et Nephthys sont debout, faisant le geste d'adoration. Dans la stèle«l 
façade, nous reconnaissons l'image du tombeau, ou de la porte du tombeau, et dans la 
figure ailée qui la surmonte, une nouvelle représentation de l'âme-femme, et non^^ 
comme on l'a cru, de la déesse Nouït : la preuve de cette interprétation se trouve dar 
une réplique de la même scène, sur la cuve d'un sarcophage de pierre d'époque saïte' 



1. MoRET, Sarcophages do l'époquo bubastite d l'époque saïte (Catal. gén. du Caire), pi. I, p. 4. 
E. G. Maspero, Sarcophages des époques persane et ptolémaïque, I, p. 32, pi. III. 



NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 127 



haut de la paroi de tête, à l'extérieur, donc exactement dans la même position que 
précédent. Ici, la stèle-façade est remplacée par la momie étendue à terre, et la 
ime ailée par deux petites âmes en forme d'oiseau à tête humaine; le disque solaire 

lui domine les deux scènes rend leur identité encore plus vraisemblable'. 

Il faut espérer que d'autres exemples viendront éclairer cette question nouvelle 

;!e l'âme-femme. 



NOUVELLES NOTES DTPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

PAR 

V. SCHEIL 

XXVI 

Princes-scT'ibes. — On ne saurait, en vérité, exagérer l'éminente dignité des dupsar 
DU scribes dans l'antique société suméraccadienne. Pendant que l'autorité civile et mili- 
taire y maintenait du dehors tous les éléments, l'influence des scribes et prêtres attei- 
gnait au vif même des masses. 

I La condition de scribe était donc estimable et digne d'envie. Dans le grand nombre 
de ceux qui la recherchèrent et qui nous ont laissé leur nom, et souvent celui de leur 
ascendant, on connaissait déjà un patési. Je puis y ajouter aujourd'hui trois nouveaux 
noms de princes-scribes. 

Dans la Revue d'Assyriologie, t. IV, p. 11, M. Heuzey a publié cette légende de 
cylindre : 

(du) Narâm (du) Sin Au divin Narâm-Sin, 

danum le puissant, 

du Akkadim(ki) le dieu d'Accad, 

sarri roi 

kibratim des quatre régions. 

arbaim 

Lugal usumgal Lugal-usumgal, 

dupsa[rrum] scribe, 

pate[si] patési 

Sir[purla(ki)] de Lagas. 

Lugal-usumgal fut d'abord scjHbe, et il est naturel de penser que ses mérites et 
son influence professionnels ont contribué à le porter à des honneurs plus grands. 

Il ne rougit pas de son premier état, il signe de son nom et de son premier titre 



1. A ce propos, il faut remarquer que la vignette du chapitre lxxxix du Liore des Morts représente, daus 
les papyrus, l'âme-oiseau posée sur la momie, tandis que, dans certains sarcophages, l'oiseau à tête humaine 
est remplacé par le soleil lançant ses rayons sur la momie (Gauthier. Cercueils des prêtres de Montou, pi. IX, 
XXI, XXIX). 



128 NOUVELLES NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



l'objet qu'il voue au suzerain Narâm-Sin, et que sans doute il avait façonné et gra^ 
<le ses propres mains. 

*- * 

D'autres dupsar (Gudêa serait-il de ce nombre?) eurent une carrière aussi belll 
mais, leurs idées n'étant pas égales à leur fortune, ils se turent de leurs origines. 

Nous verrons que les patésis engageaient volontiers tel de leurs fils dans cette dis 
cipline. Gudéa lui-même se trouve être le père d'un scribe. Celui-ci taille dans le dioril 
une masse d'armes assez ordinaire, qu'il dédie avec cette formule (inédite) : 



Gu-dé-a 


A Gudêa, 




LugaL Iti-gm' 


Lugal-iti-gin, 


pa-te-si 


patési 




dupsar 


scribe. 


Sir-pur-la-ki 


de Lagas, 


* 
* * 


du mil- ni 


son fils. 



On laisse à penser si de moindres personnages imitèrent Gudêa, dans l'éducation 
de leurs enfants. ■V 

C'est ainsi que, sous Bur-Sin, le patési bien connu, Ur-nêgun d'Umma, eut unf p 
fils parmi les scribes, — d'après l'empreinte d'un cylindre sur une tablette de la coUec- ' 
tion Kelekian-Khan : 



Lu (amil) É-mah 

dupsar 

dumu Ur (an) Nê-gun 

pa-te-si Umma-ki-ka 



Lu Êmah, 

scribe, 

fils de Ur-Nêgun, 

patési de Umma. 



I 



A la même corporation appartenait, à la même époque, un fils du patési de Kutha- 
(collection Kelekian-Khan) : 



È-a ba-[ni] 
dupsar 
dumu Ne... an 



[I]-bi (ilu) Sin 

us danga 

lugal Sis ab-ki-ma 

lugal an-ub-da-tab-tah-ba 

Êa bani, 

scribe, 

fils de Ne... ilu. 



A Ibi-Sin, 

mâle héros, 

roi d'Ur, 

roi des quatre régions, 



pa-te-si 
Tig-gab-a-ki 
arad-su 



patési 

de Kutha, 

son serviteur. 



XXVII 

La dame Dungi-simti. — Sur les tablettes de comptabilité provenant de Drehem, 
aux environs de Niffer, on voit apparaître, surtout aux années 45, 51, 54, 55, 56 duj 
règne de Dungi, une personne nommée Dungi-zimti (var. zimtum), « Dungi est tout' 
gloire! »', sans indication de sexe ni de condition. 



1. Lugal SI-DU P (iti ou iskimj-gi. 

2. Pour les années de Dungi, nous suivons la nomenclature proposée par Kugler {Sternk., I, 1, p. 160). 



NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPMIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 129 



En l'an 45, elle fait, à l'intention de Tesin-Mama' (nom de femme), l'apport ou le 
on de deux agnelets (collection Kelekian Khan)". 



sil 

'e-si-in Ma-ma 
u-tum {an) Diin-gi 2i-im-tum 

En l'an 51, autres apports : 

kaskal musen 

igi-ê su (?) 

kaskal musen 

<e-li ba-ni 
itu-ta ud 30- î ba-ra-sal 
mu-tum 

[an) Dun-gi :si-im-ti 
A-bil-li-a 
ni-kii 
f'tu Ezen (an) Nin-a-zu 
mu-us-sa ê bà sa sahar (an) Da-gan- 

ba-dU . 



Bê-li tàbu ni-ku 

itu Ezen mah 

mu us-sa An-sa-an ki ba-gul. 



1 udu se 
1 mas gai 

Nir-ni-da-gal (al. ik) 
itu-ta ud 22 ba-ra-sal 
mu-tum, 

(an) Dun-gi :;i-im-tum 
A-bil-li-a ni-ku 
itu Ezen mah 

mu-us-sa ê bà sa sahar (an) Da-gan- 

ba-dii . 



En l'an 54, la comptabilité relève d'elle une fourniture d'oiseaux de basse-cour à 
l'intention de Sibat-êkur (Legrain, Le Temps des rois d'Ur, n° 77); ce dernier nom, 
qui signifie « l'habitante du temple », dénote une femme. 

En la même année, Dungi-zimti dépose une riche liste de lainages pour étoffes, de 
diverses qualités, par les mains de Sin-daïan et de Ur-Nannar, fils du roi (collection 
Maimon, A. 11). 

En la même année : 



1 ganam 

1 sal-as qar 

Ê me-te ê-a (al. ud-du-a) 

1 sil u-tu-da 

32 tu-rini musen 

Ba-gu-um musen-dù 

En lan 55 : 

ïO-7 ri m musen 
amil (7ra(+gunu) (ki) 



itu-ta ud 15 ba-ra-sal 

mu-tum {an) Dun-gi ;3i-im-tum 

A-bil-la-tum ni-ku 

itu A-ki-ti 

mu ... Lu-lu-bu{ki) a-du ... ba-gul. 



itu-ta ud 23 ba-ra-sal 
mu-tum {an) Dun-gi zi-im-tum 



1. « Elle respire le parfum de la déesse Mama. » 

2. Tous les textes inédits auxquels je me réfère au cours de ces pages appartiennent à la même collection. 



RECUKIL, XXXVII. — TROISIEME SEK., T. V. 



17 



130 



NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



I 



Â-bil-la-tum ni-ku 
itu U-nê-kà 

3 udu sam 

1 mas gai 

1 sil 

I-ti Gir-ra 

X udu, sam 1 sil 

[Ab]-ba-sag 

1 mas I-mi-id ilu 



mu-uà-sa Si-mu-ru-um{ki) 
Lu-lu-bu{ki) a-du 10-1 kam aà ba-gul. 

mu-tum {an) Dun-gi zi-im-tum 

A-bil-la-tum ni-ku 

sag (al. lib) Uru{ki)-ma 

itu E^en mah 

mu Si-mu-ru-um-{ki) Lu-lu-bu{ki) 

a-du 9-i kam as ba-gul. 



Puis, encore en l'an 55, ce sont vaches, bœufs, chevreaux que Dungi-zimti pro- 
cure à l'intention de la femme d'un haut fonctionnaire, le sakkanak Dungi-ili. 



1 ab 

1 ab sam 
10 udu sam 
10 mas gai 

dam (an) Dun-gi i-li sakkanak (al. gir- 

nita ou ug-ge). 



mu-tum (an) Dun-gi zi-im-tum 
Ur {an) Lugal edin-ka ni-ku 
itu $u-es-sa 
mu Ur-bil-lum{ki) ba-gul. 



^ m f>4< f/^^ 



^>^*J«l-V^) 



En l'an 56, dans les mêmes conditions, apport de volaille, à l'intention de Nir-ni- 
da-gal (Legrain, loc. cit., n*» 78). De la même col- ^ 

lection, un texte non daté, n« 76, fait allusion à des fif^^'i '^ '^/iu. t{^ 
chevreaux et agneaux octroyés par Dungi-zimti, à t4f^ ^> ^ ^^1^-^^ 
l'intention de la sœur de Silus-Dagan. 

Ces dons gracieux ou ces libéralités, très sou- 
vent destinés à des femmes auxquelles Dungi-zimti 
s'intéresse, laissent deviner, — à défaut d'un déter- 
minatif, qui, à cette époque, est sous-entendu et 
dont les contemporains n'avaient pas besoin, — que 
ce dernier personnage est lui-même une femme et 
non des moindres, du monde familial ou officiel de 
l'entourage du roi Dungi'. 

Et, en effet, sur une tablette inédite de la collec- 
tion Kelekian Khan, datée de l'an 42 du règne, on 
lit sur l'enveloppe (qui est restée fermée) ces mots : 



,^3^ t^j> 















±ïr±JM 



^¥<M 






I 



1. A la même époque, à Umma-Djokha, sur diverses tablettes de comptabilité, on ne soupçonnerait pas 
le rôle qu'y joue une femme de patési, sans le cachet qui y est quelquefois empreint de surcroît et qui révèle 
pour nous son identité : 

Nin-fii-ni-a 

dam A-a kal-la 

pate^i 

GIS-UH-ki-ka. 



1 



l 



NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 131 



Laissant de côté, pour le moment, la mention du mois Âkiti se numun, qui est 
importante, portons l'attention sur l'empreinte d'un cachet qui couvre toutes les faces 
de l'enveloppe de la tablette. 

La scène, qui était d'un bon travail, figure un dieu barbu, assis, coiffé du turban 
à calotte, devant qui un prêtre amenait un client à tête rase, vêtu de grande robe, et 
levant les mains dans l'attitude du suppliant. 

La légende était ainsi conçue : 



Dun-gi 

us dan-ga 

lugal Sis-ab-ki-ma 

lugal an-ub-da-tab-tab-ba 

Dun-gi zi-im-tum 

èal-me kaskal-la-ka-ni 

Mas-gu-l[à\ 

sukkal arad-zu. 



(A) Dungi, 

mâle héros, 

roi d'Ur, 

roi des quatre régions, 

(et à) Dungi-zimtum, 

dame (compagne) de sa route, 

Masgula, 

le sukkal, ton serviteur. 



Que Dungi-zimtum se joigne à Masgula pour honorer Dungi, ou que Masgula 
joigne Dungi-zimtum à Dungi pour les honorer de compagnie, il n'importe'. En toute 
hypothèse, Dungi-zimtum parait être la salme kaskallaka du roi. 

Il ne vient point à l'esprit que ce titre ne signifie rien autre chose que « sa prê- 
tresse de route ou de caravane ». Le mot kaskal s'emploie fort bien au figuré, pour les 
sociétés commerciales, par exemple. Il s'agira donc de la salme, « son associée » ou 
« sa compagne ». 

Que toutes fussent vierges, ou non, — salme se dit des prêtresses des dieux. L'épouse 
d'un roi duquel le caractère sacré est marqué par le déterminatif ilu qui précède son 
nom, l'épouse, dis-je, du divin Dungi pouvait justement s'appeler salme. Quels qu'aient 
été, à l'origine, le sens de ce mot et les conditions de la fonction qu'il dénommait, il 
signifie, dans le cas présent, sans doute « la dame » et, comme il est suivi de kaskalla, 
«l'épouse». 

A cet égard, un texte instructif est celui de la légende en langue anzanite de la 
statue de bronze de Napirasu : 



U sal-me Na-pir a-su 
ru-tu y Un-tas [nap) G AL ki 
u àal-me Na-pir a-su ru-tu J Un-tas 

{nap) GAL ki. 



Moi, (je suis) dame Napir-asu, 
épouse de Untas-GAL; 
moi, dame Napir-asu, épouse de Untas 

GAL, etc.* 



1. Un exemple curieux du cachet commun à deux époux est le suivant, d'époque ancienne 



Kunuk Mu-sa mâr A-ma-a 
arad (ilu) HE-TIL C^>-^ >^) « Is'dar(tar) 
kunukkum an-nu-um sa 
aà-sati-su 
sa i-ra-si. 
2. Textns élam.-aman,, 2' série, p, 1. 2. 



Cachet de Musa, fils dAmâ, 

serviteur des dieux HE-TlL et Istar; 

ce cachet est celui de 

sa femme, 

qu'il a (pour épouse). 



132 NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



Dungi-zirati était-elle jeune encore à l'époque où ce cachet fut employé, c'est-à- 
dire en Tan 42 du règne? Pour qu'elle portât un tel nom, il fallait qu'elle naquît après 
l'avènement de Dungi. Les courtisans n'étaient point prophètes, et ce n'est que du jour 
où le prince était monté sur le trône qu'ils affectaient de composer les noms de leurs 
enfants avec une allusion laudative à sa personne. L'âge de Dungi-zimti était donc, 
alors, ou égal ou inférieur à 40 ans. 

Qu'elle ait été la première compagne ou l'unique favorite du roi, il faut en douter. 
Car, dans la liste des formules chronologiques datant les années du règne, on trouve ■ 
nommée une certaine Ni-x-mi-da-su, fille du roi, qui, en l'an 26, est élevée à la sou- 
veraineté de Marhasi. 

En revanche, il est possible que certains fils et filles de Dungi, mentionnés à 
Drehem, en même temps que Dungi-zimti, entre les années 54 et 56, soient bien nés 
de cette dernière, pa exemple : 

Ur-Nannar ( Tabl. Maimon, A. 11 ; cf. supra) An 54. 

Gimil-EIUL (Genouill., Trouv. Drehem, n" 86, 2) — 54. 

— — — n<'23 — 56. 

Me-Dungi, fille (Dhorme, Rev. d'Assyr., IX, pi. I, n° 12, 2). — 54. 

Lu {Amil)-Nannar (Legrain, toc. cit., n** 28) — 54. 

XXVIII 

L'identification des mois du calendrier de Drehem. — La date du petit texte de 
l'an 42 de Dungi, que nous publions plus haut, et dont la lecture ne peut faire l'objet 
d'aucun doute, jette, sans entraîner à de graves discussions, une belle lumière sur la 
question du calendrier à Drehem. 

Le mois allégué s'appelle (première mention de cette sorte) itu A-ki-ti se numun. 

Il existait une fête Akiii se kin kud, o fête de la moisson » (Legrain, Le Temps 
des rois d'Ur, n° 27, 4, et Dhorme, Reo. dAssyr., IX, pi. II, n° 47, 2), et tel docu- 
ment que j'ai sous les yeux est daté du mois de la fête de la moisson. 

Par contre, itu Akiti se numun est le mois de a la fête de l'ensemencement ». 
C'est cette formule qu'on abrégeait habituellement en itu Akiti, mois de la fête par 
excellence. 

Après cela, il est tout naturel que le mois précédent, appelé Ezen [an) Nin-azu, 
soit celui où les cultivateurs se procuraient le grain nécessaire aux semailles. La ta- 
blette 25 de Langdon {Archives of Drehem) relate précisément un fait de ce genre, à || 
cette date : 

I èe lugal 60 qa d'orge royale 

.se numun su pour l'ensemencement, 

Zu-ga-ga Zugaga 

lu Marad-da-ki le Maraddéen (a reçu) ; 

se Gir{Ir)-ri-ip orge de Girrip — 



NOrVELLES NOTES DËPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 133 



dub-ba-la hors du grenier (elle a été tirée); 

'u Esen (an) Xtn a-ja mois de Ezen Nin-azu, 

lu-us-sa È bà sa sahar (an) Da-gan année de, etc. 

ba-dù . 

Il est tout naturel aussi que le sixième mois à la suite soit celui de la moisson, et, 
•n effet, c'est celui-là qui est aligné dans les listes sous le nom de $e-kin-kud. 

Quelle est l'époque de la moisson en Mésopotamie? Sur ce point, quelques assyrio 
ogues montrent de la méfiance à l'égard des dires de voyageurs. J'en suis marri, et 
e citerai deux observations personnelles. 

Le 20 avril 1894, au moment où je quittai la fouille de Sippar, aucun épi de blé 
l'avait encore été coupé, dans la riche plaine a voisinante. 

Le 13 mai 1894, à Bartelli, avant d'atteindre Mossoul, le long de la route, les 
noissonneurs venaient au devant de moi m'offrir la javelle de blé de bienvenue. L'orge 
nûrit un peu plus tôt. 

Le mois d'Akiii (resp. Akiti se numun) étant celui des semailles, la récolte des 
Jattes doit avoir lieu un mois et demi, deux mois environ, plus tôt; soit en Kisig [an] 
NincLîu, qui est celui que le parallélisme fait assimiler, dans Lagas, Niffer, Umma, au 
nois de ^u numun. Le tableau de la récolte de dattes que nous avons publié dans la 
Reoue d'Assyriologie (1913, fasc. 1-2 et suiv.) est précisément daté du mois de Su 
numun, et il n'était nul besoin d'excuser, comme je l'ai fait, le scribe de quelque pré- 
tendue négligence. 

Sous réserve de quelques légers glissements, — quinze jours plus tôt, quinze 
jours plus tard, — il conviendra donc de classer comme suit, à Drehem, les mois de 
l'année comparés avec ceux de notre propre calendrier : 

Mas-du-kù Juin (Nisan), 

Ses-da-kù Juillet ( Aiar), 

Ù-nê-kù Août (Sivan). 

Ki-sig {an) Nin-a-^u (al. su-numun). Septembre (Dùzu). 

Ezen [an] Nin-a-zu Octobre (Ab), 

Â-ki-ti se numun (al. âkiti) Novembre (Ululu). 

Ezen (an) Dun-gi Décembre (Tasrit), 

Su-es-sa Janvier (Arahsamnu). 

E:;en mah Février (Kislev). 

Ezen an-na Mars (Tebet). 

Ezen me-ki-gal Avril (âabat). 

Se-kin-kud Mai (Adar). 

XXIX 

Zaï-iq et Beli-ariq. — Le patésiat n'était point une dignité héréditaire, par défini- 



134 NOUVELLES NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



tion; et Zariq, patési de Suse, aux temps des rois d'Ur, n'a point toujours aspiré à o 
titre administratif. 

Nous rencontrons son nom, dès l'année 56 du roi Dungi, dans les tablettes d 
Drehem (Legrain, Le Temps des rois d'Ur, n° 269), où, personnage déjà importai! 
il coudoie les patésis de Kutha, Nippur, Kis. 

En l'an 3 et en l'an 4 de Bur-Sin, Zariq tient un exercice qui vient de dépense 
489 moutons, aux côtés des patésis (?) d'Uruk (Legrain, ibid., n" 36). 

Dans une autre année, dont le chiËEre est effacé, il fait aussi l'apport d'une victime 
à la déesse Nin-êgal (Legrain, ibid., n° 370). 

La Susiane dépendait de l'autorité des rois d'Ur ; on le sait assez par les fouill 
de Suse, qui ont fourni des briques de construction aux noms de Dungi et de Gimil 
Sin, et des tablettes de l'époque de Bur-Sin. Là aussi, au siège du patésiat, fut trouvéi 
la tablette qui peut passer pour la bulle d'institution du nouveau titulaire Zariq 
document que j'ai publié dans V Anniversary Volume, de Hilprecht, p. 153. 

L'entrée en fonction de Zariq ne peut dater, d'après ce que nous avons dit pi 
haut, que de la quatrième année de Bur-Sin, ou après. 

Voici, à ce sujet, un texte inédit de Drehem, appartenant à la collection Keleki 
Khan, qui est de la neuvième année de Bur-Sin : 



r.>-^T£>^ 



> 






1 zabar ab sag ku-babbar 

Za-ri-iq pa-te-si Susi{ki) 

su Im-mi-nu-us 

mu-tum 

gir U-bar-um lu na 

Bà-sa {G)ir-ra 

èu-ba-ii 

sag Sis-ab-ki-ma 

itu A-ki-ti 

mu En [an] Sis-ki ba-sà. 






Une vache de bronze avec alliage d'ar- 
Zariq, patési de Suse, [gent. 

par Imminus, 
a apporté. 

Autorité de Ubarum... 
Basa-Girra 
l'a reçue, 

dans la ville d'Ur, 
au mois d'Akiti, 

de l'année où le prêtre de Nannar fut 

[institué. 

Des témoignages non datés de l'activité du patési nous sont fournis par Pinches 
(Amherst Tabl., n" 60) et par Thureau-Dangin {Recueil de Tabl. chald., n° 325). 
Combien de temps dura ce patésiat ? 



NOUVELLKS NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCIIËOLOGIE ASSYRIENNES 135 



Zariq eut comme successeur le patési Beli-ariq, dont nous avons signalé l'existence 
:, Suse, dans ce Recueil de Ti-avaux (t. XXII, Notes..., L, art. 3). Or, ce Beli-ariq, 
: )résent à la cour d'Ur, en l'an 6 de Bur-Sin, d'après une tablette de Drehem (Lang- 
: >0N, n° 16), y est encore comme familier du roi, en l'an 7 de Gimil-Sin, d'après un 
. exte de même origine (Legrain, loc. cit., n° 181). 

Zariq fut donc patési à Suse, depuis peu après l'an 4 de Bur-Sin. et atteignit jus- 
t |ue, et peut-être au delà, l'an 8 de Gimil-Sin. 

XXX 

: NOUVELLES DATES OU FORMULES CHRONOLOGIQUES 

' 1. Année où fut ruinée la ville de Bîtum rabium. — Des deux petits textes ci- 
l oints (collection Kelekian Khan), qui paraissent provenir de Djokha-Umma, l'on peut 
<i;irer un nouveau fait historique de l'époque d'Ur, celui de la ruine de la ville de Bîtum 
l'abium. Le nom signifie « grande maison » et rappelle de manière générale celui de (al) 
lEkallâte (Sennach, Bav., 49, 50), ville située aux frontières de la Babylonie et de 
! 'Élam. Dungi étant nommé indirectement dans l'un des noms propres {Amil Dungi), 
'événement nouveau qui nous occupe peut être postérieur à ce règne. 















On se demandera si ce nom de Bîtum rabium n'est pas simplement le nom sémi- 
tique de quelque pays élamite dévasté par les rois d'Ur et déjà connu ; par exemple, 
Hal risa ou Hal irèa, « région, maison grande », devenu Ha-ar-èi. 

Pour hal, « pays », halmu, « maison », cf. Textes êlam.-ans., spécialement, 4« sér., 
p. 94 et suiv., fin des contrats. Le sens de irsa, nsa aussi, est acquis. 



k 



136 



NOUVELLES NOTES D'ÉPIGFtAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



En réalité, nos textes seraient d'une année mu Ha-ar-si(ki) ba-f/ul, formule sus 
ceptible de développement. Ainsi, dans Genouillac {Tronv. Dreli., n° 88) : mu Bi-tu 
ra-bi-um-(ki) (l'éditeur lit Bibrabiuml), /a (signe ni)-ap-ru-(ki)* ma-da-ki-bi u Hu 
uh-nu-ri-(ki) ba-gul : Année (7^ de Bur-Sin) où fut dévasté Bitum rabium, Yap 
et sa région, et Huhnuri. 

2. Une autre formule nouvelle se trouve dans les textes suivants, originaires d 
Drehem : 



a) 1 udu 

ba-ug (>-<) ud 30 kam, 

sag (lib) Tum-ma-al-ki 

ki As (►— ) ni-ri [*^t^)-ta 

Be-li-a-ri {*-^t^)-iq 

su-ba-ti 

itu sis-da-kù 

mu en ppl!^^ -3i an-na 

en (an) Nannar mas e-ni pad 



b) 



[trois lignes détruites) 



se-numun a-an 



4 guv 

>-< XX^ gan ^ sar 

se-bi ]fy*f~ 

a-sag Pal-a 

ki A-da-lal sabra 

Bà (= ka + sa)-u-a su-ba-ti 

mu Bà-u-a-sà 

dup Ur (an) èu-an-na nu-bam 

a-sag (?) Ga (= mal){p.)-gé-gal (-. 

itu A-ki-ti [rab)-i 

[mu] en ïï"'^=< -zi 

[an-na en] an Nannar 
[ma^] e-ni pad. 



ne 



Cette formule a un analogue en l'an 23 de Dungi : mu en nir-si an-na (a, 
Nannar mas e-ni pad, où notre signe [nouveau (un dérivé de suhur) est remplac 
par nir. 

Rien n'autorise, littérairement parlant, à croire que l'un est l'équivalent de l'autr 
dans une allusion à un même fait. Du point de vue chronologique, nos deux tablettei 
sont d'époque plus tardive. Les tablettes de Drehem ne remontent pas à l'année 
(resp. 11 + 3?) de Dungi. Puis, elles nomment ici, d'une part, le sabrû Adalal, q 
exerçait à la fin de ce règne {Ur, Legrain, n" 377) et sous Bur-Sin {Dreh., Genouill.J 
n° 91), et, d'autre part, Beli-ariq, futur patési de Suse, présent à la cour de Bur-Sir 
en l'an 6 (voir plus haut, ci-contre). 

Il s'ensuivrait que notre nouvelle formule se rattache plutôt à la fin du règne de 
Dungi ou au début de celui de Bur-Sin, et qu'elle a fait double emploi avec une autre 
de cette période. Cf. Reo. d'Assgr., t. IX, p. 40, 41, et pi. I, SA. 1. 



i 



3. Notons supplémentairement non pas une nouvelle formule, mais une variante 
graphique dans une formule déjà connue. Dans les textes de Djokha, on trouve dans 



1. Cf. le nom divin élamite Yapru {Surpu, II, 63, et Ohél. Manist., dans les Textes élamites-scmitique$, 
p. 30 [A/ira). 



TEXTES RFXIGIEUX 137 



■ - llr^T-^Trii^ ^^^ 

»^ i^^>^ ^'^ ^^^ mu èa-as-ru-um ki ha-gul 

^ •^h— y mu $a-as-ru-um ki a-du 2 kam ba-gul 

e deuxième signe de Sasru écrit non par le signe *— habituel, mais par »-J^ (aà-su?), 
uquel, par la force des choses, il faut attribuer une valeur as, us. Celui-ci rappelle le 
-igné final de Gudêa, cyl. B. 1, 9, que Thureau-Dangin propose dubitativement de lire 
us, su. Le scribe l'emploie donc dans Sa-as( su)-ru-um pour Sa-as-ru-um. 

Les deux formules précitées se disent de la sixième année de Bur-Sin. Celui-ci a 
!U deux fois affaire à Sasru. La tablette 2 de la Trouvaille de Drehem (Genouillac) 
e termine, en effet, ainsi : ud (an) Bar (an) Sin-ge 

Sa-as-ru ki u Su-ru-ut- hu-uni-ki mu gul-a 
mu en m,ah gai an-na en (an) Nannar ba-su-a\ 
)ù le fait particulier de la promotion de pontifes est placé dans un fait général, celui 
ie la dévastation de Sasrum et de Suruthum. 

Ce fait général n'aura pas eu les honneurs du formulaire chronologique, que la 
iérémonie religieuse, en la quatrième année, occupe tout entière.' 

La dévastation de Sasru pour la deuxième fois aura été accomplie en la sixième 
innée. La précision « pour la deuxième fois » pouvait s'omettre et, en cas d'emploi, 
l'impliquait pas nécessairement qu'une première dévastation par le même roi ait servi 
précédemment à désigner une autre année. 



TEXTES RELIGIEUX 

PAR 

Pierre Lagau 
XC 

A = Sarcophage de û ^^^^^ ^ ^=^ • Berseh, XIl« dynastie. Musée du Caire, Cat. 
gén., 28092. Côté 3, 1. 107-114. 

B = Même sarcophage. Côté 2, 1. 26-32, 

C = Sarcophage de Û?'^- Berseh, XII« dynastie. Musée du Caire, Cat. gén., 
28089. Côté 4, 1. 77-96. 

D = Sarcophage de \\ V^- C'est le sarcophage extérieur du précédent. Musée 
du Caire, Cat. gén., 2S090. Côté 3, 1. 57-69. 

E et F = Voir au chapitre LXXXVI. J'ai complété deux passages (1. 5 et 78), 
d'après E. 

1. Variante inédite : Ud [an] Bur (an) Sin lugal é Sa-as-ru-ki u Su-ru-ut-hu-ki mu-gul-a. 
Mu en mah, etc. 

18 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIEME SER., T. V. "* 



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TEXTES RELIGIEUX 






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TEXTES RELIGIEUX 



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TEXTES RELIGIEUX 



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1. Complété d'après E qui porte 



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2. D pour III, confusion fréquente en hiératique. 

3. Complété d'après E qui porte 



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Une transcription en voja; DU NOM DE 



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Pour compléter ce que 



j'ai dit du nom d'Apriès dans le dernier numéro du Recueil, et de la transcription en 
-pîT,; qu'il renferme du nom de o, j'ajouterai que je regarde la terminaison -voia; 

du nom 'Oaujjiavo^aî comme un exemple nouveau de la transcription -ria du même nom. 
Qu"oauîJLavSjai; soit la fomic qu'a prise dans la tradition thébaine le nom © |\^. oùatpâoT):;, 
Ojoa'.;jLâor,;, je crois qu'ou n'en saurait douter : l'orthographe grecque MavSojXiç à côté dcJ 



INTRODUCTION A LÉTLDE DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 147 



l'hiéroglyphique ^_^^, -^^^ ou ^_^'^_2^ nous montre la même transcription vo 
pour <=> qu'il y a dans 'OTUfiavo:»^. Je crois avoir rencontré deux autres exemples de 
cette équivalence, mais ils ne seraient pas tenus par d'autres savants pour aussi cer- 
tains que le cas de ^ _g^ = MavooOX-.;; il faut donc nous borner à dire que, dans 

certains cas, et sous des influences que nous ne saisissons pas encore, le <=> pouvait 
devenir vo dans le sud de l'Egypte, c'est-à-dire nasale -^^^, v -f o, spirante dentale 

AAA/NArt 

sonore, se combinant comme = d latin pour rendre un son que le grec ne pos- 

sédait pas. L'j est déjà pour Diodore un son en i, au moins dans certains cas, comme 
le prouve l'équivalence XaSp>.; = Khàfri.\. De même donc qu'on a l'élément 1*4^ = 
'Od'jaa, on a l'élément vo^a,- = g riya ou ria. — G. Maspero. 



INTRODUCTION 

A 

L ÉTUDE DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE^ 

PAR 

G. Maspero 

J'ai commencé, dès mes débuts en 1867, à entasser les notes sur des points de grammaire, 
et, depuis lors, je n'ai cessé d'en publier quelques-unes sans essayer d'en composer une théorie 
d'ensemble, estimant que, dans ce genre d'étude plus que dans les autres, il ne pouvait y avoir 
qu'avantage à laisser le temps accroître la masse des matériaux et mûrir les idées. Si j'étais cer- 
tain de pouvoir vivre une dizaine d'années de plus, je suivrais encore le même système, et je 
continuerais à donner seulement des fragments sans lien apparent, dont la génération nouvelle 
ne saisirait pas la portée, tant mes recherches mont mené loin du cercle de doctrines où elle se 
meut. Malheureusement l'âge est venu, et j'en suis arrivé à ce moment de l'existence où l'on 
doit ne plus compter sur l'avenir, mais où l'on accepte avec reconnaissance chaque jour qui 
vient : si je ne veux pas risquer d'emporter avec moi toute l'expérience que j'ai pu acquérir 
pendant un demi-siècle de labeur assidu, il convient de mettre la main à l'œuvre et de me hâter. 
Je n'ai pas l'ambition de composer ici une véritable Grammaire éf/j/ptienne, car, malgré tout ce 
qui a été publié sous ce titre, en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, j'estime que 
nous n'en savons pas encore assez pour y réussir : le livre que je commence à rédiger aujour- 
d'hui et que je désirerais, sans trop y compter, pouvoir mener jusqu'au bout, ne sera tout au 
plus qu'une Introduction à l'étude de la Grarrunaire égyptienne. Peut-être s'étonnera-t-on de 
voir le plan sur lequel j'ai essayé de le construire. Comme je lai dit un nombre infini de fois 
et imprimé à plusieurs reprises, nous avons eu la chance de trouver table rase en matière de 
langue au commencement de notre science, et nous avons abordé le déchiffrement sans encom- 
brement de théories préconçues ou de paradigmes préétablis : ne vaut-il pas mieux profiter de 
la liberté absolue, dont la fortune nous a gratifiés de la sorte, pour créer à l'égyptien une gram- 
maire qui ne soit inspirée exclusivement ni des modèles purement classiques, ni des modèles 
indo-européens, ni des modèles sémitiques, mais qui ressorte entièrement dune analyse des 



1. Le premier chapitre que je ne publie pas ici sera consacré à l'étude pour l'œil du système graphique 
égyptien : le présent chapitre qui sera le second de l'ouvrage complet est consacré à l'étude pour Voreille. 



148 INTRODUCTION A L'ËTUDE 



I 



textes entreprise avec l'aide de tous les moyens que la philologie peut nous prêter à quelque! piili* 
ordre de langue qu'elle s'applique? C'est une partie d'un chapitre préliminaire, conçu dans 
cet esprit, que je publie ci-joint, à titre de spécimen de l'ouvrage entier. — G. M. 



Au point de vue delà prononciation, le système graphique de l'égyptien exprime 
trois sortes d'articulations différentes : 1^ des consonnes proprement dites supposant 
l'existence de phonèmes occlusifs et sifflants; 2° des voyelles; 3" des sonnantes. 

1» CONSONNES PROPREMENT DITES 

A. OCCLUSIVES 

Les quatre catégories possibles d'occlusives sont représentées dans le système, les 
labiales par les caractères-types O, \\, "^^-^ et par leurs équivalents graphiques, les i 
dentales par les caractères-types -^ , s=> , ^°1 , crs^ , et par leurs équivalents graphi- 
ques, les gutturales et les aspirées par ^^^=1:^, A, S, CT. \, ®, ^-=', et par leurs équi- 
valents, enfin les sifflantes et les chuintantes par — »— , I, □□, et leurs équivalents, aux 
diverses époques. Les caractères ne couvrent pas exactement toutes les nuances de son 
employées dans l'usage courant de la langue, mais chacun d'eux cache, à côté de l'ar- 
ticulation fondamentale qu'il représentait à l'origine, des articulations secondaires ap- k 
partenant à des dialectes différents ou survenues dans un même dialecte au cours des ', 
siècles. Je vais essayer d'établir leur histoire, tout au moins depuis le début du second 
empire thébain, XVP siècle avant Jésus-Christ, jusqu'à nos jours. 



a. Labiales. 



Au début du second empire thébain, il semble que D et sa variante /^ cou-l 
vrent déjà deux sons, notre sourde simple p et son aspirée ph, ^ : peut-être l'orthographe 
fréquente à l'âge memphite, rare plus tard, D J^'^' ^^^' marque-t-elle un essai 
des scribes pour rendre la prononciation sourde p, aux temps antérieurs, mais cela est 
bien incertain. Il semble que cette double prononciation, dont nous ne pouvons rien 
dire à l'origine, devienne un fait dialectale à mesure qu'on avance dans le temps; à 
partir de l'époque saïte, la prononciation p/i, f , est celle des dialectes du Nord, et la 
prononciation /)-6 est celle des dialectes du Sud dans certaines positions, tant qu'enfin, 
dans le copte, elle s'exprime par n dans les dialectes du Saïd et par cç dans ceux du 
Delta. La prononciation,/ du <^ s'est maintenue jus(iu'à la fin dans l'alexandrin-mem- 
phitique, et, aujourd'hui encore, les Coptes la conservent par tradition, mais la pro-j 
nonciation /) du n sa'idique a disparu sous l'influence de l'arabe qui ne connaît point 
l'articulation p, et elle est devenue celle de la sonore 6 dans toutes les positions. 

Voici quelques-unes des preuves, graphiques qu'on peut donner de cette histoire 
1° Du XVI'' siècle acant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Dans les tram 



I 



DK LA lMIO?.;ÉriQUE ÉGVPTIKXNE 149 



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jliptions en hiéroglyphes données des noms sémitiques par les listes géographie] ues 
Upuis Thoutniôsis III jusqu'à Shashanq, D et ^ répondent au s hébraïque, h S) 

pl^ ""^^ ^PH.V.rJ.. ^^ Foukfn, }^^^ nn. ,W; , ij||^ ^t.H ALsopu, 
|^D^^()'^D:^Bn Rapharaîm, ],'^^D^]() nnçns j^^^ Sarepta. SarepHta, 

\>eraFend, etc. Il est difficile de faire là le départ des deux prononciations du p) = ph 
m P, mais plusieurs exemples montrent que les scribes essayaient parfois de les dis- 
SngLier par 1 écriture : -^ .c^i:^*^ , \ J^i' ^ù le premier élément du nom 
correspond à l'hébreu ies, rend le ^ de ce mot par »^.=^, et de même ^"^^'^"^1%, i/^ 

|»n, f flU ^Ç?' etc.' 

Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens nous donnent : 

Pour répo(|ue d'Aménôthès III et d'Aménôthès IV, dans les noms propres formés 

avec J^ initial, P^^<«""'"^«]^^^ Jl ^, Paouêra ^^"^^^1%^' Pariyamahou 

-— ^^ ^ V ' ^'^"^ ^^ corps et à la fin des mots [I ^ Amanhatpc. 

^rJ .4ma/2appf/, r"^ ^ Manahpiriyd ; - 

Pour celle de Ramsès II, " © satep-na-riiia : 

Pour celle d'As arhaddon et d'A ssour banipal, dans les noms géographiques en 

, Panouboa , Pousiurou A^, Pishaptou \ VV ®' dans le titre 

Pirouà , dans les noms d'hommes en ^ et en A^, Petoubashd W Vw^, 

<:=>^\^ Pahrourou, A^ ^^ r^ ^ ^ Pisanhourou. 

Les transcriptions hébraïques et grecques des noms d'époque saïte, que les pro- 
phètes et Hérodote nous ont conservées, nous permettent de saisir dans la prononciation 
du U des nuances qui nous avaient échappé jusqu'alors. En effet, avec la confusion gra- 
phique que les cunéiformes établissent entre les syllabiques en b et ceux en p, ou entre 
les prononciations sourde p et aspirée plt de leurs signes qui renferment un p, confu- 
sion qui se retrouve en hébreu pour p|, nous ne pouvons pas dire si les Egyptiens pro- 
nonçaient les noms ainsi écrits Pahira ou Pwahira, Sarepta ou Sarepuia, Peraô ou 
Pneraô, ni, par conséquent, si les différences de prononciation répondaient à des diffé- 
rences dialectales. Au contraire, quand Hérodote nous raconte la légende de Phérôn et 
(|u'il la rattache à un édifice memphite, nous pouvons en conclure avec un cert ain degré 
de vraisemblance que Pué/'o était une prononciation septentrionale de . D'autre 

j>art, quand il emprunte à Hécatée de Milet, qui, lui-même, l'avait recueillie à Thèbes. 
la légende des Pirôniis, fils des Pirô/tiis, nous sommes en droit de conclure (pie c'était 

là aussi une -prononciation locale qui énonçait le groupe D^, .^ ^m P'^'-rômi[è], 

donnant à D la valeur sourde quand l'autre lui donnait dans le môme temps la valeur 
aspirée. Il est probable que la même différence se retrouvait régulièrement dans les 
autres mots en D et que les deux dialectes qu'elle caractérise existaient déjà sous une 
lorme plus archaïque que celle qu(i le copte nous fait connaître. C'est ce (|ue les trans- 



1. Cf. p. 156 du présent volume. Pour gagner de l'espace, je n'ai point iuséré les traductions des mots 
cités. 



150 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



criptions grecques de l'âge ptolémaïque et romain tendront à nous indiquer de plus 
en plus. 

2'' Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— Elles nous montrent, en effet, le D,. transcrit tantôt -, tantôt o, dans des conditions 
qu'il s'agit de déterminer, ^^^^^:rV|^ riai^w/Or,;, ^^vx ^^^ 'Aciiar,!!'.;, J^ 

^'V^ lloovip'.c, D*^^^^^^^ Il!^^V^'% ^ , ^ 'AnâOr.ç-'Aniriç, D%. \\ ^^ ^fxoieTr);, ' 

ii£-:£*pT,î, X Jf ''''^^fî, et ainsi de suite. Certaines de ces formes où D est rendu par «p 
.s'expliquent sans qu'il soit besoin de recourir à l'hypothèse du dialecte. Ainsi, dans 
iie-:£<i>py;;, l'aspiration du second D s'explique par le caractère de I'r de -^r-". qui est 
accompagnée d'une aspiration personnelle rendue par un ' en grec, 'Paijiijjrjî, Rhamsès ; 
cette aspiration peut influer sur la prononciation du D précédent, même lorsque celui-ci 
n'est pas contigu à «=>, comme dans 4>ap?;; A^^^___ûM7i, 4>apioi , <i>£pvoùtpi; T, 

mais, elle disparaît dans des mots du même type /^^A — Q^^ ^ ne-capOpr,;, (?) nz^^ôL^nc, 

( .-c^jliy^' 1© iiEpya;jtatra'.vr;ït, prouvant aiusi qu'il y a dans la prononciation * 

du D au voisinage de <==>, i , un fait probable d'influence dialectale. Il n'en est pas de 

même dans le rendu 'i»?;... de l'initiale ou Af< de toute une série de noms 



lornie 






composés, «î>pwô;JL-ot>; ^ ~Y '^^'^ , ^P'-'r^''/j:<yj::i:; \P==^U^ ® 4^^ ^pnrsTÔjip'.ç 

.<2>- ' \> ■! M? fi^l ' \\ Ji /www T cil ' n " ' '* " 

Aj\, etc. : le <!> répond, dans tous ces noms, à la combinaison D -[" X de l'égyptien, et, 
par conséquent, il doit se rencontrer dans les dialectes au Sud comme au Nord, par- -, 
tout où il y a rencontre des sons exprimés par ces deux signes. On a, en effet, à Thèbes \ 

comme à Memphis, «l'a^p?;; pour l^K^ nn^' '^''^''' V^^^ ^^^Jh'^'^^' *^^'^ ^ 
pour n ^' toutefois, ces deux derniers peuvent devenir nig-ç et nâ-i; par affai- i 

blissement et disparition de l'aspirée. Le même fait d'usure se retrouve dans la trans- I 
cription hiéroglyphique des noms grecs en *. Régulièrement elle se produit par un D Î! 
+ aspirée, en ou ft, V "^ V ^ ^tXôeeoç, (](] W^ «frîXwv, etc., mais on 1' 

le trouve exprimé plus fréquemment encore par un n, non suivi d'un signe d'aspira- • 

tion.*D(|(j^^"^%.Xo.b.,*D()(JA^|jp^ *a..vo;, ^f]^)^ T,ov*â,v, j 

DÛO-âa^^^l Jj i':X'.--o;, q(1(]-^^^^^. \ ^ *'.).àu.a(ov. Commc on voit dans ce ^' 
dernier cas, le scribe égyptien qui traduisit en hiéroglyphes l'original grec ne reconnut pas 
le nom du dieu [| jj Aiji[jlwv. Les exemples de D ou 1^^= ? se trouvent à la dizaine. 
Toutefois, un certain nombre de transcriptions grecques nous révèlent pour des 
noms égyptiens des doublets qui semblent bien indiquer une origine dialectale, nyl] 
t^ af ''- ^^'^'^ ^^^ d^û^ ^^^ textes différents 'I».ulô'.; et n^aô-ç, n.uoOïî, sans qu'on puisse ex- 
pliquer la prononciation aspirée du a par l'influence de Q ma-mo, qui suit; ^^ 
Celui (jui appartient au cliéikh (Osiris) est ria7,p- et l'af.p-.;, /^^W^p^ nni'.v.ç et 

AHioipiç et 'A*â)(f,'.;, n^JJrs^ nivT.îT'.c et 'l'avr^tî, et d'autres doublets du même genre. Si 
l'on songe qu'ils renferment la même équivalence D -, -f , qu'on remarque des dialectes 



! 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 151 



du Siiid à ceux du Delta, on ne peut s'empêcher de penser qu'ils appartiennent à des 
formes antérieures de ces dialectes et que ri.a''i<;. n,uoi5ïç, nt^iiviç, navoûcpn;, naTjpt;, na.aoùtt;, 

'AiJLevîoT:'..;, S£v£vojiti;, 'ATCwcp-.c;, SOnt dcS formCS SaïdiennCS tandis que <Î>|JlÔïî, *ajaTvtç, ^avoûcpiç, 

^typiç, <ï>|jio>eTi<;, 'Auevwtpiç, SevevoùcpK;, 'Acpwtp-;, sont plutôt des formes septentrionales. Le pas- 
sage du D p, sourde simple, à la sourde aspirée cp s'accentue par le passage de cp à la 
sonore p-6 dans des noms de lieu commençant par , tels que Bojêaaxtç IÎcn^®' 

BojdTp'.î ' '?3)®' ^'^'^'^^ 1 Pn®' ®^ ^''"^ ^^ ^^^"^ ^^^ ^^^""^ ^ n î^ "AvoOêK; et dans 

ses composés nS)q m?^ M^svivoug-.c, ^^(J p, J «^^'o^ê-.?, dans la variante 'Acfw6i<; de 

'Artocpiç, A'fwcptc; de û ^5) QQ «r^ ^^ ailleurs : le jl tardif est souvent de jadis. 

30 Du commencement de l'âge copte Jusqu'à nos Jours. — Avec l'introduction dans 
l'égyptien d'un alphabet dérivé de l'alphabet grec, la distinction des deux sons que ca- 
chait D se manifeste entièrement : les dialectes méridionaux ont la valeur p-t à l'initiale 
à la médiale, à la finale : les dialectes septentrionaux prennent la valeur aspirée p -f- h = 
ce, d'une manière générale à l'initiale et à l'attaque de la syllabe accentuée, et réservent 
la valeur p pour la finale et pour les syllabes non accentuées. On aura donc ^ '^ 

cbe M. m T., ^ T^W cÇm M. nm T., -^ «Ço^ M. no^ T., () ° ^ e.cÇoT M. e^iroT T., 

n i ^ û_j] i ^ ^^o M. xno T., mais ^ mcom M. ujwne T., J";^ ^ ° '^ feenini M. 

nenme-Aenine r. , ne A/. T. B., et ainsi de suite, régulièrement : le thébain ne con- 
serve le <ç que comme équivalent de p -|- aspirée, n -|- 2., dans les mots égyptiens, 
n -)- ' dans les mots grecs, ^lok pour n -\- g^tofi, «^*.n pour n -f- g^ô^n, cÇhkc pour n -f- g^HKc, 
t^«.fioc pour IX -|- g^é^cioc , «ÇH'ceiuiwn pour n -|- g^Hrejuioit. D'autre part, la tendance a 
transformer le p en b dans la prononciation, qui se manifeste dès avant la conquête 
arabe, s'accentue, après cette conquête, sous l'influence de la langue nouvelle qui 
ne possédait pas d'articulation p, si bien qu'assez rapidement, à partir du XP ou du 
XIP siècle, dans tout ce qui subsiste des anciens dialectes, le n se prononce b. C'est 
ainsi que le texte arabe transcrit en lettres coptes, (ju'ont publié Le Page-Renouf et 
Casanova, écrit né.g^-i., neAg^iige, c*.nep, lenepeu, ncKi, eni, noKp*., pour JUj, li«Jl, j\^, 
i!jlu, I). 1^1, ij^. Le vocabulaire franco-copte que j'ai interprété donne n*>iii, ne,.A*.iic, 
pwneg, ju*.pnpe, ujoirnneK, Bain, Balance, voBC, marB/'C, chouBBék, mais «.noc-o^Ae, 
nè.Tpi&.pujoTrg, ninceig^, apôtre, 'Patriarche, penses, et même n&.cxo's'g., ceno-yc, ninô.p(5'eit-e-, 
probablement entendus et prononcés par le drogman égyptien basque, sébous, bibarjent, 
pour éaesque, séez-oous, vif-argent; cela ne l'empêche pas d'employer le «ç pour des 
mots où il sentait plus fortement le son du p, «^o-ype, AitÇ*.uifietie-», Aé^tÇAio-yg^, tÇoTep^e, 
cÇeme, cÇ«."AAic, «Çe^ppA^xiô-g^, père, le Pain bénit, la. pluie, porte, peigne, parles, parle- 
moi. Le manuscrit à transcriptions arabes du copte, découvert par Galtier, donne in- 
versement j^.iÀljU JULis.pequjODni , ^jljljL«l iinepeiiTeii , yt>,_jLo nincTg^tooT, (^jJl n*.noÊi , 

^jjyt g^oncoc, Li^l ^Hnne, etc., et il réserve le «ç pour l'articulation pu, f, iSi^ nif^Hoiri, 

ly^l JGLçÇooT, 1 Jsy-l cf^oTo-y, Ijyll e.«*.c^op*., sauf quelques cas où ils lui laissent la valeur 

de la sonore simple b, S^y^} ^^^ , l$^'j>I j«' ïi'ÇpHi', l-^' TcÇe. Les mêmes phénomènes se 



152 INTRODUCTION A L'ETUDK 



lotmuvent dans les translitérations en caractères latins que divers savants ont données 
de la prononciation des Coptes depuis le XVIIP siècle jusqu'à nos jours : pour Petraeus, 
n est B, nnipwjni ((inBu'onii, jûLncqujc aniiâàfUcha, ujo» sc/iob, nd.ipH'f Bctiràdi, mais «^ 
est, au moins dans le texte cité, un n non aspiré, prononcé m, ^i^julcoit hiiBmôid. ^nouioc 
iBtionios, cÇHCTrte.'f BÏadnâdi, jûLe^pH'^ ainiQiddi, c-»&e c^d.i atioaBâi; Rochemonteix, qui 
a consulté surtout des Coptes de la Haute-Egypte, connaît pour le n la prononciation b 
universelle et pour le «ç à la fin d'une syllabe la prononciation b également, <^'\ eBnûdc, 
ïifÇpH'^ emeBradi , ècÇpeii aeBran, mais partout, ailleurs, les prononciations b et F se 
rencontrent sans règle évidente, la prononciation b sous l'influence d'une tradition an- 
cienne dans les plus usités des mots où les Thébains écrivaient un n b, cÇ*.i Bai {T. n«.i), 
<ÇHèTA.TAJLà.cq Braddomes/' (T. hh), et la prononciation F, qui est celle du seul dialecte 
encore employé à l'église, dans la plupart des cas, «Çotujuj voiiôs/i, mc^Ho-yi ne'ipa'oui, 
nmpoc^HTHc hiebro'bu'das, '^cÇvcic dipisis, <Çiot foc/. J'ai constaté l'exactitude des asser- 
tions de Rochemonteix, en me faisant lire les mêmes textes bibliques par un prêtre de 
Bibéh; 

De mémo (|ue D, ^^^, ce 1 , ^^t, semble couvrir déjà deux phonèmes différents 
au début du second empire thébain, une sonore b, dont les scribes ont essayé de mar- 
quer parfois la présence par la combinaison J L^^ ou JM^^. analogue à ol^K^, et une 

spirante labio-dentale v, qui s'affaiblit probablement en w anglais, quand J. ^^^» 
est intervocalique ou initial. Ce mouvement dans la langue s'y produisit évidemment 
en parallélisme avec celui qui entraîna les prononciations b, v, ta, f, de n,^K; et, à 
mesure (jue celles-ci prévalurent, surtout après l'invasion arabe, elle substitua la spi- 
rante labio-dentale v à la sonore b, et le J intervocalique ou initial devint v. La valeur 
B pour 11, successeur de J , ^^^, ne se conserva plus qu'à la fin des syllabes ou des 
mots, quand ce signe ne précède pas une voyelle, sauf dans quelques endroits où elle 
s'altère en f, ainsi que nous le verrons plus loin. 

Les faits graphiques qu'on peut ap[)orter à l'appui do cette façon de concevoii' 
l'histoire de J-Ê, égyptien et copte, sont les suivants : 

1° Du XVP siècle aoant notre ère à l'époque saïte. — Le a des noms cananéens 
dans toutes ses positions est traduit presque universellement par J, ^^> jL^^' Jr^' 

dans les listes géographiques depuis Thoutmôsis III jusqu'à Shashanq, n^a J 

il en est de même dans les noms communs que les scribes sémitisants affectèrent de 
mêler à l'égyptien vers la même époque, o^^^'Ç'J ^1(1 '■^'^niD3na,J'i^ 1^ 

Jl _y IHP^ pour j "i^j^ ^ \\\ y^ nis-is, où une fausse assonance avec le mot 



préci 



il 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 153 

précédent a probablement amené par erreur l'intercalation de la syllabe interposée 

Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens no sont pas moins concor- 
dantes. Ce sont : 

Pour l'époque d'Aménôthès III et d'Aménôthès IV, ^, NiBmouriya et avec 

assimilation de b à m postérieur, Ni\\\wiiriya, J?T»T -Ç) J Q s/iouiBda, et peut-être 

J^ kouBou, si le signe tinal a bien, ici, la valeur bou et non la valeur pou; 
Pour celle de Ramsès II, 4i^ insmiya. La forme égyptienne de ce titre devait être 



à l'origine nasouiti-baiti avec la flexion en [1(1 et en -ti des noms d'agent ou d'état, 

mais, l'i final s'étant amui dans la prononciation, dans 1^ , reste de )^ , analogue pour 
la forme à Aiepir T., reste de (1(1 , le ^ final s'est amui à son tour, comme tous 

les ^ féminins, et l'ensemble a dû se prononcer nsi-biyé, d'où nsi-biya qui est l'ortho- 
graphe cunéiforme. Peut-être la variante 1^^,, déjà fréquente relativement sous le 
premier empire thébain, est-elle un témoin graphique de l'amuissement du c^w, c^, final, 
et un indice de la prononciation iiesi-biyé, nsi-biyé, à cette époque ; 

Pour l'époque d'Asarhaddon et d' Assourbanipal , les noms en ^^^'^z:^ initial, 
"i^^ A^/^vw Boiikkouî'ninip, Bocchoris (la dérivation de ©Y U que Sethe a proposée 

pour ce nom ne me paraît pas admissible), i^, "^-^^ -^C-iM^ Boukkounannipi, puis 

Q^ = jf/aMïWBî. Athribis, Poutwubou,] , ZaBnonti, 'UIjI^^:j\U Sha- 

Bakou. Dans tous ces noms, j , ^^^, conserve sa valeur pleine, et il est notre b sonore; 

une fois, pourtant, entre deux voyelles et à la syllabe accentuée, il couvre le son du w 

n ^^ ô ' 
ansflais, Patouashtou W ^, mais, comme c'est dans un texte néo-babylonien et 

que la transcription assyrienne officielle PoutouBeshti donne le b, il est possible que 

nous avons dans Patouashtou une prononciation dialectale non égyptienne. Je dois 

dire pourtant que dans la suite on trouve aussi noTA.c't pour HojoaT-:;;, 'As.aa-ç pour 



l'^^X?^^, loù/o;, SE/voô'itî, Eouyàaucov, etc., pOUr H jkz:^ Jj , I j T ^ 

(] 3, etc., où un j intervocalique s'est probablement changé en f, puis s'est vola- 
tilisé complètement. En tout cas, à l'époque qui nous occupe, Hérodote et ses contem- 
porains conser^-ent dans la prononciation le son du J et le rendent par ^, prononcé 

comme notre b, Bo:oa3Ti; ^ ®, Bôx/wp;; (^^ AAAAAA ^, ZaSaxiov JlLJ^^LJ, "AojOo; 

11\%- ■""?''*'-■ Qn^ Ji^°- ■^''■'•'"'•■- '""'*" OaToo- ^*"'' •'■■°"' T 

2" Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— Toutes les transcriptions grecques de noms hiéroglyphiques que nous connaissons 
pour cette période de temps nous montrent un p pour le signe J , sauf quelques cas où 
"le son couvert par ?, J, passe à la nasale .u. Ainsi l'on a, conformément à la règle gé- 
nérale que je viens d'indiquer, B-.vwep;; x<^J ^, P^ti "î^ , T\ . au pluriel pr.ô '^^, 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉR.. T. V. 20 



154 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



ij.koc, Bytes, "^'^êp^^, Kr;6 oj^, "^ J^' 'e^^ï/:^S'^ jJ^ ^ J- boùx^, Bam, J^, 
NexxavéêTiç, NaxTovàêo, NexTaveêw; K3^ ^ , etc, mais aussi, par exception, des transcrip- 
tions telles que MspôTj pour J n r^^"^ , devenu <r:>f^^^^ à l'époque gréco-romaine, 

iiajrvoGêi; pouf ^^ iiax^voGfjitç, et \i\).\i-'-ci pour ®J 00 _• Dans ce dernier cas au moins, 
nous possédons une forme intermédiaire qui nous montre comment la transformation 
s'est produite, xéiaêt;. Il parait avoir existé dans le dialecte local une prononciation 1 
analogue à celle de la Thébaïde g^Me avec son b redoublé : les deux b se sont dissi- ^ 
miles, et la première sonore s'est nasalisée en \i- devant la seconde labiale Kéfiêtç, puis 
elle a fini par s'assimiler celle-ci, \t[i\i.\c.. C'est un exemple de cette altération de son b 
en M, qui est rare à ma connaissance, mais une forme' Riepôrj pour J n r^''^/^ suffirait 
pourtant pour montrer que ce phénomène remonte loin dans le passé : on a même, 
dès le premier empire thébain J S 1 yf près de ^^^M \y\ ^^ P^us tard "î^^ 
près de ^ H aaotki M . -f , tandis que fî] d Mf se rattache à (<^, £J £i«.citHT- 

AewciuT M. fi*>cneT T. Le nom de la déesse H J) a pris en grec l'orthographe Nécpeu;, où 

, compris dans le premier élément J du mot, ait eu une valeur 

particulière, rendue par cp, mais l'explication du fait est, je crois, assez simple en elle- 
même. La rencontre du ^ final de et du premier élément 8 de M a produit 
dans la prononciation rapide une sourde aspirée tu, que les Grecs ont traduite par 0, 
et celle-ci a déterminé par contact, pour j , une sonore aspirée bh, à laquelle répond 
en grec * : Nebhthui, — Nécpeu;. Il semble d'ailleurs que les Grecs, ou les Égyptiens 
écrivant le grec, aient eu conscience du fait, car on trouve encore en copte la transcrip- 
tion ncA-aio à côté du grec Nétpeuç. La valeur de J = <f en ce mot est une valeur de posi- 
tion très individuelle et non une valeur organique. Les transcriptions fort nombreuses 
des noms grecs et latins en hiéroglyphes fournissent le même traitement pour le J et 

ses variantes. Elles présentent les équivalences Bepev'xr, <—>(!() - JQ ^^^"^^ ' 
Ttgèptoç, nherius ^()(]P.]J-^^(j()p. s='S'--'='. Sahina ~^ J (jf) V "^^ â' ^'^='"''^ 

le son b. 

3° Du commencement de l'âge copte jusquà nos Jours. — Rien n'indique dans 
l'écriture que le signe J et ses variantes couvrissent déjà le son v, mais il ressort avec 
évidence du rendu p-oo dans les noms grecs ou dans les transcriptions grecques de mots 
égyptiens qu'ils possédaient aussi cette valeur avant le dernier stage du système 
hiéroglyphique, lorsque J rendit le p grec, prononcé v. En tout cas, dans le copte n 
étant devenu la sonore b, &, à son tour, se déplace d'un degré lorsqu'il est initial ou 
intervocalique, ne conservant le son b (ju'à la finale ou dans le corps des mots, puis, sous 
l'influence de l'arabe, il fut rendu généralement dans la i^rononciation par x-j , sauf au 
milieu des mots où, après une consonne, il est rendu par f, et à la fin des syllabes où il 
demeure b. Les variantes des manuscrits memphites et thébains sont significatives à cet 
égard, Cîir, à partir de l'invasion arabe, on y trouve, par exemple, m Jil ^on M. pour 



,Hjt 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 155 

g^coÉi; on a de même les leçons Aeitmi M.,\enmi, contre irenme T., Be/ime^ et beaucoup 
de variantes dans les manuscrits, surtout dans les memphitiques, montrant la substitu- 
tion de n à fe dans l'orthographe pour indiquer la lecture b à mesure que h. s'altère en v. 
Dans le vocabulaire français transcrit en lettres coptes, on ne s'étonnera donc pas de 
trouver des graphies comme fiid^n-i^epe-^i, feiA*., tette^, imup, Vendredi, vive, vent, venir', 
tout en notant d'autres cas où n-B lui-même s'affaiblit à son tour et où n prend la valeur 
V comme dans nip«.g^, verai-vrai. Le texte arabe transcrit en lettres coptes donne k pour j, 
non qu'il ait prononcé j comme le w anglais, mais il a été influencé par la prononciation 
turque de j. xékil, xakouf, dl5^, ^j, etc., et il a admis, pour ce cas, l'égalité j = v : 

^iS^ R€5(^enc«^, aIILjIj Reie«^A*.KO^, ^Jàt JU*J Ra-ko^ g^ô.7iAA., eJk>-y qeRe-xe-^og^, Uj Re- 

Aejuuue, ^j RcieneAji, xékànet, véiethlakoh, vakt à^îm, Févàdjàdho, véienàm, etc. La 
même remarque s'applique aux transcriptions en lettres coptes des mots arabes du 
traité d'alchimie de Stern' : A.A5(^*.pponne <oj .i-l , ô.ni*.T,^â-jl, «.npic j^j} . «.igigine ,^^!l, 
et au texte copte transcrit en lettres arabes de Galtier : on y voit écrit Jjjl e&oA, 

iSyù^ najiofu, ô'»^ ni&en, 5jj'j' é^irepfiOKi, j_$l^ll eièroTrÉio, Jjjl Cjjjs-«j'j>>»jOl AxnepficpÊiopT 
efioA, prononcés probablement évol, banovi, nivén, aouei^voki, eiétouvo, ^mberverxort 
éxol. Je suis confirmé dans cette opinion par les transcriptions de Thomas Petreeus et 
de Rochemonteix. En effet, d'un côté, Petrseus emploie, pour rendre le A, le w alle- 
mand qui est notre v, asawâs kccfiHc, qfa/'nôwi eqepnofei, uj6û\xi o-y-xiofti, him nixvàn 
gtoii niÉieit, aùûl èùoA, atwa eTÉie, prononcés afarnoxi, oujooûxi, Iioub nixan, aoùoul, 
atxa, et Rochemonteix, de l'autre côté, définit ainsi la prononciation actuelle des 
Coptes : « Leur k ne sonne ni comme un v ni comme un w, mais plutôt comme le h de 
» certaines provinces d'Espagne, c'est l'arrêt mou correspondant au b français; pour 
» l'articuler, les lèvres prennent la même position que pour former notre explosive, 
» mais sans brusquer le contact.... Le k est de nature une consonne assez peu solide. 
» Avec une prononciation rapide et forte, il semble osciller, sous l'influence des lettres 
» qui l'environnent ou d'habitudes individuelles, entre les diverses spirantes labiales, 
» sourdes et sonores, dont une oreille attentive peut, néanmoins, les distinguer. Chez 
» ceux qui articulent mollement, il s'affaiblit jusqu'à n'être qu'un esprit doux. Ex. : 
» eàoA a'ol, «.qjùAwn af'em'on. C'est la prononciation que Petrams a rendue ajjr'd 
» pour efeoA. A la fin des mots, au contraire, soit qu'il ferme la syllabe ou qu'il 
» soit suivi d'une autre consonne, il devient un 6. Ex. : ^wt hÔB, g^a^noTHÉi IianuaB, 
» Tug^iHfi bihioB, d.q^a)Teii q/1i'ôdaB\ » Le renforcement de la prononciation v en F 
se rencontre dans quelques noms de lieu, «.Tfic») ly^l, fiep:*'oo-rr J^^j», Ju.«.iifi*.AoT laJJc*, 
ivfeé^g^c ^j^\, etc., et la prononciation renforcée du k se traduit, en certains cas, dans 
l'orthographe des manuscrits d'origine memphitique, par des fautes qui substituent 
dans l'écriture un t à un q, cA-, e^ô^fi, THpnA, ki, pour eq-, «.«.q, THpq, qi, ou un q à un k, 
exqe, g^ioq, ^qcco, a.qpô.g^e.A«., pour cT&e, g^wÉi, g^Éicco, È.iip*.g^«.Ai ; cette double substitution se 
rencontre, mais beaucoup plus rare, dans quelques manuscrits thébains, ko, ècotc, 

1. Zeaschrlft, 1885, p. 102-119. 

8. Rochemonteix, Œucres dioerses, p. 108-109; cf. Tuki. Rudimenta linguœ eoptica; seu œgyptiacœ, p. 2. 



156 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



oTOJogq, etc., pour qo, qu>Te, oTioigt. Les prononciations de Ê étaient donc les mêmes 
dans les dialectes de la langue mourante qu'elles sont à présent. 



Contrairement à D et à j , ^^^ ne couvre, dès le commencement du second empire 
thébain, qu'un seul phonème. C'est une véritable aspirée sourde, l'aspirée du D, mais 
qui ne s'émet pas avec une aspiration distincte du son p de ce signe : comme nous 
l'avons vu plus haut', le p aspiré de cette dernière façon, ou il ne se note pas □ -^^. 
ou il s'écrit D Di ou D 9 . Le vrai son de j^^^ tenait donc très probablement le milieu \ 
entre p et b, et il se comportait par rapport au son p D, comme F du gothique ou du 
haut-allemand, FÔtus, Fadar, vater, se comporte par rapport au son p, représenté par L 
le T. du grec, uojç, -iraTr-p. Il est apparenté, d'autre part, à la semi-voyelle u-w, et un K 
nombre de mots en ''^^^ initial ont une forme secondaire en -Jbj, par exemple. Il se con- * 
fond assez tôt avec le p aspiré, devenu l'équivalent de jp, comme le prouvent les trans- 
criptions hébraïques et assyriennes, et, gardé en copte dans les mots d'origine égyp- 
tienne sous la forme q, il est transcrit en arabe J% et, comme cette lettre, il se prononce 
franchement f dans toutes les positions. , 

l*» Du XVP siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Les transcriptions hiéro- l 
glyphiques des noms sémitiques nous fournissent, jusqu'à présent, assez peu d'exem- 
ples de '^^^, et celui-ci est employé toujours pour rendre la forme aspirée du ^ : ainsi, 
^ ^<=. nç? dans ^^ ^<==.^<=> ^ ^ ^. cite deja , l^'^Jl], 

^°1 \ û riBx , nriBX , , de la racine nés incurvavit, flexit, si le nom est réelle- 

ment sémitique, ^_^ 1^^ 1^ ^^"' ^^^- ^^"^ ""® singularité qu'explique très pro- I 

bablement quelque particularité dialectale de l'hébreu parlé dans les cantons méridio- 
naux du royaume de Roboam, j^i^z^ sert à rendre 3 dans les deux noms de î'v^=^)|(1|1 V^ 
|iîl|[|'^^t^^5=Q n^-'-n''?, <=>|l-^^(|l^ nyaT">«? et ailleurs; le a devait être un b as- 
piré dans cette partie de Juda, et le scribe égyptien a essayé de le rendre par ^.=^. 

Les transcriptions cunéiformes de noms égyptiens sont plus abondantes, mais, I 
comme les écritures euphratéennes ne possèdent pas de signes spéciaux pour f, elles 
rendent *l=^ par des syllabes contenant un p. Ce sont : 

Pour l'époque d'Aménôthès III et d'Aménôthos IV, RuianaY>a pour - — o T ^, 
a vec ch ute de <=> r finale dans la prononciation de T , et Na^hururiya pour 

Pour l'époque de Ramsès II, Naptéra pour T <==> U j\ , toujours avec chute de 
<=> R dans I<=>; 

Pour celle d'Asarhaddon et d'Assourbanipal, Mimpi, Mempi, pour T 

/\ ©, Patniptému pour I^iinnr^' Bukkurannipi et Bukkurninip pour ^^^ 

1. Voir p. 150 du présent volume. 

2. Voir p. 149 du présent volume. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 15Î 



i 



f et 1^^ AA/wvAM2i, Tapnahti et Amounoutapounahti pour 

Les Grecs contemporains des rois saïtes rendirent ^.=^ par rarticulation la plus 
voisine de leur langue cp : T /\ © Mempi, M£(jL<ptç, ( ®\h-^\ J xéo^, où 4* équi- 

vaut à cpç, (o^T) ^^W'"^ f'^^IflLL'JT'i^J NstfopîxTi.; OU NE-yepÎTTi;, sauf à la fin des 
mots où son articulation sonnait si molle qu'ils l'omettaient dans leurs transcriptions, 

(<^^ /vwNAA Bôxyiopiç, ^^'"^^ Z^ZI NexTavÉêirji;, NexTaveêû)!;, Navtxovaêu). 

V^ AAAAAA ^^ W ^ ^^^ — ^ ^/"^ 

2° Du commencement de l'époque macédonienne jusqu'au com,mencement de l'âge 
copte. — Les transcriptions grecques des noms égyptiens rendent toujours le son de 
> ;^ par <p, mais les transcriptions égyptiennes des noms grecs ne rendent jamais le f 
par *^^=^; elles lui donnent toujours un D CH ou un D pour équivalent', marquant bien 
ainsi la nuance du phonème que couvre =^1^=^ et de celui qu'exprime cp. Les exemples 
sont fort nombreux, et personne n'en conteste la signification, aussi me bornerai-je à en 
citer quelques-uns, ■^^1 rVf *^'''''*^TP"î' '^i^T^^^ 5^\^\ Ka[XTj<f!<;, ©lU Netpep^Hpiiç, 

v'.;, cilK^ Q <=> I OT«- wf Tcpo^Sç, et ainsi de suite : je ne connais pas d'exception à la 
règle. 

3° Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos jours. — A l'origine de 
cette période, tous les mots du vieux fonds de la langue, qui renfermaient un ^^^=^ ou 
ses variantes, l'expriment par un q, -k l\ï\i n q«.V M. T., qei, qi T. Akhm. B., 

AW.AA IHU^ qitT T. B., qeitT M., ^ J\ qcT, qtoT T. M., qcoTC T., qw'^ M., <c^=^ wwva 

g > <r * > C^ AAAAAA 

qcuTe T. , qw'i" M. , ^ qTOT T. AI. , qTOOTS- T., qTtDO-y M. , ® I Ç « ujeiyq M. , co)U]q T., 

I c*.igq T., ojd^ujq M., /"^ T«.q, T*.ô.q T., «^oq M., \<:z:> noqpe T., 

noqpi M., et ainsi de suite jusqu'à épuisement des mots. Le thébain, l'akhmimique et 
le bachmourique assess fréquemment, le memphitique très rarement, offrent des va- 
riantes de q à l'articulation la plus voisine &, prononcé v ou F : Su T. B., kt^t T., à 
côté de qe>.i, qi, iimT. à côté de qitT, kcf T., Éi*.T, kbi-^ B., abstergere, à côté de qex, 
qoDTe, Wxe T., sudor, à côté de qioTe, iio£ipe T., itd.&pe B., à côté de itoqpe, et cette 
variante devient de plus en plus fréquente à mesure qu'avançant dans l'âge arabe, la 
prononciation du k s'amollit. Elle est constante au traité d'alchimie de Stern, «.Afia^^*». 
^] , ts.\kov\ ^]yi] , t>.\b.cki.^ Jij^\ , i>.7\.xxovcà.kki }i^\ , à côté de *.ciq AJt^. Elle finit par 
s'appliquer à des mots qui ne renfermaient q et £i qu'accidentellement : c'est ainsi que 
la forme ^muu. M., dérivée exactement de Q^^ antique, se rencontre en thébain, 
comme g^mifi dormii-e, g^mHq somnus, avec transformation progressive de ai en k, puis 
en q. Au contraire, l'échange de q et de «ç, excessivement rare en thébain, atteint en 

1. Voir p. 150 du présent volume. 



168 INTRODUCTION A L'ÉTL DE 



memphitique même les noms étrangers et les formes grammaticales, si bien qu'on 
trouve, dans les manuscrits copiés par Tuki au commencement du XVIII» siècle, t-^^i, 
tbnHOT, c|^Il^s.gi■. ew«çipi, THp?ç, pour «.qi, qnHOT, qitft.g^'V, «wqipi, THpq, et, en revanche, 

qp*.n pour tÇpiwn : on a ailleurs «^c*.q, cÇi. qA«.c<ÇHXJLi*>, qpo-vxoc, «.qp«.g^«.Ai, qA«.nT€i, 

pour *.c*.cç, qi, ÉiA«.c«ÇHAiie. , ÉipoTxoc, ô.tp*.2^i.Ai , fiAevUTei. Ce ne sont là que des 
fautes d'orthographe répondant à des prononciations peu correctes des écrivains, 
mais elles doivent remonter assez haut, car le scribe des lettres coptes en caractères 
grecs de la collection Régnier dit, déjà -r^pj pour ^Hpq. Les transcriptions en f de 
Petrœus et de Rochemonteix, les transcriptions par ^ du texte copte-arabe de Galtier 
et réciproquement celles en q du »_> arabe dans le texte arabe-copte de Le Page- 
Renouf nous indiquent, pour l'ensemble de la population, la prononciation F de q = 
x^ ; contre ces témoignages concordants, celui du vocabulaire français copte qui écrit 
neà, iieefi, nma.ps'eii-», bœuf, neuf', vif-argent, montre seulement par ses variations la 
difficulté qu'avait le drograan à bien saisir le son exact de f français. 

Si maintenant on essaie de déduire quelque conclusion générale des faits particu- 
liers relatifs aux signes-types □, j, *^-=— , qui couvrent les labiales en égyptien, on ar- 
rive aux résultats suivants. 

Au commencement du second empire thébain, l'égyptien paraît avoir eu un sys- 
tème de labiales plus développé que ne l'indique son appareil graphique, une sourde 
forte non aspirée p et son aspirée ph, une douce sonore b, qui, s'aspirant à son tour en 
*BH, tendait vers la sonore spirante v, et une spirante sourde f, qui, jusqu'aux der- 
niers temps, demeura distincte de la sonore spirante v et surtout de la sourde aspirée 
PH. Les cinq prononciations premières étaient couvertes graphiquement par deux signes 
seulement, p et ph par Q, b, *bh et v par j , et ce n'est pas, je pense, être trop té- 
méraire de conclure de ce fait purement expérimental que, au moment où l'appareil 
graphique de l'Egypte se fixa, ces signes ne correspondaient chacun qu'à un seul phonème, 
le D représentant l'articulation qui était très sensiblement notre sourde forte p, et le J 
étant l'occlusive sonore faiblement articulée b. Il est probable que, vers une époque 
certainement antérieure à la XVIII" dynastie, la tendance s'établit d'opérer de moins S 
en moins complètement la fermeture du gosier pour les labiales : la sourde p et la so- } 
nore b prononçant leur aspiration en ph et en *bh, le changement, ainsi amorcé, gagna 
de plus en plus, puis il aboutit complètement dans le copte des derniers temps. La 
sourde non aspirée D p devient une sonore p, n, b en dialecte thébain, la sourde aspirée 
D ph donne presque partout une spirante sourde ^ dans le memphitique, la sonore 
douce p, h., ne se maintient plus régulièrement que dans des places déterminées, et ' 
elle achève partout ailleurs de se transformer en spirante sonore Sx v, ou même elle 
se vocalise et disparaît. Quant à ^.=^, il semble n'avoir exprimé, depuis le commence- 
ment jusqu'à la fin, que le seul son de la spirante sourde f. On peut résumer cette 
histoire dans le tableau qui suit : 

^\'P p B. 

D p* \ 

f ph «p çÇ, F. 



i_L 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 159 



J 



} *Bn p, V &, V. 

F. 

6. Dentales. 



I 



La série des dentales est plus développée en égyptien que ne le donnerait à penser 
le petit nombre de caractères employé à la rendre dans l'écriture : les quatre signes- 
types, o, g — >, ""^ , c::s>, et leurs variantes, dont elle se compose, paraissent, en effet, 
autant du moins que j'en puis juger, couvrir sept ou huit sons différents selon les épo- 
ques, sinon plus. Ce n'est pas là, pour eux, je crois, le maximum d'interprétation, et 
peut-être une analyse des documents, poussée plus loin que je n'ai pu le faire dans 
l'état actuel de la science, aura-t-elle pour résultat d'augmenter ce nombre. 



Ce signe paraît avoir représenté très longtemps une occlusive sourde non aspirée, 
semblable à la forte non aspirée t du français ou de l'italien. Toutefois, de même que 
le son p du signe D a fini par passer au son de notre b, le c» t a évolué vers la sonore 
et a fini par se prononcer d presque partout dans les dialectes du Sud, ou par s'aspirer 
dans les dialectes du Nord et y sonner t -)- h, écrit -o-, sans que, jamais à ma connais- 
sance, ce -e- devienne dans les mots égyptiens une spirante analogue au e grec; encore 
a-t-il fini par perdre son aspiration, même là, et, tout en restant ■» dans l'ortho- 
graphe, il n'a plus eu que la valeur de notre t. 

1" Du XVP siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Les exemples de ^ égyp- 
tien, traduit par t cunéiforme, sont relativement assez fréquents sur les tablettes d'El- 
Amarna, ](llj«| Téœ, J^(j"^| Napréra, () = f^f Amanljarbi. ^^ 

li^ PaAamn«Ta, o ^/i J ® HiJwupiah; toutefois, la tendance à rendre ce ^ 
par D dans la prononciation se manifeste déjà par l'orthographe TiïtT -^ | J ,> ^ soutbDa. 
A la même époque et un peu auparavant, le syllabique 1(1 est employé pour rendre le 

son D dans|||^ pçç,, ^.., (Jlj]!)^ -vr», %,^]^ '^'"?. 1]kk°"''^'^' 
1\ [l bnjtt, mais il exprime le son t dans 1| i ^ ' ^"^ présente au com- 

mencement l'élément -n?, dans les noms qui renferment l'élément jM^^ll' Jr^'ls 
n"'3, dans 1 II], de f '<^c|| i 11 ^^î?"'^''?, et l'on trouve pour rendre le même son 
vocalisé différemment <=>v\ dans les pluriels sémitiques, <=>^c^v^ nlB"iaû, > 



ni-i«3, -R c^v\ nnw, et ainsi de suite. On peut dire que les 

exemples de ^ pour rendre le n sémitique sont des plus fréquents; au contraire, ceux 
où il est pour tû sont peu nombreux, et je crois qu'il faut les attribuer presque tous à 
la confusion qui s'est établie de bonne heure entre '=^ et s=>, ainsi que nous le verrons 
plus bas, ^^Jûû pour ^^JM ^^ts, ^ ^^^'V ^^\^^^ etc. Bref, sous le second 
empire thébain, à l'époque classique de la xo-.vô égyptienne, la prononciation du carac- 



160 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



tère-type ^ et de ses variantes oscille fortement déjà entre celle de notre sourde t et 
celle de notre sonore d. 

Mêmes constatations pour le siècle de Ramsès II, où, tandis que les transcriptions 
cunéiformes rendent les prénoms royaux r"^ ^ et ^ * par ManpahiTariya et 

^ \\ AAAA/NA 



Hanepnariya, les orthographiques J "i^ jt JjLJ (| et ) "î^ j-^y^j i ou 

et "^^ V' P^"^ exemple, alternent pour bK-ttr-n"? et nisa. 

Mêmes constatations encore pour 1 époque d Asarhaddon et d Assourbanipal : <=> y 
est rendu le plus souvent par les syllabiques du t assyrien = n, ^^^ r /, llU^ Ta/)- 

nahti, .Êa Tarqu, M ^= Hanhiribi, 8 Jï [1 flA V^ Ipiibardisou, 

etc., etc., mais t intervocalique a déjà disparu d'assez longue date dans laru-û pour 
M ~wwv 0, ce qu'achèvent de prouver les variantes (I a^/wva, "^ , (|«cr>v\ 

I «ï > ArtAftAA ' '•^ ■ I _2^ A^^NAAA _®^ ^ I I _2I 

'wwvA et autres qu'on trouve sur les monuments du second empire thébain, depuis la 
XVIII® dynastie. Quant au ^ final des mots féminins, il s'était amui dès avant cette 
époque, comme le prouvent toutes les transcriptions cunéiformes, mais j'aurai occasion 
de revenir ailleurs sur ce point et sur les faits qui le concernent. Les transcriptions 
grecques de l'époque saïte produisent de même noxaff'jjiTo pour iXlSf' ^e^^^'^^To; 

pour 1 , A'VjttTo; pour M Q®, naToujJio; pOUr (l >^^ ^^ ®. BojêaaTi; pOUr ^ 

j) ©, NExTavéêr,!; ^^^ | , etc. ; si dans certains noms elles présentent un e, cette lettre 

Ci \_i © Ci K^=^_ Q n ^ ' ■■ ' 

provient de la rencontre d'un ^ t ordinaire avec l'aspirée 9 h, "Aepi6i<; J = ©, Na- 

/«âpsaê'.î ;;-^^^ ^ j\ VA MM . Dans la transcription en hiéro glyphes de q uelques noms 
propres étrangers, '=^ est donné comme équivalent de d, -L) TtTtT , v\ TtTtT Aapeïoç, 

AaptaÔT,;, mais, quand on voulut rendre exactement la valeur du d persan, comme, plus 
tard ce lle du d latin, on employa la combinaison n-|-t, i\ )i-Ba^ (1[| -jb] JjLJ Aap'aoTi;, 
V-^^ n (j Dacicus. Toutefois, le nombre des documents est si petit pour cette 

époque, qu'il serait difficile d'en tirer une conclusion ferme si l'abondance des textes 
ptolémaïques ne venait pas l'appuyer. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— La valeur t de ^^ persiste, mais la valeur d se répand de plus en plus au moins pour 
la transcription du grec et du latin. C'est ainsi qu'on a -jQ (|(1 M nToXeijiaToi;, ^. V 

'AvTt|jLaj^oç, -iTl Û û SwjixpàxTiî, et, pour le temps des Césars, ^. ^g 

'AutoxpdtTwp, ■'Olj iTiêépioc:, ci(l(l — •♦— T(t:oç, ^ (1[1 C5 '^^ Tpaiavô; ceOO 'Av-wvivo;, mais | 

aussi les valeurs non moins certaines, "^.^ V^^^^fl^tè 'AvSpôvixoç, ?<=*-jf]'^ 

^ 'Po8f,, KXaiSto;,'^^ M 'ASptotvô;, q Kôfi[jLo8o<;, fâ <^ "a^ AÉxtoç, et, daUS los 

noms étrangers qui renferment à la fois un t et un d, l'emploi du signe ^ pour rendre 

les deux sons, *^ _^f|fl^^ 'AuoXXoS^xo;, *^^n(j()f[fi'Î 'Aax.X,u.oS<5xoç, 

rr Ou ^ Tijjiapj^tSr,;, ^ v\ , M (j "^^ AojjitTiavôç ; il sert même à exprimer le « 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTrENXE 161 

kop'.vOo;, ^^ Il \\ oOcovo; OU * o-:iovoç, iiiais 011 doit SG garder de faire entrer ici en ligne de 
rompte des mots comme 'l'Oà; Q ^ ou 'A.acvweY.î pour (1 ~w^AA 'AixvKo^or,s. où la présence 
du pour le ^ égyptien est due probablement à la présence de * pour D dans le dialecte 
entendu par les Grecs. Il faut conclure des exemples que l'on connaît, ou que les Kgyp- 
tiens durcissaient la prononciation du a, d, étranger, et qu'ils disaient A/nronicos,- 
RIioTc, Clainios, Arria/ios, peut-être avec une nuance intermédiaire entre notre t et 
notre d, ou bien qu'ils tendaient de plus en plus à remplacer la sourde par la sonore, et 
à substituer graduellement le son d au son t pour les mots qui renfermaient graphi- 
quement le signe-type ^ et ses variantes, ainsi qu'on le voit en copte. 

3" Du commencement de l'âge copie jusqu'à nos jours. — Lorsque l'alphabet grec 
remplaça le système hiéroglyphique dans l'écriture, le son d n'avait pas encore sup- 
planté le son T dans la plupart des mots, sans quoi, comme le fait justement remarquer 
Schwartze', il est très vraisemblable que les créateurs de l'alphabet copte auraient rat- 
taché le son au o grec, -2».. et non pas au -, t, dans leur orthographe. Ils conservèrent le -a. 
pour un certain nombre de mots grecs, qu'ils empruntèrent de toutes pièces, h-^-h t.ot,, 

*^€ ok. A.-:^*»!!. Ao2;jL, •^vôLTrei*^ Aotjîo, AJ.<s.Ke*2k.wn Maxîoôv, ni'oTT^aki Ol "lojôaïot, "^okci w/.i'., ep-^jè».- 

Êô^Am oiaoiÀXsiv, tout en gardant le t dans les mots qui renfermaient un -, totc -ôte, 

rd.'\ik.TiA. TaXaTta, g^cocre c'ot-ts, cTpe^TH^'OC TToa-rr/'ô;, tc^^^iiithc -e^vÎ-t,?, JueTA.noV ;ji£-:avôî'., nA.p2^icT*k 

-apiTT-r.oit, *.qeTi aheT, n*.Tô.cce -aTissE-./, etc. Mais, prcsquc aussitôt après la conquête arabe, 
les variantes de la sourde pour la sonore et de la sonore pour la sourde, relativement 
rares jusque-là dans l'écriture, augmentent rapidement en nombre, et l'on rencontre 
dans les manuscrits des formes telles que cx^Tion. TepiiH. Topre^c. kA«.toc, T«.ju.con, pour 

TyEoiv, \zz^r,, Aopxiî, xÀâoo;, oaïutcov, et ct-^tcic, "^Tpe^itiioc, '^loS'e, ■eTù.'^poit . -^eKKi-x, Tekif:^o- 
50^!*., npo-^penei. pour ththcic. TTp*.niioc, Tto;S'e. «^e«.7pon. tckkios, Te.uTi05(^i*v. npoTpenei. et 
ainsi de suite. L'équivalent du t ^ ancien est fourni alors rarement par le t. *.T-fn«.- 
xfi-pj, j\^^\, le plus souvent par le «-, qui est primitivement dans les dialectes du Nord 
un T palatal emphatique correspondant au i? arabe, et en thébain une forme orthogra- 
phique résultant de la combinaison de t avec l'aspirée t -{- g., ainsi »e, -o-ei, -^Tcw, 
ne^ooT, &.-&HT, pour T-|-g^e. T-j-g^ei, T-j-g^fecio, ncT -)- g^ooT, «.T-j-gHT, mais qui ne sonne 
plus aujourd'hui que comme notre t. On voit donc le traité d'alchimie de Stern et le 
texte copte écrit en lettres arabes que Galtier a publié exprimer les t indifféremment 
par 5, ,J? ou ii, c'est-à-diré par trois lettres que le dialecte arabe d'Egypte prononce 
généralement d et -e- par Zi, ^ ou J». «.-o-oTÔeA Jl^l, *.AAi.*.p-e^«.Ko-5- dtJLl. ô.AAiHTKe.A 

J121I, ek-rrA-AeR ^tUall , «>.Ag*kTiT JOjJ»-l . *.ni*..T ,^xoL e>.piTen J;l Jjjl . CT^eit ^jlk^i . totùo j^, 

TeRJULCTorpo IjjjiUiJii, TcÇe Loi, nineTgcooT y^OLo , K*.Td. lislT, Àin€KÀJL-&o efcoA jj}\ I Ja^iJL* , 

îio-!rTô.Tg 4li\Iijîl ; toutefois, en finale, t est presque toujours traduit par J,-, c'est-à-dire qu'il 
garde le son t, ou devant une sourde et une sifflante au milieu des mots. neRjutexigengHT 

Ol^liCjUfjt , JÙLU.A.1PA.TK litjUI , eKèpA.^T C-^-jiS'' , «Te tlieT-O-efe.IHO-S'T Cjyj\>iJ,^Jô\ . n^HT wAi^l , 
1. Kopîisrhe Gramtnatik, p. 86. 

RECUEIL, .X.XXVII. — TROISIÈME SÉR.. T. V. 21 



f 



162 INTRODUCTION A L'ÉTL'DE 



ei€Tc*>&e IjliTli, dans de.s mots grecs où la j^rononciation s'était conservée par tradition, 

ctoTHpI^>> ïXjt^, ou, entin, par caprice orthographique du scribe qui écrit le t copte | 
des mêmes mots, tantôt par j, tantôt par o, TeK-a^meocTiiH ^ — ■jlT^j.S't', mais tckaa^.! 
viUfjli, TCKcocÇik li^fJt. On trouve les mômes faits fondamentaux, et aussi les mêmes 
inconséquences d'orthographe, dans le rendu en lettres coptes de textes étrangers comme 
le français, eicnpi^Hc esp/uT, Sicne.^ bénÏT, Ainp*.c^pe le prêii'e, Ainen^o-yp le ueriBcur, 
T*.Tc DCiw, Tô.KS'oAie \)cs hommes, Te'A*.-&e'Aeg^ Dc la Toile, mais Tcujpô.n«- TisserariD, à côté 
de -^luipoit-», ■eé.Ad.-^i.cTe De la Tcie, à côté de ju«.A*.-»eg^ malciDe; et dans le texte copto- 
arabe de Le Page-Renouf, i^e'xiene.^ 2.^'^^^ Silc si^lS^, n«.^T juj , ê«.k^ c-'j. «^eKa.Tw-i.eju. 
A-ûJ, cc-&HiK*.7 JiLl-l, qefie'xe-i.^b ojJ^^ , etc., tandis que le caractère «■ rend les sons x 
de l'arabe, le caractère -2». est employé avec la valeur de notre d, comme dans la pro- 
nonciation actuelle du copte. Petrteus donne également un d pour le t et le -^ de son L 
psaume, ù)o-s"iti«.Tq Oit/iiâD/', oT-2».e ima, p^^Tq arâDf, iitc arwa, g^iTK*.-»eTpd. liinkaTCD/rj , ^ 
AjLe^eTii.n nialfiDàn, expej ciDi'âd, îi^htot anchcmii, n^^Ho-ip ibTcià, eo^&e aiœa, TiooTmo-y 
DOf'/nu, tfie-Ai&i niiTmàl, cÇaxioit ibniôÏD, qit*.TA.Ko ifnrinaku. Enfin, pour Rochemonteix, 
si T est nettement la sonore d et ■» régulièrement la sourde t, -a. serait aujourd'hui 
« l'intradentale faible de l'arabe, i d' . Les Saïdiens articulent avec soin le nom d'ald'a 
» de cette lettre étrangère au copte. Ils afl'ectent même parfois de substituer le son d' à 
» celui de T = d, donnant par là à leur lecture ime apparence d'érudition. En fait, c'est, 
» au contraire, -^ qui tend à se conformer avec t : -îkoAoc dôIos, lop-^&nnc ioman.is, 
» n^«.n-:^u)pon enwindôvon, etc., à côté de nrc^-io-y-îieik enD'nD'fiÔD'a''a, •i.e D'à, etc. » J'ai 
pu vérifier moi-même l'exactitude de cette observation en me faisant réciter le début 
de l'Evangile selon saint Jean par un des prêtres coptes de Bibéb. En résumé, écartant 
le -34., qui ne se trouve correctement (|ue dans les mots empruntés au grec, le copte ne 
connaît plus que deux sons pour les dérivés de l'égyptien anti(|ue qui correspondent à 
un mot renfermant un -^^ ou ses homophones, t rendu toujours ■» en memphitique et 
dans les quelques mots thébains où il se trouve équivalant premièrement à t^ T-f-n, d ^ 
rendu dans l'écriture par un t ; t ne conserve le son t qu'à la i'in des mots quelquefois. ] 



Ce caractère est devenu d'ass(iz bonne heure, d'une part, un simple homophone de •^; 
de l'autre, son syllabique simple ^^ un équivalent exact de J ou une variante phonétique 
très voisine de ce signe. Cela nous est démontré pour la première valeur par les trans- 
criptions hiér()glyphi(|ues des noms sémitiques des villes palestiniennes ou syriennes, 
qui rendent le n hébraïque indifîéremment par 5=5 et par ^, ~"~^^%^ et ^^^ 

";'• j ^]i T ïïïî^ii^rr"'^ ^i= <" j S T '^ ^^•«••"•' ■ j S ^ ^ «' 

J "^^S s /wJ? n <^$® f^?»"'^'?, etc., et les scribes emploient ^ en variante de s=>, 






DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 163 



pou,. ^^. \\^^ pou,- P;^, ll^f,; pour =]|<=>. ^Is pou,- (1 ^ , et 
ainsi de suite. Aussi les égyptologues de la première et de la seconde génération ont- 
ils considéré le ^ et le ^==> comme variantes absolues luii de l'autre, et ils les ont 
rendus tous les deux par t. Brugsch, après avoir proposé, dès 1858, la valeur du th 
anglais ou du grec pour s==5 et avoir renoncé provisoirement à cette lecture, l'a 
reprise avec exemples à l'appui, en 1874 \ et, depuis lors, elle a été adoptée par une 
grande partie de l'école en Allemagne, en Angleterre et en Amérique. 

11 l'a, malheureusement, étayée sur diverses preuves tirées de la comparaison de 
l'égyptien avec l'hébreu, et pour lesquelles j'ai toujours ressenti une certaine méfiance. 
Sa dém ons tration lu i a été suggérée, en effet, par l'idée conçue a prion qu'une localité 

de ' ^ ^ ®' ""mentionnée dans un certain nombre de textes égyptiens, est 

identique à la Sukkoth nisa de la Bible. Comme cette identilication restait impossible à 
présenter tant (|u'on n'avait pas prouvé l'cciuivalence s=5 =; o ou u?, Brugsch produisit à 
l'appui les rapprochements suivants : %. illjtl rht farina pu/-issi/na, In Y 

nnnc clypeus, ^ %. ^^ did hirumlo, ^ "^^ \> q7\ ex ou fVw" gaudere, c.rultare, 

alf/a, le nom géographique (li v \ r\^^ , dont les variantes, telles que Mariette 

les a publiées, seraient une fois ^^z^ =i V \ ' ^'^'^'t^^*^ ^"^^ ^^ ^ , indiquant ainsi 

une identification avec p^tjp; le copte et les transcriptions du grec confirmaient cette 
valeur du s=>, car ^ ^ ^^' disait Brugsch, devient en copte -xe^Tt T. (^a.ts. M., 
passer, ^ \I/ '^' ^crit | ^^ y^ ^ ^^ démotique, devient -soDirq T., 

papyrus, °^-^ ' •is.i J\ B., ^\ M., capere, ducere, "i -sice T., <?'oce, s'oci M., extol- 

1ère. \ % /) -xpo T., <?'po M., vincere. Enfin, le nom de la ville ]s=»j ® est 

rendu en assyrien par Zahnouii, en grec par isoiwj-o;. Les auteurs (|ui ont suivi 
Brugsch ont peu ajouté à cette liste; elle .suffirait, d'ailleurs, à établir la thèse si on 
pouvait l'admettre en conscience, mais je crains bien qu'elle ne résiste pas à l'analyse. 
Et, d'abord, écartons-en l'une des données les plus convaincantes en apparence, les 

trois variantes ^^ (| H IS" "k ^^^^ ' "^^ t !S^ 'k ' s=5 4 :v£Ny] • *^l"^ Mariette ' indique 
pour le même nom de localité palestinienne : elles n'existent pas, mais la collation (|ue 
j'ai faite du texte en 1884 et 1885' donne ^^^ll(jl%^T"\v^x^, ^^^1^ T' ' "^^^IV 

, avec les formes ll(l, , ^ du premier élément ^t I y "^ f^-^^ , I \^ 

■K , 1^ du second, supprimant ainsi l'équation v = îl^l v ^^ i V" ^^ ^*^^~ 

vient de remarquer, d'autre part, que II n'est pas, comme on le pensait au temps où 
Brugsch écrivait, un syllabique de v P^ir un s=*, mais le syllabique de ^[1 par un ^. 

1. BaufiscH, La Sortie des Hébreux d'Egypte et les Monuments égyptiens, .Alexandrie, 1874, p. i'I, 43-44, 
puis ZeitsrJiri/t, 1»75, p. 7-9. 

2. Mariette, Karnak, pi. 18, n" 4, et pi. 19, n" 4. 

3. Maspero, Recision dos listes géographiques, dans le Recueil, t. VII, 1886, p. 94, 96. 



164 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



\ 



Il est donc juste d'éliminer également la comparaison \l\ ïï -"inrib, qui contient le 

syllabique h = c^|i[j et où 11 exprime, dans les transcriptions sémitiques, soit n, soit 
n, mais en aucun cas d : en effet, hu A peut être comparé, pour le sens, et 

répond certainement, pour la forme extérieure, à n-;np lorica. Ces deux retranchements 
opérés, on reconnaît assez vite que toutes les identifications proposées de nos 
mots égyptiens avec des mots sémitiijues commençant par d ou par tf sont assez 
fantaisistes. Pourquoi rapprocher <r::>(l(l de ."''pi'b, quand on a une racine hébraïque 
bSn, apparentée d'ailleurs à "rSç qui signifie cujgessit, extulit, et d'où vient le mot 
connu hr\ qui entre dans plusieurs noms de localités babyloniennes, n^sK-bn la Motte- 
Épis, rn^n-'?n la Motte-'ànx-Bois, n'Tû-bn la Moï^e-au-Sel (?) ? <=> [In cigger, levée, 



est une formation égyptienne en [l[l de la racine bSri, beaucoup plus vraisemblable 
qu'une formation en {1(1 de la racine ■t'td. Nous ne connaissons pas le sens du nom de 

la ville J ri^ ji (] (iiZD A^ Hr]i^^, et Birch ainsi que Brugsch lui-même 

l'avaient lu Bat'a-t'uBar \)0\XT\e rapprocher le premier de "i''3n, le second de -liari' : ce 
n'est que plus tard, lors{|u'il a eu besoin d'un exemple de s=5 répondant à d ou t, 
qu'il s'est avisé d'adopter l'identification proposée par Chabas de ^ A^ Hiii | [331 

avec "iB'iîS buccina\ ou avec isç scriptura, libe/\ cette dernière appuyée sur l'existence 
du déterminatif Hisi'. Mais/on pourrait aussi songer à bçn calx, hph-n"^, ou à "isn, bsia 



sarsit, considt, et ce ne seraient que des hypothèses. De même pour \> q7\ 

et ^ V ^^ : le premier, signifiant jacasser, criailler^ me paraît être une ono- 
matopée propre à l'égyptien, et qui s'expliq ue d e soi sans qu'il y ait de néces siter 
pour le rapprocher de l'hébreu did; quant ^ \> \> '^=' ^^ dériverait de iv -^ 
\> q7\ et signifierait le piaillard, le braillnixl, nom assez naturel à imaginer pour le 
moineau, sans qu'il y ait urgence d'y chercher un emprunt fait à une langue étrangère. 
Quant à v )i(l J>:^, je ne vois aucune raison d'y reconnaître rht : c'est une cé- 

réale, dans le nom de laquelle j'avais reconnu l'origine de l'arabe oji dourah et une 
espèce de sorgho indigène en Egypte. Je vois que Loret a émis la même conjecture ^ 
En. fait, je ne découvre comme présentant une apparence de vraisemblance dans la 
liste de Brugsch que le nom d'herbage -i^. \[/ ^' ^^ terme géographique ]s=>j® 

et certains rapprochements coptes : il faut examiner tout cela. 

Prenons d'abord les mots coptes. Je remarque en premier lieu que les grammai- 
riens de l'école berlinoise ont déjà supprimé deux exemples de la petite liste dressée 
par Brugsch, 'à savoir t^ = -si T. B., <é\ M., capeve, et \ L==fl ^ "^^po ^-^ 

W=il g > r| g I u I I I I 

«"po M., vincere : pour eux, I^ doit se lire [1^^. qui ne prête pas au rapproche- 

V -n -V 1 W^ -\ /www <::;> 
ment avec «i, <^\, et le caractère A, par lequel débute le mot II ^; /l . étant. 

comme je l'ai déjà dit, un syllabique de "^^ + [1 , non de s==> H" y - n'a rien à voir avec 



1. Brugsch, Gaograp/uHc/ie InffchriJ'lL'n, t. II, p. 46-49. 

2. Chabas. V'o^a.7e d'un Éfif/ptien, p. 71-72. 

3. Max MC'LLER, Asien uiul Eurojta, p. 170. 

4. V. Loret, La Flore pharaonique, -Z' édit., p. 26, \ii. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 165 

les sons h, th ou -x. (S". Resteraient donc seules les équivalences -xice, cs'oci = — ••— "TI, 
•SÔ.X. {?'«.'x =z Tk tk^ ^^, et •xooirçj :^ ^ "W" : la première est certaine, ainsi 

que la troisième, et la seconde est probable. Nous avons donc, là, au moins trois 
exemples réels de s==> égyptien aboutissant à -x, et le passage d'un son à l'autre a dû 
se produire vers l'époque saite au plus tard, car on a déjà, dans les textes démotiques, 

1^^ V '* l^^'T'^ '"'' ^''" ''" T ^"f "5' et les textes assyriens 
d'Assourbanipal rendent Zabnouti par un ^a, devenu -x. Tsefeno-s-f étant en copte le nom 
de la ville j s=> 1 ©, confirmés en cela par la transcription grecque Ieoéwjto;, déjà po- 
pulaire au temps d'Hérodote. Sans vouloir pousser plus loin l'examen des faits énoncés 
par Brugsch, nous pouvons en conclure, dès maintenant, que : 

1" L'équivalence proposée par Brugsch entre le s=5 égyptien et le d sémitique 
n'existe pas : 

2° Dans la /.o'.vr; égyptienne, aux temps saîtes et à l'âge gréco-romain, le s=* était 
communément une simple variante du ^; toutefois, dans quelques mots, il avait con- 
servé de son ancienne valeur de sifflante aspirée, et il avait tourné à z-«-;. 

Cette seconde constatation coïncide parfaitement avec le peu que nous apprennent 
sur la valeur du syllabique ^^ de s=5 les tablettes d'El-Amarna et les monuments 
égyptiens eux-mêmes. Les tablettes d'El-Amarna portent kouzi ou gouzi pour 
^^ \ /\ , abréviation de ^^ ^ 1 ^ ' zoônaA^aï^ pour ^^ J kj , Pirizzi pour 
D<=>^^ ISt' ^^^^ ^^"^ ^ pour un ^^. D'autre part, les scribes égyptiens donnaient 
parfois le i^fZ, pour équivalent au :: sémitique, -^N^ ^fer lè^l^^ pour nnxa, et 
probablement il a la valeur t ou i: dans beaucoup de termes géographiques et de noms 
propres hittites. Dans l'égyptien même, le son primitif de ^^ était déjà assez modifié 

à cette époque pour qu'on le confondit parfois avec celui de ^^ ou de | : il y a bien 

longtemps déjà que Rougé avait noté la variante ^S-^ ^^ ^Sf ^ ^J^, \a. 
variante A ^ du nom 0^'^^^® ^^ 1'^ ^^^^^ ^^ Médinét-Habou, et Birch a 



\ ^ ^ I 



5 A^ ■%'.'^ f\ 5 



indiqué les graphies A^^r^„de,^^^^".ou^^ Ç^ de 



Pour quiconque connaît la fixité avec laquelle les Égyptiens de la seconde période 
thébaine reproduisaient l'orthographe des mots usuels de leur langue, même lorsque la 
constitution organique et la prononciation de ceux-ci s'étaient modifiées depuis le 
temps où cette orthographe s'était constituée, des variantes telles que celles que je viens 
de signaler sont, à dire le vrai, des fautes évidentes d'écriture, et je les considère 
comme étant d'autant plus précieuses qu'elles nous éclairent par leur nature même sur 
la valeur des sons jugés alors équivalents à ceux du ^^ ou du g==>. Dans les mots où 
ces deux caractères continuaient à couvrir le phonème sifflant du s==> ou son dérivé, 
on estimait qu'il était assez proche de celui du |, ^°^, rendant t ou ::, z ou ts-tch, 
pour qu'on pût le confondre avec celui-ci dans l'écriture et dans la prononciation. Ce 
point posé, on comprend comment il se fait que, dans les mots où l'articulation pre- 



166 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



mière s'est maintenue à peu près jusqu'à la hn, le copte ait employé, pour l'exprimer, 
son «-«'. Il n'y a plus besoin, alors, de recourir à des comparaisons un peu forcées avec 
l'hébreu, et de poser, par conséquent, l'équation t=> --= d. \ 

Y a-t-il là de quoi déterminer la nuance de son cpie s==> représentait à l'origine? ; 
Je ne vois guère que le phonème qui est rendu par le ^ arabe ou mieux encore par le 6 f 
grec. Il semble qu'on l'ait conservé, encore à l'époque saïte, dans le nom de la ville de . 

, car Hérodote et Hécatée de Milet avant lui écrivaient et prononçaient eî;, au 
génitif ev/o;. C'était, dès lors, une prononciation archaïque, (jui se perpétuait dans 



l'usage, comme il ai'rive souvent aux noms j^ropres : car celui du décan ^^^ est rendu 
en grec par hotôXx, mais, même là, le passage du 2=5 au ^^ était un fait accompli 
probablement dans la langue courante, car on trouve en hiéroglyphes les variantes \ 
"^'^^R^® ^^" "^"'^l®- en transcription assyrienne d'Assourbanipal Taâni et Taiani, 
prononcés peut-être Têni, et copte ancien tih. Par un mouvement inverse, tandis que 
les Grecs rendaient en ^Vol^j-h^zi/o:; le nom D '^1^ > les Assyriens notaient plus exac- 
tement en Pis/iainiLki [ToashamiUîi, par mauvaise lecture antique du signe poly- 
plioue initial), où l pour s=> s'explique probablement par une prononciation sifflante, 
P/s/tamisukf, Pisamishi, du s=>, et par le même phénomène de substitution de L à sh 
ou s, qui a transformé, disons Kasndi en XaXAaio;. Nous obtenons donc, pour l'histoire 
de s==?, le schème suivant : 

ex 



Antépicurement au second Garde accidentellement une 

empire thébain, tourne presque valeur sifflante dans quelques 

partout à ^ t---d. mots et devient ^°^, prononcé j 

4:, 2 ou "x. 

Là encore, les faits relevés par nos prédécesseurs nous prouvent que plusieurs pho- 
nèmes suffisamment distincts l'un de l'autre se dissimulaient sous le caractère-type 
^^, dès le commencement du second âge thébain. En voici l'histoire depuis cette 
époque, telle que je la comprends. Au début, nous avons sous ^^ la mi-occlusive 
sifflante sourde ts, c'est-à-dire un son se rattachant à la dentale t, et la mi-occlusive 
chuintante sourde tch, prononcée comme dans l'anglais child ou dans l'italien cicérone, 
c'est-à-dire un son se rattachant à une gutturale k. A la fin de l'époque ramesside et à 
l'époque gréco-romaine, chacune de ces valeurs se dédouble. La série °^ ts se ramène 
progressivement à eis::^ ou à 0, c|ui, eux-mêmes, se résolvent d'une part en ^--x-o-, de 
l'autre en 2:-^^-,^; la série "^ tcii aboutit probablement, par l'intermédaire de tj- 
DJ, d'un côté à notre j-G-doux, a*, de l'autre à notre chuintante simple ch, en anglais 
SH, aujourd'hui «x-s'. Voici les faits sur lesquels je m'appuie pour obtenir ce résultat. 

1" Du X VP siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Dans les transcriptions de 
noms géographiques sémitiques que les listes de Thoutmosis III nous font connaître, 



DE LA PHONETIQUE EGYPIIENNE 167 

^^ et son syllabi(|ue i servent à rendre généralement le i: liébraï(|ue, [)lus rarement 
le I, et leur témoignage est conlirmé par celui des papyrus ramessides, | ^ Ihc2^ 

n*?-- 1K3 et nombre d'autres. Les noms communs passés de l'usage sémitique dans l'égyp- 
tien présentent le même emploi, ainsi -^^ 1 1(1 k répondant au babylonien maziqda 

par un t, r^ rs A ^\ t A len, et ainsi de suite. De même, les scribes 

d'Asarhaddon et d'Assourbanipal disent laannu, iiinoa, pour |) ^"^ , idxlià pour 
/| ^, et leurs transcripti(ms achèvent de nous prouver que le ï sémitique était bien 
l'équivalent graphique ordinaire du | égyptien et réciproquement, mais, comme la 
valeur du 2£ sémitique lui-même était variable, nous serions parfois embarrassés pour 
déterminer celle du | égyptien, si les transcriptions grecques ne venaient pas à notre 
aide. Elles sont, pour le 2: sémitique, tantôt t, Tôpo;-->i::, tantôt s, s!§cov-pT2:, suivant 
que l'élément dental ou l'élément sifflant-chuintant l'emportait dans renonciation. Le 
même phénomène se produit pour le ^^ égyptien, car les Grecs transcrivent Tàvtç 
I \\ , OÙ les Hébreux avaient \oi, et Tiw? ou Ta/oj;, où les Assyriens avaient eu 
liklin, trois siècles plus tôt. Il y a donc là, à la fois, une indication d'une valeur ts-tch 
pour ^°^ et de la tendance à faire descendre ce ts-tch ^^ vers t-^. 

Que cette tendance ait été très ancienne dans la langue, l'étude de la dégradation 
successive de ts-^°^ en o-c=s^ et de 8-c=s::a en •r-^ dans le même mot au cours des temps 
le montre suffisamment. Le mouvement, commencé dès le premier âge thébain, est 
déjà très développé dès le début du second, ainsi que le prouvent des exemples fort 
nombreux : quelques-uns, pris au hasard, suffiront ici pour rappeler la règle. C'est 
.in. ,ue le. p^. ]-| °, ^ J^l^, ^j^^^. ^^. ^|;J-|, 0^^, 

Il II' ® jI ' ^^^■' ^^ l'époque memphite ou des époques antérieures, sont de- 
venus, quelques-uns au moins dès la XII'' dynastie, tous certainement avant la XVIII®, 



© Ici^^aJ , et beaucoup même ont franchi ce stage pour aboutir du czs:^ au o, If^ , 

^^Mv.' "^^'^^'^ ' '^\'^\'^ /i' ® '"^J • Les textes d'El-Amarna offrent au moins deux 
bons exemples de transcriptions de ce <=:^^ arrivant au ^, pnatiou, pinnatiou, pour 
c:^>/=^| ^ de D 1^""=^, taslii pour cs>n5, de (i|o, mais, comme tous 

les mots égyptiens qui s'y trouvent ne sont pas encore identifiés, ce n'est là probable- 
ment qu'un minimum. Le c:s> est certainement un n-o, et le 8-t se résout en égyp- 
tien, comme le prouvent les faits, sur n-- : le "^, d'où il dérive dans cet endroit, est 
donc très probablement, ainsi que je le disais, une mi-occlusive sifflante sourde qui 
cède la place à la sonore 8, qui, elle-même, cède la place à la sourde simple -, qui, à 
son tour, prend le son de notre sonore simple d. 

2*> Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— Pour les mots contenant un |-ts à l'origine, le mouvement qui conduit ^-ts au 



168 IXTRODUCTION A L'ÉTL^DE 



^-T-D en passant par le c^ se précipite et s'achève : il est |)robable que tous les mots 
de cette catégorie avaient terminé leur transformation vers l'époque romaine, et -que 
le départ entre eux et les mots demeurés en copte avec le son chuintant pouvant tourner 
au son sifflant était déjà fait, lui effet, on trouve dans les transcriptions du grec Skt-î-.;, 
ï£;jt£voOT£, iisvTï.'j,-, avec la variante en x de ^^7^ prononcé ordinairement Tcck, J^. l ^ 

l)(j^^. |,'^^^<£1<_^^' c^p #71^' pour les mots qui se trouvent avec la -2^ 
seule dans le copte ■xi'xtoi, '^(ouiijie-noirTe ou Ts.cxxe-n.oTje, prononcés probablement Tsitsoi, 
Tchitchoi ou Chichoi, Tsémé-Tchémé-noute ou Chémé-noute, Tsentsaos-Tchentchaos 
ou Chenchaos, le grec rendant ces sons par s également; mais on rencontre aussi très 
fréquemment déjà des orthographes en <=> des racines écrites jadis par |, puis par 

ou. de ri —<^:='\ ,<=>VvV^(ie ^ WV^> ^8 
nTïïTi iS MU Jvunni Jimn c^ w j^jè^ <=:=> W j^è^ J^ aWIII 

de g| — c— ^g , -I-^\^^ ~**~ 1 ^"*^ ^^^ Grecs ont transcrit Totos-, Toaep-, 
dans les noms royaux TojopOpoç, TojspTiT'.;, etc. ; les exemples de ces orthographes nou- 
velles en ^ sont assez fréquents pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en citer davantage. La 
prononciation en <=»-t des mots qui s'écrivaient anciennement par un ^ et qui s'étaient 
prononcés en ts-tch, était devenue si bien normale dans certains cas, que les scribes J 
en vinrent à employer le ^ comme homophone de ^, s=5 et c=s3 pour écrire les 



noms pmpres étrangers^ ffl__- — ^'^TlL' f^iT ^^ "^ fliT ^ 



^ je\ > ^— 1 (1 [I /w^AA^ , pour t:to;. 'Aop.avôç, :soj-:/p , AoaiT-.av '?, et réciproquement les 
étrangers rendaient parfois le signe ]) par le son du -. , ^ A 'H-f,-, ^ i *ou-r/;T. 

\ liii X îiii X 

En revanche, bien que le copte nous otïre plus tard de nombreux exemples de mots où 
la valeur ts-tch de ^ aboutit à un «s", nous en possédons peu pour l'époque antérieure 
où j-TCH se résout sur ^:3:^, équivalent à s* : le seul certain jusqu'à présent, et qui 



avait été relevé déjà par les premiers égyptologues, est celui de ^~^ ^na à côté de 



"^M "IfilQ répondant à <^i>.-ït\\ M. à côté de -xiKTqe T. -xcTqi B. D'autres qu'on serait tenté 
de citer sont moins certains : ainsi la formule ^°1 , qu'on trouve aussi remplacée 
, se rencontre quelquefois alors modifiée en ^^^^57) '^~ww, où l'on pourrait 
reconnaître la valeur en tch-(3' de la racine ^°^, s'il ne devait pas se rattacher plutôt à 
la racine "K QA, écrite dès le début par la gutturale ^^:=^, indépendante de |. On 
aimerait encore pouvoir affirmer que, dans un exemple plus ancien, puisqu'il remonte . 
au milieu de l'époque saïte, la variante ^^~^ y ^i de la transcription égyptienne du | 
nom de Lambyse sonnât KamouCHa, mais la variante montre une pronon- ^ 

• i" 1 'an JTT AftAAAA «SCJ Ci 1 

ciation plus sifflante, qu Hérodote a rendue par Kxixèj^t]^. Il convient, d'ailleurs, de noter ; 
que les Grecs, n'ayant pas l'équivalent exact des sons couverts par ^°1, ou ne rencon- 
trant plus dans certains mots qui l'avaient renfermé jadis que son dérivé <=^> ou ^, 
ont employé souvent des lettres différentes de leur alphabet pour les noter, le 6 dans 

'Apurer,; ^^ _0 J ^, KolhA^ra 1 '^^^' ^^ '" ^^ ^^ ' ^^^^ 'ApevStoTTiç, 'ApevTWTTj; ^^"t* 

(] ^^ ^, OÙ j ^ a déjà la valeur | cs::=, | '=^, comme le prouve la transcription. 
Le fait à retenir, c'est que, au moins à la fin de cette époque, les deux phonèmes 
que le | avait couverts depuis la période thébaine s'étaient bien séparés pour aller les ,' 
uns vers la dentale t-o, les autres vers la gutturale chuintante ■x-c?', selon les dialectes. A 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 169 

3° Du com/nencement de l'âge copte jusqu'à nos jours. — Au temps où se firent 
les premiers essais d'écrire 1 égyptien en un alphabet grec augmenté de quelques carac- 
tères, le son que le ^ avait pris dans la première série ressemblait assez à l'un des 
sons provenant du S, et les deux à celui de la chuintante pure r^cr-i , pour (juo plusieurs 
des scribes pré-coptes aient été tentés de les exprimer par un seul signe ou par deux 
au plus. Celui (|ui a rec^opié la deuxième partie d'Anastasi DLXXIV de notre Biblio- 
thèque nationale traduit le |, le S et le cisz] par un même caractère y^, qui semble 
dériver du ® hiéroglyphique', et que je remplacerai par ^ pour la commodité de l'im- 
pression : il écrira, par exemple, ^*.q = [nej-xi.q, .:^1 , où 5 équivaut à -x du copte, 
<3'é."\e>.oT(S' = ^isXb.vs. T. M., ou «'oine z= ujojne T. M. Nous verrons que les Coptes échan- 
geaient parfois leur ig avec leur -x et leur (^ : retenons seulement, pour le moment, ce 
fait que les trois articulations couvertes par le <^ étaient assez proches l'une de l'autre 
pour (ju'on pût considérer qu'un seul caractère pouvait leur suffire. Elles n'étaient pas, 
cependant, si bien assimilées l'une à l'autre que, dans le même manuscrit Anastasi, 
l'écrivain de la première partie n'en ait différencié au moins deux par des signes parti- 
culiers. Il n'a employé aucun mot renfermant le (^ du copte; nous ne savons donc pas 
si son ^ répondait à cette lettre comme au tg, mais il n'a mis qu'une fois 5'e pour -se, et 

ailleurs on trouve chez lui tos', (S'e.AtoAi, (S'e.q, pour touj T. , g*.Aa)xjL J^TtT v\ 

<:z:> 0s. ^ r "I * I ^\ ' r\[\ • •-' ■ ^ , ( w I I ' _ms- 

"^^ 1 ® , uji^q-m^e wnn /n. Il a introduit pour le -x un caractère spé- 

cial ^, dont je trouve des variantes dans d'autres écrits du même genre et qu'on pour- 
rait rendre pour plus de commodité par ^. Il y avait donc pour le ■x-x une nuance de 
son qu'il s'agit de rechercher. 

La première série de sons pour le ts, celle qui se rattache, dans la langue antique, 

à la mi-occlusive sifflante ou chuintante ts-tch- |, se reconnaît à ce (|U elle reste 

^-•x, dans tous les dialectes, là où ce ^ a persisté et n'a pas fini déjà par abouti'" 

au ^. Tandis, en effet, qu'on a désormais ccotÂi. hotÂx. tô^^t, thrAc. o-yoDTfo, aioctc aia^toi, 

mxe. pour les" formes archaïques []J^^,™| ^,]^;^_°, ]l — ^1 - J .]l ^ . 

(il i^il^^^' "^^ i ^S "^ ' ^ < ^"^^^ ^^ rencontre, d'autre part, •s.tocoju.e T. -xiocoaai B. 
•xwAji M., ui&.-2.e y. ci.'xi AI. ujcTie Akllin. ige-xi B., ott-x*.! T. M. OT-xei B., [«.nj-xcj-x T. 
•suiTt M., iiô.'xg^. rti.d.g^'xe, ttô.'se T. nô^g^-xi M. ne^-xi B., ns.oi T. M., en regard de 11 v\ 

n<iS' ' ïâi)- vJ M. ' I M. 1 ^Q' 1k 5 Iv.- ï %K^^ ^^ ^^ beaucoup 
d'autres. Mais, dans ces cas, comment convient-il de prononcer le s. copte? L'ortho- 
graphe du ^ de cette première série ayant passé dans un certain nombre de mots 
à ^=s>, puis à T-ô et -:, en copte t et ■& selon les dialectes, il faut en conclure que, là 
où le -x provenant du ^ s'est maintenu dans tous ces dialectes, c'est que -s. y avait 
conservé ou le son même de ^ ts tch ou un son approchant, que l'écrivain des lettres 
Régnier rend par tC, ainsi ziil-z^z^ xo'jt^'. pour eiig-xeit kottts.! : puisque <=^ hiéroglyphique 
s'est changé en t-d dans le copte, comme nous avons vu plus haut, i! est plus que pro- 
bable que le ^ aura suivi' le même mouvement, et qu'il sera devenu de ts-tch pro- 

1. C'est également Tavis de Krall (Mittheilungen, 1886, p. 111) et d'Erman(Dfe œgyptisc/ien Beschwô- 
rungen, dans la Zeitschrift, 1883, t. XXI, p. 93, n. 1). 

KECUEIL, XXXVII. — TROISIÈiIB SÉR., T. V. 22 



170 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 

nonces avec la sourde et la sifflante dure s, ds, avec la sonore correspondante et la 
sifflante douce s, identique à notre z ou à notre j dans zéro et dézà. On dira donc 
Dzôonié et Dzôni, DJÔômé et DJÔm pour -xcocDJUie, -xioAii, s/iaDzé-s/mDJé ou saDzi-soDii 
pour ujô.'se-cô^'xi, naDzh et navtzhi, nahmhé ou na/iDji, pour ««.'sg-nô.g'xi, et ainsi de suite. 
Bien entendu, ce système ne vaut que pour le cas où | s. a persisté dans tous les 
dialectes; la plupart du temps c'est le contraire qui est arrivé, et, l'élément chuintant 
ayant prédominé dans ce son complexe, les dialectes du Nord possèdent un -x en face 
du (^ que comportent les dialectes du Sud. Comme il nous faudra insister sur ce fait à 
l'article des gutturales, je ne citerai ici que deux ou trois exemples pour la forme, 
•scju. M. à côté de <^xx-(^n T. de ^'^^%\ , tw-xi, tw-x M. à côté de tojô'c, hm<^ T. de -r\ 
^^«ç , TT '^r „, "^^^ •^^- îi côté de ^to&e, «"looÊe T. de S ^^ J ^y; l'échange 
des deux sons représentés par -x et <^ se produit quelquefois, d'ailleurs, dans le même 
dialecte, ainsi que nous le verrons plus tard. Plusieurs graphies des manuscrits 
coptes, dans lesquelles le -x des deux dialectes est manifestement l'expression d'une 
combinaison T + ig, nous permettent d'établir qu'en effet, dès le début, la prononcia- 
tion de ce caractère répondait à celle de t-d-t plus la chuintante çg, soit au ch anglais 
dans cuild, ou bien au c italien devant i ou e, comme dans ciCE/*o/i«, -xno T". -xn*. B. 
•xcÇio B., équivalant à à ûO *T-igno, -xnio T. -xcÇio B., équivalant à û û ft3 

* r , . ^ ^ . /& . ... _ D, '"^ 



y 



I 



T-igniio, -xne. -sno T., équivalant à A û ^^ QA *T-igine, d'où la préposition «.-xn T. B., \ 

équivalant à *A.T-ign, xto, -xtc 7"., équivalant à A û l<:::r>'5^ *T-igTo, T-ujTe, et ainsi 1 

de suite. 

Les ditîérentes transcriptions que nous avons soit de textes égyptiens en caractères ,, 
étrangers, soit de textes étrangers en caractères coptes, confirment sensiblement cette i 
lecture de ■x. Dans le vocabulaire français d'un Copte on trouve, pour rendre le cii de 
notre langue, tantôt -x, tantôt la combinaison tuj ou -e^uj. J'avais pensé tout d'abord | 
qu'il y avait lieu de distinguer deux prononciations ditîérentes, l'une propre au fran- 
çais parlé par les Orientaux, ■xi.^-eg, -xAieiye, ÇAtte, ç'mî^e, etc., l'autre reproduisant un 
rendu picard ou anglo-normand, TujiÈeÀe, ■&igô.M.eA, TCHioè/e, Tcuamel\ J'admets au- 
jourd'hui encore l'exactitude de la seconde partie de l'explication, mais, pour la pre- , 
mière, je crois qu'il y aurait lieu d'adopter une autre solution. Le scribe copte, ayant | 
à fi'd disposition deux sources d'information pour le français, l'une qui lui fournissait la ' 
prononciation che de l'Ile-de-France, l'autre qui lui fournissait la prononciation tche 
de l'anglo-normand, a tenu à distinguer entre les deux en employant -x pour la première, 
Tig pour la seconde. Il a donc écrit, dans le premier cas, A*.'x*.-&e^, -xAiei-re, -xeno-irc, •xi.iie^e, 
et prononcé plus doucement la ('jatte, '^'j'emise, '[jénous, ^'j'anlé, répondant à la Jatte- 
la chatte, Jemise-chemisc, je nous-che^ nous, janté-chantez, et, dans le second cas, 
TUjmoTc, Aiiyenik.1, -^ly&pnâwn^cp, TU}*.p, TigiÊeAe, ^ig*.juieA, prononcés plus durement ^chi 
nous, U 'ch'en di((le)..., '-charpanter-charpentier , ^char-chair, ^chivèle-cheoal, ^charnel- 
charnel . Et, en effet, dans le texte copte en lettres arabes, -x est transcrit par ?: , n-xoc 

cr^y "^^ ^-' g^ï'xen ll^!>-^J'>, ctoA-x f^, ce.'xi ^-l^, iji.*.T*.xpoi i^ljjS-ljsL», «■xoq-xeq v-JU-w- >_j^' , 



1. G. Maspeko, Le Vocabulaire français (l'un Co/)tc du XHI' siitcle, reproduit dans les Études de My- 
thologie ou d'Ari-héolofjif, t. V, p. 183. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 171 

tet son témoignage est confirmé par les noms communs ou les noms propres géographi- 
Iques où l'écrivain arabe, tout comme le drogmanépelantle français, rend le son copte « 
tantôt par ^ dj, tantôt par ,_p. cli, tantôt par ^ ou par js, ijli-1 A-A-^epi*.. jX^- ■semp, 
et •xik.n&.ccit, ,j«L». , ni-xeAfeekg^ iâU- , -xi-xfiHp j_y:^ . -xeèpo I juL , p*.c e'\ ^«.Ai-x »cJi^jj-lj , xô-ni 
IJU», i-Ao-x^VS, -xoA-iteA ilJL-, et quelquefois par le Jl- et par le ?7 indifféremment : •xi'xÊHp 

s'écrit aussi j^y^- Laissons de côté les exemples qui se rattachent à la prononciation 
Tsde^°^, et retenons seulement l'équivalence de -s avec ?: ou ^ : on a de même, chez 

Le Page-Renouf, JU- -seAcc, <u^U-l eXTieAxe'g^»., Ij^ ■xe-ik.-xc. eJj>-y qete'xc'^og^, Cjj-^'^ 

e-xecèwpT. On a discuté afin de savoir quelle valeur il convenait d'attribuer ici au ^, 
t Amélineau ainsi que Rochemonteix pensent que c'est celle qu'il a en Egypte ac- 
uellement, gu- ou g dur, tandis que Casanova et Galtier penchent pour dj : l'argument 
tiré de la prononciation présente de n'est pas convaincant, car. quel que soit l'usage 
journalier des fellahs, ils savent, même les plus ignorants, que le a régulièrement la 
valeur dj, et ils s'en servent pour rendre, par exemple, le son j du français, o^^ ^^ 
^ii koure pour je cours. On pourrait tirer une preuve nouvelle de l'usage de «s' qui 
échange si souvent avec -x, soit d'un dialecte à l'autre, soit dans le même dialecte : le 
drogman copte l'emploie pour rendre j ou G-doux français devant i, e, Aini.ns'iAe, 
s'me^iAioju.e, 3'mo-ye, (3'ene, (^cone. <3'«.p'i.in. s'otcci, l'EvariGilc, Gentilhomme, Génois, jcnne, 
saune, mvdin, je suis, et aussi notre s-douce ou notre z. Te^is'toxie. pe<^m. "Xs^^e. Ce.p«.(3'(3'iit, 
des hommes, raisin, lise-;, Sarrazm. 

Plus tard, lorsque le copte fut sur le point de disparaître ou qu'il eut disparu, la 
prononciation du s. s'altéra encore. Dans le psaume transcrit de Petranis on trouve -x 
rendu par j, réduction de dj, me-xcopg^ hiajorh, o-s-xtofei uzôûvi, ou par j^j, gi-xcn hiszan, 
■xe siâ. C'est la première prononciation qui prévalut depuis le XYIII* siècle, au moins 
chez les grammairiens coptes élevés par les missionnaires italiens, et chez les giam- 
mairiens européens. Kircher', par exemple, définit « -x Giangia profertur ut I, iota 
» Hispanicum, ut hijo », ce qui n'est plus exact aujourd'hui que h jota a changé de 
son, mais qui nous ramène bien au j de Petra^us. Après lui, Tuki, Valperga, Minga- 
relli, emploient la même valeur, et Peyron lui-même suit la tradition : « -x pronun- 
» ciatur uti g dulce, quasi / interjecto inter -x et vocalem sequentem, ut sit -xe^ gia, 
» -xe gie ». De la même tradition dérive la transcription sj de Ciiampollion, et les 
transcriptions plus savantes que les philologues coptisants ou égyptisants ont essayé 
d'établir dans leur cabinet. La prononciation actuelle, telle que Rochemonteix l'avait 
recueillie, diffère assez de la traditionnelle. « "^ ganga = g est, dit-il, un semi-contact 
» formé dans la même région que le g dur français; la prononciation du groupe ^ï^î 
» devant a, o, u, en donne une idée assez exacte. Cette articulation se retrouve dans 
» presque toutes les langues des peuples avoisinant l'Egypte; elle s'est imposée pour la 
» prononciation du r arabe dans le parler des fellahs, qui n'emploient jamais, comme 

1. Kircher, Prodroinus, p. 287. 



172 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



» les Syriens ou les gens de la Barbarie, ,/ ou dj, et réservent d'ordinaire le g dur pour \ 
» rendre le J, voire le 9-. » C'est sous l'influence de l'arabe d'Egypte que le -x, pro- 
noncé d'abord dj, j, a passé au son voisin du G-dur dont parle Rochemonteix. De ; 
même que le musulman égyptien prononça J*.*. Gciinel au lieu de Bjamel, le copte, ap- i 
pliquant à sa langue liturgique l'usage de l'arabe familier qu'il parlait dans la vie cou- | 
rante, prononça désormais co^-xi sa'gi , ic-xen isgan, a^q-xoc af'goes, o-yKo-yxi ôko'gi, -se^jLq 
gcmf, n-xwp^ engorhh, et ainsi de suite, c'est-à-dire sa(/u{, isguan, afguoes, ôkogui, 
gncmf, engiiorhh. Je n'ai pas noté de changement depuis quarante ans bientôt que 
Rochemonteix recueillit ses textes dans la bouche de quelques prêtres. 

L'histoire du ^"^--x égyptien, depuis le début de la XVIIP dynastie, nous montre 
donc, comme je le disais en commençant, une dentale palatalisée que je rends par ts et 
la chuintante palatale correspondante que je rends par tch. Le premier phonème tour- 
nait déjà au c^ïi3 0, puis au ^ t-d, et, à l'époque romaine, il ne se maintenait plus que 
dans un nombre de mots assez restreint. Le second se substitua progressivement au 
premier, et de tch en dj-j, puis en g, envahit tout ce qui restait de la langue à l'ex- 
clusion de l'autre. 



La détermination du phonème couvert par ce caractère a prêté matière à de nom- 
breuses recherches comme celle de s=>. Champollion et les premiers égyptologues le 
considérèrent comme un homophone parfait de ^, t=> , L^°l, et ce ne fut qu'après 
de longues discussions, soulevées surtout par les travaux de Brugsch, que sa véritable 
valeur fut établie. Résumons en quelques mots son histoire depuis le commencement 
du second empire thébain. 

1" Du XVP siècle avant notice ère à la fin de l'époque saïte. — Les scribes du 

début de la XVIII^ dynastie ont employé le crsi» pour rendre le n des noms sémitiques, 

mais non exclusivement tant s'en faut : si l'on trouve M ^''^^ tw, ouM^'^^.flw^ 

^^^^^ ^^ O ^ ^ oa ' 1 2i' \\ I ' 

^^"^^^fl' "^Tk^'IITs k^' P^'" exemple, pour rendre 
^1?^-, i-^^, '?l'^3a, pTst, ni!, on rencontre aussi des formes nombreuses en et en II 

pour exprimer ce n dans toutes les positions t\ ^ Jlh pour '\i:ii, Il M \\ pour 

P'^^l, etc., ainsi que nous l'avons dit à l'article du ^. Les transcriptions en cunéi- 
formes d'El-Amarna ne nous donnent pas jusqu'à présent de mot contenant certaine- 
ment un ^=^3, et il faut descendre jusqu'au VII® siècle avant notre ère pour en ren- 
contrer des cas en assyrien. Les scribes d'Asarhaddon et d'Assourbanipal rendaient 
alors le son par l'équivalent ta, Na^aku pour -^ (J^^^S'^Jr^, Fin^ê^i ou Biimêm 

pour ^ ^^^ÏÏ^, Ispimav^ou pour (^ ^^ j V ^, et, dans tous les noms propres 

^" An' P<^'^^''^iustu pour ."^ J^^^^^Jjl ^ V§^, Pu^ubesti pour ° W"^^, 

Ipti/jar-viéiiu pour § (1 ^ „ PvS, mais une fois le ^^> est déjà tombé dans :ii/ia 
pour ^^1 ^ . Le grec présente la même fluctuation, car, dans >B?n©ïï, il rend le 
premier c^s par 5, mais le second par t, au génitif mévot,?, mévot.xo;, et la prononciation lé- 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 173 

gèrement sifflante du s a peut-être influé sur la dérivation en a de l'ethnique Mevo/ît'.o;. 
Les transcriptions araméennes de l'époque persane continuent à exprimer généralement 
par un d le son du c^^ égyptien dans les (|uelques noms qu'elles nous apportent, "DKjroD 
pour si4 n ^, •'-(•D'ttB pour dîD^' desquels on rapprochera l'hébreu yne-ais 

pour □/\^>^ ^ et le nom mixte, signalé déjà par Rougé, bK'p'^B, dont le premier 

<>lément est . Il faut noter toutefois qu'à la même époque, les Grecs rendaient déjà 
de ces noms propres par un -., fY| Mî» par no-oLT-ix-A, naTaoêrijnc, à cor- 
riger, comme le propose très judicieusement Spiegelberg, en naTap^rx-.; ^v J j 

S^l VW^, H •f] Mf> n£-:'atotç; il est rendu également par un -. dans d'autres combi- 

naisons telles que (I û ^ 'AfiooTaTo;. La forme "aSjAo,- du nom de la ville Y J ® , 

T 11 , peut avoir assumé un a, par suite d'une assonance au nom d'Abydos que por- 
tait la ville de l'Hellespont : il faut, pourtant, noter ici un des exemples rares à cette 
époque de cr^a transcrit par a. U résulte donc de ces faits que, depuis le milieu du 
second millénaire avant notre ère jusqu'à la conquête macédonienne, c=si> oscillait entre 
deux phonèmes rendus l'un par x-îs-a, l'autre par n-x, mais avec une tendance vers 
le T-n marquée de plus en plus. 

2° Depuis le commencement de l'cpor/ue ptolématque Jusqu'à nos Jours. — L'his- 
toire du ci^5« est bien connue à partir de cette époque. Le son s'en identifie dans la pro- 
nonciation avec celui du ^; il ne se conserve que par effet réflexe dans un mot comme 
I n':k, où le 6 de la transcription traditionnelle 2:061; est évidemment amené par un 
souvenir du es^i premier, et, dans l'écriture monumentale, il devient une variante pu- 
rement graphique de ce signe. J'ai noté déjà que, dans le démotique, le grec est rendu 
toujours par '=^ ; cette constance s'explique peut-être par ce fait que les formes graphiques 
du ^ et du c:s:> s'y sont confondues sans qu'il soit possible de les reconnaître par elles- 
mêmes. Cette confusion dans la cursive amena nécessairement une confusion dans 
l'écriture hiéroglyphique, et, si, pour les mots du vieux fonds de la langue, les scribes 
conservèrent souvent par routine d'éducation les orthographes traditionnelles, dans les 
noms étrangers ils employèrent indifféremment c=^> et ^ pour exprimer le x et le 8 : 

'AXéfav5po?'^^^,[j^:^> VÂ ou fl^^3::;6fl ^ ^ , nToÀefxaïoç Oflllou 



mais ^^^^^ "^ ^ ^ '^ J MevcxpaTsia et c:^>(j(j'^^[Q) Aîoî, et même, dans ce 
dernier nom, c=s> est usité plus souvent que ^ sur les monuments pour figurer un -. 
Sous les Romains, Aj-oxpâ-uwp présente toutes les orthographes possibles pour ses deux - 
et SîgstjT':; pour son -. unique, "^^ ^ , "^^ ^ c:^^ , ^^ ^r::^ ^ , ^^ "^ 

'è -k ' "^JP ' ^* Tibère, Claude, Domitien, Trajan, Hadrien, se servent in- 
différemment du <=>, du c:^3 et de leurs homophones pour rendre le ou le t de leur 
nom en sa forme grecque. Une fois disparus les hiéroglyphes, le copte écrit avec t 



174 INTRODUCTION A L'ÉTl'DE 



tous les noms qui, dans la langue ancienne, avaient un ^ ou un ^=^>, et les deux pho- 
nèmes au moins que ces deux caractères recouvraient se sont résolus en un seul ---■», 
qui suit toutes les fortunes de celui-ci dans les deux dialectes, telles que je les ai ex- 
posées à l'article du ^. Il faut noter seulement que le <=^> du verbe û o[l|l conserve 

sa valeur de a en dernière syllabe, tout en prenant celle de ^ -: en tête des mots : ainsi 
le texte copte écrit en lettres grecques de l'archiduc Régnier écrit evttvouoi, [j^asivouoi, ttvouS, I 
pour ennitOT'f, AiA.einoT'J-, nnov')-, mais -uT/y.ii, -iîool^-oi.IeisQz, pour •fcsS&.ei, •f ep*.cn«w7e^«^e, 

-ce qui semble être une simple différence d'orthographe. 

Ici encore, comme à propos de ^=^, nous devons nous demander s'il y a dans ces 
faits des éléments suffisants pour déterminer la valeur du son qui se cache sous c=s>. Il 
faut, pour cela, revenir un peu sur l'article de ^^ et nous rappeler le fait bien connu 
de la transformation graduelle au cours des âges de certains ^^ en <=:s:> et de ce cz^si 

en ^, (Il i^^> par exemple, devenant [T| I |, puis m , m , [|| 1 , et le dernier ^ 
B'amuissant pour donner le copte juloctc T. julocti M. Ai.«.ci- B. Tenant compte de cet L 
élément d'enquête, nous pouvons arrivera une appréciation assez exacte du son. La série 
des dentales en égyptien nous a déjà révélé plusieurs phonèmes distincts, t-d-c^ qui se 
ramène en dernier lieu à D-T-e-, s=5 qui se ramène à t-d, puis à d-t-o- dans la plu- 
part des cas, mais se résout sur z-x-ts-tch dans quelques mots, en dernier lieu ts-tch- 
CH, ^°°^ qui finit par aboutir d'un côté à t-^, de l'autre à -x-^. Une valeur manque 
à cette série, celle du a grec ou du i arabe, c'est-à-dire la sonore de c^-t-t-o- 
memphitique. Je crois que, si c^ïsi ne représentait pas exactement le a grec ou le 
S arabe, du moins il en différait peu pour l'articulation : c'est, en effet, celui qui de- 
vient le plus aisément tantôt d-t, tantôt z-s, comme le prouve l'histoire de i dans 
l'arabe d'Egypte. L'.objection qu'on a opposée parfois à ceux d'entre nous qui ont 
préconisé ce rapprochement du son caché sous <=s:3 avec le son abrité par a, à savoir 
que le copte n'a employé le -2». que dans un* petit nombre de mots étrangers qui- le 
possédaient dans leur langue d'origine, a peut-être quelque apparence lorsqu'on s'en 
tient à la surface, mais elle cesse de valoir dès qu'on va au fond des faits. Les 
exemples cités plus haut, et beaucoup d'autres que chacun de nous a présents à la 
mémoire, montrent que, dès le commencement de la seconde époque thébaine, le son 
du c:^::^ tendait de plus en plus à se confondre avec celui du ^ et même du s=3 devenu 
presque toujours homophone de ^. A l'époque gréco-romaine, lorsque l'alphabet copte 
se constitua, le son de <=s> = a n'existait plus en égyptien, mais ce n'est pas une 
raison pour admettre qu'il n'y eût jamais existé : de ce que les fellahs prononcent i 
presque toujours comme 5 d ou j z, il n'ensuit pas que ce caractère n'ait pas eu ori- 
ginairement en arabe sa valeur particulière. Notre <=:^> est donc, je pense, l'intraden- 
tale faible a, et il est à ^^ ce que s=3 a été un moment à ^ : l'occlusion, ne se réa- 
lisant pour le former que par une pression peu intense de la langue sur le palais, c:^:» 
était une sorte d'occlusive sonore douce, par conséquent elle était articulée assez faible- 
ment, et c'est là ce qui explique les transformations qu'elle a subies en descendant les 
siècles. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 175 

On peut donc résumer clans le tableau suivant tout ce que nous savons de la série 
des dentales : 

( T-D. 

C^ *T D ] 

[ -&-T. 

T-D. 

TS. 'S.-^. 



T i:^ 



H 



TS, 



O-D. 
TCH ... DJ -x-^-G. 



a^ T 



T-D. 



c. Gutturales et aspirées . 

L'égyptien compte trois gutturales proprement dites -=^3:^, /\, S. ainsi que quatre 
aspirées Ql, Q, e»-=^, ®, et leurs équivalents graphiques, au commencement de la se- 
conde époque thébaine, celle de la xoivv 



Je suis convaincu que, dès le commencement de cette seconde époque thébaine, le 
signe ^r^ et sa variante vocalisée ^ recouvraient deux phonèmes assez différents. 
D'un côté, il répondait à notre sourde gutturale simple c dur — x, de l'autre, à une 
sonore gutturale aspirée, notre g dur suivi d'une aspiration légère, et je crois en trouver 
l'indice dans la facilité avec laquelle les Égyptiens l'ont employé pour rendre le 3 ca- 
nanéen ou hébreu, tandis que les Grecs ont pu le traduire par x ou emphatiquement 
par y./, et les Memphites par x dans des mots où le thébain a un r. 

1° Du XVP siècle avant notr^e ère à la fin de l'époque saïte. — Les listes de 
Thoutmôsis III présentent tant d'exemples de la première valeur k de ^^^z:^ et de sa cor- 
respondance exacte au "i hébreu, qu'il me suffira d'en rapporter ici quelques-uns qui le 
montrent dans plusieurs positions, ^^ -^ 'k (Jy] i''^?, . (a^- ^ 



D © 
"1— ' "^_i, k \'i -'''-^' Î^ï '^^^' ^* ^^""^ ^^^ ''''™^ communs, ^^^ 
|l[j^^^^ iTiaap, """"^^ ^ ^ V '"^''^ "'^^■^ y.îv'jpa, et ainsi de suite. L'équivalence de ^zips 
égyptien avec j hébreu demande plus de démonstration pour être bien appréciée. 
Le spécimen le plus caractéristique en est donné par la transcription du nom de la 

ville cananéenne de Mageddo, ^^^ Il (Jv) ^"^?'? > mais les exemples tant de noms 

géographiques que de noms communs en abondent dans les textes, ^z:^ t:]!!, 

OlJ''^Q îjy, '^ V' ^^^ ^'^^l, (1^ ^- ^* ^'^^^ ^®^ noms de villes formés 



avec ce mot, v\ \ , Snao. Parfois l'égvptien donne A en variante de "':::3?6 pour 
_aA^^^r^ (J I ^^ ^ ^ 

rendre le mot étranger, ^'^^^'^^^JîLj'^jJvi et -^ ^ ^ ^^^Htj'^JU. 



176 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



I ysa, dans ^^rr^ j ° ïy > ^^ ^ J ^ î î^ est rendu par aaaaaac^^ ^^33 au 

pluriel et par au singulier dans 'wwva ,,,,,,^ ,^'w^AA Dy-3rpy, -k ) n ^^ v 11 nna-n-);^ 

où le mot n-i.î5, est rendu par "K J n tandis que dans <:=> [ |^^ il est rendu 

par l'orthographe <=> , avec le zi. Comme nous le verrons plus loin, le A répond d'or- 
dinaire au p hébreu, ainsi qu'au J arabe, et, du moment que, dans la prononciation 
égyptienne, le son placé sous le signe ^3:::^ pour rendre J pouvait faire variante avec le 
son placé sous le signe A, c'est qu'il avait quelque chose de plus que notre G-dur com- 
mun : c'est peut-être le y prépalatal du grec, devenu par la suite une spirante gutturale 
sonore, et cela lui permet, comme nous verrons, de se confondre plus tard avec S- En 
tout cas, les variantes que je viens de citer, et les autres de même nature, semblent 
bien prouver que le '^^z:^ abritait, à la XVIII" dynastie, et la gutturale sourde c-k et la 
gutturale sonore simple y-^-G ou déjà devenant spirante. 

Les pièces cunéiformes d'El-Amarna, par un hasard singulier, ne renferment que 



des mots comportant le svllabi(]ue == "^ • Elles écrivent par des syllabes renfer- 
jnant un K ^= 3, « Jf U {Hf-KV-up-ia-a/i) HiKouptah, ^ ^ {KU-i-rh-KV} 

Kou/Z/Kou, ^^^ " (sa-ab-na-KU-u) ^abnaKOU, (K\j-u-b(p)a, K\j-u-b(n)u) \ 

lii:^ J /www I ^ iJO ' '^ ' 

KO\jb(p)a-KOvb(/jjuu. Dans un cas, il emploie la syllabe kou pour rendre un U qui 1 
répond à un i hébraïque (1 ^ ^^\ V îl^ [a-KU-nu), mais, comme il traduisait ce mot 
de la forme égyptienne, il est probable qu'il a pris le signe U dans sa valeur la plus 
fréquente de ka et que cette lecture lui a dissimulé la forme sémitique par i du mot. 
Une autre fois, il transcrit une fois Kou^/ (ku-5'/) le mot égyptien ^^5^' ^oi^nne 
abrégée de ^^ "^ ^ ^^' ^''^^^' 1® reste du temps, on rencontre gouô/ (Gu-^i). Les 
textes en question nous montrent l'existence des deux sons compris sous le signe '^::t^ 
et la même prédominance de la sourde ordinaire k-c dur sur la sonore spirante :-r. 

La liste de Shashanq à Karnak nous montre, somme toute, les mêmes phénomènes, 
mais déjà plus marqués. Le ''er^ continue d'y rendre "^ hébreu, ^^>\ '^^ >)^ T-^.^ > 
en " ri'^an, TtTJ, u \\ [^^^ nsity , -^^^ ^^^ jl (1 (j o^^^ ns-ja, ou rarement 

le J, ^(l^c^::^ Ja ou plutôt nii, mais celui-ci est rendu plus souvent par S, ainsi 

môsis III, et, comme nous le verrons tout à l'heure, ^=::=:^, au moins dans une partie de 
l'Egypte, passe de la prononciation de sourde simple k-g dur ou même de la pronon- j 
dation sonore spirante du i-v à celle de sourde aspirée ou de sonore aspirée x ou ^y.- 
Les transcriptions assyriennes du VHP siècle ne trahissent rien de ce mouvement dans 
leur ortho grap he, si ce n'est, peut-être, parfois une réduplication du k sensible à l'œil 



dans (<^^ '''-=-- iZj. ^ Bu-vK-KV-na-an-nt-i-pi = BouKKOunannipi , ou dans 

Ij ^ Ni-iK-Kv-u à côté de Ni-Ku-u; toutefois on ne retrouve pas jusqu'à pré- 
sent ce mènie redoublement dans ^^^ -vwwv Bu-Kur-ni-nip = BouKOurn/ntp, 
dans D l^\ Pi-sha-me-il-KJ = PishamilKi (pour Pishamisnki), JiLlI "^^ U 
■Sha-ba-Kv-u = ShabaKOu, f^-^^ k\j-u-su = Kovshou, t^o. Ce phénomène d'as- 

I u I -^ 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 177 

piration que manifeste le ^^^3;:^ égyptien est rendu évident par une partie des trans- 
criptions grecques de ces mêmes. Il est, probablement, assez léger encore pour que les 
Hellènes, qui ont servi de drogmans à Hérodote dans son voyage d'Egypte, aient rendu 
le son qu'il exprimait par un x plutôt (jue par un /. , Mr/,EpTvo;, Svao^, SaSaxô-, xaÀâtT-.p'.ç, 

seulement on a / dans y-ai^iuZ-i/o; pour D '^\ <^li 7 dans "A'-yj—oî pour S J) J U , 

si vraiment 'Aiv-j—o; vient de ce mot. Mais il convient de ne pas oublier que ces gens, 

ou bien étaient pour la plupart de race ionienne plus ou moins mélangée, ou bien 

avaient appris le grec auprès de colons ioniens pour la plus grande partie, et que le 

parler ionien emploie volontiers le x oii d'autres emploieraient le z. '■ c'est pour cela 

qu'Hérodote dit MjxîoVj,-, Nexw;, SaSaxô?. Mais d'autres, vers son temps ou peu après, 

rendaient le ^^^zz^ égyptien par un /., I J| par 'Z<>/iy.^ ou ^v.^P-' "^ ^^ P^^' 

^Axopt; ou A/top;;, et il est probable que toutes les transcriptions grecques par /, des noms 

'égyptiens renfermant un -^^^i^ pouvaient remonter à cette époque : nous verrons tout à 

l'heure ce qui explique ce fait à coup sûr. 

2i° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge 

:o/jte. — Les deux valeurs principales de ^:r:^ sont, en effet, bien marquées dans les 

transcriptions grecques. Celles-ci conservent le rendu en 7 quelquefois, au moins eh 

[variante de x ou /, NEYaô pour trix \^, ^ côté de Sz/%l:> et nexôç, mais ces cas sont rares, 
" JTTf Ji ' Il î '^^=— X 

ît ils offrent le plus souvent le rendu en ■/. ou en /., k.ôvo'j3'.?-xôvojçj'.; "-^ I ^, Mjxs- 

)IvOî-M£Y/bT,; , 'ApoT,y.;-'Apgf.x;; ^Qy J | ^ , Br//.t;-B7,/u (^^ ij j Mîi, parfois par 

ty à côté de / seul, selon l'usage grec. iJ'x/op'.;-Box/wp'.;;-Bo/opTv;-, même B:vywp •?, et presque 
toujours /. dans les noms royaux qui renferment le mot U, ^^rK-'/j?^,^ ©lU, Tav/spr,; 

âS .-11' T • • • 1 II '"^'^ 

0ÏÏÏÏLJ '■ Kaïé/w; est ccrit selon 1 usage du grec a\ec un x initial pour Xai£/(o; ^ '^3). 

et, tandis que l'on continue à orthographier Saoax ov pour TJtJ ^^ U et Nïx 0^ pour . \\ 
selon la tradition ionienne imposée par Hérodote, à coté de ^t/ji'}, on trouve Seo/oc 
pour JtTtT ^^ I . . On remarquera que toutes celles de ces transcriptions dont nous 
connaissons l'origine sont dans des récits concernant le Delta, et, par conséquent, on 
sera tenté de les considérer comme reproduisant une prononciation de la Basse-Egypte : 
Vat J 1 Jn 'AoSf.y.; est un dieu adoré dans ces parages, xôvojçtç est, selon la tradition, 
un Memphite contemporain de Platon et maître d'Eudoxe, Bôxyop-.; est un Salte, enfin 
Manéthon. qui a dressé les listes royales où sont les noms en yt-U, est de Sébennytos. 
L'analogie du copte nous engage donc à croire que les variantes en /. du son couvert 
par le signe ^^z^« représentent une particularité des dialectes de la Basse-Egypte, tandis 
que les variantes en x appartiennent à des dialectes de la Haute-Egypte; j'ai emprunté 
les formes Kôvou'^'.?, 'Ap6y;x'.;, à des documents provenant de cette partie du pays, papyrus 
thébains, graffiti, ostraka, ce qui, sans être une preuve suffisante, est néanmoins un 
fait à relever. Comme on rencontre des indices des deux prononciations du -^::z:^ dès la 



1. Hkrodote, u, r.wvii. 

RECURIL, XXXFII. — TROISIÈME SÉR., T. V. 23 



178 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 

XVIir dynastie, on peut se demander si, dès cette époque, elles n'étaient pas un des 
traits qui distinguaient entre eux certains parlers de l'Egypte. 

Les transcriptions en hiéroglyphes des noms grecs nous fournissent la contre- 
preuve de ce que nous avaient appris les transcriptions grecques des noms tracés en 
hiéroglyphes : elles continuent d'exprimer par ^^3::* les deux sons que les Grecs tradui- 
sent par X et par/, mais la confusion qui s'établit dès lors entre les caractères ^=1:^. A 
et Si <=:> '1 > \ ^\ y ^^AAAA M , à côté de ^ 9 'J, , qui, dans l'écriture antique, 

rendent des articulations entièrement différentes, ne permet pas de suivre bien loin les 
scribes dans cette direction. Si, en effet, on a dans le décret de Canope le nom Mor/^'wv, 
transcrit par -^^ "if] Q \ \è. ^' ^^'^^ ^'^ ^~^^* répondant à x, on a ailleurs ce même 
, rendu dans l'écriture démotique par le signe pour S, 'Apx.-6to(; = ^^ ^ [1(1 J M^^ 
vA , Ti|jtap;(^(8Tfiç ^-^^ rr [](] ^, ct alnsi de suite; une fois même on trouve en 
présence du ® l'équivalent démotique de J, dans ^^e/'^IJO -^^ i'iT 1 \§^ ^^ '^'''^'" 
[J^a/o(:. Il ne faut point s'en étonner trop, puisque nous avons déjà remarqué, en parlant 
de |, qu'un des sons qu'il recouvre peut aboutir à ^^i:^, et qu'on rencontre la forme 

^^"^ IMI à côté de ^'^ Ull : *^V"^1^ ^fe i £\ ^ ^^"^ ^^^* connaître un 
cas où ^ est un succédané de ^^=z^ aspiré, qui lui-même est là pour © ou T. L'ortho- 
graphe ^^ ^/ï' ^ ^y^> qu'on a relevée à l'époque gréco-romaine pour le nom du 

dieu ^ ^K -^, et qui se reflète dans les orthographes grecques Kvi^tp et Kvojcpiç à côté de 
Xvoù6i<;, nous montre un fait du même genre, et la même tendance à traduire le ^^^zr^^ 
par un x ou un x reparaît dans les variantes du nom des décans T -jlc Xvoù|ji'.<; ou 

KvoOfjiK;, ^ AwvAA-jic Xapx^vo'jfjit; OU Xapxvoîi|jn<;. On ne Saurait donc tirer des faits cités plus 
haut ni de quelques autres analogues la conclusion qu'il y a dans l'alternance des trans- 
criptions une alternance dialectale; pour en obtenir la preuve, il faut passer au copte. 
3" Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos jours. — La transcription 
en iiicroglyphes des noms impériaux, montrant l'assimilation perpétuelle dans l'écriture 
des trois caractères ^=:=z^, A ei T^ , '^\\\\]\ , a\\\\<=> , s(J(jfl<=>, pour Ka-'napo;, ou 



>iv,i ' ' NNi'' pour kÂajôioç, jettent encore de l'obscurité sur la 

j25^ Cl 11 I < — > — H — «c::^> Ci 11 I 

question; les scribes semblent pourtant préférer A pour les mots où le z], reprenant son 
rôle d'ancien p, ?, exprime une terminaison grecque -xoç répondant à une latine -eus, ^ 

T oflO ou, par suppression de -^^ finale, V^Jf] rep[jtâvixo<;, ^x -2a^ ou 

^^^^ A <§. , '^^ h^A ^ 

__ Mapxoç, l\{\ Aix'.xoç, etc. Là, en effet, le son provenant d'un ^::=:^ pharao- 



nique peut être x en memphitique pour k en thébain, ck*.i T. crci B. mais cx*^» ■^., 
|lLi~^, cRiAA T. mais cx'a^-cx"** ^-^ ^ — i t\ tlX , khul 7\ B. kô^ahc T. mais x*'**« 
M. , iîZZi^^'U;^, 1 , et par suite khaic T. rhajii B. mais x""» ^^- . "^ — ' ^^ . «^" ^- *^^^ ^^ 
mais x^^" ^y }\ ... , K*.Ke T. mais x*>k« ^-^ avec dissimilation entre les deux ^cip« de 
^ '1 , nKiw T. mais cnx*-» A/., , Kiew^Rj". mais xo**'»*2.-Xo**''*> ^^317, 



et les Thébains ont employé parfois la forme memphitique x pour le pronom de la 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 179 

deuxième personne du singulier masculin k, nous verrons ailleurs dans quelles condi- 
tions, lorsque celui-ci est employé comme préfixe dans la conjugaison, KOTe.*.fi T. mais 
;^oTp*.Éi M. pour (l^r;:3::^/| '^~^~^, khht T. mais x""^'*' M. pour (]v\Kzr:^ 
A, et ainsi de suite. Ainsi qu'on le verra au chapitre du zî, le même phénomène se 
reproduit poui' cette lettre, qui donne souvent x en mempiiitique pour k en thébain, 
par exemple rêô. T. mais yiiioiiM. pour zl MY'wwsa^ ^ 1 m. et, bien qu'on puisse à la 
rigueur expliquer l'aspiration subie par le k à cette occasion par la nature du caractère A 
(ju'il remplace dans l'écriture, la confusion qui s'est établie aux basses époques entre les 
hiéroglyphes ^:^::=6 et A, qui exprimaient jadis autant de nuances gutturales, me fait pré- 
férer l'explication dialectale : ces transcriptions de A, identifié alors à ^n:^, sont pro- 
pres au memphite, et ce fait, joint à ceux que j'ai relevés pour les époques antérieures, 
nous permet de reporter assez haut dans le passé, certainement à l'âge saïte, très pro- 
bablement à la XVIII« dynastie au moins, l'existence sous le signe ^rz^ des deux sons 
que le thébain ramène à son k et que le memphite rend par x, c'est-à-dire l'existence 
d'une des principales caractéristiques des parlers du nord et du sud de l'Egypte. 

En même temps que s'accusaient ainsi par la transcription les différences de deux des 
phonèmes confondus dans l'écriture sous le signe ^^^zz^, une troisième transcription mar- 
quait aux yeux l'existence du troisième phonème que j'ai signalé plus haut. Afin de 
l'exprimer, les créateurs de l'alphabet copte prirent la forme démotique de ®, et ils 
en tirèrent leur (S*. On trouvera donc tant dans les dialectes du Sud que dans ceux du 
Nord, mais de préférence dans ceux du Sud, des formes comme a'e 7*. «'h B. à côté de 
Ke M. B.T. T^, s'coAJi T. M. et ^xxe T. M. ^xxh t. à côté de u'^ ^^ ^ u"^ ^(1 h 

(j Mïi, <5'tocs'c y . a cote de dl , s'cts'ojt AJ. a cote de r n • ^*^<^o^ ^ ■ ou 

(^ov^T. ^ \ï' '^^^ '^- ro^^i* KÔ.K 7". dans les composés «.^Kô.K-'xiigKd.K à côté de 

^^^, s'ieie-s'ie-a'iH T. mais kih B., de (l[J W avec amuissement de <!=> intervo- 

Ciiluiue, (3'ii(3'it T". de 4^0])' ^epe<5'cooTT T. fi.epes'tooTrTc M., de ^^^^ "K v^ 

A(l -^^^, égyptianisé sous la forme J i^ ^ Jl yfO--^^^ et beaucoup d'autres. Le 
'^, provenant de ®, partage, cela va de soi, toutes les destinées du s' ayant d'autres 
origines : c'est ainsi qu'il peut, étant dans le thébain, avoir un -s. à la contre-partie dans 
le dialecte memphitique, soit qu'il réponde à un a hiéroglyphique, t^v<£ ^cokt 7'. 

tvionr M., soit qu'il réponde à un S> «s'wp^ T. exiop^ M., en face de ^ o ^1 ■ ^'^^^ ^'é- 
sumé, le mouvement dont la variante ''^'"^ Ul^ de ^^ "^"^ HUL nous avait révélé 

accidentellement l'existence s'était propagé dès longtemps sous le couvert de l'immo- 
bile orthographe hiéroglyphique, et il avait produit tous ses résultats, lorsque le chan- 
gement d'écriture mit la langue à nu : de même que l'un des sons compris sous le 
^ avait passé à 's.-(^, les divers sons de ^^z^, A, S. rassemblés graduellement sous le 
V3:«, avaient passé à k-x-<5'-t£. Avant, donc, de rechercher quelle était la prononciation 
du <3' copte, il importe de rechercher ce qu'étaient les signes zi et S, qui ont abouti 
à sa formation de concert avec ^cr:% et ®. 



180 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 






Il .s{3mble que le c<iractère-type a et ses syllabiques aient exprimé à l'origine un 
son sinon tout à fait identique, du moins très analogue à celui de l'uvo-palatalc de 
l'arabe J, de l'hébreu p ou du grec archaïque ?. On peut élever immédiatement contre 
ce rapprochement l'objection reposant sur des faits précis que, tandis que le nom 
même de ces lettres q<]1'.3, koph p, •a't.szi. ?, indique qu'elle aime être suivie des timbres 
o, ou, le A égyptien est très fréquemment suivi de ^^ qui répond alors de préférence 
aux timbres a, e. Il me semble que cette objection peut être levée aisément : sans 
parler des cas où dans leurs langues le J, le p et le ? précèdent une voyelle a, i, etc., 
■T^IP , A?AIO/\, L», nous sommes déjà vers la XVIII'' dynastie, comme nous le verrons 
sous l'article des voyelles, à l'époque où le son a, recouvert antérieurement par ^^, , com- 
mençait à s'obscurcir en o, de sorte que, si l'orthographe aimait inscrire un ^^^ 
derrière a, nombre de ces groupes ^^^ pouvaient avoir déjà une prononciation qou, 
QAou, QO. Le signe a, qui parait avoir eu de manière assez stable, aux époques précé- 
dentes, la valeur ? avait déjà, au second âge thébain, une tendance à s'unir aux pho- 
nèmes représentés par ^^^zz:^ pour exprimer les sons k et g de ce dernier signe, ce qui 
lui permettait d'empiéter par ailleurs sur le domaine du S, ainsi que nous le verrons. 
La confusion (jui en résulta dans l'écriture entre les trois caractères ^^r^, A, S, était 
complète aux siècles gréco-romaius, et elle répondait aux changements qui s'étaient 
opérés dans la prononciation. 

1° Du XVP siècle aoant not/'e ère à la fin de l'épo(/ue saîte. — Les listes de 
Thoutmôsis III renferment un certain nombre de noms de villes dont l'identihcation 
est certaine ou qui, n'étant pas encore identifiées, donnent des mots hébreux en p, ainsi 



^ /www / /l ^C5 ^ ^ <==== 

/wwvA Awwx Dt?-f3-py , □ vi> nis-^jo , .4 v\ D v\ niBij . 11 n'en est pas différemment 

SOUS la XIX. eUa XX' dynastie. ]()^^^(]^'7"^ ^ Vpb,, %-4>° 

"■^' %4=\]^™^^- %i^^"^'^ %%^]1l^™'^' <='• 
bien que les tablettes d'El-Amarna contiennent assez peu d'exemples certains, ceux 

qu'on y trouve ccmfîrment les faits précédents, Qidshi i ""^^ J^ , Qathnalki] i c:^> 
1^ , Ma^iQda ^^ 71 J4^- ^^^ exemples no font pas d(îfaut dans la liste de Sha- 
shanq, tant pour le p (|ue.pour le j, ^-=* -^^^ /î p»y, z)^^'*"^ "^0::^:^:^ Ilua? et ce 
terme dérivé de la ra(;me -lan. ctn.rit, où le : est rendu quelquefois par A, quelquefois 
parS,<^^^^ au pluriel 'f''^_^^. 'f'.^.li ^®' transcriptions as- 
syriennes d'Asarhaddon et d'Assourbanij)al lentrent dans la même donnée, exprimant 
^^^Xtil^J P^^ Paarouron, par TarQoa, ^jLJ JiLJ ^ par SousinQon. 

Le grec, (|ui commence à transcrire les noms égyptiens à cette époque, hésite, pour le 
son de a entre /., v et /,, i«aYpap-.'-:[7ro)«'.s] et lUxpoôpt,-, soit -ypoipt,- ou -xpoOpu- pour <=>^. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE ^^^F 181 

AAAAAA ■ ■ ■- • 

i£7WY/,'-ç pour îtî<î T}T}T , Tsàpxojv, Trpxoî, Taoaxôç, Txpx/.T,; pOUF _g^ , et, qUOiqUC CCS 

formes nous aient été transmises par des écrivains d'âge ptolémaïque, il est probable 
qu'elles datent presque toutes de l'âge antérieur. 

2" Du commencement de l'épof/iie ptolémaïque au commencement de l'âf/e copte. 
— C'est le temps où, comme je l'ai dit à l'article du "^r::^, la confusion complète s'ef- 
fectue dans l'écriture entre les signes ^=:^, zi, S. Pourtant, sous les Ptolémées, les or- 
thographes une fois formées demeurent assez constantes, ainsi Bepevîxr, s'écrit ] [1 (1(1 
ffi ^^ avec un S plus souvent que J (1 -S^ ^^ [| M^. avec un /i, et k1s.otA-zx 

s'écrit à peu près toujours ^^'-''^v "^v '^^^^ ^^^ ^' P^ut-être pour des 

raisons de calligraphie, le groupe ayant meilleure carrure que le groupe ouïe 

groupe dans le haut d'un cartouche i ^ l. C'est seulement à partir du moment où 

les Romains entrent en scène que les graveurs emploient ^z^, z:] ou S indifféremment. 



AÔToxp Twp, , (Ju M, (in kATjo'.o;, saur peut-être pour le 

cas de la terminaison -xoç, kus, où le A, se rappelant un moment son rôle de p, ?, est 
employé de préférence par les scribes, T ^ MH ?^ rEp-aav.xo;, Màpxo;, S 00 v 

Aix'.xo;, ainsi que nous l'avons déjà vu. Ce dernier point n'est toutefois qu'une conjecture, 
et l'on trouve quelques exemples qui prouvent que, si les scribes observaient parfois 
une orthographe concordant ;i la valeur ancienne de A, ils n'en admettai ent p as moins, 
même dans ce cas spécial, la confusion graphique des trois caractères, 00 tU 



pour rsoaav.xo; OU pour Markos. Donc, ici comme à l'article de ^^^z^, il convient 

de passer à l'âge copte pour apprendre avec certitude ce qu'il en est advenu des pho- 
nèmes divers que le a recouvrait. 

3" Depuis le commencement de l'eu je copte jusqu'à nos Jours. — Le z, confondu 

A Q ° A Q ^^ 

avec la sourde simple ^^^zz^, a donné k en copte dans tous les dialectes P , S '-—^ 

K«.g^ T. Ke^i B. K*.^i M., 8 Ko^ T. Koo^ M., et, par exception. x°2. ^^-^ ^ 

\\ r /]' ^ '^ *^^^ ^- '^^- "^^^ ^- ^^ ■ Kd.«.c-Keec T., Z^, 1 Q KiÉie-eKifie T. Kiqi M., \\ O 



[ii]kot[k] t. [n]KOT-[en]KOT J/. . M A, ] kot-kto-kiotc Z". k*.t-kt&. ^S. h^m^M.B., 

^^^ [t]«.ko t. m. [t]«.k«. b., et ainsi de suite. Dans les mêmes circonstances que pour 

A ^ n Kï /VSAAAA 

le ^cz^, le z] a donné au Xord un x memphitique où le thébain donne k. ^ J u)~'''~^. 

J pj /wvAAA KAa., KAe 7". mais x^®^- "^^^^^^^ Kporp 7". xpo"*"? ^•' © [sjIkoA 7\ 

Xo?^ ^I ■ Dans beaucoup de cas, le zi a donné soit un s" dans les dialectes du Nord et 

du Sud, soit un is'-dans un dialecte répondant à un -x dans l'autre, <=>ll <*^«^ ' • ^- ^-^ 



I I 1 



(3'h 3/., z^^^ i^^ (5'o-s-x T. /VA^AAA /^ (î'ajiiT T. "xtjanT A/. En présence de ces faits, 
nous sommes amenés à nous demander (|uelle est la valeur phonétique de <?', et c'est ce 
que nous rechercherons après avoir étudié la troisième gutturale pharaonique, le S- 



182 INTRODUCTION A L'ETUDE 



Ce caractère seml)le avoir couvei't primitivcîment deux, sons assez voisins l'un de 
l'autre, correspondant à peu près l'un à notre sonore simple G-dur, l'autre à une spi- 
rante gutturale sonore, le G allemand dans Tno ou le j- arabe prononcé doucement 
comme on l'ait en Syrie ou en Kgypte actuellement. C'est par la première valeur qu'il 
se confondit d'aboid avec k^p^ pour exprimer G-dur, et par la seconde, avec ^ pour 
rendre le a hébreu simple ou analogue au s- arabe. puis(|u'il prit ensuite graphiquement 
toutes les valeurs des deux signes ^cz::?» et /i, au point de se confondre avec eux dans 
l'usage; dans la prononciation, les divers sons c^u'il avait couverts aboutirent aux 
mômes expressions que ceux de ^cz:;:* et de ^. ' ' 

1" Du X VI' siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les inscriptions 
géographiques de Thoutmôsis III expriment le y cananéen ordinaire ou peu aspiré de 
préférence par ^=::^ et moins fréquemment par a, ainsi que nous l'avons dit aux articles 
de ces signes. On trouve pourtant le mot 3J3 transcrit -nr 1 y\, et peut-être le nom 
de ville tt ^^, 1^^ dérive-t-il de la racine in perturbatus est. Toutefois, je dois 
observer que, dans ces documents, le S est employé le plus souvent pour rendre le son 
du V hébreu répondant au l arabe, S"^^ h "^^ ^^^^ n'y o'f- TaÇa, si bien que j^ ^K 
A^^ pourrait dériver de la racine :iv-\ conjregit. Ce son spécial, que les Hébreux cou- 
vraient avec le même caractère que le son ordinaire du u î- et que les Égyptiens ren- 
daient par leur S, est rendu en cunéiforme par les syllabiques de kh, Kua-a^-sa-tou, 
Kaas^alou, ffi^. |^^Q:£^ ri\v, Kna-^a-^OM, Kuaza^ou, 3I v ou plutôt j\'k au sud 
d'Alep, Knou-oum-ri-a, Knoumna, •'-lûy, et dans les tablettes d'El-Amarna, Kua-bi- 
ri, Knabiri, nau, tandis qu'ils expriment par des syllabiques de G le J ordinaire, Ma- 
Ga-dou-ou, Ma-GÏ-dou-ou, ^'ija, Gou-ouh-lou, '?a3, et ainsi de suite. Nous avons donc 
en égyptien H 0^ S répondant au cunéiforme, NouKuashshé, ayant pour équi- 

valent, si c'est un nom sémitique, une racine i^yj ^û sustulit. Il semble que les scribes 
de Thoutmôsis III aient voulu reproduire sous S "ne gutturale analogue au p-, qui était 
très répandue dans le pays de Lotanou, peut-être chez les non-Sémites. C'est ainsi qu'on 
trouve S ^^ *=> ^ "lust?, puis une demi-douzaine de noms de villes difficiles à 

'-^t:. fl^V /„o .o^^ ....... ^..,. ^„..-„ .. ^....:.„ .... ^ I S ^^ 



identifier ^ sj ^"^ (n» 126) entre Tour-manin et Tounipa ^:,IlU, i^^^ 
(n"^ 161), qui pourrait être une forme ancienne du nom moderne de Sindjir-li, ou se rat- 
tacher au nom de la rivière Sar/oura, etc. ; la forme des noms, ainsi que la localisation 
de certains d'entre eux me porte à croire qu'il y a là beaucoup de bourgs ou de villes ap- 
partenant au Mitanni, plus spécialement au Bît-Adini des inscriptions assyriennes. La 
rareté du caractère S dans les noms de la liste du Sud syrien proviendrait donc de ce 
que les scribes de Thoutmôsis III l'avaient employé de préférence pour exprimer le son 
^qu'aimaient les peuples de la Syrie septentrionale. 

Les tablettes cunéiformes d'El-Amarna ne nous donnent en dehors de Noukhashshé 
^^^^ ^JL^1 J^ ^ fx/x^ ' aucun nom répondant à un mot égyptien en S; en revanche, le 
S est fréquent dans la liste de Shashanq, pour rendre le a des noms judéens. Laissons 






DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 18J 



de Côté le nomde S'^rj'^^^lf^:^^' qui est pour ainsi dire stéréotypé depuis 
Thoutmôsis III, cette liste nous montre combien déjà le S échange avec le ^^z:^ et le ^ 
pour rendre le : hébraïque, [%]s^^ ^^jo au lieu de ^^]"7"^ ^^\ 1 
nja au lieu de ^ \> ou de dans '^•~v^^^ a/wwv -wvvw ar-||-|'y, ''K S v t^^^ ^^ 

"^ [["^ ^/x/i pour sj:, 5 "i^ (^^M fx^^/i pour i23, ou toute autre forme de la 






racine .:|, Y^IJHf-^, ^^Ij ^cH-), à côté de J^^^ V '^' '^ ^'"^""' "-"' 
5^"^(]'^K Q-~D, nom analogue à jbia, de la racine nSla. C'est le commencement de la 
confusion des trois signes, qui va s'achever sous les Ptolémées; déjà, en effet, on trouve 
des variantes comme Jj::*.--s. et Aj^^-^ pour S J'--s>, et elles iront se multipliant. 
2" Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— La confusion se marque dans les noms propres, où l'on trouve constamment le S en 
variante au ^:z:^ et au A dans tous leurs emplois, ainsi que nous l'avons vu aux articles 
de ces caractères : je me bornerai à citer le nom du dieu S J J Jj , ^^ J cq ' ^^^ s'écrit 
indifféremment uj J par un ^^:=^ ou ^ ^ , ^sj ^ . et se transcrit Kf.6. Si donc ffl sert 

à rendre le v dans des no_m^comme * ^ ~f\ S^^l ^ rXx^-cr,, ^"^ _^!)(] ° Ç\ __ \ ^ 
'AYEff'-oXtç, Z3 -JT] (11] "^v I Jt rea>x^?'''^^" ^^ ^^^^ aussi à rendre le x de rXajx-r,, et il 
s'acclimate à tel point "dans le nom *(](], Bîosvtxr., qu'on n'y rencontre que 
très rarement une des autres gutturales; il entre avec elles dans la formation du ; 

d"AXÉ?avopoc, '^^ -in "5^ ^ ^^*^ ^^ ^s^^^S ■ ^^ ^^^* observer 

pourtant que la combinaison ^ est préférée en déraotique aux combinaisons ^^ ou 
pour rendre le ? , et qu'on a, par exemple, ^ f]^ c/"^ "^l vl ^^^^^ s-voppo8Ti : 
il se pourrait donc qu'on eut là la notation d'une prononciation réelle, les Egyptiens 
disant Alécsandros, Gsénohrodê, non AlcKsandros, Ksénoh/-odê, si bien que le Z5 eût 
été pris dans ces occasions avec sa valeur réelle de g. Dans l'écriture courante, les 

formes comme *P f| .^ pour ^\^ co^, T ^ ^ ' P ^ ^ P°^' P^ O ^°^"' 
et ainsi de suite, se multiplient, et, à moins que le copte ne nous fournisse, à cet égard, 
comme il le fait parfois, des indications certaines, on est souvent embarrassé pour 
savoir laquelle des trois formes en ^^zr^, en A, ou en S, est la fondamentale. Naturel- 
lement, la confusion des caractères est constante sous les Césars, et, si l'on a j I 
et ^ pour râX8a; et vi-.rc, on a aussi sOÛp et "^^^ A "^^^ ^^^"^ Kataapoç et 
Aj-oxpà-wp. Il faut donc conclure des faits, ici comme à l'article du ^^=^ et du ^, que 
graphiquement les trois caractères sont devenus entièrement hom,ophones l'un de 
l'autre. 

3" Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos Jours. — Graphiquement 
oui, mais il ne faudrait pas en conclure que tous les phonèmes qu'ils recouvraient se 
soient réduits graduellement à l'unité, et que l'égyptien ne possède plus qu'une gutturale 
R qui s'aspirera en ^ pour les dialectes du Nord. Le S antique répond bien, parfois, 
à un K copte, ainsi K*.ig T. M. de q'^'=^^3"^, kiwot, de s'^(l()%'^, mais c'est 
là une exception assez rare, si rare qu'on peut se demander si, dans ce cas, une graphie 



184 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



comme S'^^ul] y "^ ^^ serait pas la forme secondaire d'un fondamental ^ 

^ v^ ou ^ Ot^ V "'^'^ encore relevé. Le correspondant perpétuel du Z5 en copte 
est <^ dans le thébain, mais remplacé par -x dans le memphitique. On aura donc 

\-^ • s^ J T *'°" ^- '*"■ •''■ • Q k LJ ^^'^ ^- ^'^ ^'^ • ^ kl *" ^- 

de suite. Nous devons donc rechercher quelle est la valeur du <?'. 



Ainsi que je l'ai dit à l'article du ^\ les premiers Égyptiens qui aient essayé 
d'écrire leur langue au moyen d'un alphabet dérivé du grec, ont rendu par un même 
caractère que j'ai noté 5' les sons que les Coptes ont exprimés par les trois lettres ^, -s, 
cg, ou les deux sons s* et jg. Les scribes à qui nous devons le papyrus Anastasi DLXXIV 
de la Bibliothèque nationale écriront donc également <?'*.q, to<3', (^ioxx, ^«.A«.ot(S', au lieu 
de ^^1 [ne •xi.q. Toiy, ujioai. (S'e.Ae.-yx , prouvant ainsi que les phonèmes exprimés par les 
trois lettres étaient, dès la fin de l'époque païenne, assez rapprochés l'un de l'autre 
pour qu'on pût en confondre les nuances dans l'écriture. 

Cette confusion, et la forme spéciale qu'a dans Anastasi le caractère noté par 
tf*, pourraient faire croire (]ue le ^ du copte dérive graphiquement du ® égyptien, 
et cette dérivation expliquerait mieux la prononciation attribuée à la lettre que 
celle qu'on admet généralement : il est certain, en effet, ainsi qu'on le verra à l'ar- 
ticle du ®. que le son recouvert par lui s'est affaibli en izezi-oj dans un nombre 
de mots qui le renfermaient au début. Si pourtant le «', ainsi que Champollion l'a 
pensé le premier, tire sa forme matérielle de celle du ^3^ par l'intermédiaire de 
l'hiératique et en dernier lieu du démotique, phonétiquement il n'exprime pas le son 
fondamental du ^^z:^, qui est rendu dans l'alphabet copte, selon les dialectes, princi- 
palement par K ou par x- L'échange du son qu'il représente avec celui qui est enre- 
gistré sous la lettre -s., dérivant soit du ^, soit du ^°1 antiques, nous invite à recher- 
cher sa valeur fondamentale du côté des phonèmes exprimés par ces deux caractères. 

Que (^ soit apparenté à ^, c'est-à-dire au J arabe, les cas nombreux où de bons 
manuscrits écrivent en variante par <^ les mots grecs renfermant un k, surtout après 
un son I, le prouvent surabondamment, t^'iAis'i*. pour tkiAiki*., TeKKé.<3'i*. pour TeKK*.Ki«., 
«î'Tif^irnoc pour Rin-i.-rnoc, é.S'iitHTOi pour «.kiiiktoi. «.q'2k.O(3'i et •a>o^ixi*.7ei pour «.q-i-OKi et 
•^.OKiAiik^ei, ceAe-ira'i*. pour ceAe-yiu*., T^'ifio-s-i.oc pour TRifiOTTOc, eKK*.<3'€m pour eKK«.Keiii, 
c'est-à-dire que le son en était analogue à celui d'un ch allemand très doux pouvant se 
résoudre sur le G-dur ou sur le k, d'un côté, sur notre j, de l'autre. Les quelques va- 
riantes qu'on rencontre fautivement du (S* avec c et du k avec r» dans ces mots em- 
pruntés, ciit«.pn«.(^H pour cTit*.pn«wT«H, t<&nT«.KH pour H&if^tLRH, nA«.CJULA. pOUr kA«.cu.&, ou 



1. Cf. p. 16y du présent volume. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 185 

même dans les dialectes du copte «.fw M. pour «.Rio, de "^^j AJl*wr^l.T T. pour ju*.k*.t, 
nous permettent de préciser un peu plus : en passant du son ^ de S égyptien à celui 
que nous indiquent les faits précédents, le phonème exprimé en copte par ^ a suivi à 
peu près la même route que le y du grec ancien, et de douce sonore analogue à notre 
G-dur est devenu semblable à la spirante y du grec moderne dans y^^pa. Où donc l'égyp- 
tien de la XVIIP dynastie aura prononcé encore ^^Sj p^^^^ ài-'^bou, p: ^. r n 
ddf-aou, le copte en était arrivé à prononcer, hi<^k T. oi'^b, Ta)(*' T. toi ou dôi dans les 
dialectes du Sud contre to-xq M. ôdff, tw-x M. tôdj dans les dialectes du Nord. 

Les variantes des manuscrits et les transcriptions étrangères confirment ces faits 
en nous montrant que <?' est rendu par deux séries de caractères répondant à deux sons 
distincts, par le ^ arabe prononcé dj, jie, jia, etc. ou par le j français, puis par le ^ 
arabe ou par le sh anglais : le second a fini par l'emporter assez promptement, et au- 
jourd'hui le <g sonne exactement comme ig dans le copte. L'auteur du vocabulaire 
copte français le prononçait G-doux ou j avec un léger zézaiement qui le rendait capable 
de rendre à peu près notre s-douce ou notre z, Amo.iKS'iAe l'Evangile, C*.i(3'«.oir«.ii Saint 
iean, (S'o-vT-i-i soasdi-ieudi, A«.Ap<3'*.iiT l'a[l]rGent, (ï'wne saune, <3'«.pTim jai-din, (S'mo-s-e 
Génois, ou p«.3'm raiin-raisin, x3Lt^<^ovn masoun-maison, Aics'e lise^. La valeur ^, a été 
conservée dans des transcriptions coptes de noms arabes comme ikd.pô.a'-T:^ et dans les 
transcriptions arabes de certains noms géographiques, npis'ovig ^^j>, ns'mAi.g^ M~:>-, 

(S'ep(^H U-j?- y_\ , ^epo(3'e o-j J , mais Aep<3'u)oirT, transposé en arabe anciennement l:>y>-} , 

devient promptement \p^j>, et le nom arabe de jl^, rendu d'abord coita'é.p, se trans- 
forme de bonne heure en nujiit^'epi, puis niymKcpi, selon la prononciation égyptienne du 
Kj C'est, en effet, la prononciation sh = JL qui, manifestée d'abord dans les transcrip- 
tions grecques du début de la conquête arabe, s^ajjLOJÀ = <3'*.a».otA-'xô.ajlo-5-A, — la combi- 
naison tÇ étant employée pour rendre le son du J.. comme le prouve l'équivalence 
Pa7^.o jlIIj', — puis dans quelques termes géographiques «s'ai.ovjuli i>yji^, (S'ereeM.ovA.oc 

^jS^jL, est perpétuelle dans les textes de Galtier, n(S'oeic ns'c -^1 l, o-vog nTCKcs'po 
cRn&.(3'i ^*.n ._jl^ IlS'I Ij-ll ijljbl ojjl , «ï'iujigwoir ^^J^ (^ic), ^«-« (S'AiX JJlil 0^7 et se 
retrouve dans le psaume de Petraeus, îtcocs'iii ibsoscwii (vel ebsuscani), iinci^ amib- 
^cueâs, si bien que Kircher, définissant le ^, pouvait dire de lui : « ^ Scei, Se, pro- 

)) nunciatur ut v Sein Hebraeum et J- Arabicum. Ex. : C. He.vtgu>n Nauschop 6', 

» Scima, Se, similis in pronunciatione est superiori litterge uf Scei*. » C'est la pronon- 
ciation qui est généralement admise aujourd'hui dans l'église copte, ainsi que j'ai pu le 
constater après Rochemonteix. « Des sept lettres égyptiennes tg, q, s5, ^, -x, (^, ^, deux 
» font aujourd'hui double emploi, ig sdi et <?' si ma. L'une et l'autre sont rendues iri- 
') variablement par la chuintante j^ s : *.q<s'i afsi, nec<5'iH nassi''i , (S'poAi.m srombi, été'. 
1) Toutefois Bouqdour d'El-Harabah a conservé au signe s", dans son alphabet, une 



1. Krall-We3sely, dans les Mittheilungen, 1887, p. 183-124. 
S. A. Kircher, Prodromus, p. 286, 287. 

RECUEIL, XXXVII. — TROISIÈME SÉK., T. V. 24 



186 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



» prononciation spéciyle, celle de la spirante sourde formée comme notre k, c'est-à-dire 
» du rli de la finale allemande -ich\ » 

De tout ce qui vient d'être dit, il semble bien résulter qu'au commencement du second 
empire thébain, les Égyptiens possédaient encore quatre gutturales différentes, dont 
ils répartissaient inégalement l'expression phonétique sous trois caractères-types ^3:^, 
^, S. et sous leurs variantes, à savoir une sourde simple répondant à notre c-dur ou 
à notre k, une sonore simple G-dur, deux sonores aspirées très voisines Tune du ? et 
du /. grec, l'autre du j- arabe : '::r:^ couvrait les sons K-/.-G-dur, A les sons o-dur — ?, 
S les sons o-dur — j-. Par un ou plusieurs des sons qu'il représentait, chacun de ces 
caractères recouvrait l'autre, ^3:^ recouvrant zl et Z5 par G-dur, A recouvrant ^^:zzp^ par 
G-dur, ainsi que S. ftt S enjambant sur les deux autres de la même manière; ils en 
vinrent donc à s'échanger en variantes dans l'écriture et à devenir complètement homo- 
phones, chacun d'eux exprimant désormais les valeurs phonétiques des deux autres. 
Au moment où l'alphabet copte remplaça le syllabaire hiéroglyphique, il y avait encore 
quatre gutturales qui, communes à toute la langue, étaient usitées inégalement selon les 
dialectes : k, dérivant surtout de a et de 'crpt, devenait x dans le dialecte du Nord en 
de certaines positions, t» n'était employé que rarement dans les mots égyptiens, et a*, 
qui, provenant phonétiquement du son couvert par S. 'à pris sa forme graphique au 
• ou moins vraisemblablement au 'c^:?». Ce <^, commun aux deux dialectes dans certains 
cas, ainsi que nous l'avons vu, couvre au moins deux phonèmes différents. D'un côté, 
il va rejoindre la dentale ^, il répond dans les dialectes du Sud à te des dialectes du 
Nord, successeur de celle-ci, et il équivaut à peu près au ^ arabe syrien ou à notre j 
prononcé parfois en blésant. De l'autre, il tourne à la chuintante, et il finit par n'être 
plus en général que l'équivalent du ^ arabe ou le doublet du ly copte. L'antique série 
des gutturales égyptiennes a enfin abouti présentement, sans distinction de dialecte, 
à trois sons : l'un, le t» = y spirant, est fort rare, les deux autres k et x correspondent 
à notre sourde k et à la sonore aspirée double de l'allemand ch. 

m 

Le caractère Dl paraît être une fricative aspirée légèrement explosive, analogue 
au n hébraïque ou au » arabe; il semble n'avoir pas eu plus de valeur que I'h forte du . 
français dans Béros, naïr. Il est tantôt rendu par h n en cunéiforme, tantôt omis, et les j 
transcriptions grecques l'expriment ordinairement par Yesprit doux ' au commence- ^ 
ment des mots, ou par un simple hiatus entre deux voyelles dans le corps. Le copte 
en a C(mfondu le son sous le caractère 2. avec le son provenant de 9, sauf dans quelques 
cas où il a retenu la valeur originelle de m, distincte de la valeur de 5. 

1° Du XVP siècle avant notre ère à lajin de l'époque saïte. — Les inscriptions 
géographiques de Thoutmôsis III nous montrent quelques exemples bien évidents d'un '^ 



l. RocHEMONTEix, Œuores (lirerses, p. 116-117. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 187 



AA^WAA ^■"~^> AAAAAA 



n cananéen rendu par en, ainsi _ '^~^, „ \\ ^ et leurs variantes arrivées 



on Egypte par la Syrie méridionale, D'.in:, m ^ -in, qui entre également dans la 

composition de plusieurs noms tels que en [1 '7?<""!''^, "-^ ^H ^T^i i ^M^^ °'"'^''' 

J AAAAAA 
\\ , quelle que 

soit d'ailleurs la provenance de ce mot, et, de son côté, l'égyptien, empruntant les mots 
sémitiques renfermant un n, l'a interprété par en, '-^jPy'l ^'-'^' "^^^ S^ 

^^-^^ sïT' Gtc- ^^ système cunéiforme n'ayant pas de caractère spécial pour H-n, 
lorsque les scribes d'El-Amarna ont voulu exprimer le en des mots égyptiens, ils ont 
employé les syllabes renfermant l'aspirée forte correspondant au r- arabe, ma-na-an, 
inoHan pour -^^fienv^ "4^ 5> ra-ou-da, randa pour S, mais dans les écrits 



de la XIX^ dynastie le n du cananéen est encore rendu par en, ainsi -ina "^^^cn )vs^ 

^vâ, -ina ^1 voi et il en est de même dans la liste des conquêtes de Shashanq, 
f m ' ' en U=^ ^ 

I] ^ _2Si '^'^n-bK , ûû ^ û "îibian 'looo-. Dans les inscriptions d'Asarhad- 

don et d'Assourbanipal, le seul nom égyptien renfermant un en, celui de est 

écrit tantôt Tar-qou-ou, tantôt Ta-ar-kou-ou, sans indication du son en, et, de même, 
le grec, qui ne possède point, lui non plus, de signe équivalant à cette aspirée, la 
marque ici par un hiatus comme dans le rendu Tsxpxwv, ou la supprime complètement 
comme dans la leçon Tipxo?, Tapaxôç, Tapixr,;, tandis que l'hébreu l'écrit par n, interver- 
tissant l'ordre des lettres, npn'^r\ pour np-inn. Au commencement des mots, le grec le, 

supprime également et l'indique par l'esprit doux, ^<:=> "Ay.topi<;, 'A;(^a)pt;, en jj w 

loi'/oi, en J '^^ '.'Sk;, et ainsi de suite. 

2" Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de /'âge copte. 
— A ce moment, les Égyptiens commencent à employer en pour figurer l'aspira- 
tion des sonores aspirées du grec x» ^> ? • 'àu^^i ils écrivent [|ll_2^(l(| I, ^vSS 

^, -|| , n [] pour <i>'lnz-oz, Qziiiaz-f,, Xapî-wv. Ils s'cu servent également pour 

indiquer les esprits du grec, ou l'aspiration qui se trouve à l'attaque du p, ainsi dans 
en^^ "AoTj;, T ^^ 'Pw(jiaTo;, ui S\ ^°°^' • ^0 SOU côté, Ic grcc aspirc 

parfois le - qui précède un en égyptien, ^lêic, ^^cnJOlj^» à côté de inêt;, mais 
peut-être y a-t-il là seulement un cas d'influence dialectale, le o n'étant que la forme 

memphitique de l'article D. Dans les mots égyptiens, le caractère en conserve sa place^ 

en (^ ^ ■ Q *~— -^ 

partout où il se trouvait, et o, par exemple, ne s'écrit jamais ft , à ma con- 

naissance, pas plus F=q ne s'écrit 1^=^. Toutefois, comme au passage de 

l'égyptien au copte, nous ne voyons plus qu'un caractère g. répondre à 9 comme à cn, il 
faut en conclure que, dès l'époque romaine, pour le moins, les deux sons étaient ou très 
voisins l'un de l'autre, ou identiques l'un à l'autre. 

3° Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos Jours. — Les exemples de 
Z copte répondant dans tous les dialectes à en égyptien sont tellement connus qu'il 
suffira d'en rappeler ici quelques-uns pour mémoire, g«.n T. M., V> gooir 7\ B. 

g^«.T B., D'ww^ ^a)pn T. M. 11 peut du reste, dans quelques cas, ou s'amuir complè- 



188 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



tement et disparaître de l'écriture, nooT 7'. pour n-^oo-y, ou s'unir à la lettre qui le pré- 
cède, ^ooT M. pour «ç-^ooT, ■»« T. pour T-^ei, etc. Comme il se confond avec le z pro- 
venant de |, avant de pousser plus loin, il convient d'étudier ce dernier caractère. 



Le caractère \ cache une fricative forte semblable à celle que l'arabe exprime par 
»- et à l'une de celles que recouvre l'hébreu n. Elle demeura dans l'orthographe d'une 
façon constante jusqu'à la fin, mais le son s'en rapprocha toujours davantage de celui 
qu'exprimait le caractère précédent, si bien qu'au moment où l'alphabet copte se 
trouva constitué, un seul caractère, le ^, dérivé graphiquement de la forme démo- 
tique de R, suffit à écrire indifieremment les mots où se rencontrait une aspirée pro- 
venant de S et de Oi. 

1° Du XVP siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. ■ — Les exemples de 
égalant n-7- ne sont pas rares dès le début de la XVIII^ dynastie, ,T«T<T "W ^^^.^ 



nçn, et dans les mots ordinaires il en est de même, 'H|r ^^ -^^ , 

^ "^in, b-n, _ l^^5^ ^^T- Les tablettes d'El-Amarna renferment un 



nombre relativement assez grand de noms où le 9 égyptien est rendu par les svllabes 
cunéiformes qui renferment l'équivalent du n hébreu correspondant à r- et à r-, (J 

/> /O -<3 --^ art Q ^~' ^' ' AA/\A/\A 

A-ma-an-Ha-at-p(b)i ^= Ama/iuatpi, /5^ |Y^ Pa-ua-am-na-ta^Paunm- 



D 



nata, \j\\\ Hi-h'u-up-ta-a-a=^Hi/iouptaii, ^.^^^^^^^^ Mi-m-pa-m-{rt\-ta-ri-a=^ 

Minpamlaria, D Ku-i-in-ka = Kouih/wu, et les noms propres en ^^. H.a-a-ra 



A/WWs AAAAAA 



w w 



= Hara, ^. iïl ' U.a-a-ra-ma-as-si = Karamassi. D'autre part, la même équivalence 
de n »- dans les syllabiques renfermant un 9, reparaît sur la liste de Shashanq, 

\\ ^r^^^ et y/ ^. "^ ijA fv/x/^ ^ deux localités inconnues de Siméon ou 

de Juda, dont le nom dérive de la racine i:n, et w ^"^ avec ses variantes z) 

U ^r^^, )1/ ^UU' "'^^'^» '■'T^n, de la racine *iân. Trois siècles plus tard, les inscrip- 
tions assyriennes d'Asarhaddon et d'Assourbanipal présentent la même méthode de 
transcription par ""r"^» que les tablettes d'El-Amarna, ^K f> "^^ Pi-sa-an-nu- 
ru = Pishan^ourou, U^^ = ^ ^a-at-w'-ri-bi — Hatmribi, "AOûiêiç, ° 8 (] ^ "^^^0^ 
Ip-ti-nar-ti-e-su = Iptmardeskou, aa^aaa ^v =^ ui Ma-an-ti-me-m-ê = Mantimenê, 

^u-ni-an-si-ni = NaulHourouanseni, S^ v^ Si-na-a = Smâ, I S) ^^'^ H?- 

m-in-èi = i^inmshi. Les Hébreux et les Araméens, vers le même temps, se ser- 
vaient du n pour rendre le son du |, à l'époque saïte, dans © 8 "«C yien, ou dans 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 18» 

les transcriptions nre °y . -en ^(j()^ du Sérapéum, fg "^^^ î«'=n, ^ 
^^ -iinoN, ^^ inx, 4^J fi'^n, [^^ '^""'^" des papyrus d'Éléphantine. 
Le grec remplace le X par l'esprit au commencement des mots, 9 "0" 'a-q-tic, 

H^l ''""'■ %i ''^''' °y Qno ■*'^"'"°'' \}^7ll ■^'*'^- ■*'^'- Qn^ 
J 'I j| 'ATap6f,xi<;, mais, dcins l'intérieur des mots, le plus souvent il disparaît complè- 
tement ou, si la lettre précédente est la sourde, il se combine avec elle, 1K^ (J^=^='b \> 

NaOtô, M „ 'AOaàôàê'.ç, 'AepTgiç, jj rj'j NeœO-Jî. Quelquefois, pourtant, les Grecs le 

représentent par /., et alors on a un doublet où le fi est supprimé dans la transcrip- 
tion, ^^ ^ Tay^<^ç, ToL^oiloz et Tewî, ^=?~v |T| I ^ -^i^^'^- dans nepj^fjLaddivTjk et "AyiOL<jiç, mais le 
cas est assez rare. Peut-être faut-il reconnaître là une influence dialectale. Comme nous 
le verrons, le dialecte du Sud tend à affaiblir les aspirées et il a remplacé le ®-^ par un 
|-£ au passage du copte : Je-ôç et "Ajjiaatî seraient des prononciations méridionales, tandis 
que Ta/wç et ['A]y^iioL<; seraient des prononciations septentrionales. L'objection tirée du 
fait qu'Amasis est un Saïte peut être écartée, car nous savons que le nom jti Ji fait 
son apparition historique en Tliébaïde, et il a pu passer de là au Nord avec sa pronon- 
ciation thébaine à côté de la prononciation memphitique : c'est ainsi que nous avons 
côte à côte, dans notre langue, François et Français, Louis et Ludovic. Il vaut mieux 
toutefois ne pas insister sur ce point. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne au comm,enceme/it de l'âge copte. 
— Les transcriptions grecques de l'époque ptolémaïque et romaine achèvent de démon- 
trer ce qu'indiquaient déjà celles de l'âge saïte. Le Q est remplacé régulièrement par 
l'esprit au commencement des mots, 'Aucpjvt; M l 'wvwv , Auapic M ^ 5^«' ^^ w^ 

au milieu des mots il est supprimé entièrement, T VSt^ Nîœspwç, V^D °)^ 

n£-c£aoTroT;c, p=^ 'Psuevaapâ OU "Pauavôp, — ^-^ :k ^ooôa. Toutcfois, s'il cst précédé immé- 



diatement de l'article A^ ^^, q^^, réduit à D ou à -^^ dans la prononciation, il s'unit 
à lui pour former un o ou un ô, ^^^^^^ M "^37;^^ J"!® etvaêoivov, '^'^^ | Y 



ea<Tt7i, ^^^5 00 I J) ©xxp^ç, et tous les noms composés avec un 



'î'pt... initial, <ï»pnr£TÔ(Jipi<;, <ï>pt<TOfjiToù(;, ^pnravoÙTTK;, 4>pi4'e'X***^*^"î' /Vv^ V V^ ^^ 4>OfX[i.o'j9t<;, 4>o(z- 

[loù;. On remarquera que ce dernier fait n'est pas constant et que plusieurs de ces noms 
avec D initial offrent en variante des transcriptions en tc, fi ^aaaaaa <ï>âcptç et nàirt.;, 

A^ 8 1 ^ ^at^p^ç et naxp^ç. Il est probable qu'il faut y voir une nuance dialec- 

tale, les formes en * appartenant de préférence aux dialectes du Nord et celles en n 
aux dialectes du Sud, comme cela a lieu dans le copte. Dans les transcriptions démo- 
tiques des noms grecs commençant par l'aspiration marquée plus tard par l'esprit 
rude ', celle-ci est rendue non par le caractère dérivé de fi , mais par celui qui provient 

de m, ainsi ^^_g^(lO(û^ P^^^i" "HpaxXeîSrjç, *i=ny(](jzS^ ^ pour 'Bvio^o,-, ^__^ 



no INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



^v vjT) ^ ^ ^ pour "Epu-oxpitTiç, M^ "V J) Hp^c^ç, ce qui semble bien indiquer 

que, dès ce temps, les deux signes en et 9 devaient être équivalents ou à peu près dans 
la prononciation des mots, bien qu'on persistât à les tenir distincts dans l'orthographe 
traditionnelle des mots égyptiens. Le son du fin s'était donc adouci au point 
d'aboutir à celui du n, et c'est cet affaiblissement qui a permis au copte de confondre 
sous un seul caractère, le z, les mots qui, dans la langue ancienne, se classaient sous 
deux caractères différents. Mais, comme les mots renfermant le «»-=' et le ® ont pris 
l'orthographe par le g. en passant au copte, il convient d'étudier les sons que recou- 
vraient ces hiéroglyphes et leurs syllabiques, avant d'aborder la question du Z- 

e*-=> et ® 

Selon l'école de Berlin, la distinction entre ces deux caractères est marquée par ce 
fait que le ^— => devient en copte, selon les dialectes, ^ Aklim,, g^ 7". , s5 M., mais jamais 
ig, tandis que le © y est représenté toujours dans l'akhmimique par ^, mais peut de- 
venir en thébain g ou ig, en memphitique * ou og. Erman trouve cette particularité 
d'autant plus remarquable qu'à l'âge memphite ce phonème est souvent désigné par 
oa'. Il convient d'examiner tous les points de cette théorie l'un après l'autre, afin de 
voir jusqu'à quel point elle est exacte. 

Tout d'abord, il est certain que ^^-=', comme Rougé l'avait observé déjà, offre une 
tendance à échanger avec r-rm aussi bien qu'avec ®, à toutes les époques. J'ai relevé 
suffisamment d'exemples jadis dans les Pyramides' pour confirmer ce fait, et il a été 
admis, depuis lors, aussi bien en Allemagne qu'en France. Il n'est pourtant pas inutile 
de reprendre ici les passages qui m'avaient amené à cette conclusion. L e m ot se 

I W I ^ 

trouve à la forme simple du singulier ou du pluriel, avec les orthographes o— => [Pcipi II, 
l- 70} -^p". {Mirinri, I. 59) = ^\^^ (Tetr, I. 48), ^^". {P^ II, l. 963) 



ik^ {Ounas, l. 582), \. _. .. {P. I, l. 477; P. II, l. 1265), -k [P. II, l. 864), 



\^\ ^^- ^- ^^(>) = ^=^^^ (^- ^' ^- '^^ ^t M., /. 48), avec () prothétique, 
1™"^"^^?^ (T., 1.48), (j^*^ (P. /, /. 77) = (]«»-=. {M., /. 101), et à la dérivation 
ethnique en (j, ^^ {P L l- 377; cf. O., /. 566) = ^^](j® (^- ^A ^- ^-<55). 
Le mot ^^~^^^ est écrit perpétuellement " |\ ^ {P. II, l. 167), 



(M.. 1.485. 784), . i au pluriel ^^^« (/-• //, '■ ^52), ^^^.^.^.^ 

1. « «•-=> — im Koptischen tritt es als A. ^, S. g^, B. A, auf nie aber als uj. Um so merkwùrdiger ist 
» es, da3S dieser l.aut in der âltesten Schrift gerade mit i \\ i bezeichnet wurde, was denn auch spâter bei 

» manchen Worten noch ublich blieb : i w ' ^\ ^i^fjl «heiss werden» statt hmm, ^%x.o»x B. = ^aiojul; 
» cnafn 'y «-^îhre» neben «»— =» fn I ^ hm^ giic. — Im ma beginnt man eH-=» auch mit ® zu ver- 

» wechsein : •^^^V^ \ t^nm » (Erman, .Egyptische Grammdtik, d' édit., § 112, p. 65-66). 

8. Maspkro, L;a Pyramides de SAqqarah, p. 93, note 1, et, Notes sur quelques points de Grammaire et 
d'/iistoire, dans la Zeitachrift, 1884, p. 87, 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE * Ifll 

(P. //, /. 766). Les mots <=> û et û"'^^ sont écrits ^i^ û {M., /. 5/7) et o§~ 

I VV I A 

{P. L l. 643; M., l. 680), et dans ce dernier passage, chez Papi II (/. 1242), '=^==^^ 

est employé comme variante erronée par assonance, à la place de a g~. Le mot Q^^. 

avec ses sens différents, présente des orthographes analogues : Q f\ [M., I. 75, 78, et 
P. //, /. 80) = " ^(^ ^^' '• '^'^) = Q^^^- ^' ^- ^^^' ^^^^' ^* ^^ phrase 

suivante d'Ounas (/. 587-588) est très caractéristi(|ue, ^^^Q M II 1 "^ wK l I I 
û ^ T ' ^î^^ll il 1 7i ^^ I II ^^^' ^^ pancarte présente, avec la formule ^ 
'wwvv^ un jeu de mots sur un objet d'offrandes qui s'exprime, dans Papi II (/. 31 i), par 

_ ^v et, dans Ounas (/. 59), par oed ^. Q- Pour en finir, je signalerai deux mots, 
qui reviennent très souvent dans les textes des Pyramides. La locution, si fréquente en 

tout temps, Vv A^ O \\ crm , revêt les apparences suivantes : ^. 5b?( ^^•' ^- ^^^)> 

1^^^ (J/., /To, 86), ^5^^ (7^., /. 278), ^^ (O., /. 438; T., L 142,jn8; 
M , L 26, m.^'^iM: I. 3, 160), ^^^ (P. II, l 93, 135, 651),^ ^ \ 



{P. I, L 60, 239, 250; M., l. 85-86; P. II, l. 92), ^ (P. /, /. 3, 63; P. II, 



l. 84, 648), ^ iT.,1. 178; P. II, l. 112., 293, 808), ^^-^ [P- IL /• 651, où il 

y a probablement un ^ws^ passé par la faute du graveur), et comme adjectif [Jh- 
(P. /, /. 676, et P. II, l. 1287) = \\-\\- X (T., /. 190). D autre part, on rencontre le 

1 U /SAAAAA 

terme ^^ a7> ^^_^ et son dérivé ^^^ /^ ^^ \'\^ ^^^^ ^^^ variantes analogues : 

AA/\AAA U 1 » _/ir^ AAAAAA r~< »^^ i U _Cr\i AAAAA/» ■^*»"^' 

'• ^^'^^ 5^' '■ k H ^ -%<•''■•'• ^'«•- ^- ^^- '• ^!f' *^^'- k :i ^ <°- '■ ^*^' 

p. /, /. 596; M, /. 36S; P. II, 1. 1912), |\ "^ ° ^ (P. //, /. :rS<S7), |\ "^^ 

_Cr\S AAAAA^ «^**^'« 1 rn W AA/NAAA 

](j^ (T., /. 797, 7P5), ^^^ ^]() (P. /. l. 396), ^^ ^^ {T., l. 194), 

^^ ^^ (P. /, /. 651, 677), ^^'^•^^^ {T., I. 48). Sans pousser plus loin cette 

étude, on constate que ^-=' et tous les syllabiques où Ton peut reconnaître sa pré- 
sence, 3^, ^- ^, ont des variantes en oo; les leçons comme (1 "^^ PPP sem- 



blent même indiquer que ^-=' est, parfois au moins, le véritable syllabique de i-tt-i 

Ce premier point vérifié, que doit-on penser de la règle d'après laquelle les mots 
égyptiens en «-=> donneraient toujours des dérivés coptes en ^, ^, ^, selon les dia- 
lectes, jamais en g? Pour répondre à cette question, il n'y a qu'à rechercher si, à partir 
du second empire thébain jusqu'aux temps voisins de l'âge copte, nous ne trouvons 
pas des mots renfermant un ^-=> équivalant à © en égyptien, qui offriraient un ig dans 
les dialectes récents. Il y en a certainement quelques-uns : *^"='^y. ^i». )A'== ©^v 

^v 1/1 = cnzi ^^^ ^v ) Il ^juLOAi T. £jLi&u. B. ^xioAJL M., qui a sa forme simple ®^^ll» 



192 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



k\\ donne ujhxi T. à côté de ^eju, gH*». 7\, ^eju AI.: 5 ^ "=" ^ 



11 
1 



donne ujennog M.; /^SC3 ^ n //^*^ donne au dérivé de l'infinitif féminin 

ujme T. mini 7?. A/.; ^AA/w^ -Y", aa~vaa -¥-^ aa/wv> -¥-^ -¥■ ~ï^ nf", qui donnent, à côté de 

tong T. B., lonaS M. et wn*.^ 7\, les doublets *.ng, *.n*.g 7'. /y. et «.n«.ty T. M., «.nHtg B. ; [ 
peut-être ^^ ^ , "^Jl , si c'est m*.p T. M., ig«.«.p T., pellis, corium, saccus k 
coriaceus. Quelques mots qui présentaient des variantes en ®, «»—=', □□, aux derniers 
temps ne sont pas demeurés en copte ou n'y ont pas été retrouvés encore, q = 

Q = ^, par exemple, tandis qu'un plus grand nombre offrent la variante de 

D T D cj , a û 

® seul sans avoir laissé de traces en g^-ss ou en ig dans le copte. «^-='^\ = \ 

_ ^ , ^<?:v^ = ®;|^^. □ = ^. ^^ =^^' «'«• t.nhn, dau- 
très, en assez petite quantité, produisent un ^ 7^/., ^ Akhin. ou g. 7"., 2^ = 3 | 

n(x)g T. «ÇC055 M. ; ^-^^ m 1 S = ®^\ | ' T ^ ""^^^ iTl r T ' ^^' ^^^^ ^"^^ ^® bas-égyptien ait 
un rszi en échange du ®-^-=^, le copte n'a conservé que les formes en ^-g, gA«.c 7". 
j6e5uic A/. Le phénomène est donc moins absolu que ne le disait Erman, et il y a quel- 
ques rares mots en e»— => qui ont laissé dans le copte des descendants en g. Il serait ' 
étonnant, d'ailleurs, qu'il n'en fût pas ainsi, du moment qu'on admet aux époques ré- ' 
centes l'équivalence complète des orthographes en ® et en ^-=', ■5^,"' j) "^yj}' 

-^(j(|^ = p^(|()^^, p^%uj, ^%^ = \^^%^ Si= ( 

'^^^-tJrVi' ^^ ainsi de suite : du moment qu'aux temps voisins de l'âge copte, le «»-=' 
n'est plus dans la plupart des cas que l'équivalent graphique du ® ordinaire, on doit 
s'attendre à ce qu'il suive les fortunes de celui-ci et qu'à l'occasion, il puisse devenir ig :; 
aussi bien que ^ ou g. Il y a même quelques exemples qui prouvent que le »-=- a été 1 
employé dans les hiéroglyphes pour rendre le g; ainsi, sur le cercueil de l'archonte 
Sôter à Thèbes, V Haiorienne \\j^ Jj écrit son titre ^ ? en variante de [Sj , où 

le ^^> représente le |c> de 1^1 ', où ce | était tellement adouci que le memphi- ; 
tique a pu le supprimer, «.^wp, à l'initiale le gardant à la finale, quand le thébain gé^Ttop 'x 
le conservait à l'initiale et le supprimait dans le nom de ^. . 

Et maintenant peut-on, avec ces données, retrouver approximativement quelles . 
étaient les valeurs relatives de ® et de «*-=» à l'époque où les deux signes couvraient i 
-des phonèmes diff éren ts? Remarquons d'abord que les variantes qui nous montrent ) 
«*-=» équivalant à ^ et à ®^dans , par exemple, sont très anciennes, aussi Ij 

anciennes que les plus vieux monuments littéraires de la langue, et que, déjà en ce ' 
temps-là, le signe tendait à modifier sa valeur primitive quelle qu'elle fût; il était, 
d'ailleurs, relativement assez rare, et il ne devint jamais très fréquent. Il couvrait un | 
phonème intermédiaire entre la sourde chuintante franche ch (sh de l'anglais) et la sonore j 
aspirée x, (juclque chose comme leCH-doux de l'allemand dans ïch, tandis que le ® 
aurait eu plutôt le son du CH-dur de l'allemand dans acH, jBmch, ou de la j espagnole 
moderne dans ierez, iuez. L'histoire de la yo^a expliquerait donc cette particularité du 

^ . . 1. E. DE RouGÉ, Lettre à M. Mfred Manry (1847), dans les Œuores diverses, t. I, p. 191-192. 



I)K LA PHONÉTIQUE ÉGYPilEXMi: 103 

renforcement de izszï en ® sans retour au ig dans le copte : on sait en effet que la pro- 
nonciation actuelle de cette lettre est récente et que le retour à la prononciation ch ou 
G-doux. antérieure au XVII« siècle, ne s'est pas fait jusqu'à présent. Il semblerait donc 
(|u'en égyptien, si, terminés les temps memphites. la valeur approximative du signe «— => 
s'efface, et que les variantes en Fin disparaissent dans la période suivante pour ne 
plus reparaître que vers les temps moyens ou derniers de la xoivr; ramesside, c'est que le 
son attaché à ce caractère w-^» ayant passé partout à celui que recouvrait © avait suivi 
les destinées de ce dernier. Or, celui-ci manifestait déjà sous l'empire memphite la 

tendance à se faire remplacer par le son du i~\r~i. et les variantes telles que (1 '^ pour 

h ® ^ I I I I 

(I sont fréquentes dès lors. Toutefois, même en s'accentuant avec les siècles, ainsi 

que nous le verrons plus bas, elle ne s'étendit pas à tous les mots de la langue qui con- 
tenaient un © soit originel, soit provenant d'un *3-=> antérieur : tandis que certains 
d'entre eux se modifiant en uj, la plupart des autres, conservant une aspirée, produi- 
saient un ^ memphitique, un ^ akhmimique ou un 2. thébain, beaucoup plus rarement 
un X- Pour en finir donc avec l'histoire du »-=». nous dirons qu'après avoir perdu de 
très bonne heure sa valeur chuintante et être devenu une simple variante de ®, il se per- 
pétua par l'écriture dans certaines orthographes traditionnelles, <=>(âp ^pon. xpo"t' 
^pc^- AI., 2^H T. ^€1 Akhm.j ^^ 2.ïce T. ^ici M . g^ici B. ^ice A/Jim.^ j r\ 

^toTfi 7". ^ojTefi M. ^coTfie Akhra., ^^^^^ () ^^"'k T. ^Scok M., ou bien, pour des. raisons de 
carrure, il fut employé en variante de ®, même adouci en ig, ainsi que je l'ai dit plus 
haut, fi ^ igenno^ M. Je m'attacherai donc ici exclusivement à l'étude du © et 

du ^-=», variantes l'un de l'autre. 

l** Du XVr siècle cœant notre ère à la fin de l époque saïte. — On ne trouve dans 
les listes de Thoutmôsis III aucun exemple de «>-=• employé pour rendre un son .■sémi- 
tique; elles contiennent en revanche beaucoup de ©-L pris comme équivalents du 

n hébreu répondant au ^ comme au f arabes, c^^ j, ® v "^'^ rc-l»- *^hald. nz"!, (] ^ 
Ç3 ^^_^-^ '"'■;n:«, 1^^^ "P'pn, ^^^J^(X, na^f? -J^. et dans les termes 
de langue courante empruntes aux idiomes cananéens, ^^^f f^ofr Y^^- Les ta- 
blettes cunéiformes d'El-Amarna rendent le © par les mêmes syllabes que le en et 
le 8, ainsi i"*"^ ^ Ma-na-a-a-pi-ir-ia, Mananpiria, ©T^i Xa-ap-nnr-ri-ia, 

NapHouria, et le rédacteur des listes de Shashanq a traduit par 'W', '^= et 9 tous les n 
de l'hébreu, qu'ils répondissent au r- ou au r-de l'arabe; il n'a point employé le®, le T 
ou le o— » pour rendre la nuance forte du n. Comme les scribes cananéens d'El-Amarna, 
ceux d'Asarhaddon et d'Assourbanipal expriment le © par les mêmes syllabes que le 5, 
s<^itc»'^. „ \l\)^7\(p-/ia-aH-!i,Ta/haKiiti, ^-^ ^ ""L gC)\^ N'a-au-ti-na- 

ru-an-si-ni , A^aKHtnournashine, \ % Hi-ni-in-si,KHnénshi, —— Ri-n^ii- 

nu, Kiiniounou. Tous ces faits semblent indiquer que, dès cette époque, la série des 
aspirations égyptiennes était entraînée par un mouvement d'adoucissement qui appro- 
chait ©-^-=> à fi et celui-ci au en, d'un côté, et il semble que ce mouvement se com- 

KECUKIL, XXXVII. — IP.OISIÈMK SÉR.. T. V. 25 



liH INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



pliquait d'un autre qui amenait ® au rTrn. La variante § \\ , qu'on rencontre pour 
e dans le titre s^. B d'Aménôthès III, peut montrer que le son ®, renfermé dans le 
syllabique e, s'affaiblissait déjà à cette époque, et, d'autre part, que la valeur sua C|ue 
ce e a prise dans ses dérivés coptes uj*. T. u}«.i M. ne l'emportait pas encore. Au temps 
d'Hérodote, la version traditionnelle en kii pour ® se maintenait au moins dans les noms 
des pharaons réels ou supposés, ®^ ^ Xeô'i-c, s^^^© XeœpKjv, Z"^ - j "a<iux'«; niais 
qu*elle était déjà assez entamée pour que les Grecs pussent rendre également par leur 
X le "'^^^ légèrement aspiré de Llf'^. ,^ ira.a.urJT-./o;; un siècle plus tard, cette aspi- 
ration s'était assez rapprochée, au moins dans certains mots, de la gutturale ordinaire k 

pour qu'on pût écrire NEXxa-.iSr,; ou Na/.Tovagu) ^=^ et ailleurs Tvé«f,a;^eo; ^^^ c ^^^• 

Si les monuments de l'époque saïte avaient été dépouillés plus complètement que cela 
n'a été le cas jusqu'à présent, on y verrait les variantes en | et celles en nrcn du © 
primitif se multiplier à mesure que les scribes reproduisent davantage par l'écriture 
les prononciations réelles. M 

2° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— L'orthographe traditionnelle des mots renfermant un ® ne devait plus correspondre 
dès le début à leur expression phonétique. Les transcriptions grecques des noms pro- 
pres enregistrent celle-ci, et Manéthon n'hésite pas à substituer au Xeô4<; et au Xecppijv 
d'Hérodote deux EoO^t; qui répondent à © v\ v et à s iiu=_ prononcés Suou/i et 
SHâJrièSiiqffê. D'autre part, les exemples abondent de ® égyptiens transcrits par 
des X. comme |, Bit,y/ ic j|i^, -¥• OO n?^, ^•^«'''■^/.«îç, "Ecpwvjyo; [1 ^ o wi, na/vvjgt; ou 

iiayvoOiji'c ^^k.^' ^'^^''^~'^>^ l^-^r^i 6t ainsi de suite. En même temps, dans 

les textes égyptiens, les variantes ne sont pas rares qui nous montrent le ®, le «-=, le 
R et même le cn, tour à tour emplovés dans les mêmes mots, ou le ® affaibli en nsu. 

= ^'<^^l= ] , :f^\.^=Jl = ^^, „, *^---^==»^.^ ^, et ainsi de suite. 

A la lin de l'épociue hiéroglyphique, le ©-«-=> était déjà assimilé à | dans les dialectes 
méridionaux, et il ne conservait une aspiration plus forte que dans les dialectes du 
Centre et du Nord, où il pouvait devenir ^ en akhmimique, ou s5 en memphitique; 
encore trouve-t-on là même des variantes en ^ aux mots en ^5, ^pc^ M. à côté de ^Spoxi, 
^HiÉii M. à côté de ^hiéii, eg^pHi et ^pe. M. à côté de esSpm et de aSp*.. La comparaison 
entre le copte et le très bas égyptien prouve même que celui-ci avait poussé l'affaiblis- 
sement du © en oo plus loin que ce lui-l à, au moins dans certains cas. On y trouve, 
en eiïet, des formes telles que ^^ J, ||s n $, quand le copte a encore les formes en ®, 
**•* '^^' © 1' ^^**^ "^^' ^"-^ ^- '• ^' y '^ '^' ^^"^ doute une différence dialectale de la part 
du scribe égyptien, mais je ne sais où la placer. Quoi qu'il en soit de ce dernier point, 
l'ensemble des documents est assez significatif pour que nous puissions aborder dans 
le copte l'étude des aspirées ^, ^, ^. x. dérivées de l'ancien égyptien. 



jet 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 195 



&. -^. ^^ X 

Dans les textes en copte archaïque comme dans les hiéroglyphes contemporains, 
les trois phonèmes répondant à cn, R et © sont déjà unifiés, de même que dans le 
dialecte thébain classique et dans une partie du memphitique, mais ils sont rendus de 
manière différente selon les scribes. Dans la première partie du Papyrus Anastasi 
DLCCIV de la Bibliothèque nationale, ils sont rendus par un caractère spécial ^ que 
j'ai transcrit 2. pour la commodité des impressions. Dans la deuxième partie, il est 
indiqué d'ordinaire par une sorte d'esprit rude "", '", placé sur le caractère qui suit 
immédiatement, et doublé quelquefois par un /. grec ou supporté par un ou deux e 
tracés sous lui : toujours pour la commodité des impressions, je lui ai substitué l'esprit 
'rude ' courant. On a donc, selon les pages du manuscrit, e^oTu, eoTn == <:cr> At) uzzd, 

eén, e^en, e^eit = -^^ cmi afin de rendre le ©, g^ooTUT. ootut' = G^1=/] '^fin de 

rendre 8, €oajl-«.oaji. eAcofe = l\ ^^^ et e^^ioA B., p^toA 7"., afin de rendre un Qi; 

ajoutons que n'importe laquelle des aspirées anciennes en ou Q, ®, se trouvant derrière 
un n ou un t, se combine avec celui-ci pour former un cç ou un -» prononcés n M- g^ ou 
T-f-g., ^o = D n-j-g^o, itet-»a)-iieçÇ«^to =^ M Jv nefiT -}- g<^! "®^" ^ ^^ t"-(-oh. On 

pourrait se demander si, dans une forme comme iïAi.e^X' ^^ redoublement gx ^^ mar- 
querait pas une aspiration plus forte que celle du g ordinaire, quelque chose comme 
le ^ du memphitique; il est plus probable qu'il ne faut y voir (lu'nne tentative fan- 
taisiste de rendre le son g, dont l'équivalent n'existe pas complètement dans l'alphabet 
grec. 

Quoi qu'il en soit de ces essais, il est certain que, pour rendre l'aspiration, les dia- 
lectes coptes du Midi et surtout le thébain ne possédaient plus qu'une lettre dans la- 
quelle se confondaient les sons des trois caractères anciens; l'aUbmimique en eut deux 
g et ^ pendant sa brève existence, le memphitique en a conservé deux jusqu'à m;iin- 
tenant, g et £. Le ^, qui n'est qu'un g^ différencié par un trait, est propre au dialecte 
akhmimique et a duré autant que celui-ci; encore dans un des derniers textes conçus 
en ce dialecte n'est-il plus employé et les mots qui le contenaient sont-ils écrits les uns 
avec le ^ thébain, les autres avec le uj. o-ytouje ot *.gpHi pour oTco^e et «.^pm". C'est 
qu'en effet ce ^ akhmimique répondait à deux sons : une partie des mots où il se trou- 
vait renferme dans les autres dialectes un g ou un ^. io«^ =r wng^ T. B. con.* M., ^p*.t 

= gpOOIP T. ^pCOOT M. ^COTilC -= glOTfl T. g^tOTcA T. B. ^lOTCfl M. ^«. = g*. 7". B. sSes. M., 

tandis qu'une autre partie, la plus considérable jusqu'à présent, contient un uj dans les 
autres dialectes. c^ = i!<uiT.M., ^(.one = ujcone 7". i?. , tgcom M.B., c«.^iie-c*.^qe = cô.u}qe 7". 
igé^iaqi -^7., -g^ô'pe = igiwpe*, etc. Le ^ ne doit pas avoir tout à fait le même son que le g, 

1. La présence de n dans ce mot suppose une forme Q/^ <=^ W, que je n'ai pas encore rencontrée : on 
a de même /wwv\ :X: à côté de aaaaaa , J- de '^''^^ x , i , par adjonction de la vieille forme 

en /wvwv ni., /., à laquelle s'est ajouté le \\ ou (1(1 d'état. 

2. Krall, dans les Mitt/ieilungen 1887, p. 54-55. 



1% IN'n^ODUCTION A L'ÉIUDE 



puisqu'il existe à côté de celui-ci dans le dialecte : c'est donc à peu près, sinon com- 
plètement, l'équivalent du ss, et le second phonème qu'il recouvre, celui qui le mène 
au ig des autres dialectes sans toutefois le confondre avec celui-ci, puisque l'akhmi- 
mique possède ly également, semble nous indiquer la direction où on peut en chercher 
la valeur. ^ serait analogue à la seconde chuintante du polonais, celle qu'on écrit 6- 
dans cette langue : il se serait résolu d'un côté sur la chuintante ordinaire, ss du polo- 
nais, de l'autre sur l'aspirée plus ou moins forte. Le A, (jui se maintient jusqu'à nos 
jours dans le copte, est particulier au memphite et échange assez souvent avec le oc 
dans ce dialecte, seulement, tandis que le x se rend dans les transcriptions de l'arabe 
fj, ^ et r-, c'est-à-dire qu'il procède, comme nous l'avons vu, aussi bien du ^13::* que 
du © dans sa double valeur chuintante et aspirée, ^ est toujours l'aspirée forte et ré- 
pond à p On a donc dans les textes de Galtier s&en et cTsSen 0^ et û^', cKèpA^aST 
C^'jlS'I. iisSht ol^ , ovx^'J't ô^j', ■^qx*-'^ /^^ , itiô^px^" ûy-j^ > et dans celui de Le 
Page-Renouf, Aexe'te-» cJoj, cigigei^ t^^W , eA«.^ 4^\ , enfin, dans le psaume de Pe- 
traeus, ^en cuân, ^«.Ten cnadcui, hsSHToir ancuàdu, où ch a la valeur du CH-dur alle- 
mand ou du r- arabe. Depuis lors, rien n'a été changé dans la prononciation tradition- 
nelle, et le s5 est toujours rendu par r- au sud comme au nord de l'Egypte. Quant au x 
dans les mots où il n'est pas la sourde ordinaire non aspirée k\ ce qui est le cas pour 
tous les mots égyptiens, dans les mots d'origine grecque, « il a oscillé entre deux fri- 
» catives égyptiennes, ^ et uj, rendues aujourd'hui respectivement par l'uvo-palatale 
» arabe ^et par l'antéro-palatale JL, et s'est fixé tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre.* 
» Aussi nos transcriptions nous fournissent : nxc bak'restos Xpi^sté, xwp*' k'iira ytiioi, 
)) ^pxHAewoc Ark'illaos 'Apyiloi.oç^ Pô^x"^ Rak'al 'Payi^X hTr\, ta^px» darsi àpj^TJ, «.px"- 
» epe-s-c ar^i'-aros ày/<.toz(\^. Je n'ai pu obtenir de mes maîtres, ni retrouver la règle qui 
') détermine cette répartition. C'est, je le crois, la tradition avec ses faiblesses qui 
» guide le lecteur pour chaque mot'. » 

Il ne semble pas que z ait changé de valeur, depuis les derniers temps égyptiens 
où le son de m se confondit avec celui de |. Il représentait, dès lors, l'aspirée simple 
de toutes les langues, prononcée plus ou moins énergiquement, et il répondit, par con- 
séquent, à l'esprit doux ' du grec, aussi bien qu'à l'esprit rude \ j^ipHitH etpvivT), 2^it*.Ai*w 
'kaÀîa, ^iite^"va, g^oTe ots ; il marquait même l'aspiration produite par le hiatus au corps 
des mots, A.gopA.Toc àôp%-.o^^ Iu)g^).ultHc 'iwàvvTjC. De même, les premiers coptes qui furent 
en rapport avec les Arabes rendirent par 1 tantôt le 7- dea,.^ juLOT^*.A5i€T-Aiu)^ô.juLAiHT, 
tantôt le o, ^no-s-gHAe^A JMa^I, tantôt le f-, ytV g^ô^juMp à côté, d'ailleurs, de 3LjLiep : 
l'arabe d'Egypte confondait le ^et le ?- alors comme aujourd'hui. Le même fait se re- 
trouve dans le texte arabe écrit en lettres coptes de Le Page-Renouf, ^^*.n-a.og = «juc, 
*ga>AieAoT Ij^, iieqcog A.^ , é^g^i.-i. jb-l , ^m Ov>. , mais les textes coptes écrits en lettres 
arabes de Galtier n'emploient que le e, neT€gn*.R iJU*il, ^i-xeu nKè>^i ^^LÇ ô^ J', 
n»>gAA€it O^lî, «HCT^Hn ^UiU, etc., et laissent de côté le ?-. Dans le glossaire français 

1. Voir plus haut, p. 177. 

8. ROCHEMONTEIX, Œ'/O/V.s iliccr.^ds, p. 113-114. 



i 
I 



DK LA l'IlONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 197 



en lettres coptes, sauf une orthographe comme Ai^^eite^ l'âne, ou AiaiotA^ le mulet, où 
sa présence s'explique mal, le z ne se rencontre qu'à la fin des mots terminés en fran- 
çais par une voyelle, de préférence notre e muet, mp*.^ vrai, A*.«çAoei^ la pluie, 
A*.d€'Ac^ la toile, jui*.Ae..-»e^ //m/r/rfe, niv-acAe^ batte^-le, itoir^poirg^ Ciiiio-yp Notre-Sei- 
gneiir, Ai7*.«uo^ les anneaux, il rend ainsi l'espèce de souffle léger par lequel nous 
terminons l'émission de nos voyelles. Il y avait là, comme on voit, un emploi très at- 
ténué de z- PetriEus donne dans son psaume le h aspiré pour équivalent de cette lettre, 
iineqo^i ambafôm, g^icÇjuLcoiT mibmoît, g^cAAci uainsi, mèg^oo-y hiamiii, g^cofc uâb, neg^q 
7ini{f. Tous les grammairiens européens modernes font comme lui, mais Ro'chemonteix 
montre que les Coptes d'aujourd'hui ont réduit encore le degré d'aspiration, car, dit-il, 
« le 2. est le » arabe articulé avec une énergie très variable. Parfois, il semble n'avoir 
» d'autre valeur que notre h muette : ^w u, èfeoA^iTOTq ab'ol-idotf, nuô^g^i ebkaé, otto^ 
)) uô, ouô, etc. D'autre part, il est fortement articulé, par exemple, dans îi-xcopg^ en- 
» go/HH, sans jamais s'assimiler au r- arabe'. » De toutes les aspirées que possédait 
l'égyptien antique sous les signes m et 9, il ne subsiste donc plus aujourd'hui que la 
plus faible, encore est-elle en général si affaiblie elle-même qu'elle disparaît souvent 
dans la prononciation et ne se maintient plus alors que par tradition dans l'écriture. 



B. SIFFLANTES 



Selon l'école de Berlin", il y aurait eu dans l'égyptien antique deux sifflantes —>^, 
1 et une chuintante rvn : la sifflante — ^*— aurait répondu au î ou au d de l'hébreu, 
tandis que la sifflante I aurait répondu au tr (^ et ^ de l'arabe) et la chuintante au 
^\ Qu'il y ait eu, en effet, une distinction établie entre — «— et I aux très anciennes 
époques, on n'en saurait douter, bien qu'il soit difficile de discerner en quoi elle con- 
sistait, donnés l'antiquité de l'époque où elle existait et le moment relativement récent 
où nous prenons les textes hébreux. Il est non moins certain que les Égyptiens com- 
mencèrent fort tôt à employer les deux en variantes purement graphiques l'un de 
l'autre; dès le début, Hommel lui-même cite quelques exemples de la confusion, tirés 
des textes des Pyramides, et il ne serait pas malaisé d'en signaler d'autres encore. Au 
premier empire thébain, elle était complète, et l'on rencontre dans le même manuscrit, 
à quelques mots d'intervalle, 1 |lv\ ^^ -/) ^-l^^ <£r QA ^^==_ , où '^.=^ <£? 

par — «— initiale, tandis qu'il est noté par I dans le membre de phrase ^ M '^ 81) 

M £f ^■^^zi:^\ etc. Sous le second empire thébain, ce n'est plus cju'une ques- 
tion d'orthographe, et si, par pure routine traditionnelle, certains mots tels que 
v , continuent à s'écrire régulièrement par — »— , les autres échangent indifférem- 



1. RocEiEMONTEix, Œucrtàs clioerses, p. 117. 

2. L'assyriologue Hommel est le premier qui ait attiré l'attention sur ce point [Zeit.-^chrift, 189?, t. XXX, 
p. 9-11). 

3. Erman, ^gyptische Grammatik, 3' édit., p. 06-67, §§ 113-115. 

4. Papyrus de Berlin n" I, 1. 148-151 ; cf. Vogelsang, Die Klagen, p. 12S. 



198 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



ment et — "— dans leur composition. Nous étudierons donc ces deux signes et leur 
prononciation dans un même article. 

-^etp 

C'est la sifflante ordinaire s de toutes nos langues, qui s'est maintenue jusqu'à pré- 
sent dans ce qui reste du copte, sans autres changements de prononciation que ceux 
qui peuvent provenir du voisinage de certaines lettres, ainsi que nous le verrons par 
la suite. 

Dans les listes de Thoutmôsis III et postérieurement, — «— et l égyptiens servent 
ù transcrire le c ou le r des mots cananéens (jui plus tard fut remplacé en hébreu par 
un V : ^ isVr, devenu plus tard TtT^T (1 ^ dans la liste de Shashanq, (1 1 

devenu en hébreu n^nr», 0^^ ^d3k, <=>^ on hébreu ù-S. et ainsi de suite, 

mettant 1 et — «— indinéremment par o, même dans les mots d usage courant, 1 S ^^ 

<zr> TT ' (i n ^ ^ '^ /ww\A I .M& 

][ "'^^Ç- r^ D"ciD, ^ ^^&> oy"??- De leur côté, les scribes cananéens tra- 

I ii 'M _Bî^^ I cmz ^ ' ' ^ - ^^^ n U Q ;k n 

duisont également par la chuintante le —h—, I, égyptien, ^^ I X Ouroussa, K (Tj ' 

'^Tahmaïiiii, (l|v ' Jiantsa, et, un siècle plus tard, | 1\^ Ouasnioariya, © (Tl ' ' 

Rii/amascsa, £' — - Satepnariya. Ni I ni —h— ne se rencontrent dans la liste de Sha- 
shanq, mais les Assyriens d'Asarhaddon et d'Assourbanipal les rendent généralement 
par la chuintante comme les scribes cananéens, sans toutefois écarter la sifflante, 
^^"^^ ] j| Harsijêsou, Z^ ^^ Saiya : r| et ri J| deviennent alors Êèi-Ésoa 

et Ousirou dans les noms propres où on les trouve, ïï J) devient Oubeslr, Oy^. 
devient Pisami/ki, et ^ Ax" ^^ l! V ^ lêpimâlou; toutefois, dans le 

néo- babylonien, le son sifflant de II, — «— , se retrouve, et l'on a Pou^ouastou pour 

î( J, Pisamish' pour ^ ^, Patêsi pour ^ jl^ J)- ï' >' '^ '^^ "" ^''^^ ^^ 

philologie sémitique, et nous verrons bientôt que, par contre, la chuintante égyptienne 
oa, JtTtT , est traduite, en assyrien au moins, par la sifflante dans les transcriptions. 
Dans l'hébreu biblique, au contraire, d équivaut toujours à la sifflante égyptienne, 

7SÔo'^'5?"*; ^r'ii'l' °'"^=' '^"""■'^ ^'■•'''y""" f'^o'"-'''^'' P±o"»?' ®itiPP 

Dça«n. Ces faits notés, il n'est pas nécessaire d'insister sur l'histoire de ce phonème. Il 
a toujours répondu a notre s, — et il y répond encore dans le copte actuel, sous le 
signe c, — cela depuis la XYIII*^^ dynastie au moins : je ne puis pas remonter plus 
iiaut par les documents. 



i~^rn 



Il on va de même pour la chuintante r-n-i et pour ses syllabiques JoTtî , K, etc.; 
c'est notre mi-occlusive chuintante ch dans chat, clièure, et celle de l'anglais su dans 
Jresli, shicld. Il répond donc au t du cananéen et de l'hébreu, comme le prouvent et les 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 199 

transcriptions de noms géographiques, -^ -^ -^ JilLI "^^ Jy^ b^'û?'73, j/^J 

i\ bs-ï^Ti'2, -ga. TJVT M ^^ trn|-5-c>s-i, et les transcriptions de noms communs 

^^ -^^^ gA à7V, T»TJ ^ ç pry; mais, tandis que les scribes d'El- 

Amarna expriment toujours le □□ égyptien par la chuintante, "K^ Kàs', r-n-i X ) 

Jç, sonibda. les Assyriens et les Babyloniens des derniers temps le rendent tantôt 
par la chuintante c=s=) Koiièou, J^"^^LJ Sabakou, A^ 2j) ^ Pisanhouron, tantôt 



par la sifflante i=3a /Cr<s?, T»T{T UJ Sousinkon. C'est l'inverse de ce qui se passait 

pour la sifflante. Les Grecs, qui ne possédaient point la chuintante, ont rendu naturel- 
lement le r-yn par s, "Atj/'.;, 0^^. >^ wiiio^Oi;, Wajzoijç, VaijLfxoù;, puis, au 
début de l'époque musulmane, ils ont essayé de la transcription ^r pour le J- arabe et 
le [g copte, 'PaaC'-o -)^j , svarop- cnu}opn, EitT^TrCev efuj-xeit. Le phonème compris sous l'égyp- 
tien ancien i-rri et sous-le jg copte est toujours notre chuintante, mais, ainsi que nous 
l'avons vu, il avait absorbé dans les dernières formes de la langue les sons de la -x et 
du s' : il est inutile de revenir sur ces faits. 



LES LETTRES PUREMENT GRECQUES DE L ALPHABET COPTE 

Nous avons parlé déjà des lettres grecques entrées dans l'alphabet copte pour ex- 
primer la gutturale aspirée ';:3:::^ et l'aspirée ® /., ainsi que la dentale aspirée T-|-H-e 
et la labiale aspirée p -\- h-*. Tous les autres caractères de l'alphabet grec ont été admis 
dans l'alphabet copte, mais l'usage de certains d'entre eux, r, a, z, s, w, est générale- 
ment confiné à un petit nombre de termes d'origine étrangère, et ils servent rarement 
dans des vocables égyptiens : quelques mots suffiront donc à caractériser leur emploi 
et à déterminer les valeurs qu'ils ont pu prendre depuis leur entrée dans l'alphabet 
copte jusqu'à nos jours. 

r était proprement à l'origine la spirante gutturale sonore, celle de l'allemand 7 «g, 
comme dans la y.o:W, hellénistique du moyen empire romain, et on prononçait de même 
qu'en ce grec les mots étrangers où elle se rencontrait, r«.AiA«.ie., Touioppe., Tô.A^'d.lX, 
neTrç'ATrnTon = -zôc Y^u^à àuxwv, vene*., et dans les mots dérivés de l'hébreu comme ro^wniHÀ 
bK'ant?, où le y ressemble pour le son au r- arabe, elle avait dû assumer, comme aujour- 
d'hui, un son très voisin de cette dernière lettre. Elle a pris pourtant bientôt, tantôt la 
valeur du gh nasal, très voisine de celle de k comme le prouvent les variantes -a-on 
ou KHnHAïa. pour oo/.cT, ysvvTi.aa, tantôt le son du G-doux ou du uj comme il résulte des 
variantes Aid.è.^'e, ^'miop. pour Aie.è.-xe, -smiop. Le dialecte thébain et en général les dia- 
lectes méridionaux l'ont adoptée assez régulièrement lorsqu'elle se trouve au contact d'un 
n (ax) précédant immédiatement e.n^', juto-yn^', imr^, pour ô^kok, axothr, etc. : elle remplace 
même alors le k suffixe de la seconde personne du singulier masculin, nruj&.-xe, A».rqcoTe, 
TiooTTiû', pour nûujiwTte, AjLKqcaTe, tcootiÏk. Cet affaiblissement du k — ^zzz:^ en ^ n'existait-il 
pas dans la langue antique, au moins sous les mêmes conditions, et n'y avait-il pas des 



200 INTItODLCTION A L'ÉTl'DE 



positions dans lesquelles, o devenant l'équivalent d'un 'www simple, (1 se serait déjà » 

prononcé An'^GU, «/?gti? Rien ne m'a permis de l'affirmer jusqu'à présent, et ce n'est " 

encore qu'une hypothèse, mais elle me paraît être vraisemblable. Les textes coptes- tn 

arabes de Galtier transcrivent ^'«wp par jIp, opn*.ttoii par Jy^jy^j avec métathèse pour 
Oyltjj, avec un j-, mais ^y^ Ul^ cd.'Anic^'oc par un ^ prononcé probablement ici à 
l'égyptienne, et de même, dans le vocabulaire copte-francais, r répond à notre G-dur, 
■A*.r^..pc€ /a garce, Kev^pcovxx le garçon. Les grammairiens du XVII® et du XVIII® siècle 
ont essayé de donner dos règles pour indir|uer les différentes prononciations possi- 
bles du t', et il « est le j- arabe, mais, dans la pratique, il est plus souvent prononcé 
)) comme la palatale égyptienne -x g, et parfois comme .7[-doux], v'è.p g'ar (j\c.). «.r'«.-&oc 
» ag'atos, ^hc'caicoii egà/non, — juLoiiofeuHc Diônôgams, t>.we\oc aggalos, angalos,^v^>.- 
)) AAe*. dig(i/ila''a, ju.*.roc magos et inaios, g^TcoTJuiettoc liegainânos, ^hccaiodu egarnon, 
)) — Aïoiioi'eiiHc inonoge/ias... De même qu'à la sourde x- l^s Coptes des premiers 
» temps donnaient-ils déjà au i}, suivant sa position, deux valeurs plus ou moins voi- 
» sines de l'articulation grecque? Probablement. Mais ces valeurs ont divergé et sont 
» identifiées actuellement, la première au l arabe, la seconde au ■x ou ?: du Saïd, et 
» ce dernier empiète sur l'étranger j-. » Comme on le voit, le c a fait et fait encore 
double emploi avec les dérivés coptes du •^:z:yf> et du^^ égyptiens, et c'est sans doute 
pour cette raison que son usage est si peu répandu en dehors des mots grecs qui le ren- 
fermaient à l'origine. I 

^ ne devrait se rencontrer régulièrement en copte que dans les mots grecs ou 
dans les mots d'origine étrangère arrivés à l'égyptien par le grec, AopK«.c, -a-ope*., ovTkc, 
•2k.e, A«.Tei-i., Ioir2kek, Iop7k.*.ttHc, et il devait avoir à l'origine le son de la spirante dentale 
sonore du grec hellénistique ô ou du tu anglais dans fatlier, inoiher, mais de bonne 
heure il perdit cette valeur pour prendre celle de notre sonore d, si bien qu'en cette 
(jualité il se substitua fautivement au t dans l'orthographe des manuscrits, -i.eK-xi-x, 
■aiTA.'îk.poii, •^los'e, OTri>e [iiliei'), *.p'2k.TPAJiic, •^loiT'ik.eà., -^x, pour tck-xi-x., ■»e*.Tpoii, Tiocî'e, oirre, 
*>pTCAj.ic, TOT-i.*.!*., ^, OU il fut remplacé non moins fautivement par t dans les mots qui 
auraient dû le contenir, TopKù.c,TepÉiH, K*.nTô.KH, u'Ae^Toc, A«.-yeiT, cx^Tcun, pour :^opK&c, 
^cp&H, Ka.ti'i.iwKH. K.Vei.-i.oc, "Ai.-yei-îk., cxc^oit. Dans le texte arabe en lettres coptes de Le 
Page-Renouf, i et S sont également rendus par -a., ■xe-i.-i.e Ijb-, ^evi-e-o- SiW, nè.^-i. JU), 

p&K«.-2k. jjj, g^exï'^e '-J*^J- g.e'2^e 'aa, ■»eK*.-2k.'^eijL /.JÛj, g^A^ti-ÎÉ.og^ ©Jklc . uiecue'^o^ oJkJL-_«, i-^e bl , 
mais il faut se rappeler qu'en Egypte, le i de li^^et de IJia se prononce comme i, kénè, 
kand, et celui de iSl comme j, iza. D'autre part, le texte copte en lettres arabes de 

Galtier tran.scrit -^ par i ou par Ji, -i-nieoc-iniH x .jlTl^s, g^co-îkH l^y^, e-jk-coAi *Js»l , mais ici 

encore le ^ est, en Egypte, une des lettres qu'on prononce généralement d. Enfin, le 
D français du vocabulaire français en lettres coptes est rendu parfois par le -a., au lieu 
du T ordinaire, AioTit-îki, ju.*.p-2ki, et ainsi de suite, pour tous les jours de la semaine. La 
transcription de Thomas Pctneus donne toujours un d pour -a. dans ûda oT-a.e, katadra 
K«.«•c•2».p^^-Ka>•(»eTp*:, et Rochemonteix avoue que, pour les Coptes actuels, -a. « tend à se 



DE LA PHONÉTIQUE ÉCVPTIKXNE 201 

» confondre avec t : ':^oAoc do'los, iop-^«.nHc iordanïs, îioes.u-i.topoit en/iàndôron , à côté 
») de nTC'toT'i.ek end't'iâd'ôd'a''a, -^e d'à, » etc., où le -2^ prononcé d' lui paraît être l'in- 
tradentale arabe i; il avoue dailleurs que c'est là une prononciation artificielle, et que 
les Coptes actuels « affectent même parfois de substituer le son d' [S] à celui de f = d, 
» donnant par là à leur lecture une apparence d'érudition' ». De tous ces faits il résulte 
que, ce cas d'affectation à part, le copte, en admettant -a. dans son alphabet, n'y a 
pas introduit un son nouveau, mais qu'il a simplement assimilé la spirante a à la sonore 
D-T, provenant de l'ég^'ptien ^, s=5.^^, ds^. 

■5 est encore moins usité ([ue -2^. et il ne se trouve guère que dans quelques mots 
grecs comme '^Hmon. ^coon, -loonujHAi., 7HTHCIC, n*.ppHci*.7e. nipe.7c : il y était assimilé à 
notre z, mais il prit la valeur d'une simple s douce ou forte selon les circonstances, 
comme le prouvent les variantes Aoec pour Aoo;^. i^noTô.7e-»e pour A.noTA.ccec4»e, c-s-2».tcic 
pour ^HTHcic. KTpic^e pour KHpTcce, et même il envahit quelques mots coptes avec ce 
son de s-dure, ju.«.;^e T. pour Ai*>ce. ■^lonT T. pour ctonr. Le plus fréquemment employé, 
le seul, je crois, où l'orthographe par ^ soit constante, est «.n;;^Hfce 7'., e.tt7HA M., -^^ avec 
la graphie erronée e^n^Hiàe T., et il avait été considéré par Peyron'. précisément à cause 
de cette particularité orthographique, comme un mot d'origine étrangère : nous savons 
aujourd'hui qu'il est la transcription de l'égyptien antique ^ U2vi< 11'^^^^ • """'^i^ 
je ne comprends pas pourquoi la lettre ^ a fini par s'enkyster dans cette locution pour 
exprimer la valeur de |l, c Dans le texte arabe en lettres coptes de Le Page-Renouf, le 
^ est employé pour rendre les caractères Js et J; dans leur prononciation z, ^^71*1. 

^*>i€KOT pour lyiU? |«Jàc. ei;;*. pour Uijl, ■;;e.ieKe^^»og^ pour «CiU?. ece^HiR«.7 pour JâLl-l, -ecAJi-i 

pour Jsl, eiK«.^*.K pour dAliil, tandis que, dans le vocabulaire copte français, ^ répond 
à notre s-douce prononcée z, ^o'^-^-i^x joicdi-jeudi, e^AeÊcT^eiteu allc^-coufi-cn, Ai^«<- 
■^lo-yg le ga^eau-la gaseUe, Ai;;^eknKo^ les anneaux, «.AoT';^oTULOTce^ep aile:; au moastier, 
AetÇoTS'e^^e les poiigeoises. Pour le couper court, disons que les transcriptions de Roche- 
monteix assimilent uniformément ;; au z-j arabe. 

Il est inutile d'insister longuement sur le ^ et sur le -■;. Ce ne sont en copte ([iie 
de simples formules orthographiques résultant, le premier de la combinaison du n-B et 
de c, le second de celle du k et de c : \^it. <^\c T. M., à côté de nciT, ncic, et un nombre 
relativement considérable de noms propres géographiques ou autres, foi, ^Pcoi T. M., 

à côté de IIcoi. IIcwi, -PcneTivi M., à côté de ÏIceiieT*.!, 'Fcns'ioo M., à côté de Ilcens'ioo. 

q^é^Te T., à côté de nc*.Te, iPe^^peq M., à côté do nce.gpeq, plus q^uelques mots grecs 
comme >^'t^h. pi. \^-!rxoo^e. 4»Ai\i^-ic. etc., -^o-yp T. à côté de Kco-yp, -^Ai.«.pu)OTT pour 
KCA«.*.piooTT. Il semble que le ^ ait pris parfois le son de c .simple, car on trouve 
^«.It^Hll€, vjeAcoA. ck^otci*., pour *.it^Hfic, ceAcwA, c-totci»., et, en cc cas, la faute d'or- 
thographe s'expliciuerait par la valeur donnée à la lettre. Il serait possible que,, de même, 



1. ROCHEMONTEIX, ŒllOfCS fZ/Vc/^v.--, p. 115-116- 

2. Peyron, Lexiron linguœ copticœ, p. 9. 

RBCUBIL, XXXVir. — TROISIÈME SICIl.. T. V. gg 



202 MVKi:prNo:i 



<\r ait été prononcé parfois comme c, et on s'expliquerait ainsi des variantes telles 
que n\|jfOTe pour *oTe. De toute manière, ces deux lettres n'ajoutent aucun son nou- 
veau à ceux que possédait déjà l'ancien égyptien. 



Kn résumé, si l'on considère attentivement les textes qui peuvent nous donner des 
renseignements à cet égard, on remarquera qu'avant le commencement du second em- 
pire thébain, le système phonétique des occlusives et des sifflantes égyptiennes avait 
perdu au moins trois phonèmes, ceux que les scribes du début avaient notés s=3, 
«»—=>, —H—, et qu'ils ne les conservaient plus que par tradition comme simples variantes 
orthographiques des sons exprimés par ^, ®, □□, I, Il en possédait encore vingt- 
deux, répartis sous quinze signes-types et sous leurs variantes, mais dont beaucoup 
étaient en voie de transformation, comme le^^, ou même d'évanouissement total, 
comme | . A l'époque romaine, il n'en subsistait plus, ce semble, que onze ou douze, 
et le système complet s'était déplacé tout entier dans le gosier : il avait tendu à ouvrir 
les occlusives, même les plus fortes, et à en faire des spirantes. De la série des occlu- 
sives sourdes, "^iz^ k est la seule qui paraisse avoir subsisté telle quelle, au moins en 
thébain k, car, en memphitique, elle s'est aspirée très souvent et est devenue x • 1^ 
D P et le ^ T se sont changés en sonores, D-h-b et '=^--v-d. La série des sonores -b, 
<=^^-t>-o, S-Q. ?. et des aspirées D, ph, tu, se modifie de même, et seul ^.s^ con- 
serve sa valeur antique, mais J , d^s, S, deviennent des spirantes J -&-v ou perdent 
leur caractère, et, identifiées progressivement aux sourdes, suivent les destinées de 
celles-ci, c:^>-^=>-t-d, ^-S-'===::^-k. Le système de la dentale^°^ connut des fortunes 
plus compliquées, mais on constate que là aussi le déplacement des sons se continue; 
^°^ TS-TCH aboutit d'une part à la dentale simple ^ d, de l'autre à la chuintante 
•x-^-uj. A ce point, le son noté par (^ en provenance du /], du Z5 ou du ^=3:^ antiques se 
confondit avec ceux qui dérivaient du ^^, et les deux aboutirent à la prononciation 
chuintante du uj, bien qu'ils conservassent étymologiquement leur forme graphique 
personnelle. Aujourd'hui, malgré l'adoption intégrale de l'alphabet grec et l'adjonction 
aux lettres grecques de six caractères d'origine égyptienne, la prononciation des Coptes 
marque l'appauvrissement phonétique le plus évident : la série des occlusives et celle 
des sifflantes ne comprennent plus qu'environ treize ou quatorze phonèmes effectifs, au 
lieu d'une trentaine plus ou moins que la langue antique pratiquait. 

Paris, 18 septembre 1915. 

(A continuer.) 



MuxepTvoç. — Hérodote (II, cxxix-cxxxiv) donne cette forme au nom du pharaon 
que Manéthon appelle Meyx^pt.î, et, d'après lui, les auteurs grecs d'époque classique, 
Diodore (I, 64), Élien {Var. Hist., II, U, 11), Athénée (X, p. 438, 6), l'ont appelé 
MuxepTvoc (var. M£/£pivoî). La leçon de Manéthon est parfaitement correcte pour son temps 



j 



I 



I 



. 



MVKEPI'NOS 203 



et répond syllabe par syllabe à la graphie monumentale i^^-a|£y-|J-/.é-0-p'i;. Celle 
d'Hérodote est plus malaisée à expliquer. Aucune difficulté pour les deux premières 
syllabes : Muxe-, prononcé alors A/ou/re-, répond exactement à r"^ jj ou r"^ , car 
la vocalisation en ou de r"^ nous est justifiée directement par la forme uioirit, aiottu 
eko\ T. M. B., et le ~«ww n de ce mot s'est, selon l'usage, nasalisé devant la gutturale 
MouGKé, puis assimilé à celle-ci, MouKKé, et disparu dans la prononciation comme 
dans l'orthographe MouKé-, Muy.s-; mnis qu'est-ce que la finale -pTvoç et que représente- 
t-elle? 

Pour répondre à cette question, il faut d'abord examiner dans quelles circons- 
tances le nom de MjxepTvoç apparaît au récit de l'historien grec. Comme toujours, c'est 
à propos de certains monuments et des explications que les drograans donnaient aux 
touristes à propos de ces monuments, la troisième des grandes Pyramides (II, cxxxiv), 
la vache en bois de Sais, où le prince aurait enfermé le cadavre de sa fille (II, cxxix- 
cxxxii), l'oracle de Boutô, qu'il aurait consulté dans cette ville (II, cxxxiii), en résumé 
trois ou quatre de ces contes populaires que les Egyptiens récitaient sur leurs pha- 
raons. Or, dans ces récits, les Égyptiens avaient l'habitude d'introduire leurs héros en 
faisant suivre leur nom immédiatement du mot qA. Ainsi, aux Plaintes du Pay- 

san, il est question de [1 g V-à^ Vi. M^^ aa/ww et, pour la femme de celui-ci, de 

"^^^^^^^^l v\ ' ^^ ^s ^ ^^"^^ ^"^ ^^'^^^ ^'^ ^® I) ' Û Û w^'^'^^^. Au Papyrus d'Or- 

biney, on trouve la variante : « Or, il y avait deux frères de la même mère et du même 

difie en rien l'usage. Un drogman égyptien, racontant à un curieux une des légendes 
de Mounkerié-Menkérê, devait donc commencer son récit de la sorte : « Il y avait une 
» fois un roi r"^ \J aaaaaa . » H faut supposer qu'Hérodote, qui ne devait point parler 
l'égyptien, a trouvé le nom de MuxepTvo^ déjà tout formé dans la bouche de son drogman, 
et cette hypothèse ne présente aucune difficulté, car Hérodote n'était pas le premier 
Grec qui voyageât en Egypte. Il faut supposer encore que la légende du pharaon fut 
racontée d'abord à un Grec qui savait assez d'égyptien pour suivre un indigène qui 
lui parlait dans sa langue : ce Grec ancien n'avait pas besoin d'être plus instruit que 
beaucoup des bakals modernes qui ont appris aujourd'hui à baragouiner l'arabe. On 
comprend que le nom énoncé MounkéKtRinif, passant de bouche en bouche, soit de- 
venu Mo ugkéRinif- Mo ukémniv . 

Il y a un précédent bien connu pour la prononciation rinif-rini de la finale 
'wwvA^ c'est celui du nom ^^^^ ^wwv . Tandis qu'au VIP siècle, les Assyriens le trans- 
crivent Boukoavninip(ph) en faisant sonner î'l^^, on trouve plus tard chez les Grecs 
la transcription BoyopTvic;, où ^.-^ s'est amui. Cette chute de ^^ final dans la bouche 
des étrangers n'est pas sans exemples, puisqu'à c ôté d e Box.op^nc on trouve NïXTavéoTriî, 
NaxTovaêô), Na/.xavàêt;, pour le uom du pharaou ^ Jl I Nakhtanabif. La vocalisation 
pm de se trouve dans plusieurs textes coptes thébains, où elle a subsisté sans 

AAAA/\A 

doute comme archaïsme, au lieu de pe^n, pen, et elle revient à plusieurs reprises dans 
les papyrus précoptes epmT « est mon nom <), sSn npojuL'nc pmov « dans les années sus- 



204 TABLE DES MATIERES 



dites», etc. L:i lecture rin pour la finale de MjxïpTvo; est donc justifiée, et, pour les 
raisons que je viens d'exposer, je considérerai ce nom comme l'équivalent de la phrase 
égyptienne Moakké[ré]-rinif ou Moukké[ré\-vinouf, dont se servaient les drogmans 
égyptiens pour introduire à leurs auditeurs la personne du roi (""^^LJ. 

G. Maspero. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Les monuments égyptiens du Musée de Marseille, par G. Maspero 1 

Une origine possible de la terminaison féminine en égyptien, par G. Maspero 16 

Koptische Miscellen, von Wilhelm Spiegelbkrg 17 

Commentaire d'un passage d'Hérodote (liv. II, 18), par P.-Hippolyte Bolssac 22 

Le culte de la déesse Bast dans l'Italie méridionale et particulièrement à Pompéi, par P.-Hippo- 
lyte BoussAC 28 

Le scribe royal dans l'ancienne Egypte, par G. Maspero 32 

Notes sur l'isthme de Suez (monuments divers), par Jean Clédat 33 

Les inscriptions de Saint-Siméon, par Jean Clédat 41 

Eine Liste memphitischer Gôtter im Tempel von Abydos, von Hermann Kees 57 

Tiie Ka on Scarabs, by Alice Grenfell 77 

Sur quelques inscriptions grecques provenant du grand temple de Dendérah. i)ar Jean Maspero. 93 

A propos d'un bas-relief copte du Musée du Caire, par Jean Maspero 97 

Un exemple saïte de la transcription Ria, par G. M.\spero 111 

Notes et Remarques, par G. Jéquier 113 

Nouvelles Notes d'épigraphie et d'archéologie assyriennes, par V. Scheil 127 

Te.vtes religieux, par Pierre Lacau 1 37 

Une transcription en v&ia; du nom de O, , O, par G. Maspero 146 

Introduction à l'étude de la phonétique égyptienne, par G. Maspero 147 

Mj/.îpivo;, par G. Maspero 20 



I 



IHALON-SUR-SAÔ.NK. IMPRIMERIE FRANÇVISK HT ORIIÎNTALE K. IJERTIIAND. 831